Télévision

HBO va lancer son propre service de VOD par abonnement

Date: 15/10/2014

[caption id="attachment_4552" align="alignright" width="230"]HBO HBO[/caption] Lors d’une réunion avec des investisseurs le 15 octobre, Richard Plepler, patron d’HBO, a annoncé que la chaîne de télévision payante allait lancer en 2015 une offre de vidéo à la demande sur abonnement. Il existait pour l’instant HBO Go, service de visionnage des programmes de la chaîne en streaming sur Internet mais il n’était accessible qu’aux internautes déjà abonnés à HBO via leur opérateur du câble ou du satellite. Le succès de Netflix et la pression des consommateurs auront poussé la chaîne a finalement proposer une offre Over-The-Top (OTT). HBO hésitait en effet à poursuivre cette stratégie de peur qu’elle ne mette en péril ses relations avec ses distributeurs traditionnels, et les fournisseurs du câble et du satellite. Il n’y a pour l’instant aucune information sur le tarif qui sera proposé. Selon le Wall Street Journal, une personne en lien avec l’annonce a déclaré que le service ne serait pas moins cher que ce que paient actuellement les abonnés de HBO à leurs fournisseurs. Selon Richard Plepler, une version accessible uniquement en ligne de la chaîne pourrait se traduire par des centaines de millions de dollars de recettes. HBO a aujourd’hui environ 30 millions d'abonnés aux États-Unis M. Plepler a indiqué que le nouveau HBO Go ciblerait d’abord les 10 millions d’américains qui ne sont pour l’instant ni abonnés au câble ni à la télévision par satellite mais qu'il viserait aussi les 70 millions de foyers qui ont actuellement un abonnement à la télévision payante mais sans souscrire à HBO. HBO to Launch Stand-Alone Streaming Service, de Joe Flint et Keach Hagey, The Wall Street Journal, 15 octobre 2014

Traduit de l’anglais par Nathalie Charles

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Bouleversement à la tête de CBS Films

Date: 16/09/2014

[caption id="attachment_10942" align="alignright" width="230"]CBS Films CBS Films[/caption] Terry Press est officiellement en charge de CBS Films depuis que son co-président Wolfgang Hammer a quitté précipitamment son poste en mai dernier. Ce dernier va cependant continuer à jouer un rôle de consultant digital chez CBS Corporate. Le studio a également licencié cinq autres personnes, dont Bob Kaplowitz, ancien Vice-président de la distribution, ainsi que plusieurs employés administratifs. Terry Press a d’abord été consultante pour CBS depuis son entreprise 7572 Marketing Inc. Elle a ensuite pris les rênes de CBS Films en 2011 avec Wolfgang Hammer quand l’ancien président Amy Baer a quitté son poste pour devenir producteur. Elle est la mieux placée pour développer la stratégie marketing, après avoir été à la tête du service marketing de DreamWorks SKG, où elle a supervisé la sortie de hits comme Il faut sauver le soldat Ryan, American Beauty ou Gladiator. Quant à Wolfgang Hammer, il avait d’abord été COO de CBS Films. Après un certain nombre de flops (Extraordinary Measures  ou The Back-Up Plan), Terry Press et Wolfgang Hammer avaient réussi à stabiliser la situation de CBS Films, notamment avec les succès de Last Vegas, de The Woman in Black, ou encore de Inside Llewyn Davis largement salué par la critique. Le studio a récemment sorti la comédie romantique de Daniel Radcliffe What If et vient de terminer la production de The DUFF avec Bella Thorne et Ken Jeong. On attend l’annonce d’une autre production dans les prochaines semaines et l’entreprise devrait acheter diverses productions lors du Festival International du Film de Toronto (TIFF) CBS Films Shake-Up: Terry Press remains President, as Wolfgang Hammer Departs for Digital Content Studio, Variety, 22/07/2014 Adapté de l’anglais par Pauline Lamy.

