Paysage Audiovisuel

Le droit d’auteur rapporte 1,1 milliard de dollars à l’économie américaine et emploie 5,5 millions de personnes

Date: 11/02/2015

Selon un nouveau rapport économique de 2014, les industries concernées par le droit d’auteur ont enregistré des résultats très positifs : plus d’un milliard de dollars ont été générés en 2013 par le secteur (soit 6.71% de l’économie globale américaines) qui emploie plus de 5.5 millions de travailleurs (soit 4% du total de la force de travail des Etats-Unis). Ce même rapport place l’industrie du droit d’auteur en tête de l’économie avec une augmentation de 3.9% entre 2009 et 2013 contre une augmentation de 2.25% pour l’économie globale. La congressiste au Droit de la Création Caucus, Judy Chu, se félicite de ces résultats et exprime sa fierté quant à l’influence et au succès des œuvres culturelles américaines à l’étranger. Ainsi, comme le souligne Steven J. Metalitz, membre de l’Alliance Internationale de la propriété intellectuelle, la stricte réglementation du droit d’auteur contribue directement à la croissance économique du pays. Plus d’informations : MI2N

Informations fournies par le Bureau Export de la musique à New York

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Google préparerait son entrée sur le marché des opérateurs mobiles aux Etats-Unis

Date: 05/02/2015

Selon le Wall Street Journal, Google aurait récemment conclu des accords en tant qu’opérateur de réseau mobile virtuel (MVNO) avec T-Mobile et Sprint, respectivement 3ème et 4ème opérateurs aux Etats-Unis. Le groupe prévoit de commercialiser une offre moins chère et plus libre pour le consommateur. La technologie développée par Google permettrait une itinérance du signal entre les réseaux de Sprint, T-Mobile et des bornes Wifi, afin de fournir la meilleure connexion mobile disponible en fonction de la localisation de l’utilisateur. Les accords MVNO sont généralement très profitables aux opérateurs de réseaux mobiles qui peuvent exploiter des capacités excédentaires sans avoir à supporter les coûts commerciaux associés à la contraction de nouveaux clients. Sprint se serait cependant réservé la possibilité de renégocier le contrat si Google venait à gagner un nombre de clients susceptible de menacer son activité. Google devra pour sa part prendre à sa charge des fonctions peu familières au modèle original de l’entreprise, telles que le service client ou la facturation. L’entreprise dispose cependant d’une position confortable sur le marché mobile grâce à son système d’exploitation Android, qui équipe plus de la moitié des smartphones aux Etats-Unis, et de son partenariat avec le fabriquant Nexus. L’offre d’un service mobile permettrait à l’entreprise de poursuivre sa stratégie de verticalisation sur le secteur mobile. Alors que Google n’a pas encore souhaité confirmer l’information, cela constituerait un mouvement supplémentaire de l’entreprise vers les activités de fourniture d’accès à Internet. Google a en effet déjà entrepris le développement d’une offre de fibre optique dans certaines villes tests des Etats-Unis et continue de développer son projet Loon, qui vise à fournir un accès à Internet dans les zones reculées grâce à des ballons flottant dans les airs. La société californienne a également récemment investi dans le déploiement de satellites à travers une participation de 10 milliards USD dans le projet SpaceX d’Elon Musk. L’entreprise a par ailleurs demandé il y a quelques semaines une autorisation à la Federal Communications Commission pour tester des communications sans fil à ultra haute fréquence.

Ella Filippi Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington

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Neutralité du net : les Républicains cherchent à légiférer avant le vote de la FCC

