Paysage Audiovisuel

Pour Hillary Clinton, il n’y a “pas de contradiction” entre la défense d’un Internet libre et le respect de la propriété intellectuelle

Date: 14/11/2011

A la demande du Représentant Howard Berman (D-CA), la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton a précisé la position américaine vis- à-vis du respect de la propriété intellectuelle sur Internet. "Le Département d’Etat est fortement engagé à défendre un Internet libre, mais aussi à garantir le respect des droits de propriété intellectuelle sur Internet", a déclaré la Secrétaire d’Etat, ajoutant qu’il n’y a "pas de contradiction entre la protection des droits de propriété intellectuelle et la libre expression sur Internet". Howard Berman, dont le district englobe une partie d’Hollywood, a co-sponsorisé le projet de loi anti-piratage "Stop Online Piracy Act". En septembre, il avait écrit à la Secrétaire d’Etat pour lui demander de réaffirmer le soutien du Département d’Etat aux détenteurs de copyright. En effet, les opposants aux projets de loi du Congrès contre le piratage craignent que ces textes ne nuisent aux efforts de la diplomatie américaine contre la censure de l’Internet à travers le monde. La fermeture des noms de domaine dédiés au piratage, soulignent-ils, ressemble fort aux méthodes de filtrage employées par le gouvernement chinois pour censurer la dissidence sur la toile. Par ses déclarations, Madame Clinton rejette cette comparaison et réaffirme que "la liberté de parole ne protège pas ceux qui utilisent Internet pour distribuer des œuvres volées". Sec. Clinton: No contradiction between Web freedom and IP rights, de Gautham Nagesh, The Hill's Hillicon Valley, 4 novembre 2011 Secretary of State Clinton Rejects Foreign Policy Critics of Rogue Sites Legislation, de Chris Castle, Blog Music • Technology • Policy, 4 novembre 2011

Service Economique Régional de Washington

ContinuerContinuer


Le Sénat rejette un projet de loi en faveur de l’annulation des règles de la FCC sur la neutralité du net

Date: 14/11/2011

Le Sénat a rejeté, le 10 novembre, un projet de loi voté par la Chambre en avril, qui proposait d’annuler les règles de la Federal Communications Commission en matière de neutralité des réseaux. La mesure a été rejetée par la Chambre haute à 52 voix contre 46. Le Président Obama avait menacé le 8 novembre de mettre son véto au texte s’il était voté par le Sénat. Pour les Républicains, les règles de la FCC sur la neutralité du net outrepassent l’autorité juridique de l’agence. La Sénatrice Kailey Bay Hutchison (R-TX) était récemment devenue la principale porte-parole de l’opposition au texte devant le Sénat, déclarant : « S’il n’y a pas de problème, il n’y a rien à résoudre. L’internet a prospéré, fait naître de nouveaux produits, de nouveaux services parce que personne n’en est le gardien. » En réponse, le Sénateur John Kerry (D-MA) avait appelé ses collègues à soutenir les régulations, défendant l’indépendance d’une agence comme la FCC et rappelant qu’une remise en cause de ces règles nuirait à la prévisibilité dont ont besoin les entreprises. Le rejet du projet de loi de la Chambre n’est pas bon signe pour le Représentant Greg Walden (R-OR) et le Sénateur Dean Heller (R- NV), qui ont présenté un projet de loi le 9 novembre afin de modifier en profondeur le fonctionnement de la FCC. Le texte conditionnerait l’adoption de nouvelles règles par la capacité de l’agence à identifier une « faille du marché » et conduire des études coût-avantage. Republicans propose overhaul of FCC, de Gautham Nagesh The Hill's Hillicon Valley, 2 novembre 2011 Hutchison calls for Senate to repeal net neutrality, de Gautham Nagesh, The Hill's Hillicon Valley, 3 novembre 2011 Kerry urges colleagues not to scrap net-neutrality rules, de Brendan Sasso, The Hill's Hillicon Valley, 4 novembre 2011 Senate in party-line vote rejects measure to overturn FCC net-neutrality rules, de Gautham Nagesh, Josiah Ryan et Brendan Sasso, The Hill's Hillicon Valley, 10 novembre 2011