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Emmy Awards : HBO 19 – Netflix 7

Date: 16/09/2014

[caption id="attachment_4552" align="alignright" width="230"]HBO HBO[/caption] Malgré 31 nominations, Netflix est rentré les mains vides lors des 66èmes Primetime Emmy Awards. Le géant de la vidéo digitale a remporté sept victoires lors de la cérémonie des Creative Arts Emmys Awards du 16 août dernier qui récompensent les programmes TV pour leurs qualités techniques. En revanche, le 25 août, lors de la cérémonie des Primetime Emmys Awards (les Emmys les plus populaires et qui consacrent les programmes de télévision diffusés en première partie de soirée), House of Cards (nominé dans les catégories meilleurs acteurs / actrices, meilleure mise en scène et meilleure série dramatique) et Orange is the New Black  ont perdu dans toutes les catégories, tout comme Derek, la série de Ricky Gervais. Jusqu’à la cérémonie, on se demandait comment la classification de Orange is the New Black comme comédie allait être perçue face à Veep et Silicon Valley de HBO, Louies de FX, The Big Bang Theory de CBS et le grand champion Modern Family. Beaucoup pensaient que le buzz autour de la série allait jouer en sa faveur. Mais Orange is the New Black n’a remporté que trois prix aux Creative Arts, dont un pour Uzo Aduba. Les autres actrices nominées, Kate Mulgrew et Taylor Schilling sont rentrées bredouilles. House of Cards également attendue n’a reçu qu’un seul Emmy malgré ses 13 nominations - pour le mixage de sa bande sonore - une baisse face à ses victoires dans trois catégories l’année dernière. C’est HBO qui a dominé la compétition avec pas moins de 99 nominations (sur 122 catégories).  Il n’est donc pas très surprenant que le géant du câble soit arrivé premier des chaînes de télévision. HBO a gagné 19 Emmys au total, dont celui du meilleur film pour The Normal Heart, une distinction pour la réalisation de True Detective, une victoire pour Sarah Silverman : We Are Miracles et le prix de la meilleure actrice principale dans une série dramatique pour Julia Louis Dreyfus dans Veep. Parmi les séries, Sherlock est arrivée en tête avec sept prix, amenant PBS aux coudes à coudes avec CBS. Les deux chaînes ont reçu 11 récompenses chacune. Allison Janney est repartie avec le prix de la meilleure actrice dans un second rôle dans une comédie pour Mom de CBS, tandis que Jim Parsons a remporté celui du meilleur acteur principal dans une comédie pour la 4ème fois avec The Big Bang Theory. Breaking Bad a talonné Sherlock avec six récompenses, tandis que Saturday Night live et True Detective sont reparties avec cinq récompenses chacune. Victoire par programme (trois récompenses ou plus): “Sherlock” 7 “Breaking Bad” 6 “Saturday Night Live” 5 “True Detective” 5 “American Horror Story: Coven” 4 “Cosmos” 4 “Game of Thrones” 4 “67th Tony Awards” 3 “Deadliest Catch” 3 “Disney Mickey Mouse” 3 “Fargo” 3 “Modern Family” 3 “Orange Is the New Black” 3 “The Simpsons” 3 “The Square” 3 Victoire par chaîne ou plateforme de diffusion: HBO: 19 CBS: 11 PBS: 11 NBC: 10 ABC: 8 FX Networks: 8 FOX: 7 Netflix: 7 AMC: 6 Discovery Channel: 4 Disney Channel: 4 FOX/NatGeo: 4 Showtime: 4 Cartoon Network: 3 Comedy Central: 3 Starz: 2 Adult Swim: 1 CartoonNetwork.com: 1 CNN: 1 Comcast.com: 1 ESPN: 1 FunnyOrDie.com: 1 justareflektor.com: 1 Nat Geo WILD: 1 National Geographic Channel: 1 pivot.tv: 1 TNT: 1 Emmys Scorecard: HBO Leads Networks, ‘Sherlock’ Tops Programs, Variety, 25/08/2014 Netflix Shut Out at the Primetime Emmys, Variety, 25/08/2014
Adapté de l’anglais par Pauline Lamy.

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PBS recrute Scott Nourse au poste de Digital VP of product development