Date: 28/01/2015

Alors que les Républicains s’étaient jusqu’à présent régulièrement prononcés contre toute régulation d’Internet dans le virulent débat sur la neutralité du net qui divise les États-Unis depuis plusieurs mois, le Grand Old Party se prépare désormais à déposer au Congrès un texte visant à interdire dans la loi la hiérarchisation des réseaux. Selon John Thune (R-S.D.), président du Senate Commerce Committee, la proposition de loi est d’ores et déjà écrite et reprend en grande partie les principes énoncés par le Président Obama au mois de novembre tels que l’interdiction du blocage et de la hiérarchisation payante des contenus et de l’extension de ces principes à l’industrie mobile. Le texte interdirait en revanche à la Federal Communications Commission (FCC) de reclasser les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) en tant que service d’utilité publique au sein du Titre II du Telecommunications Act comme le préconisait le Président. Ce revirement inattendu intervient après les déclarations récentes de Tom Wheeler, président de la FCC suggérant le choix d’une régulation stricte d’Internet au sein du Titre II du Telecommunications Act. Le 10 novembre, le Président Obama avait demandé à la FCC de reclasser les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) en tant que service d’utilité publique (utility) au sein du Titre II, comme le sont déjà les services de télécommunications traditionnels. Le Titre II impose en effet un certain nombre de restrictions aux services de télécommunications en raison de leur caractère d’utilité publique, telles que l’universalité du service ou la pratique de prix raisonnables. Cette prise de position avait alors soulevé une levée de boucliers de la part des FAI et d’un grand nombre de Républicains, pour qui une reclassification imposerait des règles lourdes et inadaptées à l’économie d’Internet, menaçant la capacité d’innovation qui a jusqu’à présent nourri sa croissance. La réponse de Tom Wheeler se faisait depuis attendre, mais celui-ci a laissé entendre, dans une allocution tenue le 7 janvier lors du Consumer Electronic Show de Las Vegas, que le Titre II pourrait être la voie privilégiée, sur le modèle de régulation de l’industrie mobile. Le président de la FCC a cependant ajouté que certaines restrictions seraient assouplies afin d’adapter la loi, conçue pour libéraliser les grands monopoles téléphoniques du XXe siècle, à l’ère d’Internet. Les propos de Tom Wheeler sont malgré tout restés vagues, mentionnant notamment qu’un certain degré de hiérarchisation pourrait être toléré. Sa proposition finale serait communiquée aux autres Commissaires le 5 février 2015 avant d’être soumise au vote le 26. La crainte d’une mainmise du gouvernement sur Internet, au même titre que sur les autres utilities que sont l’eau ou l’électricité par exemple, semble ainsi expliquer le revirement du parti républicain sur la question. Celui-ci espère ainsi évincer le régulateur en légiférant avant que la FCC ne vote une potentielle reclassification. Cette nouvelle position pourrait également être le fruit de la pression publique exercée depuis quelques mois en faveur d’un Internet libre et ouvert, dans l’industrie comme dans l’opinion publique. Près de 4 millions de commentaires favorables à la neutralité du net avaient été adressés à la FCC lors de la consultation publique ouverte de mai à octobre 2014. The Internet Association, qui représente de nombreux géants de la sphère Internet dont Facebook, Google et AOL, a immédiatement exprimé sa satisfaction concernant la proposition de loi. La Maison Blanche a cependant déclaré qu’elle examinerait la proposition mais contestait la nécessité d’une action législative sur le sujet de la neutralité du net. La FCC a quant à elle répliqué que cela ne retarderait aucunement le vote d’une nouvelle régulation attendue à la fin du mois prochain.

Ella Filippi Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington

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Enchères record pour l’attribution de fréquences par la Federal Communications Commission

Date: 19/12/2014

Confronté à la rareté du spectre électromagnétique face aux besoins croissants des télécommunications mobiles, le Président Obama avait appelé dès 2009 la NTIA, National Telecommunications and Information Administration et la FCC, Federal Communications Commission, à réallouer 500 MHz de fréquences d’ici 2020 (qu’elles soient détenues par des acteurs ou libérées par le gouvernement fédéral). C’est dans ce cadre que la FCC a ouvert le 13 novembre une mise aux enchères de fréquences situées entre 1695 MHz et 1710 MHz, auparavant réservées principalement à la National Oceanographic and Atmospheric Administration pour des prévisions météorologiques et des alertes climatiques. Cette enchère a atteint début décembre le record de 43 milliards de dollars. Qualifiée d’« historique » par la Telecommunications Industry  Association, cette opération dont le montant dépasse de beaucoup les estimations de la FCC (qui en attendait 10 milliards) illustre bien la situation de pénurie de fréquences mobiles. Les opérateurs de télécommunications mobiles cherchent ainsi à élargir leur accès au spectre pour satisfaire la consommation croissante de contenus multimédia en haut débit. L’identité des offrants reste secrète jusqu’à la clôture des enchères, qui continueront jusqu’à épuisement des offres. AT&T et Verizon, les deux premiers opérateurs mobiles du pays, ainsi que Dish Network, diffuseur de télévision par satellite, seraient les participants majeurs. Le produit des enchères servira en particulier à financer FirstNet, le réseau d’urgence national développé par le gouvernement, à moderniser le réseau 911 ainsi qu’à réduire le déficit public.