Service Economique Régional de Washington

ContinuerContinuer


Le Président Obama nomme deux nouveaux commissaires à la FCC

Date: 14/11/2011

Le Président Obama a nommé, lundi 31 octobre, deux nouveaux commissaires à la FCC pour remplacer la Républicaine Meredith Baker et le Démocrate Michael Copps. Donnant raison aux rumeurs, il a désigné Jessica Rosenworcel et Ajit Pai pour rejoindre le collège des commissaires, dont le mandat est de cinq ans. Seuls trois des cinq commissaires de la FCC peuvent appartenir au même parti politique. Jessica Rosenworcel avait déjà fait partie de l’agence entre 2003 et 2007, en tant que conseillère juridique du commissaire Michael Copps, qu’elle remplace aujourd’hui. Depuis lors, elle a travaillé auprès du Sénateur John Jay Rockefeller (D-WV), Président de la Commission du Commerce du Sénat, sur les questions de télécommunications. A ce titre, elle avait été très impliquée dans l’élaboration d’un projet de loi visant à libérer des fréquences pour bâtir un réseau national interopérable destiné à la sécurité publique. Mme Rosenworcel devrait soutenir l’action du Président Démocrate de la FCC, Julius Genachowski, notamment sur le dossier de la neutralité du net. A l’inverse, M. Pai a travaillé surtout pour des Républicains du Congrès, ainsi que pour Verizon et la division antitrust du Département de la Justice, mais ses prises de position sur les dossiers les plus importants sont inconnues. Au-delà de l’entrée en vigueur de ses règles sur la neutralité du net, la FCC examine la réforme du fonds de service universel (Universal Service Fund, USF), le projet de fusion entre AT&T et T-Mobile, et la libération de nouvelles fréquences pour l’internet mobile. Jessica Rosenworcel et Ajit Pai doivent encore être confirmés par le Sénat avant leur entrée en fonction. Ce processus pourrait s’avérer plus problématique que prévu, car le Sénateur Chuck Grassley (R-IW) a annoncé son intention de s’opposer à ces nominations tant que la FCC n’aura pas rendu publics des documents sur ses liens avec le futur opérateur satellitaire LightSquared. Obama’s FCC picks likely to sail through, de Gautham Nagesh, The Hill's Hillicon Valley, 1er novembre 2011

Service Economique Régional de Washington

ContinuerContinuer


Le festival Digifest a rouvert ses portes à Toronto

Date: 10/11/2011

Le festival Digifest, dont l’édition 2011 s’est tenue à Toronto du 26 au 30 octobre, célèbre la créativité et l’innovation numérique sous toutes ses formes : art, design, jeux vidéo, médias interactifs et architecture. Le festival a mis à l’honneur cette année, l’interdisciplinarité et la collaboration entre l’industrie numérique et les centres de recherche de l’enseignement supérieur. En témoignaient la soirée d’ouverture, organisée dans l’incubateur flambant neuf dédié au secteur des jeux vidéo de George Brown College à l’occasion de son lancement, et les Innovation Days des deux premiers jours. Dans le cadre de ces derniers, une vingtaine d’intervenants dont des professionnels de l’industrie, des artistes, des chercheurs, émergents ou confirmés, se sont relayés pour évoquer leurs découvertes et travaux ainsi que les problématiques et transformations du secteur numérique. Le public a ainsi pu assister à l’intervention de Nuket Nowlan, fondatrice du 3D Virtual Crafting, qui a démontré l’efficacité des mondes virtuels en 3D, comme structure d’apprentissage pour les étudiants en anglais langue étrangère ou en archéologie de Carleton University. Etait également présent Simone Giostra, « Green Architect », qui a lui présenté ses travaux à la croisée entre technologie, culture et respect de l’environnement, comme le GreenPix à Pékin, ou encore le projet Green Media pour le Thomson Reuters à New York. Maurice Benayoun (MoBen), artiste français précurseur dans les domaines de l’interactivité, du Net Art et du virtuel, était l’invité d’honneur pour clore ces deux journées de discussion. Il a commenté certains de ses travaux dont Emotion Forecast, « la météo des émotions du monde », présenté cette année à la FIAC à Paris. En comptabilisant le nombre d’entrées que fait, dans Google Actualités, un adjectif traduisant une émotion (ex : sad, happy, confused) apposé à un nom de ville (ex : « Toronto happy »), il établit un graphique différentiel, à l’image des fluctuations boursières, qui traduit les émotions des grandes villes du monde. D’autres événements ont également réuni un public varié : une présentation à l’OCAD University des jeux réalisés lors de la dernière session "TOJam", où des centaines de créateurs indépendants se réunissent pendant trois jours pour réaliser de nouveaux jeux vidéo; une exposition art et design Link Art & Design Exhibit, ainsi que des conférences et des Jam sessions à la TIFF Bell Lightbox, autour de la création pour la téléphonie mobile lors du TIFF Nexus program. L’édition 2011 est présentée par Luigi Ferrara, le directeur de Digifest, comme la première étape du projet à long terme de faire de Digifest « la structure d’accueil d’une grande variété d’événements célébrant la collaboration des communautés numériques locale et mondiale ».

