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Compétition des International Emmy Awards 2012
Date: 18/01/2012
[caption id="attachment_7670" align="alignright" width="230" caption="International Emmy Awards"]
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The International Academy of Television Arts & Sciences est une organisation qui représente tout l’éventail des métiers liés à la télévision, dont Internet et les technologies mobiles avec des membres répartis dans plus de 50 pays et représentant plus de 500 sociétés.
L’Académie organise chaque année un certain nombre d’événements dont : les International Emmy Awards, au mois de novembre, à New York ; les International Digital Emmy Awards, au MIPTV, en avril ; l’International Emmy World Television Festival, ainsi qu’une série d’événements réservés à ses membres. L’Académie vient également d’annoncer la création du tout premier International Emmy Kids Awards, pour lequel six nouvelles catégories ont été crées, et dont les prix seront remis à New York en Février 2013.
L’Académie a été fondée en 1969 afin de reconnaitre l’excellence des programmes télévisés produits et originalement diffusés en-dehors des Etats-Unis en présentant l’Emmy Award. Parmi les programmes et comédiens français nominés et/ou récompensés ces 5 dernières années figurent Thierry Frémont en 2005, avec la remise du prix Best Performance by an Actor pour son rôle dans Dans La Tête Du Tueur (TF1), Cult, en 2006, dans la catégorie Interactive Program (Streampower), Nuit Noire, 17 Octobre 1961, toujours en 2006, dans la catégorie TV Movie/Mini-Series (Cipango), Muriel Robin en 2007, avec la remise du prix Best Performance by an Actress pour son rôle dans Marie Besnard, l'empoisonneuse (TF1), et enfin l’année dernière, la série Engrenages nominée dans la catégorie Drama Series. Au total, une douzaine de programmes français ont été nominés ou primés, depuis 2005.
La compétition des International Emmy Awards compte aujourd’hui 20 catégories dont Arts Programming, Best Performance by an Actor, Best Performance by an Actress, Comedy, Current Affairs, Digital Program: Children & Young People, Digital Program: Fiction, Digital Program: Non-Fiction, Documentary, Drama Series, Kids: Preschool, Kids: Animation, Kids: Factual, Kids: Non-Scripted Entertainment, Kids: Series, Kids: TV Movie/Mini-Series, News, Non-Scripted Entertainment, Telenovela et TV Movie/Mini-Series.
Chaque année au mois de novembre, l’Académie organise un festival de télévision durant lequel tous les programmes nominés sont représentés, et qui permet aux producteurs, réalisateurs et acteurs de ces programmes de présenter leur travail. Plus de 700 professionnels de la télévision participent au festival.
Le gala des International Emmy Awards, au cours duquel les gagnants sont annoncés, a lieu le lendemain de la fermeture du festival. Il réunit plus de 1000 professionnels des médias venus du monde entier.
La compétition des International Emmy Awards pour l’année 2012 est ouverte. La date limite d’entrée est le 15 Février 2012. Afin d’être admissible à la compétition, un programme doit avoir été en majorité produit hors des Etats-Unis et diffusé pour la première fois en-dehors du territoire américain en 2011 (entre le 1er janvier et le 31 décembre).
Les règles de la compétition sont disponibles en ligne : www.iemmys.tv/awards_entry.aspx
Les inscriptions n’étant pas remboursables, il est hautement recommandé de lire intégralement les Rules & Regulations dans leur intégralité avant d’envoyer sa candidature.
Le coût de l’inscription varie en fonction de la langue du programme. Si celui-ci a été produit dans une langue autre que l’anglais, les frais d’entrée dans la compétition sont de 350$ et le programme doit impérativement être sous-titré ou doublé en anglais. Si le programme a été directement produit en anglais, les frais sont de 400$.
