Paysage Audiovisuel

SXSW 2015 : Appel à Start-ups d’Ubifrance (jusqu’au 22 octobre) et Interactive Innovation Awards (jusqu’au 7 novembre)

Date: 14/10/2014

Dans le cadre de South by Southwest (SXSW) 2015 qui se déroulera du 13 au 22 mars 2015 à Austin- Etats-Unis, UBIFRANCE organise pour la 2ème année consécutive un Pavillon France sur l’espace Trade Show du 15 au 18 mars 2015. Le SXSW est un évènement incontournable de l’innovation numérique qui accueille chaque année les entrepreneurs et les visionnaires de l’internet et du numérique. Pour la constitution du French Tech Pavilion, vitrine de l’excellence technologique française sur le Trade Show du SXSW, 15 startups innovantes seront sélectionnées par un jury composé d’experts de l’écosystème du numérique en France et aux États-Unis. Ubifrance a donc lancé un appel aux start-ups  qui souhaiteraient décrocher une place sur le French Tech Pavilion du SXSW 2015. Elles peuvent postuler au concours organisé par UBIFRANCE jusqu’au 22 octobre 2014. Plus d’information dans la plaquette de présentation de l’offre UBIFRANCE sur le SXSW 2015 Il suffit de remplir un dossier de candidature en suivant le guide du dossier de candidature pour le SXSW 2015 Aucun frais d’inscription ne sera retenu si la société candidate n’est pas sélectionnée par le jury. Par ailleurs, la sélection des conférenciers via le panel Picker à SXSW est close – les résultats seront annoncés dans le courant de la semaine prochaine. D'autres opportunités pour prendre la parole à SXSW existent cependant.  Il est ainsi possible de s'inscrire pour les Interactive Innovation Awards jusqu'au 7 novembre (pour 30$). Plus d’info ici :  https://cart.sxsw.com/webapps/6001/edit?lookup_id=webapp6001 Pervenche Beurier

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Troisième édition du “Future of Television Forum” à New York : Etats des lieux des débats sur le marché américain

Date: 08/10/2014

Le Future of Television Forum qui s’est tenu à New York en septembre dernier a rassemblé plus de 300 professionnels. Broadcasters, câblo-opérateurs, créateurs de contenu numérique, FAI, agences media et publicitaires, investisseurs etc. ont  débattu des stratégies de recrutement, fidélisation et monétisation des publics sur toutes les plateformes de diffusion. Cette 11ème édition du Future of Television Forum faisait partie d’un événement plus large : la  DMW Week NYC (1 000 participants) au cours de laquelle ont lieu la NY Games Conference et le Digital Music Forum. La conférence plénière d’ouverture, « The view from the top » a d’emblée soulevé la question qui a été au cœur de l’ensemble des débats : Is it the best or the worst of times for TV ?.  En d’autres termes, faut-il se réjouir de la croissance du nombre de programmes et de leur qualité, ou faut-il déplorer l’instabilité et la manque de viabilité du business model  dans cette industrie en pleine mutation depuis une décennie au moins? Les réponses ont été (trop) nuancées. Pas plus ici qu’en France, on a inventé LE business model adapté à la nouvelle donne télévisuelle. Néanmoins, les opportunités liées au numérique suscitent un enthousiasme général, tant de la part des acteurs du numérique et des plateformes de diffusion (Twitter, Yahoo !  Vimeo, Microsoft, Facebook, Roku, Omnivision…) que des acteurs plus traditionnels de la télévision (les chaînes: PBS, Starz, BET, CBS, Univision, TBS… et les câblo-opérateurs : Time Warner Cable). Les nouvelles opportunités liées au numériques : «  a frontier to explore » Du Digital à la TV Les conférences sur la distribution ( « TV/Digital Hybrid Programming: How is the Relationship Evolving? ») avec des acteurs majeurs du nouvel écosystème  (Roger Keating, SVP, Digital Media, Hearst Television ; Matt Graham, Senior Director, PBS Digital Studios ; Amy Singer, Head of News, North America, YouTube; Russ Torres, Deputy Head, Yahoo Studios; Paul Kontonis, SVP, Strategy & Sales, Collective Digital Studio) ont permis d’avoir des retours d’expériences intéressants, notamment sur la complémentarité des diffusions web et TV.