Date: 22/07/2014

[caption id="attachment_10861" align="alignright" width="230"]scott-nourse-pbs PBS[/caption] L’ancien Vice-Président de la production de Sony Pictures, Scott Nourse, a été recruté par PBS pour diriger l’équipe du développement numérique en tant que Digital VP of product development. Il sera sous la direction d’Ira Rubenstein, ancien de chez Sony, 20th Century Fox et de chez Marvel Entertainment, embauché lui-même en février. « La vision de Scott et sa manière de diriger vont favoriser et améliorer sensiblement le développement de nos produits, permettant à PBS et aux stations membres de proposer à l’audience le contenu de haute qualité qu’ils attendent de la part de notre société » a expliqué Rubenstein à l’annonce de cette embauche. Chez Sony Pictures Interactive, Nourse était en charge de la planification stratégique et des opérations quotidiennes de production, de conception, et de développement numérique en plus de l’action du studio en ligne et des initiatives relative au marketing mobile. Avant de rejoindre Sony Pictures en 2002, il fut Président de l’agence de publicité digitale Deeply Superficial Prods et producteur exécutif chez American Cybercast , filiale de Greys Advertising, basée à Los Angeles. Son arrivée chez PBS est prévue le 28 juillet. Il a d’ailleurs déclaré à cet égard : « la progression de PBS dans le domaine du numérique est fulgurante et j’ai hâte de commencer à travailler avec une équipe aussi talentueuse ». PBS Hires Sony Pictures’ Scott Nourse to Head Digital Product Development, deTodd Spangler, Variety, 15 juillet 2014
Adapté de l’anglais par Pauline Lamy.

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Le projet de fusion AT&T et DirecTV peine à convaincre législateurs et régulateur

Date: 14/07/2014

Le projet de fusion entre le fournisseur d’accès à Internet AT&T et le diffuseur de télévision par satellite DirecTV peine à convaincre le Congrès. Mené parallèlement au projet de fusion entre Time Warner Cable et Comcast, ce type d’acquisition renforce la menace d’une verticalisation du marché des télécommunications, avec un risque de renforcement de position oligopolistique. Les deux entreprises ont remis une feuille de travail (paperwork) à la Federal Communications Commission (FCC) au mois de juin, présentant au régulateur les bénéfices d’une telle fusion pour les consommateurs. La fusion, évaluée à 49 milliards de dollars permettrait de combiner une multitude de services tels que la vidéo à la demande, un accès internet et la télévision. Ainsi, selon AT&T, le rapprochement des deux entités permettrait de proposer des offres « groupées » à des tarifs réduits. Actuellement, DirecTV ne dispose pas de service de fourniture d’accès à Internet alors qu’AT&T n’a pas d’offre de diffusion télévisuelle lui permettant de rivaliser avec les services proposés par les câblo-opérateurs. En effet, si la fusion aboutissait, AT&T deviendrait le second fournisseur de contenus télévisés après Comcast. Il serait également le premier opérateur à proposer une offre groupant Internet, TV, VOD et de téléphonie mobile. AT&T ajoute que les économies que l’entreprise réaliserait grâce à cette fusion pourraient être utilisées en investissant dans le développement de son réseau sans fil afin de raccorder 2 millions de foyers, et de son réseau fixe vers 13 millions de foyers situés dans des zones rurales. En outre, le fournisseur d’accès à Internet s’est engagé à respecter les règles de neutralité du net que la FCC mettrait en place. Les parlementaires ont accueilli la proposition avec intérêt. Le républicain Hank Johnson (R-Ga) a relevé que les deux entreprises opéraient sur des marchés différents aujourd’hui et que cette fusion pourrait se révéler intéressante pour concurrencer Comcast et Verizon. La sénatrice Amy Klobuchar (D-Minn) qui siège également au sous-comité antitrust du comité judiciaire, a affirmé que la fusion pourrait en effet permettre la mise en place d’offres groupées intéressantes pour le consommateur. Les démocrates ont toutefois tempéré cet enthousiasme. Pour le sénateur Al Franken, la consolidation du marché demeure une menace pour les consommateurs qui, en dépit d’offres plus attirantes financièrement, pourraient être contraints de payer des services qu’ils n’utilisent pas. La décision reviendra in fine à la FCC et au Department of Justice qui devront examiner ces arguments au cours des prochains mois afin de donner leur accord pour la fusion.

Guilhem Fenieys

Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington

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Time Inc. lance sa chaîne d’info sportive, 120 Sports