Laure Dahout

ContinuerContinuer


Nouveaux chiffres clés du paysage audiovisuel américain

Date: 10/11/2011

1. Le visionnage en ligne est désormais mainstream… Selon l’étude menée par Nielsen sur la consommation des médias aux Etats-Unis au cours du deuxième trimestre 2011 (Nielsen Cross-Platform Report pour le deuxième trimestre 2011), le visionnage de vidéo en streaming sur Internet est devenu mainstream aux Etats-Unis, avec 48% d’Américains regardant désormais des vidéos en ligne. Toutefois, 83% de ce visionnage est le fait de 20% des plus importants adeptes de cette pratique qui  regardent environ 18,9 programmes en streaming par jour, l’équivalent de 58,7 minutes au total. En moyenne, les Américains ont consacré 4 heures et 26 minutes par mois à regarder des vidéos en ligne, une hausse de 15% par rapport à il y a un an, mais qui ne représente que 3% du temps passé devant la télévision. 2. mais la télévision reste le passe-temps favori des Américains En effet, la télévision reste le passe-temps favori des Américains qui ont passé 146 heures et 20 minutes par mois à regarder la télévision au cours du trimestre étudié, soit 2 heures et 43 minutes de plus qu’au cours du deuxième trimestre 2010. Toujours par rapport au deuxième trimestre 2010, le visionnage en décalé a augmenté de 11% parmi les foyers américains possédant un téléviseur, une augmentation en partie due à la généralisation du DVR. En effet, le nombre de foyers équipé de DVR a progressé de 13% en un an et près de 39% des foyers sont désormais équipés. Au cours des deux dernières années, le visionnage en décalé a augmenté de 31% selon Nielsen. 3. Le développement du haut débit Le haut débit s’est également fortement développé et le nombre de foyers ayant à la fois un service de télévision payante et l’Internet haut débit a augmenté de 6,6% d’une année sur l’autre. Près de 72% des foyers américains sont abonnés à la fois à un service de télévision payante (câble, satellite, IPTV) et à un service Internet haut débit. 4. Les acteurs de la télévision payante La part de marché des câblo-opérateurs était de 55,4% à la fin du deuxième trimestre 2011 (contre 53,4% un an auparavant), celle des opérateurs de télécommunications de 5,6% (contre 6,9% l’année passée) et celles des offres satellitaires de 29,7% (contre 30,5% il y a un an). Selon Nielsen, les foyers n’ayant aucun service de télévision payante représentaient 9,3% des foyers équipés d’un téléviseur au cours du deuxième trimestre 2011, soit 11,1 millions de foyers contre 10,9 millions un an auparavant. 5. Les médias et le jeune public Donnée plus étonnante relevée par le dernier rapport de Common Sense Media, association qui milite pour la sensibilisation du public à l’influence des médias sur les enfants, près de 39% des 2-4 ans aux Etats-Unis et plus de la moitié (52%) des 5-8 ans utilisent un smartphone ou une tablette. Selon l’étude, les enfants de 8 ans et moins passent 3 heures et 14 minutes par jour avec un média, que ce soit par le biais d’un écran, d’un livre ou de la musique, et la majorité de ce temps est passé devant un écran (2h16), essentiellement un téléviseur (1h40). Les Américains commencent à regarder la télévision très jeune, soit à 9 mois, et 42% des enfants âgés de 8 ans et moins ont un téléviseur dans leur chambre, ce qui est également le cas de près d’un tiers (30%) des enfants de 2 ans et moins. Enfin, 10% des enfants de moins d’un an ont déjà utilisé un smart phone, un iPod ou une tablette. D’autre part, l’étude a soulevé un écart lié au niveau de revenu des foyers ou app gap : seulement 14% des parents aux revenus modestes ont téléchargé une application pour leurs enfants contre 47% des parents appartenant aux catégories socio-professionnelles favorisées. Half Of Americans Watch Online Video: Nielsen, de Todd Spangler, Multichannel News, 20 octobre 2011 Toddler Video: Survey Says Young Kids are Tuned In, de John Eggerton, Broadcasting & Cable, 25 octobre 2011