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Est-il utile voire nécessaire de développer en ligne une « franchise » que l’on va porter à la télévision « traditionnelle » ? Quelques exemples montrent que la stratégie peut porter ses fruits. En France, on cite souvent l’exemple de Bref. Aux Etats-Unis, on retiendra le succès de Burning Love, la parodie de l’émission de télé-réalité Bachelor, produite par Ben Stiller qui est passée d’une diffusion sur Internet (Yahoo! Screen) à la télévision (sur la chaîne E!). Autre exemple qui montre combien les circuits de création et de diffusion ont évolué : Video Game High School, la websérie de Freddie Wong et Matt Arnold (Rocket Jump studios) a été financée par une campagne de crowdfunding sur kickstarter puis sur Indiegogo ($270 000 ont été levés pour la saison 1 et plus de $ 900 000 pour la saison 3) et a connu un énorme succès sur Youtube (plus de 84 millions de vues). Netflix a ensuite acquis les droits de diffusion VOD de la série (saisons 1 et 2) que l’on peut aujourd’hui également trouver sur iTunes, Microsoft Xbox LIVE, Sony PlayStation 3 et même en Blu-Ray et DVD, alors que la saison 3 vient de sortir sur la chaîne YouTube RocketJump channel. Les avantages du lancement sur Internet ? La possibilité de tester de nouveaux formats et surtout d’établir un lien fort avec  le public. L’exemple de Vice a également été beaucoup cité. La marque s’est d’abord développée sur Internet et via sa base de fans sur YouTube,  avant de devenir un talk-show d’information provocateur sur HBO en mars 2013. Amy Singer, Head of News chez YouTube Amérique du Nord, souligne que l’indépendance et la flexibilité dont bénéficie YouTube est un avantage essentiel pour la création. Bien des formats n’auraient pas pu être diffusés d’emblée à la télévision. Dorénavant les chaînes Youtube ou les autres plateformes de diffusion en ligne ont leur têtes d’affiche (iconic brands) comme autrefois  les TV avec leur célèbres talkshows. D’ailleurs pour la sortie de la troisième et dernière saison de Video Game High School, le 13 octobre, Youtube a lancé une campagne d’affichage  importante (voir l’article du Wallstreet Journal à ce sujet). La websérie est une marque à mettre en avant pour promouvoir la plateforme. Les nouvelles habitudes de consommation conduisent à la naissance d’une génération de « plateforme agnostics ». Peu importante que l’émission soit diffusée sur une plateforme ou une autre (TV, tablette, youtube, Netflix, Playstation…). Les participants au panel sur la « monétisation » (« Monetization Panel : Making Great Original Content for Digital Platforms »  avec Steven Amato, President, CEO & Founder, Contend ; David Katz, VP, Digital Media, Starz ; Rob Barnett, Founder & CEO, Omnivision Entertainment; Dan Goodman, Co-Founder, Believe Entertainment Group; Laura Rowley, VP, Video Production & Product, Meredith) étaient d’ailleurs d’accord pour affirmer que Netflix n’est finalement pas particulièrement innovant. La grande innovation de Netflix, c’est d’avoir réussi à devenir gigantesque mais fondamentalement en termes de créativité, cela reste de la télévision. Ce serait d’ailleurs une bonne nouvelle, car cela prouve que le public est prêt à payer pour un contenu diffusé en ligne. Même si pour l’instant la monétisation des vidéos diffusées en ligne est encore loin d’être établie. Russ Torres, le numéro 2 de Yahoo Studios, reconnait qu’une des aspirations de sa compagnie est de voir ses programmes rachetés par les télévisions dont l’impact reste colossal. Mais il sait aussi que l’audience se construit désormais sur le Net, et notamment pour les plus jeunes, ceux que l’on appelle les Millennials (ou génération Y, née entre 1980 et 2000). De la TV au Digital : Développer le lien avec le viewer Le forum rassemblait aussi beaucoup d’acteurs de la télévision, ceux des départements en charge de la stratégie numérique mais aussi des responsables des programmes. Même s’ils s’accordent pour dire qu’ils ne sont pas ébranlés par les évolutions du secteur et que le business model de la télévision reste très profitable, les acteurs traditionnels s’efforcent de redéfinir leur stratégie et surtout leur relation avec le public. Le Keynote de Joan Gillman, la directrice de Tim Warner Cable Media – l’un des plus importants câblo-opérateurs des Etats-Unis dont la fusion avec Comcast est imminente – était très attendu sur ces questions. Elle a d’emblée souligné la complexité de la situation. La multiplication des programmes et des canaux pour les diffuser n’a pas entraîné la multiplication des heures dans une journée !  Le consommateur vote avec son temps autant qu’avec son argent. Il est de plus en plus difficile pour une chaîne de ressortir du lot. Seule solution : diffuser des contenus de très grande qualité car les exigences sont de plus en plus hautes (« bars are being raised »), notamment celles des millennials, que Joan Gillman nomme aussi la cable generation. Depuis leur naissance, ces derniers ont vu tant de vidéos, de publicités et d’émissions qu’ils sont devenus incroyablement exigeants. C’est la génération la plus expérimentée en storytelling. Ainsi pour Joan Gillman, la publicité peut rester une modèle de financement, si les publicités elles-mêmes sont de bonne qualité. Elle ajoute que les millennials ont (presque) toujours connu l’Internet haut débit et ont pris l’habitude de commenter, de partager d’abord par SMS puis en ligne. Or les marques les plus populaires sur les réseaux sociaux sont les séries ou les émissions de télévision. Il leur est donc essentiel de créer un lien fort avec le public pour ressortir du lot. L’importance de l’interactivité, du lien avec le public est revenue comme un leitmotiv du forum.  De consommateur anonyme, le viewer est devenu le PDG du contenu. Il a le pouvoir sur la création, la programmation, le marketing. Les programmateurs de chaînes soulignent que ce nouveau consommateur veut avoir accès à son show 24 heures sur 24, pas seulement parce qu’il veut/peut le voir en TV everywhere mais aussi parce qu’il veut suivre sur les réseaux sociaux ou sur des sites dédiés les bonus et behind the scene de l’émission. L’avis de la communauté de fans  a une influence croissante. L’exemple de la série Scandal diffusée sur ABC est parlant. La première saison n’a d’abord pas été très bien reçue : critiques tièdes, taux d’audience décevants. Mais la stratégie de l’équipe – et en particulier de la showrunner, Shonda Rhimes sur les réseaux sociaux a été décisive. C’est probablement ce qui a permis au show de ne pas être déprogrammé et même de devenir l’une des séries les plus populaires et les plus twittées aux Etats-Unis – l’un entraînant l’autre. L’utilisation marketing du numérique est une plus-value réelle pour la télévision traditionnelle – c’est ce qu’a assuré Anjali Midha, Head of Global Media & Agency Research chez Twitter, lors de son keynote « Measuring the Impact of Twitter & TV »  en s’appuyant sur de nombreux exemples. Le plus marquant est celui du fameux selfie de la soirée des Oscars 2014 : 5 millions de personnes ont envoyé 19 millions de tweets à 37 millions de personnes !