Ella Filippi Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington

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Nouvelle fonctionnalité d’achat sur Twitter

Date: 09/12/2014

Il y a un an, le fondateur et PDG de Ticketmaster Nathan Hubbard rejoignait Twitter à la tête du département commercial et annonçait auprès de Billboard que « l’industrie musicale devrait être extrêmement enthousiaste ». Avec l’annonce le mois dernier d’une nouvelle fonction « d’achat », nous comprenons aujourd’hui pourquoi. En effet, ce dernier permet aux fans d’acheter du merchandising, de la musique et plus encore directement sur Twitter grâce à cette nouvelle touche – actuellement disponible uniquement aux US. Compte tenu du grand nombre d’artistes présents sur Twitter et des millions d’utilisateurs qui ne cessent de tweeter, Twitter a la possibilité de devenir une plateforme de vente directe auprès des fans grâce à l’absence de barrières entre un tweet et l’achat. Par exemple, un artiste pourrait tweeter une offre exclusive sur une édition limitée de T-Shirt réservée uniquement à ses followers et les utilisateurs pourraient s’en procurer en un clic sans jamais quitter l’application. Différents artistes, marques et entreprises font déjà partie du lancement de cette nouvelle fonctionnalité comme Eminem, Panic ! At the Disco, Wiz Khalifa, Home Depot, Burberry, GLAAD… Cependant, Twitter précise que cette innovation prendra effet petit à petit car même s’il n’y a qu’un nombre limité d’organisations à pouvoir bénéficier de l’offre aujourd’hui, le processus devrait se développer très rapidement. Pour le « test » initial les sites d’e-commerce partenaires sont donc réduits à Fancy, Gumroad, MusicToday et Stripe. Plus d’informations : Billboard

Information fournie par le Bureau Export de la musique à New York

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Le Président Obama se prononce en faveur d’une requalification des fournisseurs d’accès à Internet en tant que services de télécommunications

Date: 18/11/2014

Dans un communiqué publié lundi 10 novembre sur le site Internet de la Maison Blanche, le Président Obama a pressé la Federal Communications Commission (FCC) d’agir en faveur de la neutralité du net en requalifiant les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) en tant que "common carriers", au même titre que les services de télécommunications traditionnels. Le Président des Etats-Unis s’était déjà prononcé en faveur d’un Internet libre et ouvert. C’est cependant la première fois qu’il s’engage sur le dispositif réglementaire à adopter afin de faire appliquer ce principe par les FAI. Le débat enfle aux Etats-Unis entre les défenseurs de l’open Internet et les partisans d’une différenciation du trafic qui permettrait aux FAI de faire payer plus cher l’accès à un meilleur débit. En janvier, le juge fédéral a en partie invalidé l’Open Internet Order adopté en 2010 par la FCC, interdisant le blocage et la discrimination de l’accès à Internet. La cour avait alors considéré que cette régulation outrepassait les compétences de la FCC, ses pouvoirs s’appliquant uniquement aux services de télécommunications ("common carriers") tandis que les FAI sont aujourd’hui réglementés en tant que "services d’information". Une requalification permettrait donc au régulateur d’imposer aux FAI des règles plus strictes en matière de neutralité des réseaux. Le président de la FCC, Tom Wheeler, a immédiatement salué la prise de position du Président, tout en rappelant l’indépendance de l’agence. Les FAI ont quant à eux réaffirmé leur position, considérant que le titre II du Telecommunications Act, qui réglemente les services de télécommunications aux Etats-Unis, imposerait une régulation lourde, inadaptée au principe d’un Internet ouvert et évolutif. Cet engagement du Président, aujourd’hui en position fragile face à son électorat, touche à un thème sensible dans l’opinion publique. La consultation publique ouverte de mai à octobre par la FCC avait généré près de 4 millions de commentaires sur Internet, en grande majorité en faveur de la neutralité du net.

Ella Filippi Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington

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SXSW 2015 : Appel à Start-ups d’Ubifrance (jusqu’au 22 octobre) et Interactive Innovation Awards (jusqu’au 7 novembre)

Date: 14/10/2014

Dans le cadre de South by Southwest (SXSW) 2015 qui se déroulera du 13 au 22 mars 2015 à Austin- Etats-Unis, UBIFRANCE organise pour la 2ème année consécutive un Pavillon France sur l’espace Trade Show du 15 au 18 mars 2015. Le SXSW est un évènement incontournable de l’innovation numérique qui accueille chaque année les entrepreneurs et les visionnaires de l’internet et du numérique. Pour la constitution du French Tech Pavilion, vitrine de l’excellence technologique française sur le Trade Show du SXSW, 15 startups innovantes seront sélectionnées par un jury composé d’experts de l’écosystème du numérique en France et aux États-Unis. Ubifrance a donc lancé un appel aux start-ups  qui souhaiteraient décrocher une place sur le French Tech Pavilion du SXSW 2015. Elles peuvent postuler au concours organisé par UBIFRANCE jusqu’au 22 octobre 2014. Plus d’information dans la plaquette de présentation de l’offre UBIFRANCE sur le SXSW 2015 Il suffit de remplir un dossier de candidature en suivant le guide du dossier de candidature pour le SXSW 2015 Aucun frais d’inscription ne sera retenu si la société candidate n’est pas sélectionnée par le jury. Par ailleurs, la sélection des conférenciers via le panel Picker à SXSW est close – les résultats seront annoncés dans le courant de la semaine prochaine. D'autres opportunités pour prendre la parole à SXSW existent cependant.  Il est ainsi possible de s'inscrire pour les Interactive Innovation Awards jusqu'au 7 novembre (pour 30$). Plus d’info ici :  https://cart.sxsw.com/webapps/6001/edit?lookup_id=webapp6001 Pervenche Beurier