Géraldine Durand

ContinuerContinuer


Les Républicains demandent à Obama de bloquer la mise en œuvre des nouvelles règles de la FCC sur la neutralité du net

Date: 01/11/2011

Le Représentant Greg Walden, président du sous-comité aux communications et à la technologie, et son collègue Mike Rogers (R-MI) ont demandé au Président Obama de bloquer la mise en œuvre des règles de la FCC sur la neutralité du net. Ils accusent ces dernières, qui doivent prendre effet le 20 novembre prochain, de "manquer de bon sens" en plaçant un fardeau inutile sur les entreprises. La lettre des Sénateurs Walden et Rogers fait allusion à une récente déclaration du Président Obama, qui promettait de "ne pas imposer de nouvelle régulation sauf si la protection de la santé et de la sécurité des Américains l’exige", ajoutant que "toute nouvelle règle devrait passer un test de bon sens". Selon les deux Sénateurs, "la mise en œuvre de règles sur la neutralité du net pourrait mettre en danger l’investissement et l’innovation, principales caractéristiques de l’économie de l’innovation américaine". "Au mieux, ces règles génèrent de l’incertitude dans le secteur technologique et au pire, elles pourraient enrayer ce moteur économique vital et l’empêcher de créer les emplois dont les Américains ont besoin", ajoutent-ils. Republican lawmakers urge Obama to scrap net-neutrality rules, de Brendan Sasso, The Hill's Hillicon Valley, 27 octobre 2011

Service Economique Régional de Washington

ContinuerContinuer


Une étude de l’Université de Californie confirme le déficit de fréquences à venir

Date: 01/11/2011

Une nouvelle étude de l’Université de Californie, San Diego confirme que la croissance rapide du volume de données échangées sur les réseaux mobiles met au défi leurs capacités d’acheminement. Selon Michael Kleeman, l’auteur du rapport, "nous sommes aujourd’hui témoins d’une migration massive des réseaux filaires vers les réseaux sans fil, qui même dans le meilleur des cas offrent une capacité bien moindre". Alors que les terminaux sans fil sont de plus en plus utilisés pour consommer des vidéos et de la musique en streaming, les utilisateurs des réseaux mobiles 3G ou 4G risquent de faire face à des délais et interruptions plus fréquents. M. Kleeman suggère trois pistes pour remédier au problème : - la quantité de fréquences disponibles pour le haut débit sans fil pourrait être accrue. Pour que cela soit possible, le Congrès doit d’abord accorder à la FCC l’autorité légale d’organiser des ventes aux enchères pour réallouer des fréquences aujourd’hui destinées à d’autres usages. - les opérateurs pourraient prendre des mesures plus drastiques de gestion du trafic, en bannissant certains types de données ou en mettant en œuvre une tarification basée sur la consommation. De telles restrictions ne seraient pas contraires aux règles de la FCC sur la neutralité du net, dans la mesure où celles-ci ne s’appliquent pas dans leur globalité aux réseaux mobiles. Aux Etats-Unis, la plupart des opérateurs mobiles « plafonnent » déjà la quantité de données internet consommables par les usagers (à l’exception de Sprint). - enfin, de nouveaux investissements dans les infrastructures de télécommunications pourraient être entrepris, notamment pour déployer de nouvelles antennes relai. Ce déploiement requiert néanmoins le soutien des communautés urbaines avoisinantes, qui y sont souvent opposées. Study confirms spectrum crunch for wireless, de Gautham Nagesh, The Hill's Hillicon Valley, 26 octobre 2011