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Outre l’impact sur les taux d’audience, et sur l’engagement du public, Twitter permettrait d’accroître l’impact des publicités.  Enfin, l’analyse des réseaux sociaux permet de recueillir des données sur les personnes qui regardent le show. Nielsen, l’institut de mesure d’audience américain tente d’affiner ses outils pour que les marques puissent utiliser et monétiser ces informations. L’une des clés du business model reposerait sur l’engagement du public et l’amélioration des analyses des données collectées. Les limites de twitter n’ont évidemment pas été soulignées dans ce keynote au cours duquel le public n’a pas posé de questions. Lors du débat sur le second écran (« Developing Successful Second Screen Experiences ») a été soulevée la question de  l’impact de twitter pour les programmes regardés en différé – qui sont très nombreux puisque les viewers regardent de plus en plus souvent leurs émissions et vidéos où ils veulent et quand ils veulent. Quel est le nombre de tweets sur House of Cards une semaine après la mise en ligne de la saison complète sur Netflix ? Comment mesure l’audience d’un contenu « everywhere » ?  Il a été aussi souligné le fait que le terme même de « second écran » était devenu obsolète. Les participants lui préfèrent celui de « personal device » par opposition à « family device ». Les acteurs traditionnels ne se contentent pas d’utiliser le numérique à des fins marketing, ils commencent à y investir des sommes importantes et à se lancer dans la vidéo en ligne avec la création et la diffusion pour et par de nouvelles plateformes. Les exemples sont nombreux. Rappelons que Disney a racheté Maker Studios, l'un des plus gros fournisseurs de contenus pour les chaînes du site de vidéos en ligne YouTube (Google). « La vidéo en ligne de courte durée affiche une croissance d'un rythme incroyable, et, avec Maker Studios, Disney sera maintenant au centre de cette activité dynamique, avec une combinaison inégalée de technologie avancée et d'expertise en termes de programmation », avait commenté le PDG de Disney, Robert Iger, en mai dernier. Un représentant de la chaîne de télévision Starz a aussi participé à ces débats : David Katz est à la tête du département digital qui est particulièrement dynamique. Starz Digital Studio crée des contenus spécifiquement pour ses chaînes YouTube. Il faut aller chercher l’audience là où elle est, a déclaré M. Katz. Son rôle est de distribuer du contenu de qualité sur la plateforme qui lui correspond le mieux. Dans cette effervescence de vidéos, il est important que le spectateur s’y repère. Il faut créer une relation forte avec lui, et cela passe aussi par le travail éditorial – le show doit être à sa place, sur la bonne plateforme au bon moment. Finalement le forum n’a pas apporté de conclusion et de solution claires, mais il a permis de faire un état des lieux. Cela est nécessaire si comme David Poltrack, Chief Research Officer chez CBS, on considère qu’il y a eu plus de changement dans les deux dernières années que dans les quarante dernières. La conclusion revient donc à Joan Gillman de Time Warner Cable : « Le futur est magnifique pour la qualité du contenu mais il faut encore le monétiser ». Voir de le détail du programme.

Pervenche Beurier

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Fort Mc Money de David Dufresne présenté dans la section Convergence du New York Film Festival

Date: 07/10/2014

Pour la 3ème année consécutive, le NYFF proposait un programme dédié aux productions interactives et aux nouvelles écritures : Convergence. Depuis son lancement en 2012, Matt Bolish en est le programmateur. A en juger par le public plus nombreux, pour sa troisième édition, Convergence semble avoir pris une nouvelle ampleur. Quelques personnalités étaient invitées pour la première fois, notamment l’inventeur du terme « transmedia », Henry Jenkins. Sa conférence « A Brief History of Transmedia Worlds with Henry Jenkins » a été néanmoins décevante, et ressemblait à un cours magistral peu dynamique par rapport au reste du programme de Convergence. Henry Jenkins a rappelé sa définition du « transmedia »  avant d’égrainer une liste interminable d’œuvres aux univers bien construits, de Dante à Highrise (le webdoc collaboratif de l’ONF diffusé sur le New York Times) en passant par Mad Men ou Tim Burton qualifié de maître dans la création d’univers (world building) mais de piètre scénariste (storyteller).

[caption id="attachment_10994" align="aligncenter" width="490"]def_transmedia_jenkins Henry Jenkins[/caption]

Les débats ont permis d’avoir une approche plus concrète du transmedia en confrontant les points de vue des professionnels du secteur. Les frontières de plus en plus mouvantes du cinéma et du jeu vidéo ont pu être explorées lors de deux débats: « Movies You Play: The Future of Interactive Cinema »  et « The New New Wave: Exploring Indie Games and Indie Film ». Les créateurs ont été largement mis à l’honneur d’abord parce qu’ils ont été invités à présenter leurs œuvres dans des études de cas très instructives (voir plus bas), mais aussi parce qu’un des débats leur était consacré : « Creators on the Verge of a Nervous Breakdown ». Les créateurs seraient donc au bord de la crise de nerfs car ils doivent maîtriser aussi bien de nouveaux outils technologiques et informatiques sophistiqués, que financiers ou de communication (réseaux sociaux et événements live) sans perdre leur talent de storyteller. Cette conférence a rassemblé des acteurs-clés du secteur : des auteurs comme Jake Price (Unknown Spring), Theo Rigby (Immigrant Nation), Vania Heymann (Like A Rolling Stone), ou Kel O'Neill (Empire) ; le compositeur-réalisateur Daniel Koren (The Most Important Thing) ; Dan Schoenbrun, le responsable des partenariats pour les films chez Kickstarter, et Adnaan Wasey, producteur chez POV,  la plateforme de documentaires interactifs de PBS. Comme ces débats, le reste du programme, consacré à des projets novateurs récents, était principalement américain. Seule œuvre étrangère, Fort McMoney, production franco-canadienne (ARTE, ONF, TOXA) du Français David Dufresne, invité par les services culturels de l’Ambassade de France et bientôt en résidence à l’Open Doc Lab du MIT. David Dufresne a fait une présentation interactive de son jeu-documentaire consacré à la vie à Fort McMurray (Alberta, Canada) dont les sables bitumineux représentent la troisième plus importante réserve de pétrole au monde. « Sin City for real », comme le décrit l’auteur, Fort McMoney a été récompensé dans de nombreux festivals, et connait un réel succès public (avec 412 000 joueurs et plus de 2 millions de pages vues de novembre 2013 à juillet 2014). Ce succès devrait se poursuivre avec la sortie cet hiver de la version Ipad. En outre, David Dufresne a présenté pour la première fois la bande annonce du documentaire TV qui devrait sortir en France sur ARTE en janvier 2015, et au Canada prochainement.

[caption id="attachment_10995" align="aligncenter" width="500"]Interview de David Dufresne Interview de David Dufresne[/caption]