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Troisième édition du “Future of Television Forum” à New York : Etats des lieux des débats sur le marché américain

Date: 08/10/2014

Le Future of Television Forum qui s’est tenu à New York en septembre dernier a rassemblé plus de 300 professionnels. Broadcasters, câblo-opérateurs, créateurs de contenu numérique, FAI, agences media et publicitaires, investisseurs etc. ont  débattu des stratégies de recrutement, fidélisation et monétisation des publics sur toutes les plateformes de diffusion. Cette 11ème édition du Future of Television Forum faisait partie d’un événement plus large : la  DMW Week NYC (1 000 participants) au cours de laquelle ont lieu la NY Games Conference et le Digital Music Forum. La conférence plénière d’ouverture, « The view from the top » a d’emblée soulevé la question qui a été au cœur de l’ensemble des débats : Is it the best or the worst of times for TV ?.  En d’autres termes, faut-il se réjouir de la croissance du nombre de programmes et de leur qualité, ou faut-il déplorer l’instabilité et la manque de viabilité du business model  dans cette industrie en pleine mutation depuis une décennie au moins? Les réponses ont été (trop) nuancées. Pas plus ici qu’en France, on a inventé LE business model adapté à la nouvelle donne télévisuelle. Néanmoins, les opportunités liées au numérique suscitent un enthousiasme général, tant de la part des acteurs du numérique et des plateformes de diffusion (Twitter, Yahoo !  Vimeo, Microsoft, Facebook, Roku, Omnivision…) que des acteurs plus traditionnels de la télévision (les chaînes: PBS, Starz, BET, CBS, Univision, TBS… et les câblo-opérateurs : Time Warner Cable). Les nouvelles opportunités liées au numériques : «  a frontier to explore » Du Digital à la TV Les conférences sur la distribution ( « TV/Digital Hybrid Programming: How is the Relationship Evolving? ») avec des acteurs majeurs du nouvel écosystème  (Roger Keating, SVP, Digital Media, Hearst Television ; Matt Graham, Senior Director, PBS Digital Studios ; Amy Singer, Head of News, North America, YouTube; Russ Torres, Deputy Head, Yahoo Studios; Paul Kontonis, SVP, Strategy & Sales, Collective Digital Studio) ont permis d’avoir des retours d’expériences intéressants, notamment sur la complémentarité des diffusions web et TV.