Service Economique Régional de Washington

ContinuerContinuer


Suite du PROTECT IP Act : présentation du STOP Online Piracy Act à la Chambre des Représentants

Date: 01/11/2011

Un projet de loi bipartisan similaire au Protect IP Act, le STOP Online Piracy Act, a été présenté, pour information, à la Chambre des Représentants américaine le 26 octobre par Lamar Smith (R-Texas), Président du House Judiciary Committee (Comité Judiciaire de la Chambre des Représentants), John Convyers (D-Mich.), Bob Goodlatte (R-Va), Président du Sous Comité pour Internet (IP subcommittee), et Howard Berman (D-Calif.). Le PROTECT IP Act avait été approuvé par le Comité Judiciaire du Sénat le 26 mai 2011, mais, le jour-même, le Sénateur Ron Wyden (D-Ore.) avait annoncé qu’il bloquait le texte (place a Senate hold), empêchant celui-ci de parvenir en séance plénière au Sénat. Selon le Sénateur Wyden, s’il était voté, le PROTECT IP Act représenterait un danger pour « la liberté d’expression, l’innovation et l’intégrité même d’Internet ». Comme le Protect IP Act, le STOP Online Piracy Act, s’il était approuvé par le Congrès, donnerait plus de latitude au Département de la Justice américain pour poursuivre les sites Internet suspectés de distribuer du contenu piraté et situés hors du territoire américain. Une close très controversée permettrait aux autorités américaines et aux ayants droit d’agir au niveau des intermédiaires, afin d’isoler les sites illicites et d’assécher leurs sources de revenus. Des mesures pourraient notamment être prises au niveau des moteurs de recherche, des fournisseurs d’accès Internet, des sociétés de cartes de crédit ou encore des réseaux publicitaires. Une certaine agitation a précédé la présentation du STOP Online Piracy Act et les actions de lobbying de la part des partisans, comme des opposants à la législation anti-piratage, se sont multipliées depuis le mois de mai 2011. Afin de repousser cette présentation, qui semblait imminente, la Consumer Electronics Association (CEA), qui représente plus de 2000 sociétés américaines du secteur des nouvelles technologies, la NetCoalition, qui rassemble les sociétés Yahoo!, Google et Bloomberg, et la Computer and Communications Industry Association, qui réunit des entreprises du secteur de l’informatique et de la communication, avait envoyé une lettre à chaque membre du Congrès, mi-octobre, afin de demander aux législateurs d’attendre d’avoir entendu toutes les parties concernées par ce projet de loi avant de le présenter à la Chambre. Ils n'ont manifestement pas été entendus. Un grand nombre d’associations de défense des droits et des libertés s’opposent également à ce projet de loi. Ainsi, selon l’association Public Knowledge, s’il était approuvé, ce texte rendrait caducs les principes et pratiques du Digital Millenium Copyright Act (DMCA) et notamment les procédures de notification et de retrait dites de notice-and-take-down. L’association considère que le PROTECT IP Act,  comme le STOP Online Piracy Act, ne permettent pas aux personnes accusées de violation du droit d’auteur de se défendre correctement. Le directeur exécutif de la NetCoalition, Markham Erickson, a souligné que s’il était voté, ce projet de loi perturberait l’un des seuls secteurs de l’économie américaine qui soit encore en pleine croissance. Michele Bachmann (R-Minn.), candidate aux élections primaires républicaines pour obtenir l’investiture du parti aux élections présidentielles américaines de 2012 et Présidente du comité électoral (caucus) du Tea Party, avait fait part de sa préoccupation s’agissant du Protect IP Act. Ainsi, l’opposition à ces textes de loi réunit des groupes aussi différents que les Tea Party Patriots et le lobby libéral Demand Progress. Les principaux studios, les chaînes de télévision et les syndicats professionnels américains (CBS Corporation, Directors Guild of America, NBC Universal, The Screen Actors Guild, Viacom, The American Federation of Television and Radio Artists, etc.), partisans du projet de loi, ont également fait parler d’eux récemment en lançant une campagne de mobilisation des professionnels de l’entertainment et du public en faveur de la législation anti-piratage par le biais de l’association Creative America. Considérant que de l’adoption de telles mesures dépend la viabilité, à long terme, de leur activité, ils ont salué la présentation du projet de loi. La Chambre de Commerce américaine a aussi été très active en matière de soutien à la législation anti-piratage. La National Cable & Telecommunications Association, par le biais de son Président, Michael Powell, a également affirmé son soutien aux efforts du Représentant Lamar Smith. Les deux camps qui s’affrontent aujourd’hui au sujet de la réforme de la législation anti-piratage aux Etats-Unis s’appuient avant tout sur l’argument de l’emploi. Pour les partisans du STOP Online Piracy Act, l’objectif est de démontrer que ce projet de loi favorisera la protection des millions d’employés de l’industrie du contenu et la création de nouveaux emplois. Pour les opposants, il s’agit de convaincre qu’il mettra en péril la croissance de milliers de petites sociétés de l’Internet. Comme le résume le Représentant John Convyers, derrière ces textes, « ce sont les emplois de millions d’Américains qui sont en jeu ». Le Comité Judiciaire de la Chambre des Représentants devrait se prononcer sur ce projet de loi le 16 novembre 2011. House Companion to Protect IP Bill Introduced, de John Eggerton, Broadcasting & Cable, 26 octobre 2011 House members unveil Stop Online Piracy Act, de Gautham Nagesh, The Hill, 26 octobre 2011