La présentation de WeTheEconomy qui sera en ligne sur tous les supports le 20 octobre prochain a fait salle comble. Il faut dire que ce projet réunit 20 cinéastes, dont Morgan Spurlock (Supersize Me), Catherine Hardwicke (Twillight), Ramin Bahrani (Goodbye Solo, 99 Homes), Barbara Kopple (American Dream), Heidi Ewing et Rachel Grady (Jesus Camp), Adam McKay (co-fondateur du site humoristique Funny or Die avec Will Ferrell) ... Chacun d’entre eux a créé un court-métrage expliquant de façon amusante une notion d’économie. Dix économistes renommés les ont accompagnés. Le projet qui se veut entièrement philanthropique et éducatif, a pour ambition de porter à la connaissance des citoyens des informations claires et neutres. Les 20 films sont complétés par des quizz, des schémas explicatifs, des articles, des données mises à jour en temps réel, des échanges sur les réseaux sociaux, … développés par Braden King. Immigrant Nation, déjà présenté à Tribeca en avril dernier, compile les histoires des immigrants aux Etats-Unis. Chacun peut raconter la sienne ou celle de sa famille sur le « storyhub » ; des courts métrages documentaires ou des événements live accompagnent le projet. Autre événement qui fera date : la rediffusion 30 ans après sa sortie au NYFF de Los Sures, un magnifique documentaire tourné en 16 mm et restauré pour l’occasion. Diego Echeverria y dresse un portrait vivant de la communauté porto-ricaine dans un des quartiers les plus pauvres de New York au sud de Williamsburg. Pour donner une suite au film de 1984, une association très active à New York dans le secteur du  documentaire, Union Docs, a créé un webdoc, Living Los Sures dont des éléments ont pu être présentés à Convergence. Le projet rassemblera une trentaine d’artistes, se déclinera sur divers supports et invitera les habitants du quartier à témoigner. Parmi les autres projets présentés, figuraient Artifacts of Fukushima: Selections from Unknown Spring de Jake Price et Visakh Menon ;  Futurestates, la série produite par ITVS qui propose pour sa cinquième et dernière saison une expérience immersive en ligne avec des courts métrages sur notre futur; Last Hijack de Tommy Pallotta et Femke Wolting et Loves of a Cyclops de Nathan Punwar. Enfin, pour la première fois cette année, Convergence 2014 proposait The Vidzor Experience des ateliers gratuits au cours duquel le public pouvait utiliser la plateforme Vidzor et créer ses propres vidéos interactives.

Pervenche Beurier

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Une équipe d’étudiants de l’université de recherche Paris Sciences et Lettres remporte le “hackathon” de MIT Hacking Arts 2014

Date: 07/10/2014

MIT Hacking Arts est une initiative étudiante, hébergée au sein du Martin Trust Center for Entrepreneurship, qui vise à créer des liens entre les arts, la technologie et entrepreneuriat. L'édition 2014 de Hacking Arts s'est tenue à la fois au Microsoft Nerd Center de Cambridge et au MIT Media Lab, du 3 au 5 octobre. Elle a débuté le vendredi soir par une performance de Ryan Leslie, producteur et chanteur de R&B, également diplômé en économie de Harvard, puis par une séance d'"idéation" afin d'aider les étudiants à développer leur créativité durant le hackathon, qui est une compétition par équipes pour imaginer le meilleur projet pendant un laps de temps réduit. Les participants ont été ensuite invités à "pitcher" en une minute les idées de projet ou domaines sur lesquels ils aimeraient travailler afin de leur permettre de constituer des équipes. La journée suivante était consacrée aux panels avec des intervenants (souvent issus du MIT ou bien créateurs de start-ups) dans différents domaines : mode, arts de la scène, réalité virtuelle, arts visuels, musique, jeux vidéo, design, films/TV. La liste complète des intervenants est disponible via ce lien. hacking arts MIT Des présentations de différentes start-ups ayant un lien avec les arts ont également été organisées, le tout étant entrecoupé de performances artistiques. Les étudiants ont eu ensuite la possibilité de "pitcher" à nouveau durant la soirée et de consolider leurs équipes. La matinée du dimanche a été l'occasion pour les différentes équipes de rencontrer des mentors afin de peaufiner leur projet, qu'ils ont ensuite présenté en public devant un jury de professionnels du monde des arts et de l'entrepreneuriat durant 5 minutes (3 minutes de présentation et 2 minutes de questions-réponses avec le jury). En tout, 15 projets ont été présentés en conclusion du hackathon. Pour sa première participation à l’événement « MIT Hacking Arts », l’université de recherche PSL (Paris Sciences et Lettres) s’est particulièrement distinguée puisque deux de ses étudiants (sur les 5 qui avaient été envoyés pour participer à l’événement grâce à l’aide des Services culturels), Ianis Lallemand et Lyes Hammadouche, tous deux inscrits à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs dans le programme doctoral SACRe (Science, Arts, Création et Recherche), font partie de l’équipe qui a remporté la récompense suprême, le prix « Best Overall Hack », les 3 autres prix ayant couronné un projet dans le domaine du cinéma, le projet "le plus créatif" et le projet "le plus perturbateur". Le concept « Tomorrow is Another Day » qu’ils ont inventé lors de ce hackathon avec trois autres étudiants venus d’Italie, d’Argentine et d’Israël issus du MIT et de l’école du MFA, a su séduire le jury par sa grande créativité, au croisement de la technologie et des arts. L'idée est simple : comment transformer le temps que l’on passe à pianoter sans but - et parfois de manière addictive - sur son smartphone en une œuvre d’art. Hacking Arts MIT PSL Ces projets pourront ensuite être présentés au concours "MIT 100 K" qui permet à l'équipe gagnante de remporter une somme de 100 000 dollars afin de concrétiser son projet. Une section spéciale « the 10 K creative arts competition » a également été créée au sein du concours pour les projets en lien avec le domaine artistique. Tout au long de l’année scolaire, des événements de mentorat auront également lieu, toujours dans le cadre de Hacking Arts. Pour voir des photos de l'événement: www.facebook.com/media

Emmanuelle Marchand

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Les tablettes, un marché en mutation : quels effets pour l’industrie musicale ?

Date: 26/09/2014

Les ventes de tablettes sont en déclin et le type de tablettes vendues change ce qui affecte les habitudes de consommation de la musique sur support mobile. On constate que les ventes de tablettes ne sont plus aussi importantes qu’auparavant et ce à tous les niveaux : au second semestre Apple annonce une diminution de 9%, IDC constate une réduction régulière des expéditions, et Best Buy confirme un fort déclin de ses ventes de tablettes. Cependant, selon Ben Bajarin (analyste chez Creative Strategies), ce marché  n’a certes plus la même croissance démentielle de ces dernières années mais il est toujours en croissance et à un taux inférieur. Il y a quelques temps les tablettes apparaissaient comme la dernière acquisition indispensable. L’industrie musicale était alors enthousiaste à la vue de cette innovation et des possibilités de développement qu’elle représentait. Cependant, ce produit s’est rapidement généralisé et les attentes ont changées : la taille des écrans des smartphones a augmenté, rendant moins utile l’utilisation des tablettes et leur durée de vie est un autre facteur ; les tablettes se remplacent moins souvent et demeurent alors  des produits non essentiels (elles sont souvent partagées par plusieurs utilisateurs). On remarque aussi une augmentation du nombre de consommateurs d’applications musicales (+4% en 6 mois sur les smartphones). Cette croissance se fait  plus rapidement sur smartphones mais les consommateurs ont tendance à les utiliser plus longtemps sur tablette, l’expérience étant souvent plus qualitative que sur les téléphones. Les tablettes sont plus adaptées au e-commerce et le montant des dépenses est plus proche de celui dédié aux ordinateurs qu’aux portables. Le nombre de personnes qui achète via les tablettes augmente davantage que celui sur téléphone portable et ce chiffre est encore plus important entre les utilisateurs d’iPad et de tablettes Android.  Enfin, les applications musicales qui amènent à une expérience passive  - de type streaming audio ou de vidéos– sont d’autant plus utilisées sur Smartphone que les applications aux contenus plus actifs et expérientiels. Plus d’informations sur : Billboard