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Est-il utile voire nécessaire de développer en ligne une « franchise » que l’on va porter à la télévision « traditionnelle » ? Quelques exemples montrent que la stratégie peut porter ses fruits. En France, on cite souvent l’exemple de Bref. Aux Etats-Unis, on retiendra le succès de Burning Love, la parodie de l’émission de télé-réalité Bachelor, produite par Ben Stiller qui est passée d’une diffusion sur Internet (Yahoo! Screen) à la télévision (sur la chaîne E!). Autre exemple qui montre combien les circuits de création et de diffusion ont évolué : Video Game High School, la websérie de Freddie Wong et Matt Arnold (Rocket Jump studios) a été financée par une campagne de crowdfunding sur kickstarter puis sur Indiegogo ($270 000 ont été levés pour la saison 1 et plus de $ 900 000 pour la saison 3) et a connu un énorme succès sur Youtube (plus de 84 millions de vues). Netflix a ensuite acquis les droits de diffusion VOD de la série (saisons 1 et 2) que l’on peut aujourd’hui également trouver sur iTunes, Microsoft Xbox LIVE, Sony PlayStation 3 et même en Blu-Ray et DVD, alors que la saison 3 vient de sortir sur la chaîne YouTube RocketJump channel. Les avantages du lancement sur Internet ? La possibilité de tester de nouveaux formats et surtout d’établir un lien fort avec  le public. L’exemple de Vice a également été beaucoup cité. La marque s’est d’abord développée sur Internet et via sa base de fans sur YouTube,  avant de devenir un talk-show d’information provocateur sur HBO en mars 2013. Amy Singer, Head of News chez YouTube Amérique du Nord, souligne que l’indépendance et la flexibilité dont bénéficie YouTube est un avantage essentiel pour la création. Bien des formats n’auraient pas pu être diffusés d’emblée à la télévision. Dorénavant les chaînes Youtube ou les autres plateformes de diffusion en ligne ont leur têtes d’affiche (iconic brands) comme autrefois  les TV avec leur célèbres talkshows. D’ailleurs pour la sortie de la troisième et dernière saison de Video Game High School, le 13 octobre, Youtube a lancé une campagne d’affichage  importante (voir l’article du Wallstreet Journal à ce sujet). La websérie est une marque à mettre en avant pour promouvoir la plateforme. Les nouvelles habitudes de consommation conduisent à la naissance d’une génération de « plateforme agnostics ». Peu importante que l’émission soit diffusée sur une plateforme ou une autre (TV, tablette, youtube, Netflix, Playstation…). Les participants au panel sur la « monétisation » (« Monetization Panel : Making Great Original Content for Digital Platforms »  avec Steven Amato, President, CEO & Founder, Contend ; David Katz, VP, Digital Media, Starz ; Rob Barnett, Founder & CEO, Omnivision Entertainment; Dan Goodman, Co-Founder, Believe Entertainment Group; Laura Rowley, VP, Video Production & Product, Meredith) étaient d’ailleurs d’accord pour affirmer que Netflix n’est finalement pas particulièrement innovant. La grande innovation de Netflix, c’est d’avoir réussi à devenir gigantesque mais fondamentalement en termes de créativité, cela reste de la télévision. Ce serait d’ailleurs une bonne nouvelle, car cela prouve que le public est prêt à payer pour un contenu diffusé en ligne. Même si pour l’instant la monétisation des vidéos diffusées en ligne est encore loin d’être établie. Russ Torres, le numéro 2 de Yahoo Studios, reconnait qu’une des aspirations de sa compagnie est de voir ses programmes rachetés par les télévisions dont l’impact reste colossal. Mais il sait aussi que l’audience se construit désormais sur le Net, et notamment pour les plus jeunes, ceux que l’on appelle les Millennials (ou génération Y, née entre 1980 et 2000). De la TV au Digital : Développer le lien avec le viewer Le forum rassemblait aussi beaucoup d’acteurs de la télévision, ceux des départements en charge de la stratégie numérique mais aussi des responsables des programmes. Même s’ils s’accordent pour dire qu’ils ne sont pas ébranlés par les évolutions du secteur et que le business model de la télévision reste très profitable, les acteurs traditionnels s’efforcent de redéfinir leur stratégie et surtout leur relation avec le public. Le Keynote de Joan Gillman, la directrice de Tim Warner Cable Media – l’un des plus importants câblo-opérateurs des Etats-Unis dont la fusion avec Comcast est imminente – était très attendu sur ces questions. Elle a d’emblée souligné la complexité de la situation. La multiplication des programmes et des canaux pour les diffuser n’a pas entraîné la multiplication des heures dans une journée !  Le consommateur vote avec son temps autant qu’avec son argent. Il est de plus en plus difficile pour une chaîne de ressortir du lot. Seule solution : diffuser des contenus de très grande qualité car les exigences sont de plus en plus hautes (« bars are being raised »), notamment celles des millennials, que Joan Gillman nomme aussi la cable generation. Depuis leur naissance, ces derniers ont vu tant de vidéos, de publicités et d’émissions qu’ils sont devenus incroyablement exigeants. C’est la génération la plus expérimentée en storytelling. Ainsi pour Joan Gillman, la publicité peut rester une modèle de financement, si les publicités elles-mêmes sont de bonne qualité. Elle ajoute que les millennials ont (presque) toujours connu l’Internet haut débit et ont pris l’habitude de commenter, de partager d’abord par SMS puis en ligne. Or les marques les plus populaires sur les réseaux sociaux sont les séries ou les émissions de télévision. Il leur est donc essentiel de créer un lien fort avec le public pour ressortir du lot. L’importance de l’interactivité, du lien avec le public est revenue comme un leitmotiv du forum.  De consommateur anonyme, le viewer est devenu le PDG du contenu. Il a le pouvoir sur la création, la programmation, le marketing. Les programmateurs de chaînes soulignent que ce nouveau consommateur veut avoir accès à son show 24 heures sur 24, pas seulement parce qu’il veut/peut le voir en TV everywhere mais aussi parce qu’il veut suivre sur les réseaux sociaux ou sur des sites dédiés les bonus et behind the scene de l’émission. L’avis de la communauté de fans  a une influence croissante. L’exemple de la série Scandal diffusée sur ABC est parlant. La première saison n’a d’abord pas été très bien reçue : critiques tièdes, taux d’audience décevants. Mais la stratégie de l’équipe – et en particulier de la showrunner, Shonda Rhimes sur les réseaux sociaux a été décisive. C’est probablement ce qui a permis au show de ne pas être déprogrammé et même de devenir l’une des séries les plus populaires et les plus twittées aux Etats-Unis – l’un entraînant l’autre. L’utilisation marketing du numérique est une plus-value réelle pour la télévision traditionnelle – c’est ce qu’a assuré Anjali Midha, Head of Global Media & Agency Research chez Twitter, lors de son keynote « Measuring the Impact of Twitter & TV »  en s’appuyant sur de nombreux exemples. Le plus marquant est celui du fameux selfie de la soirée des Oscars 2014 : 5 millions de personnes ont envoyé 19 millions de tweets à 37 millions de personnes !