Pour toute information supplémentaire, prière de contacter les International Emmy Awards à l’adresse email suivante : awardsdept@iemmys.tv
Géraldine Durand
La télévision en direct sur iPad – Bilan de l’année 2011
Date: 17/01/2012
L’iPad est en train de devenir une plate-forme privilégiée pour la télévision en direct. Le nombre d’opérateurs de la télévision payante américains proposant leurs chaînes télévisées en linéaire sur l’iPad a fortement progressé en 2011, avec l’arrivée de DirecTV, Bright House Networks et Cox Communications. Selon l’estimation la plus optimiste, un tiers des américains abonnés à une offre de télévision payante seraient maintenant concernés par cette offre, même si les utilisateurs de tablettes représentent une sous-catégorie modeste, soit 18.1 millions de personnes fin 2011. Avec l’arrivée de ces trois nouveaux fournisseurs, le nombre d’abonnés ayant accès à ce service est monté à 36.5 millions, soit 42% du total des abonnés aux Etats-Unis (Ces chiffres prennent en compte les abonnés de DirecTV, Time Warner Cable, Bright House et Cox.). Si on ajoute les abonnés de DISH Network, qui peuvent accéder au contenu en streaming via la fonctionnalité intégrée Sling, le total atteint 50.3 millions, ou 57% de tous les abonnés à la fin du troisième trimestre 2011. Cox Communications s’est lancé sur le marché de la TV linéaire sur tablettes à la fin de l’année 2011 avec son application Cox Tv Connect qui propose un bouquet de 35 chaînes. Comcast, de son côté, a lancé son service, intitulé AnyPlay, le 10 janvier 2012, dans les régions de Denver et Nashville. La société propose l’accès aux chaînes linéaires sur tablettes (iPads et bientôt Motorola) aux abonnés d’Xfinity HD Triple Play de ces deux villes. La programmation des chaînes reste cependant un sujet sensible. DirecTV a lancé son service fin octobre avec un total de 38 chaînes. Si les principales chaînes du câble sont proposées, l’offre reste très réduite par rapport aux chaînes disponibles sur la télévision aux abonnés de l’opérateur satellite. Time Warner Cable, de son côté, a franchi la barre des 100 chaînes disponibles, mais le processus a été long et difficile. Les relations restent tendues avec Viacom qui voulait une rémunération supplémentaire pour la diffusion de ses chaînes sur l’iPad (Voir l'article Time Warner Cable retire des chaînes de son application iPad). Le deuxième opérateur du câble du pays distribue maintenant 140 chaînes, grâce à l’ajout de 37 chaînes espagnoles début Novembre. Ces dernières ne sont accessibles que par les abonnés au "package" El Paquetazo. Finalement, si on ne prend pas en compte les utilisateurs de Sling, Cablevision reste l’unique opérateur à garantir l’accès à presque toutes ses chaînes, avec près de 300 disponibles sur tablette. Leur objectif allant au-delà d’une diffusion exclusive sur l’iPad, il est essentiel pour les opérateurs d’acquérir les droits de diffusion du contenu en streaming. Le but est de diffuser sur d’autres appareils, comme les consoles X-Box, projet sur lequel travaille Verizon actuellement. Ces droits sont également cruciaux pour les offres de TV Everywhere, celles sur mobile et autres nouveaux marchés potentiels. Une analyse du nombre de téléchargements des applications donnant accès à ces chaînes sur tablettes permettrait de mesurer l’intérêt porté au service, mais les statistiques sur le sujet sont peu nombreuses. Cablevision a annoncé qu’à la fin du troisième trimestre 2011, la société comptait 560 000 utilisateurs uniques, soit 20% de ses abonnés. Chez Time Warner Cable, plus de 600 000 utilisateurs ont téléchargé l’application depuis Juillet 2011. Il n’y a pas de chiffre plus récent, mais le modèle classique de ces applications se caractérise généralement par une forte demande initiale suivie d’une chute importante. L’analyse de SNL Kagan des classements hebdomadaires pour les applications sur le troisième trimestre 2011 montre que les applications comme Xfinity de Comcast, et celles de DirecTV et Time Warner Cable sont très populaires les six à douze semaines suivant leur lancement avant de disparaître ensuite progressivement des classements. Cable, DBS operators extend iPad reach, SNL Kagan, 28 novembre 2011 The Cox iPad App Cuts Out STB Involvement, de Linda Hardesty, The Cable 360.net network, 6 décembre 2011 Comcast’s AnyPlay Brings Live TV to iPad, iPhonehacks, 10 janvier 2012Sonia Droulhiole
ConnecTV : Les chaînes de télévision se lancent dans les réseaux sociaux
Date: 13/12/2011
[caption id="attachment_8740" align="alignright" width="230" caption="connecTV"]
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Un groupe réunissant les dix principaux propriétaires de chaînes de télévision américains, dont E.W. Scripps Co., Hearst Television Inc de Hearst Corp, et Gannett Co. Inc de Gannett Broadcasting, va lancer une application pour les réseaux sociaux en partenariat avec la startup ConnecTV, dirigée par l'ancien président de Gemstar-TV Guide, Ian Aaron, et les anciens patrons de TiVo, Alan Moskowitz et Stacy Jolna.