Géraldine Durand

ContinuerContinuer


Creative America lance une nouvelle offensive contre la piraterie

Date: 24/10/2011

Alors que les lobbys hollywoodiens font pression à Washington pour que les lois anti-piraterie, et notamment le PROTECT IP Act, soient votés, ils ont lancé ce qui est peut-être leur plus importante campagne jamais organisée contre un projet de loi, via un outil récemment créé : Creative America. Annoncée au mois de juillet 2011, la création de Creative America fait écho à la préoccupation des professionnels de l’entertainment vis-à-vis de la lutte contre la piraterie. Réunissant les principaux studios, les chaînes de télévision et les syndicats professionnels américains (CBS Corporation, Directors Guild of America, NBC Universal, The Screen Actors Guild, Viacom, The American Federation of Television and Radio Artists, etc.), la coalition cherche à obtenir l’appui de tous les employés du secteur, et du grand public, dans son combat. Ses membres n’hésitent pas à se rendre directement sur les lieux de tournages et dans les studios pour rallier le plus grand nombre. Selon ses propres termes, elle veut permettre aux 2 millions d’Américains travaillant dans les domaines du cinéma, de la télévision et, plus généralement, de la création, d’exprimer leur souhait que la lutte contre la piraterie devienne une priorité nationale. A l’occasion du lancement de sa dernière campagne, qualifiée de nationwide mobilization campaign par Mike Nugent, Directeur exécutif de la coalition, Creative America a lancé un nouveau site Internet. Celui-ci a pour slogan « les professionnels de l’entertainment contre le vol de contenu » (« The entertainement community united against content theft ») et ne met pas l’accent sur les stars du secteur, mais sur les techniciens travaillant dans ce domaine à travers tout le pays. L’objectif est d’informer les visiteurs du site des dangers de la piraterie et de leur permettre d’écrire directement à ce sujet à leurs représentants au Congrès. Dans le cadre de cette campagne, NBC Universal a commencé, mi-octobre, à diffuser un message sur ses antennes avec l’acteur et scénariste Tom Papa. D’autre part, une pétition, qui a déjà rassemblé 18 000 signatures, circule actuellement sur les réseaux sociaux. L’organisation estime que 500 000 films sont distribués illégalement chaque jour dans le monde et que les sites Internet proposant des contenus piratés reçoivent près de 146 millions de visiteurs uniques par jour. Ce nouvel effort de lobbying a notamment pour objectif de soutenir le passage du PROTECT IP Act au Congrès. Approuvé à l’unanimité par le Comité Judiciaire du Sénat au mois de mai 2011, le projet de loi avait ensuite été bloqué par le Sénateur Ron Wyden. Il pourrait être présenté à la Chambre des Représentants d’ici la fin de l’année 2011. Ce projet est fortement contesté par les associations de défense des droits des Internautes et par les entreprises du Web comme Google, Yahoo! et eBay (Lire Protect IP Act – Positions des différents acteurs, Médiamérica, 16 juin 2011 et L’industrie du divertissement et la Chambre de Commerce américaine demandent au Sénat de voter le Protect IP Act, tandis que le Tea Party s’oppose au projet, Médiamérica, 04 octobre 2011). Michele Bachman (R-Minn.), candidate aux élections primaires républicaines pour obtenir l'investiture du parti aux élections présidentielles américaines de 2012 et Présidente du comité électoral (caucus) du Tea Party, a également souligné sa préoccupation vis-à-vis de ce projet de loi. Anti-piracy push aims at jobs, de Ted Johnson, Daily Variety, 18 octobre 2011 Creative America Launches New Anti-Piracy Offensive, de John Eggerton, Broadcasting & Cable, 18 octobre 2011 TV, Union Execs Seek Recruits in Piracy War, de John Eggerton, Broadcasting & Cable, 24 octobre 2011