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Outre l’impact sur les taux d’audience, et sur l’engagement du public, Twitter permettrait d’accroître l’impact des publicités.  Enfin, l’analyse des réseaux sociaux permet de recueillir des données sur les personnes qui regardent le show. Nielsen, l’institut de mesure d’audience américain tente d’affiner ses outils pour que les marques puissent utiliser et monétiser ces informations. L’une des clés du business model reposerait sur l’engagement du public et l’amélioration des analyses des données collectées. Les limites de twitter n’ont évidemment pas été soulignées dans ce keynote au cours duquel le public n’a pas posé de questions. Lors du débat sur le second écran (« Developing Successful Second Screen Experiences ») a été soulevée la question de  l’impact de twitter pour les programmes regardés en différé – qui sont très nombreux puisque les viewers regardent de plus en plus souvent leurs émissions et vidéos où ils veulent et quand ils veulent. Quel est le nombre de tweets sur House of Cards une semaine après la mise en ligne de la saison complète sur Netflix ? Comment mesure l’audience d’un contenu « everywhere » ?  Il a été aussi souligné le fait que le terme même de « second écran » était devenu obsolète. Les participants lui préfèrent celui de « personal device » par opposition à « family device ». Les acteurs traditionnels ne se contentent pas d’utiliser le numérique à des fins marketing, ils commencent à y investir des sommes importantes et à se lancer dans la vidéo en ligne avec la création et la diffusion pour et par de nouvelles plateformes. Les exemples sont nombreux. Rappelons que Disney a racheté Maker Studios, l'un des plus gros fournisseurs de contenus pour les chaînes du site de vidéos en ligne YouTube (Google). « La vidéo en ligne de courte durée affiche une croissance d'un rythme incroyable, et, avec Maker Studios, Disney sera maintenant au centre de cette activité dynamique, avec une combinaison inégalée de technologie avancée et d'expertise en termes de programmation », avait commenté le PDG de Disney, Robert Iger, en mai dernier. Un représentant de la chaîne de télévision Starz a aussi participé à ces débats : David Katz est à la tête du département digital qui est particulièrement dynamique. Starz Digital Studio crée des contenus spécifiquement pour ses chaînes YouTube. Il faut aller chercher l’audience là où elle est, a déclaré M. Katz. Son rôle est de distribuer du contenu de qualité sur la plateforme qui lui correspond le mieux. Dans cette effervescence de vidéos, il est important que le spectateur s’y repère. Il faut créer une relation forte avec lui, et cela passe aussi par le travail éditorial – le show doit être à sa place, sur la bonne plateforme au bon moment. Finalement le forum n’a pas apporté de conclusion et de solution claires, mais il a permis de faire un état des lieux. Cela est nécessaire si comme David Poltrack, Chief Research Officer chez CBS, on considère qu’il y a eu plus de changement dans les deux dernières années que dans les quarante dernières. La conclusion revient donc à Joan Gillman de Time Warner Cable : « Le futur est magnifique pour la qualité du contenu mais il faut encore le monétiser ». Voir de le détail du programme.

Pervenche Beurier

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Fort Mc Money de David Dufresne présenté dans la section Convergence du New York Film Festival

Date: 07/10/2014

Pour la 3ème année consécutive, le NYFF proposait un programme dédié aux productions interactives et aux nouvelles écritures : Convergence. Depuis son lancement en 2012, Matt Bolish en est le programmateur. A en juger par le public plus nombreux, pour sa troisième édition, Convergence semble avoir pris une nouvelle ampleur. Quelques personnalités étaient invitées pour la première fois, notamment l’inventeur du terme « transmedia », Henry Jenkins. Sa conférence « A Brief History of Transmedia Worlds with Henry Jenkins » a été néanmoins décevante, et ressemblait à un cours magistral peu dynamique par rapport au reste du programme de Convergence. Henry Jenkins a rappelé sa définition du « transmedia »  avant d’égrainer une liste interminable d’œuvres aux univers bien construits, de Dante à Highrise (le webdoc collaboratif de l’ONF diffusé sur le New York Times) en passant par Mad Men ou Tim Burton qualifié de maître dans la création d’univers (world building) mais de piètre scénariste (storyteller).