Information fournie par le Bureau Export de la musique à New York

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Le New Media Fund du Tribeca Film Institute, une opportunité pour les créateurs transmedia Français

Date: 26/09/2014

Parmi les 7 projets interactifs soutenus dans le cadre du New Media Fund du Tribeca Film Institute en 2014, 3 sont des productions ou co-productions françaises. La prochaine sélection est déjà en cours : le premier appel à projets pour 2015 est ouvert jusqu’au 5 novembre prochain. Les lauréats du New Media Fund  du Tribeca Film Institute 2014 ont été annoncés cet été. La sélection s’est faite parmi 208 projets documentaires interactifs et transmedia qui explorent un large spectre de sujets sociaux.  Voir toute la sélection ici. Parmi les 5 lauréats qui se partageront la bourse de $ 400 000 de la Ford Foundation’s JustFilms Initiative, on trouve une production française : Do not Track (Upian, ARTE, ONF). En outre, pour la première fois cette année, deux soutiens au développement ont été exceptionnellement attribués à  The Enemy (Camera Lucida, France Télévisions Nouvelles Ecritures) et Celib. Rwandais Cherche Relation sérieuse (La Maison du Directeur, Simba Productions, Popol's wisdom), toute deux des co-productions françaises.  Ainsi, cette année, pas moins de 3 projets sur les 7 récompensés par le jury du New Media Fund sont français. Les Services Culturels de l’Ambassade de France coopèrent depuis longtemps avec le Tribeca Film Institute. Cet été encore, deux des programmateurs du TFI – Digital Initiatives, Amélie Leenhardt et Opeyemi Olukemi, avaient pu se rendre à Paris à l’occasion d’un hackathon co-organisé avec Storycode et des Cross Video Days, avant de participer à Sunny Side of the Doc (Sunny Lab)  à la Rochelle (Bilan par Amélie Leenhardt). Les 3 projets soutenus par le New Media Fund sont ambitieux, innovants et socialement engagés : - DO NOT TRACK de Brett Gaylor et Sébastien Brothier (Upian, ARTE, ONF, BR) Un documentaire interactif et feuilletonnant pour mener une enquête en ligne sur l’économie de l’Internet gratuit, le tracking  et comment la personnalisation des données affecte notre compréhension du monde. - THE ENEMY de Karim Ben Khalifa (Camera Lucida, France Télévisions, ONF) Aux frontières du storytelling, de la neurologie, et de l’intelligence artificielle, The Enemy est une expérience immersive qui permet au public et aux combattants de conflits actuels de reconnaître leur humanité respective. - CELIB. RWANDAIS CHERCHE RELATION SERIEUSE de Jacqueline Kalimunda (La Maison du Directeur, Simba Productions, Popol's wisdom) Celib. Rwandais Cherche Relation sérieuse est un voyage interactif dans le Rwanda d'aujourd'hui, un documentaire à plusieurs voix, sur plusieurs écrans, qui raconte les relations amoureuses et l'avènement d'une nouvelle génération, plus à l'aise pour se rencontrer sur les réseaux sociaux que dans la rue. La réalisatrice Dawn Porter, membre du jury de la Fondation Ford souligne que « les projets sélectionnés pour recevoir la bourse [du New Media Fund] abordent les sujets sociaux-politiques les plus complexes, mais [que] ces œuvres vont bien au-delà.  Leur incroyable créativité – notamment le recours outils les plus innovants pour clarifier, éduquer, et créer des changements sociaux – rend hommage au pouvoir de l’art et à sa capacité mobilisatrice. » Appel à projets pour le New Media Fund  jusqu’au 5 novembre 2014 L’appel à candidatures pour le New Media Fund est lancé et restera ouvert jusqu’au 5 novembre 2014. Comme les années précédentes, les projets doivent être non-fiction, porter sur des thèmes sociaux et ne pas se limiter aux écrans traditionnels – avec des éléments sur les diverses plateformes, des jeux vidéo aux applications de smartphones en passant par les réseaux sociaux et des sites Internet interactifs. A noter : les règles pour candidater ont été modifiées. Il faut désormais être à même de présenter un mock-up ou un prototype du projet. La directrice des Digital Initiatives du TFI, Ingrid Kopp a constaté que « le degré de sophistication et de créativité des projets du New Media Fund ne cesse de croître d’année en année ». C’est pour cela qu’elle a décidé d’ouvrir le processus de sélection pour le New Media Fund deux fois par an : « Avoir deux sessions d’appels à projets par an nous permettra d’y répondre plus rapidement d’être plus en phase avec l’actualité, ce qui est particulièrement enthousiasmant. » Ainsi, il sera de nouveau possible de candidater aux New Media Fund du TFI au printemps 2015. Plus d’infos: tribecafilminstitute.org/pages/new_media_about

Pervenche Beurier

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La réalité augmentée et le futur de l’édition