Date: 14/07/2014

120sportsRécemment séparé du conglomérat Time Warner en juin, le groupe de presse américain Time Inc., propriétaire d’une vingtaine de magazines, vient de lancer sa chaîne de télévision d'information sportive entièrement dédiée au sport, 120 Sports. Inaugurée fin juin, la nouvelle chaîne est le résultat de partenariats sans précédent avec les principales ligues américaines de sport, notamment avec la branche numérique de la ligue professionnelle de baseball (Major League Baseball Advanced Media), la ligue nationale de Hockey (NHL), le circuit de golf professionnel masculin (PGA Tour), la ligue de basket-ball nord-américaine (NBA) ainsi que la ligue régissant les courses automobiles de stock-car aux États-Unis (NASCAR). L’entreprise de médias sportifs numériques Silver Chalice et le site internet dédié aux sports universitaires Campus Insiders se sont également associés au projet. Détenu par le groupe Time Inc., Sports Illustrated, un des plus grands hebdomadaires sportifs américains, devient un contributeur majeur de la nouvelle chaîne. Installée à Chicago, la chaîne diffuse des commentaires en direct, des sujets d’actualité, des analyses sportives, des émissions de débat ainsi que les temps forts de rencontres sportives, le tout compris en segments de 120 secondes. Le groupe a d’ores et déjà annoncé le lancement d’une matinale en direct. Grâce aux partenariats avec les grandes ligues sportives nord-américaines, la chaîne 120 Sports peut diffuser les temps forts et actions marquantes des principaux matchs pendant qu’ils se déroulent. Ce dernier point sera crucial pour fidéliser les téléspectateurs et concurrencer les grandes chaines comme ESPN. Toutefois, la ligue de Football nord-américaine (NFL) est absente de la liste des partenaires de la chaîne ce qui pourrait lui être préjudiciable. En effet, la NFL travaille actuellement à sa propre chaîne numérique, rendant impossible à terme pour 120 Sports de diffuser les extraits de rencontres. « 120 Sports est le résultat de plusieurs années de travail pour tenir compte de la progression phénoménale de la consommation des médias numériques. Le moment est venu de lancer une chaîne fournissant aux fans de sport une nouvelle manière de consommer l’information sportive et les programmes de divertissement », a déclaré Jason Coyle, président de la nouvelle chaîne. « Les fans pourront désormais être informés sur leurs sports préférés au moment où les matchs se tiennent, où qu’ils se trouvent et à l’heure qu’ils souhaitent. » Time Inc. Launches 120 Sports Digital Network, The Hollywood Reporter, 26 juin 2014

Adapté de l’anglais par Romain Rancurel.

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Affaire Aereo: la Cour Suprême tranche en faveur des chaînes de télévision américaines