[caption id="attachment_10994" align="aligncenter" width="490"]def_transmedia_jenkins Henry Jenkins[/caption]

Les débats ont permis d’avoir une approche plus concrète du transmedia en confrontant les points de vue des professionnels du secteur. Les frontières de plus en plus mouvantes du cinéma et du jeu vidéo ont pu être explorées lors de deux débats: « Movies You Play: The Future of Interactive Cinema »  et « The New New Wave: Exploring Indie Games and Indie Film ». Les créateurs ont été largement mis à l’honneur d’abord parce qu’ils ont été invités à présenter leurs œuvres dans des études de cas très instructives (voir plus bas), mais aussi parce qu’un des débats leur était consacré : « Creators on the Verge of a Nervous Breakdown ». Les créateurs seraient donc au bord de la crise de nerfs car ils doivent maîtriser aussi bien de nouveaux outils technologiques et informatiques sophistiqués, que financiers ou de communication (réseaux sociaux et événements live) sans perdre leur talent de storyteller. Cette conférence a rassemblé des acteurs-clés du secteur : des auteurs comme Jake Price (Unknown Spring), Theo Rigby (Immigrant Nation), Vania Heymann (Like A Rolling Stone), ou Kel O'Neill (Empire) ; le compositeur-réalisateur Daniel Koren (The Most Important Thing) ; Dan Schoenbrun, le responsable des partenariats pour les films chez Kickstarter, et Adnaan Wasey, producteur chez POV,  la plateforme de documentaires interactifs de PBS. Comme ces débats, le reste du programme, consacré à des projets novateurs récents, était principalement américain. Seule œuvre étrangère, Fort McMoney, production franco-canadienne (ARTE, ONF, TOXA) du Français David Dufresne, invité par les services culturels de l’Ambassade de France et bientôt en résidence à l’Open Doc Lab du MIT. David Dufresne a fait une présentation interactive de son jeu-documentaire consacré à la vie à Fort McMurray (Alberta, Canada) dont les sables bitumineux représentent la troisième plus importante réserve de pétrole au monde. « Sin City for real », comme le décrit l’auteur, Fort McMoney a été récompensé dans de nombreux festivals, et connait un réel succès public (avec 412 000 joueurs et plus de 2 millions de pages vues de novembre 2013 à juillet 2014). Ce succès devrait se poursuivre avec la sortie cet hiver de la version Ipad. En outre, David Dufresne a présenté pour la première fois la bande annonce du documentaire TV qui devrait sortir en France sur ARTE en janvier 2015, et au Canada prochainement.

[caption id="attachment_10995" align="aligncenter" width="500"]Interview de David Dufresne Interview de David Dufresne[/caption]

La présentation de WeTheEconomy qui sera en ligne sur tous les supports le 20 octobre prochain a fait salle comble. Il faut dire que ce projet réunit 20 cinéastes, dont Morgan Spurlock (Supersize Me), Catherine Hardwicke (Twillight), Ramin Bahrani (Goodbye Solo, 99 Homes), Barbara Kopple (American Dream), Heidi Ewing et Rachel Grady (Jesus Camp), Adam McKay (co-fondateur du site humoristique Funny or Die avec Will Ferrell) ... Chacun d’entre eux a créé un court-métrage expliquant de façon amusante une notion d’économie. Dix économistes renommés les ont accompagnés. Le projet qui se veut entièrement philanthropique et éducatif, a pour ambition de porter à la connaissance des citoyens des informations claires et neutres. Les 20 films sont complétés par des quizz, des schémas explicatifs, des articles, des données mises à jour en temps réel, des échanges sur les réseaux sociaux, … développés par Braden King. Immigrant Nation, déjà présenté à Tribeca en avril dernier, compile les histoires des immigrants aux Etats-Unis. Chacun peut raconter la sienne ou celle de sa famille sur le « storyhub » ; des courts métrages documentaires ou des événements live accompagnent le projet. Autre événement qui fera date : la rediffusion 30 ans après sa sortie au NYFF de Los Sures, un magnifique documentaire tourné en 16 mm et restauré pour l’occasion. Diego Echeverria y dresse un portrait vivant de la communauté porto-ricaine dans un des quartiers les plus pauvres de New York au sud de Williamsburg. Pour donner une suite au film de 1984, une association très active à New York dans le secteur du  documentaire, Union Docs, a créé un webdoc, Living Los Sures dont des éléments ont pu être présentés à Convergence. Le projet rassemblera une trentaine d’artistes, se déclinera sur divers supports et invitera les habitants du quartier à témoigner. Parmi les autres projets présentés, figuraient Artifacts of Fukushima: Selections from Unknown Spring de Jake Price et Visakh Menon ;  Futurestates, la série produite par ITVS qui propose pour sa cinquième et dernière saison une expérience immersive en ligne avec des courts métrages sur notre futur; Last Hijack de Tommy Pallotta et Femke Wolting et Loves of a Cyclops de Nathan Punwar. Enfin, pour la première fois cette année, Convergence 2014 proposait The Vidzor Experience des ateliers gratuits au cours duquel le public pouvait utiliser la plateforme Vidzor et créer ses propres vidéos interactives.