Date: 17/09/2014

Après avoir travaillé dans diverses maisons d’édition, Bruce Harris est maintenant consultant, et il adore ça. Travailler seul lui laisse plus d’espace pour innover. « J’ai eu une carrière fantastique », dit-il, « j’ai travaillé chez Crown, Random House, Worman… je n’aurais pas pu espérer mieux. Ces dix dernières années ont été merveilleuses ». La réalité augmentée En ce moment, Harris travaille avec des auteurs et des éditeurs pour trouver ce qu’il appelle “les stratégies éditoriales du XXIème siècle”. L’une des nouvelles stratégies qui lui plaît particulièrement est celle de la réalité augmentée (RA), qu’il a eu la chance d’expérimenter lorsqu’il a travaillé sur le projet d’Anomaly, un roman graphique de 370 pages imaginé par Skip Brittenham, avocat spécialisé dans le droit du spectacle, et l’illustrateur de bandes dessinées Brian Haberlin. Avec la RA, une incrustation digitale permet aux créateurs d’ajouter du contenu multimédia sur le papier. Les lecteurs téléchargent une application et scannent les pages à l’aide de leur smartphone ou de leur tablette, sur lesquels apparaissent du contenu supplémentaire tel que des vidéos, du son, des liens vers des sites internet ou des réseaux sociaux, entre autres possibilités. Pour Harris, la réalité augmentée est une véritable rencontre entre le numérique et l’imprimé. « On utilise ses appareils pour découvrir plus de contenus. Le contenu est attrayant au point de vue numérique et permet des interactions, mais le livre imprimé est nécessaire pour accéder à ce contenu ». En quelque sorte, selon Harris, le numérique est resté « une expérience figée comme l’imprimé » : le lecteur a affaire aux mêmes contenus sur les supports numériques et imprimés. Avec la RA au contraire, « il y a du mouvement, de l’audio, et de nombreuses fonctionnalités en supplément du contenu écrit ». La plupart des projets dont s’occupe Harris en ce moment sont créés en partenariat avec des artistes autoédités, comme c’était le cas pour Anomaly et Modernist Cuisine, une collection de cinq ouvrages de Nathan Myhrvold, au prix de 625$, qui s’est vendue dans le monde à plus de 150 000 exemplaires. L’un des attraits principaux de ce type de projets est la capacité de cibler un marché spécifique. « Ce que je fais avec mes clients, c’est que je me concentre sur les particularités du contenu qu’ils me proposent pour identifier la manière dont il doit être mis en forme, commercialisé et vendu ». Harris considère que les grandes maisons d’édition ne sont pas assez spécialisées. « Les grandes entreprises d’aujourd’hui n’ont pas assez de temps à consacrer à un grand nombre des ouvrages qu’elles publient et donc ne leur donnent pas l’attention dont ils auraient vraiment besoin avant d’être mis sur le marché. Aujourd’hui, pour ainsi dire, on peut mieux réussir en étant en dehors des systèmes d’édition traditionnelle plutôt qu’à l’intérieur. Les grandes maisons doivent gérer des centaines et des centaines de titres ». L’autoédition, en revanche, n’est pas faite pour les timorés : elle demande un investissement important en termes de temps et d’argent, dit Harris. « Un auteur qui se dit ‘je vais mettre ça sur Facebook et il va se passer quelque chose’ fait preuve de naïveté. On travaille dans un pays gigantesque où la concurrence règne. On ne peut pas travailler autant pour rien ». Harris voit des auteurs s’impliquer de plus en plus dans la promotion de leurs ouvrages : « Il existe des moyens créatifs de faire participer les auteurs à la discussion, et beaucoup de choses pourraient être faites pour que les auteurs soient représentés sur internet et dans les médias comme des experts dans un domaine particulier et non pas simplement comme des gens qui ont écrit un livre ». Pour illustrer ses propos, Harris mentionne un livre chez Skyhorse intitulé Why Planes Crash, dont l’auteur, David Soucie, est devenu un expert régulièrement consulté par la chaîne CNN. Innovation dans une industrie en évolution L’avènement du numérique et de l’autoédition n’a pas été une surprise pour Harris. « Ce n’est pas la première décennie qui voit des mutations importantes. Depuis que je suis arrivé dans cette industrie il y a 50 ans, chaque décennie a subi des bouleversements. Ce qui change aujourd’hui c’est bien entendu le support, de l’imprimé au numérique ». De son point de vue d’indépendant, Harris a maintenant un regard affirmé sur les manières dont les éditeurs s’adaptent aux modifications du secteur, et ce à quoi ils ne s’adaptent pas. Surtout, il considère que l’édition de livres a bien mieux supporté la « révolution » numérique que ne l’ont fait d’autres secteurs comme celui de la musique ou du cinéma. « La bonne nouvelle, c’est que les gens ont toujours l’air d’avoir envie d’un contenu qui dure, et les livres en font partie ». Harris s’inquiète en revanche du fait que les centres d’intérêt de ses clients sont de plus en plus restreints. Les nombreuses librairies indépendantes qui offraient aux consommateurs un choix de livres complètement inattendus lui manquent. « Je pense qu’en un sens, cela a grandement affecté le fait de découvrir. Avant, on pouvait entrer dans beaucoup plus d’endroits susceptibles d’avoir des contenus qui nous intéressaient, même si l’on ne s’y attendait pas forcément. Les gens sont maintenant obligés d’aller dans des directions de plus en plus restreintes. C’est vrai pour la politique et pour la culture, et c’est une tendance qui m’inquiète un peu ». Harris est un grand fan de livres illustrés et déclare “Je me suis inquiété du futur des livres illustrés au moment où les ventes de livres d’art et de photographie se sont écroulées ». Cependant, les nouvelles stratégies éditoriales le rendent plus optimiste. « Avec la réalité augmentée et d’autres technologies qui vont naître, nous serons capables d’avoir un nouveau regard sur l’illustré ‘longue durée’ ». Il attend avec impatience l’arrivée de celui qu’il appelle « notre Shakespeare numérique », c’est-à-dire un « génie créatif » qui saura utiliser ce format pour créer le mariage parfait entre le numérique et l’imprimé. Lorsqu’on lui demande d’où il pense que les innovations du futur vont provenir, Harris répond qu’“elles ne viendront pas d’un éditeur, mais d’un auteur/créateur”. Pour illustrer son propos, il fait référence à son travail avec Douglas Adams, auteur de l’ouvrage The Hitchikers’ Guide to the Galaxy (Le Guide du voyageur intergalactique) publié chez Crown. « Lorsque j’ai rencontré Douglas Adams dans les années 1980, il a été la première personne à m’expliquer ce que allait devenir l’Internet. Il me manque beaucoup. Ce sera quelqu’un comme lui ou William Gibson – une personne qui a un sens de la technologie et qui comprend l’illustré – quelqu’un qui va vraiment pouvoir transformer tout cela en quelque chose de génial ». Harris s’intéresse beaucoup au processus créatif. « J’ai beaucoup réfléchi à la créativité. Les gens pensent que les nouvelles idées arrivent aux gens comme par magie, mais ce n’est pas ainsi que cela se passe. La création est généralement la synthèse du travail de quelqu’un qui sait quelque chose dans un domaine et qui applique ses connaissances à un autre domaine ». Harris a hâte de voir comment les processus créatifs pour l’imprimé et le numérique vont se développer dans le monde éditorial. « Nous arrivons au moment où une ou plusieurs personnes vont parvenir à créer un tout nouveau mode de divertissement, mais avec du vrai contenu ».   Augmented reality and the future of books, de Lynn Rosen, 7 août 2014   Retrouvez les actualités récentes du livre numérique sur le marché nord-américain dans la newsletter trimestrielle des Ambassades de France à New York et à Ottawa. S'abonner à la newsletter