Date: 09/07/2014

Le 25 juin dernier, la Cour Suprême a rendu sa décision dans le procès opposant Aereo et la chaîne ABC et autres requérants. Les auditions du 22 avril avaient déjà permis de clarifier les positions des deux parties, d’un côté les broadcasters et les câblo-opérateurs, et de l’autre les principaux acteurs  d’Internet.  Le procès a fortement mobilisé le monde de l’audiovisuel américain et a souligné un peu plus la scission que l’on avait déjà pu observer lors des discussions sur les projets de loi PIPA et SOPA. Une fois encore, la question du copyright est au cœur du débat, et c’est en s’appuyant sur ce droit que la Cour a rendu son jugement en défaveur d’Aereo qui a dû suspendre ses activités. Aereo, la start-up qui permet de regarder les grandes chaînes en ligne Lancé en 2002, Aereo est une start-up qui permet à ses abonnés de regarder et d’enregistrer les émissions diffusées sur les chaînes américaines hertziennes. Le principe est simple : à chaque abonné est attribuée une mini-antenne qui retransmet le signal hertzien de l’émission qu’il souhaite regarder sur son PC, tablette, et autres « devices » connectés à Internet. L’abonné peut donc pour moins de 10 $ par mois avoir accès en ligne au contenu des chaînes hertziennes diffusées dans sa région (le service est géo-localisé et accessible dans une dizaine de villes). Avec une simple antenne râteau, le consommateur peut avoir accès gratuitement à ces mêmes programmes – mais peu choisissent cette option car toutes ces chaînes font aussi partie des offres de base des câblo-opérateurs. Ces derniers doivent acheter cher les droits de retransmission pour offrir ces chaînes dans leurs bouquets payants. Plusieurs procès ont été attentés par les broadcasters contre la start-up accusée d’enfreindre le copyright en retransmettant des programmes dont elle n’achète pas les droits.  L’affaire ABC vs Aereo a été portée devant la plus haute juridiction américaine qui vient de rendre son verdict. La décision de la Cour Suprême Les neuf juges de la Cour Suprême ont tranché en défaveur d’Aereo à une large majorité (6 contre 3). Ils ont fondé leur argument en s’appuyant sur le copyright. La décision de la Cour Suprême (Opinion of the Court) rappelle d’emblée que « le Copyright Act de 1976 donne au détenteur du copyright le droit exclusif de jouer (« perform ») publiquement l’œuvre  protégée par ce copyright ». Pour démontrer qu’Aereo enfreint le copyright en ne versant pas de droits de diffusion, les juges ont avancé deux points : -          Aereo  joue (« performs ») les œuvres dont les droits sont détenus par les requérants -          Aereo le fait publiquement Aereo et ses supporters pensaient pouvoir démontrer le contraire : -          Ses  téléspectateurs choisissent leurs programmes et donc Aereo ne ferait que mettre à leur disposition  la technologie pour la « performance » (en l’occurrence la retransmission des émissions). Antonin Scalia, l’un des 3 juges minoritaires qui a voté en faveur d’Aereo a d’ailleurs souligné dans son contre-argumentaire (le « dissent » rendu public dans la décision de justice)qu’ « Aereo ne fait pas la performance (‘does not perform’) pour la simple et bonne raison qu’il ne choisit pas le contenu diffusé (…)  et ne peut donc enfreindre le ‘droit de performance publique’ détenu par les chaînes en procès ». -          Les mini-antennes qui permettent la retransmission sont attribuées individuellement à chaque abonné. Il ne s’agirait donc pas de retransmissions « publiques ».  La stratégie d’Aereo se basait sur un jugement de 2008 qui avait confirmé la légalité des « Remote-Storage DVR » (enregistreurs vidéo délocalisés – dont les données sont stockées à distance) développés par Cablevision.  Cette décision favorable à Cablevision impliquait qu’il était légal de stocker en ligne une œuvre même protégée par le droit d’auteur à condition que les fichiers des utilisateurs soient sauvegardés séparément et que ces derniers en contrôlent le téléchargement. Cependant, la majorité des juges de la Cour Suprême a considéré qu’Aereo ne différait pas fondamentalement d’un câblo-opérateur et à ce titre devait s’acquitter de droits de diffusion pour pouvoir « jouer publiquement » des œuvres protégés par le copyright. Le compte-rendu du jugement stipule que « la technologie derrière le système Aereo ne permet pas de le distinguer de celui des câbles qui ‘font une performance publique’ (Aereo’s behind-the-scenes [technology] does not distinguish Aereo’s system from cable systems, which do perform publicly) ». Le fait que la technologie (et donc le système des mini-antennes attribuées à chaque abonné individuellement) ne soit pas prise en compte dans la décision de justice a été très critiqué par les partisans d’Aereo. Les juges ont souhaité souligner que leur décision ne concernait qu’Aereo et « n’était pas de nature à décourager l’émergence ou l’usage d’autres technologies ». Ils ont également précisé que « les autres entités qui pourraient être concernées par la relation entre le développement de technologies similaires et le Copyright Act, sont libres de se tourner vers le Congrès ».  