Pervenche Beurier

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Une équipe d’étudiants de l’université de recherche Paris Sciences et Lettres remporte le “hackathon” de MIT Hacking Arts 2014

Date: 07/10/2014

MIT Hacking Arts est une initiative étudiante, hébergée au sein du Martin Trust Center for Entrepreneurship, qui vise à créer des liens entre les arts, la technologie et entrepreneuriat. L'édition 2014 de Hacking Arts s'est tenue à la fois au Microsoft Nerd Center de Cambridge et au MIT Media Lab, du 3 au 5 octobre. Elle a débuté le vendredi soir par une performance de Ryan Leslie, producteur et chanteur de R&B, également diplômé en économie de Harvard, puis par une séance d'"idéation" afin d'aider les étudiants à développer leur créativité durant le hackathon, qui est une compétition par équipes pour imaginer le meilleur projet pendant un laps de temps réduit. Les participants ont été ensuite invités à "pitcher" en une minute les idées de projet ou domaines sur lesquels ils aimeraient travailler afin de leur permettre de constituer des équipes. La journée suivante était consacrée aux panels avec des intervenants (souvent issus du MIT ou bien créateurs de start-ups) dans différents domaines : mode, arts de la scène, réalité virtuelle, arts visuels, musique, jeux vidéo, design, films/TV. La liste complète des intervenants est disponible via ce lien. hacking arts MIT Des présentations de différentes start-ups ayant un lien avec les arts ont également été organisées, le tout étant entrecoupé de performances artistiques. Les étudiants ont eu ensuite la possibilité de "pitcher" à nouveau durant la soirée et de consolider leurs équipes. La matinée du dimanche a été l'occasion pour les différentes équipes de rencontrer des mentors afin de peaufiner leur projet, qu'ils ont ensuite présenté en public devant un jury de professionnels du monde des arts et de l'entrepreneuriat durant 5 minutes (3 minutes de présentation et 2 minutes de questions-réponses avec le jury). En tout, 15 projets ont été présentés en conclusion du hackathon. Pour sa première participation à l’événement « MIT Hacking Arts », l’université de recherche PSL (Paris Sciences et Lettres) s’est particulièrement distinguée puisque deux de ses étudiants (sur les 5 qui avaient été envoyés pour participer à l’événement grâce à l’aide des Services culturels), Ianis Lallemand et Lyes Hammadouche, tous deux inscrits à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs dans le programme doctoral SACRe (Science, Arts, Création et Recherche), font partie de l’équipe qui a remporté la récompense suprême, le prix « Best Overall Hack », les 3 autres prix ayant couronné un projet dans le domaine du cinéma, le projet "le plus créatif" et le projet "le plus perturbateur". Le concept « Tomorrow is Another Day » qu’ils ont inventé lors de ce hackathon avec trois autres étudiants venus d’Italie, d’Argentine et d’Israël issus du MIT et de l’école du MFA, a su séduire le jury par sa grande créativité, au croisement de la technologie et des arts. L'idée est simple : comment transformer le temps que l’on passe à pianoter sans but - et parfois de manière addictive - sur son smartphone en une œuvre d’art. Hacking Arts MIT PSL Ces projets pourront ensuite être présentés au concours "MIT 100 K" qui permet à l'équipe gagnante de remporter une somme de 100 000 dollars afin de concrétiser son projet. Une section spéciale « the 10 K creative arts competition » a également été créée au sein du concours pour les projets en lien avec le domaine artistique. Tout au long de l’année scolaire, des événements de mentorat auront également lieu, toujours dans le cadre de Hacking Arts. Pour voir des photos de l'événement: www.facebook.com/media

Emmanuelle Marchand

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