Cette nouvelle application ne sera pas destinée à l’écran de télévision, mais uniquement aux autres supports, afin de ne pas envahir l’écran de télévision.
Le groupe de diffuseurs impliqués dans ce projet représente 201 chaînes dans 45 des 50 marchés les plus importants des Etats-Unis, qui couvrent 76 millions de foyers. Roger Keating, Senior vice president chez Hearst Television, a annoncé que de nouveaux diffuseurs allaient bientôt rejoindre ce consortium.
Les diffuseurs ont accepté d’intégrer leurs programmes à ConnecTV et de vendre des encarts publicitaires à travers l’application. De nombreux diffuseurs ont également investi dans ConnecTV, mais la compagnie n’a pas précisé lesquels ni combien ils avaient investi.
Le fonctionnement de l'application est le suivant : le spectateur lance l’application ConnecTV sur sa tablette ou sur son smartphone pendant qu’il regarde un programme à la télévision. Des informations synchronisées sur ce programme apparaîssent alors sur son profil. Les spectateurs peuvent en même temps voir ce que leurs amis regardent et envoyer des messages. Pendant ce temps, sur une autre partie de l’écran, du contenu en rapport avec le programme télévisé apparaît.
[caption id="attachment_8741" align="aligncenter" width="500" caption="Capture d'écran - ConnecTV"]
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“Si quelqu’un aime un programme, nous voulons qu’il puisse très facilement le faire partager à ses amis“, ajoute Roger Keating. L’idée principale étant d’inciter un groupe de personnes à regarder le même programme et de monétiser ces discussions entre amis.
Brooks Tobey, Vice-Président à Turner Broadcasting System Inc ajoute qu’il est possible de faire de l’argent grâce aux réseaux sociaux et à la télévision. Il cite notamment une étude de Nielsen Holding NV qui a montré qu’une augmentation de 9% du “buzz“ sur les réseaux sociaux à propos d’un programme télévisé avant sa retransmission se traduisait par une hausse de 1% dans les résultats d’audience. Or, des audiences plus importantes impliquent une hausse des tarifs publicitaires que les programmateurs peuvent facturer.
Alors que les diffuseurs sont prêts à lancer ConnecTV en début d'année prochaine, les opérateurs du câble ont annoncé qu’ils avaient déjà mis en place une initiative similaire. VH1 a inauguré une application sur les réseaux sociaux pour la télévision en mai dernier, appelé VH1 Co-Star, comme l'explique Dan Sacher, Vice-Président du développement numérique de VH1 au sein de MTV Networks Co de Viacom Inc. La différence est que VH1 Co-Star hiérarchise les discussions des internautes. “Il y a tellement de réactions autours de certains de nos programmes que les espaces de discussion sont difficilement gérables. Notre argument de vente est que nous avons développé un algorithme qui sélectionne les meilleurs conversations provenant des personnes les plus expertes, y compris les acteurs d'une série“.
EPIX, une chaîne de cinéma premium, détenue par les studios de Hollywood, a ajouté un volet “réseaux sociaux“ depuis deux ans. Rob Sussman, Vice-Président exécutif du développement et de la stratégie chez Epix explique que les spectateurs peuvent inviter jusqu'à cinq amis pour regarder un film avec eux et en discuter. Cela donne une meilleure visibilité pour la nouvelle chaîne de cinéma, car un abonnement peut apporter potentiellement de nouveaux clients. “C'est un excellent outil marketing pour nous“ conclut-il.
Sources :
Broadcast TV gets social, de Deborah Yao, SNL Kagan, 17 novembre 2011
Station groups back ConnecTV, Is local the killer app for social TV?, de Andew Wallenstein, Daily Variety, 15 novembre 2011
Alexandra Kurkdjian
Qui gagnera la bataille de la télévision connectée ?