Cette tentative d’apaisement ne semble pas avoir été entendue par tous. LES REACTIONS A l’annonce de la décision de la Cour Suprême, les réactions ont été vives et nombreuses. Le 25 juin, le fondateur et CEO d’Aereo, Chet Kanojia, a écrit à l’ensemble de ses abonnés, considérant que la décision de la Cour représente « un recul majeur (massive set-back) pour le consommateur américain » et qu’elle envoie un « message négatif à l’ensemble du secteur technologique ».  Dans son deuxième message (28 juin), il cite l’inventeur, ingénieur et philanthrope Charles Kettering : « Le monde déteste le changement pourtant c’est la seule chose qui apporte le progrès » avant d’annoncer que les activités d’Aereo sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Enfin un troisième message appelle les consommateurs à « se battre ensemble pour l’innovation, le progrès et la technologie »,  et à se faire entendre sur les réseaux sociaux, sur le site www.protectmyantenna.org et  auprès de leurs élus. Aux côtés de Chet Kanojia, on trouve de très nombreux acteurs du web et de la Silicon Valley (Amazon, Google, Yahoo !…).  Ils reprochent  à la Cour un manque de précision qui risque d’avoir un impact direct sur leurs services, et notamment ceux du cloud. Certes le juge Breyer a souligné que « [la Cour] n’a pas cherché à déterminer si le « droit de performance publique » est enfreint lorsque le consommateur paie pour quelque chose d’autre que la transmission d’œuvres protégées par le copyright, comme le stockage de contenu à distance ».  Mais en n’allant pas dans le sens de la décision de 2008 sur le cas de Cablevision,  qui a servi de base légale pour l’industrie du Cloud, les juges ont semé le doute. Lors de prochains procès, la jurisprudence Aereo pourrait être défavorable aux services du cloud comme Dropbox ou Google Music. Aereo reposait sur l’idée que l’utilisateur contrôle le programme qu’il regarde. Avec cette décision, pourra-t-on considérer Google Music comme responsable des contenus piratés stockés sur son cloud ? Le juge Breyer a d’ailleurs ajouté partager le point de vue de l’administration Obama qui a soutenu les chaînes dans le procès : « les questions liées au cloud, aux enregistreurs vidéo délocalisés ( …) seront tranchées quand un cas sera soumis en bonne et due forme à la cour. »  Pour Mark Cooper, directeur de la recherche à la Consumer Federation of America qui soutient Aereo, il n’y a donc plus qu’à attendre une série de procès sur le cloud.   La décision a évidemment été très bien accueillie par les chaînes dont certaines avaient été extrêmement véhémentes à l’égard d’Aereo. Le CEO de CBS, Les Moonves, qui avait accusé à plusieurs reprises la start-up de vol, a commenté  ainsi la décision de justice: “ Depuis son lancement il y a deux ans, Aereo a tenté de nuire à notre économie. Ils se sont battus. Ils ont perdu. Avançons ».  « Nous sommes très heureux que la Cour ait maintenu les importants principes du copyright qui permettent aux créations de grande qualité que les consommateurs exigent, d’être protégées et encouragées », a déclaré The Walt Disney Company, qui détient ABC.  Dans sa déclaration, la National Association of Broadcasters est sur la défensive : « Aereo a considéré ce procès comme une attaque contre l’innovation ; c’est complètement faux.  Les broadcasters innovent tous les jours, comme le prouve notre leadership en matière de télévision HD, de médias sociaux, d’applications mobiles, de user-generated-content, sans compter les coopérations avec des entreprises comme Hulu ». Aux côtés des chaînes,  les grandes ligues sportives comme la NFL ou MLB avaient, elles aussi, pris parti contre Aereo, menaçant de diffuser sur les chaînes payantes du câble les compétitions les plus regardées, comme le Super Bowl. Enfin, les principaux syndicats d’Hollywood, DGA, IATSE, SAG-AFTRA et WGA  se réjouissent également de la décision de la cour suprême : « La SAF-AFTRA applaudit cette décision qui envoie le message fort et clair : la Cour ne permettra pas à des entreprises comme Aereo d’utiliser des subterfuges technologiques  pour contourner la volonté du Congrès de protéger, selon le Copyright, les contenus, les créateurs et les détenteurs de droits ». Aereo n’aurait pas plus de 500 000 abonnés d’après le New York Times . Pourtant le procès a eu un impact très important dans le secteur audiovisuel et technologique. Si la Cour a tenu à souligner à plusieurs reprises dans sa décision que celle-ci ne concernait que le cas de retransmission de chaînes TV, c’est parce qu’une grande partie de l’économie numérique, et notamment du cloud, est directement concernée par les questions soulevées lors du procès.  Les broadcasters et les grands câblo-opérateurs se sont certes réjouis de la décision de la Cour, mais ils doivent continuer à s’adapter dans un contexte audiovisuel en pleine évolution.  La révolution de la télévision est lancée depuis longtemps – rappelons que Netflix compte plus de 35 millions d’abonnés aux Etats-Unis et Amazon Instant Video, 20 millions.