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La proposition de nouvelles règles directrices par la FCC mobilise plus d’un million d’Internautes en soutien au principe de neutralité du Net

Date: 21/08/2014

Après avoir adopté le 15 mai de nouvelles lignes directrices, ouvrant la porte à la possibilité d’une priorisation des contenus sur Internet, la Federal Communications Commission (FCC) a lancé une période de consultation publique sur sa proposition « Protecting and Promoting the Open Internet ». La proposition a fait l’objet d’une avalanche de commentaires en faveur de la préservation de la neutralité du Net, provoquant une panne du système informatique de la FCC au mois de juillet. Plus d’un million de commentaires ont été enregistrés par la FCC à ce jour, un chiffre inégalé depuis le scandale généré par Janet Jackson en 2004 lors de la diffusion de la finale du Super Bowl. Dans leur ensemble, les Internautes ont fait part de leur inquiétude concernant la possibilité d’une discrimination restreignant la liberté d’expression et d’accès à l’information sur Internet. Face à l’ampleur inattendue de cette mobilisation, la FCC a décidé de prolonger jusqu’au 10 septembre la consultation, initialement prévue pour une période de 60 jours. La proposition de la FCC prévoit en effet la possibilité pour un fournisseur d’accès à Internet de mettre en place des accords « commercialement raisonnables » avec des fournisseurs de services tels que Netflix, afin que ces derniers puissent bénéficier d’un meilleur débit. Les défenseurs de la neutralité du Net craignent ainsi le développement d’un Internet à deux vitesses à la faveur des acteurs les plus riches. Tom Wheeler, président de la FCC, et Barack Obama se sont eux-mêmes fermement engagés en faveur de la neutralité du Net dans ce débat. Le Président des Etats-Unis a notamment rappelé dans son discours au US-Africa Business Forum le 8 août que la préservation d’un Internet libre et ouvert était indispensable à l’innovation, afin de permettre aux Google et Facebook de demain de proposer de nouveaux services. Cet évènement a relancé le débat sur la possibilité d’une requalification des FAI, aujourd’hui considérés comme des « services d’information », en tant que « services de télécommunications » (common carrier). En effet, la nouvelle proposition de la FCC intervient après que le juge fédéral ait en partie invalidé l’Open Internet Order adopté en 2010, interdisant le blocage et la discrimination de l’accès aux sites Internet. La cour avait alors considéré que cette régulation outrepassait les compétences de la FCC, les contraintes imposées par cette dernière ne pouvant s’appliquer qu’aux services de télécommunications. Une requalification permettrait donc au régulateur d’imposer aux FAI des règles plus strictes en matière de neutralité des réseaux. Des voix de plus en plus nombreuses se rallient aujourd’hui à cette possibilité, autrefois considérée comme radicale, y compris au-delà de la communauté des Internautes, dont le poids politique grandit depuis quelques années. Un groupe de 13 sénateurs démocrates s’est notamment prononcé dans ce sens, dans une lettre adressée à Tom Wheeler fin juillet. Ce parti remporte également les suffrages des fournisseurs de service qui avancent depuis longtemps les dangers d’une priorisation du réseau pour leur viabilité économique. Les Républicains continuent en revanche majoritairement à s’opposer à une reclassification ainsi qu’à toute intervention de la FCC sur la régulation des contenus. Comcast, Verizon et AT&T, principaux FAI, argumentent quant à eux qu’une reclassification perturberait fortement le secteur et inhiberait la capacité d’innovation qui leur a permis de se développer ces dernières années. La FCC a annoncé l’organisation de six tables rondes sur ce sujet entre le 16 septembre et le 7 octobre. Le sénateur Patrick Leahy (D-Vt) a lancé un appel dans une lettre ouverte à la FCC afin que la tenue des débats soit élargie hors de l’enceinte de Washington, compte tenu du caractère national de la mobilisation sur cette question.

Ella Filippi Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington

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Youtube, le streaming et les indépendants