Géraldine Durand

ContinuerContinuer


Yahoo sous la menace d’une OPA

Date: 17/10/2011

Trois années seulement après avoir refusé l’offre de rachat de Microsoft, Yahoo fait de nouveau la une de la presse financière américaine. Quelquesmois après l’éviction de sa PDG Carol Bartz, Yahoo a entamé une révision profonde de sa stratégie, mais de nombreux actionnaires semblent découragés par les performances mitigées du portail internet ces dernières années. Même si l’entreprise reste rentable, ses résultats ne cessent de décroitre et de nombreux observateurs boursiers soulignent le « manque de cohérence » de sa stratégie. De nombreuses rumeurs de rachat ont d’ailleurs agité le cours de Yahoo qui a repris près de 15% en une semaine. Plusieurs pistes ont été évoquées, le site chinois Alibaba.com, Microsoft, ou encore certains fonds de private equity. Microsoft a nié être à nouveau en contact avec Yahoo, mais une source interne anonyme à confié à Bloomberg que Microsoft allait étudier la situation financière de son ancienne cible. Parallèlement, Jack Ma, le président de la plateforme d’échange « business to business » Alibaba.com, dont Yahoo est actionnaire à 40%, s’est dit « très intéressé » par le portail internet, et pourrait participer à une OPA en partenariat avec le fonds de private equity américain Silver Lake, un fonds souverain singapourien et l’entreprise Russe DST. Cette solution a fait grand bruit dans les milieux financiers, mais pourrait rencontrer une forte opposition politique, comme lors de la tentative de rapprochement entre l’opérateur téléphonique Sprint et l’équipementier chinois Huawei l’an passé. Cependant, le flou persiste sur les intentions réelles d’Alibaba.com, que beaucoup soupçonnent de vouloir se débarrasser de son encombrant actionnaire américain. Le 13 octobre, deux très importants fonds de LBO, KKR et Blackstone, ont fait eux aussi part de leur intérêt pour Yahoo, ce qui laisse envisager la création d’un consortium de plusieurs fonds d’investissements américains, d’Alibaba.com, et peut-être de Microsoft, qui procéderait au rachat du portail internet américain. Si l’identité des racheteurs n’est pas encore connue avec certitude, la probabilité de voir Yahoo changer de mains s’accroît de jour en jour. Silver Lake Is Said to Consider Acquiring Yahoo, Then Selling Asian Assets, de Brian Womack et Cristina Alesci, Bloomberg, 16 septembre 2011 Yahoo Advisers Are Fielding Inquiries From ‘Multiple Parties’, de Brian Womack, Bloomberg, 24 septembre 2011 Microsoft Is Said to Be Nowhere Close to Making a Bid for Web Portal Yahoo, de Dina Bass, Ronald Grover et Jeffrey McCracken, Bloomberg, 5 octobre 2011 KKR, Blackstone Are Said to Weigh Takeover Bids for Yahoo, de Cristina Alesci et Brian Womack, Bloomberg, 13 octobre 2011

Service Economique Régional de Washington

ContinuerContinuer


Page 4 of 47« First...23456102030...Last »