                                    Pervenche Beurier

Décision de la Cour Suprême : http://www.supremecourt.gov/opinions/13pdf/13-461_l537.pdf

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Sur HBO, les lundis sont désormais dédiés au documentaire

Date: 02/07/2014

[caption id="attachment_4552" align="alignright" width="230"]HBO HBO[/caption] HBO a décidé de mettre en avant les documentaires en leur consacrant une soirée spéciale dans sa grille de programmes. La chaîne de télévision câblée a en effet déclaré fin juin qu'elle diffusera des documentaires le lundi soir. Elle présentera aussi bien des premières de nouveaux documentaires originaux ainsi que des rediffusions à des moments opportuns. La programmation a officiellement commencé fin juin avec le documentaire "The Case Against 8". Outre la première de "112 Weddings", "The Newburgh Sting" de Kate Davis et David Heilbroner (21 juillet), "Love Child" de Valerie Veatch (28 juillet), "Nixon by Nixon: In His Own words" de Peter Kunhardt (4 août), "Captivated: The Trials of Pamela Smart" de Jeremiah Zagar (18 août) et "Hunted: The War Against Gays in Russia" de Ben Steele (chute) complèteront le programme annuel. À l'exception de quelques films originaux de grande envergure diffusés les samedis et une tentative de présenter, il y a quelques années, la série "Enlightened" le lundi, HBO a toujours plus ou moins gardé le dimanche comme sa soirée de prédilection pour ses programmes et ce, depuis la diffusion des "Sopranos". HBO Giving Documentaries a Regular Monday Night Home, de Kick Kissell, Variety, 30 juin 2014 Traduit par Nathalie Charles

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Les prochaines séries d’AMC lancées sur Tumblr

Date: 10/06/2014

La nouvelle série d’AMC, Halt and Catch Fire a été lancée sur Tumblr avant d’être diffusée à la télévision. C’est à la fois une nouveauté pour Tumblr qui n’a jamais diffusé de série TV en avant-première, et pour AMC qui développe ainsi une stratégie innovante sur les réseaux sociaux. Halt and Catch Fire de Christopher Cantwell, Christopher C. Rogers avec Lee Pace, Scoot McNairy se déroule au Texas dans les années 80 en plein essor des premiers ordinateurs personnels (PC). La série était disponible du 19 au 31 mai sur Tumblr et en vod sur AMC.com, avant d’être finalement diffusée à la télévision sur AMC le 1er juin (le 3 juin en France sur Canal+). La chaîne a aussi lancé un page Tumblr-AMC intégrée à son site AMC.com. Cet accord est une nouvelle étape dans la stratégie que Tumblr développe depuis quelques mois pour devenir un acteur incontournable de la social TV. La compagnie détenue par Yahoo avait ainsi annoncé en mars dernier un partenariat avec Viacom pour diffuser des campagnes de contenu « co-brandé » sur Tumblr à l’occasion des « upfront » (les rendez-vous annuels au cours desquels se négocient les espaces publicitaires TV). Une récente étude a établi que Tumblr était le réseau le plus influent en matière de social TV (devant Twitter) : « Tumblr Study Says It Has More Social TV Activity Than Twitter ». AMC Series Will Debut on Tumblr Before TV, AdvertisingAge, 19 mai 2014 Tumblr Study Says It Has More Social TV Activity Than Twitter, AdvertisingAge, 22 avril 2014

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AT&T rachète l’opérateur de télévision par satellite DirecTV

Date: 10/06/2014

AT&T, le géant de la télécommunication aux Etats-Unis a annoncé en mai dernier le rachat du 1er opérateur de télévision par satellite américain DirecTV pour un montant de 48,5 milliards de dollars. Avec cet accord, AT&T devrait avoir accès à 20 millions de foyers supplémentaires et devenir le deuxième plus grand fournisseur de pay-TV aux Etats-Unis, derrière Comcast qui a acheté Time Warner Cable en février dernier pour 45 milliards de dollars. AT&T qui développe son offre vidéo aura ainsi plus de poids lors des négociations avec les chaînes et les autres fournisseurs de contenu. Randall Stephenson, CEO d’AT&T a souligné que l’enjeu du contenu avait été un facteur déterminant pour conclure cet accord. Ce dernier permet de multiplier les moyens d’acheminer le contenu auprès des consommateurs : service satellite, Internet haut-débit, 3G ou 4G et bien sûr le service de fibre U-verse d’AT&T. Randall Stephenson a ainsi affirmé que « dans les 6 prochaines années, l’enjeu principal serait l’acheminement des vidéos via ces réseaux et que l’on verrait les différentes expériences se confondre car les interfaces utilisateurs se ressembleraient de plus en plus. » Cet accord permettra à AT&T d’acquérir le contenu de DirectTV et devrait également lui donner accès à de nouveaux marchés comme les services vidéo et Internet dans les avions. Comme le deal Comcast/ Time Warner, cette nouvelle fusion va être étudiée attentivement par les instances de régulation américaines (la FCC et le ministère de la Justice notamment) qui craignent un trop large contrôle des services TV et Internet par quelques géants du secteur, au détriment des câblo-opérateurs de taille moyenne et des consommateurs. AT&T deal for DirecTV driven by desire to pare programming costs, Los Angeles Times, 19 mai 2014

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