Date: 14/07/2014

Difficile de passer à côté de la controverse qui agite actuellement le monde de la musique indépendante, suite à l’annonce par YouTube du lancement d’un nouveau service de streaming sur abonnement. Pour ceux qui n’auraient pas eu le temps de suivre les différents rebondissements ou de démêler le vrai du faux, retour en quelques points sur un conflit plus complexe qu’il n’y parait. Youtube se lance dans le streaming par abonnement La rumeur courait depuis plusieurs mois: YouTube, géant de la vidéo en ligne appartenant à Google, s’apprête à lancer son service de streaming musical sur abonnement. Très anticipé dans le milieu, le lancement de ce nouveau service a été officiellement confirmé par le principal intéressé le 17 juin, sans pour autant préciser de date. Une évolution naturelle lorsque l’on sait que YouTube est devenu de fait l’un des principaux canaux d’accès à la musique en ligne, devançant même de très loin le numéro 1 du streaming Spotify. Avec ce nouveau projet, YouTube va pouvoir en quelque sorte régulariser la situation et offrir un service de streaming musical en bonne et due forme. En pratique, peu de détails ont pour l’instant été révélés, mais les analystes anticipent un fonctionnement similaire à celui de Spotify : un abonnement mensuel permettant d’éviter la publicité, une application de bureau ainsi qu’une application mobile, la possibilité pour les abonnés de poursuivre l’écoute offline. Un accord difficile avec les indépendants Fin mai, les rumeurs persistantes ont soudainement été relancées suite aux allégations de plusieurs labels en cours de négociation avec YouTube, faisant état de conditions très défavorables proposées aux indépendants. Ce lancement, qui aurait du être une bonne nouvelle pour l’ensemble de l’industrie musicale – car nouvelle source de revenus – s’est ainsi transformé en véritable bras de fer entre Google et le secteur indépendant. Billboard s’est procuré un exemplaire du contrat type offert par YouTube aux labels indépendants. Trois points principaux posent problème : 1.     Des royalties trop peu importantes : YouTube se propose de reverser environ 65% des revenus du service aux ayant-droits, contre 70% pour des services comme Spotify ou Rdio. Le deal proposé se situe donc en deçà du marché. 2.     Un nivellement vers le bas : il est spécifié dans le contrat que si un label accepte un taux de royalties inférieur, tous les autres devront s’aligner sur ce taux. Une disposition qui favorise les majors : un contrat légèrement désavantageux pour une major peut être synonyme de catastrophe pour un petit indépendant. 3.     Pas de minimum garanti : pour l’instant, dans sa version gratuite, YouTube rémunère les ayants-droits uniquement lorsqu’une vidéo est précédée d’une publicité – ce qui n’est pas systématiquement le cas. Lors du passage au modèle de streaming gratuit/premium, les labels souhaiteraient que YouTube s’aligne sur ses concurrents, qui rémunèrent un minimum garanti pour chaque lecture de morceau, qu’il soit ou non précédé d’une publicité – ce que YouTube refuse catégoriquement, alors que selon les rumeurs, les trois majors auraient réussi à négocier ce minimum garanti. A ces principaux points s’ajoutent d’autres désaccords : en signant le contrat en l’état, les labels indépendants s’engageraient à ne jamais poursuivre Google en justice, à ne plus jamais donner l’exclusivité à un concurrent lors d’une sortie d’album, à laisser l’immunité aux particuliers postant de la musique sur YouTube au mépris du droit d’auteur… autant de conditions inacceptables pour les associations de labels indépendants. Youtube brandit une épée de Damoclès Le 17 juin, Robert Kyncl, responsable du contenu, du marketing et des opérations de YouTube, a annoncé officiellement le prochain lancement du service et précise avoir passé un accord avec les 3 majors ainsi qu’avec un large nombre de labels indépendants. Selon ses dires, seuls 5% des acteurs de la filière auraient refusé les termes du contrat, des chiffres contestés par les associations d’indépendants qui parlent plutôt de 30 %. Dès lors s’est posé un nouveau problème : que faire du contenu déjà en ligne provenant de ces labels réfractaires ? La réponse de Kyncl est claire : YouTube ne peut pas garder en accès libre des morceaux qui ne seront pas disponibles sur le service payant, ce serait injuste pour les abonnés. La solution envisagée est donc de purement et simplement supprimer le contenu posant problème. Les vidéos postées par des artistes ou des labels n'ayant pas donné leur accord pour rejoindre la future offre payante pourraient donc être bloquées "dans les jours qui viennent" – des artistes comme Adele, Jack White ou encore Vampire Weekend seraient concernés. Une véritable épée de Damoclès pesant sur la tête des indépendants, qui se verraient ainsi privés d’une considérable source de revenus et d’exposition. Un conflit qui ne profite à personne A ce jour, aucune suppression de vidéo n’a encore été signalée – YouTube ne semble pas vouloir s’engager dans un bras de fer trop musclé, notamment suite à la plainte déposée par le Worldwide Independent Network auprès de la Commission Européenne. De toute évidence, les indépendants auraient du mal à faire sans YouTube : la plateforme est à la fois une source de revenus et un formidable outil de promotion. Mais du point de vue de YouTube, fermer la porte aux indépendants ne serait pas non plus une solution, puisque cela reviendrait à se priver d’environ 30% du marché musical mondial. Le défi pour les indépendants est à présent de réussir à se souder afin de pouvoir peser dans les négociations au même titre qu’une major, et ce afin que chacun puisse sortir gagnant de ce complexe deal.

Information fournie par le Bureau Export de la musique à New York 

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Le projet de fusion AT&T et DirecTV peine à convaincre législateurs et régulateur

Date: 14/07/2014

Le projet de fusion entre le fournisseur d’accès à Internet AT&T et le diffuseur de télévision par satellite DirecTV peine à convaincre le Congrès. Mené parallèlement au projet de fusion entre Time Warner Cable et Comcast, ce type d’acquisition renforce la menace d’une verticalisation du marché des télécommunications, avec un risque de renforcement de position oligopolistique. Les deux entreprises ont remis une feuille de travail (paperwork) à la Federal Communications Commission (FCC) au mois de juin, présentant au régulateur les bénéfices d’une telle fusion pour les consommateurs. La fusion, évaluée à 49 milliards de dollars permettrait de combiner une multitude de services tels que la vidéo à la demande, un accès internet et la télévision. Ainsi, selon AT&T, le rapprochement des deux entités permettrait de proposer des offres « groupées » à des tarifs réduits. Actuellement, DirecTV ne dispose pas de service de fourniture d’accès à Internet alors qu’AT&T n’a pas d’offre de diffusion télévisuelle lui permettant de rivaliser avec les services proposés par les câblo-opérateurs. En effet, si la fusion aboutissait, AT&T deviendrait le second fournisseur de contenus télévisés après Comcast. Il serait également le premier opérateur à proposer une offre groupant Internet, TV, VOD et de téléphonie mobile. AT&T ajoute que les économies que l’entreprise réaliserait grâce à cette fusion pourraient être utilisées en investissant dans le développement de son réseau sans fil afin de raccorder 2 millions de foyers, et de son réseau fixe vers 13 millions de foyers situés dans des zones rurales. En outre, le fournisseur d’accès à Internet s’est engagé à respecter les règles de neutralité du net que la FCC mettrait en place. Les parlementaires ont accueilli la proposition avec intérêt. Le républicain Hank Johnson (R-Ga) a relevé que les deux entreprises opéraient sur des marchés différents aujourd’hui et que cette fusion pourrait se révéler intéressante pour concurrencer Comcast et Verizon. La sénatrice Amy Klobuchar (D-Minn) qui siège également au sous-comité antitrust du comité judiciaire, a affirmé que la fusion pourrait en effet permettre la mise en place d’offres groupées intéressantes pour le consommateur. Les démocrates ont toutefois tempéré cet enthousiasme. Pour le sénateur Al Franken, la consolidation du marché demeure une menace pour les consommateurs qui, en dépit d’offres plus attirantes financièrement, pourraient être contraints de payer des services qu’ils n’utilisent pas. La décision reviendra in fine à la FCC et au Department of Justice qui devront examiner ces arguments au cours des prochains mois afin de donner leur accord pour la fusion.

Guilhem Fenieys

Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington

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