Date: 13/12/2011
[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"]
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Tout comme le marché des Smartphones où la concurrence est intense, le secteur de la télévision connectée est agité par de nombreuses rumeurs. Apple entretient le mystère sur ce que la société prépare dans ce domaine, tandis que Google et Microsoft travaillent sur le développement de nouvelles plateformes de contenu. Les bruits qui courent laissent même entendre que Google préparerait une offre Triple-Play traditionnelle regroupant des services de connexion Internet, de téléphonie et de télévision payante.
Mais chaque entreprise mise sur une stratégie légèrement différente et les spécialistes de cette industrie ont du mal à prévoir qui sortira vainqueur de cette âpre compétition.
Microsoft a relancé le débat au mois de septembre quand son CEO, Steve Ballmer, a fait la démonstration de la nouvelle interface de recherche pour la XBox 360. Cette interface sera à commande vocale pour les utilisateurs de Kinect. Elle intègrera non seulement des services d’abonnement comme Hulu et Netflix, mais aussi du contenu à la demande et une programmation de télévision en linéaire.
Microsoft a, peu après, confirmé avoir signé des contrats avec les offres de programmes à la demande HBO GO de Time Warner, XFINITY On Demand de Comcast Corp. et ESPN, dont Walt Disney est actionnaire majoritaire. Cela vient s’ajouter à l’intégration de Youtube, Dailymotion et d’autres services de vidéos en ligne.
Ce fut ensuite au tour d’Apple d’être sous les feux des projecteurs. Une phrase de Steve Jobs, “J’ai finalement trouvé la solution“, reprise dans sa nouvelle biographie, a provoqué une véritable effervescence chez les journalistes et analystes, persuadés d’y voir l’annonce d’un nouveau gros projet télévision chez Apple.
L’analyste Gene Munster de la banque d’investissement Piper Jaffray, qui avait prédit le développement de l’iPad et annonce depuis des années la sortie d’une télévision Apple, a écrit, dans une note de recherche publiée au mois d’octobre, que non seulement une télévision Apple était en développement, mais que selon des sources proches des fournisseurs de pièces détachées, un prototype aurait déjà vu le jour. Gene Munster et d’autres ont également suggéré que le contrôle vocal Siri pourrait remplacer la télécommande et le clavier.
Google a ensuite annoncé le lancement de 100 nouvelles chaînes de télévision sur Youtube, amenant une dose de professionnalisme à ce site de partage de vidéos amateurs, grâce à une programmation structurée et étendue, avec des catégories comme le sport, la musique et la santé. Certaines de ces chaînes sont développées sous l’égide de stars comme Jay Z, Madonna ou Shaquille O’Neal. Ce développement coïncide par ailleurs avec une amélioration de la Google TV, dotée désormais d’une interface utilisateurs plus fonctionnelle et de la possibilité d’utiliser des applications. Les nouvelles applications télévision et films permettent, par exemple, aux utilisateurs de rechercher du contenu sur le câble, Netflix, Youtube, Amazon.com et bien d’autres plateformes.
“C'est intéressant, car d’un côté, Google tente de faire de Google TV la plateforme de référence pour les télévisions connectées et travaille avec des propriétaires de contenus pour pouvoir proposer leur contenu au sein des plateformes de Google TV. Mais en même temps, ils sont plus ou moins en concurrence avec les MSOs (Multiple Service Operator, c’est-à-dire les opérateurs du câble et du satellite) puisqu'ils créent du contenu par eux-mêmes”, explique Dan Rayburn, vice-président de StreamingMedia.com. “Cela fait plusieurs années que Google tente de transformer Youtube en destination de premier plan pour le contenu, mais cela n’a pas vraiment marché. Toutefois, le fait de proposer du contenu qui est propre à Google et de travailler avec des célébrités pour le faire va transformer l’image de YouTube qui ne sera plus considéré comme une interface pour contenu amateur”.
Plus récemment, The Wall Street Journal signalait que Google réfléchissait à la possibilité de proposer des services de télévision payants, en même temps que des offres de téléphonie et d'Internet, dans le cadre d'un projet d’installation de connexions haut débit dans la ville de Kansas City. Craig Moffett, analyste chez Sanford C. Bernstein, a publié une note indiquant qu’il n’aurait pas été économiquement possible pour Google de ne proposer qu’une offre d’Internet haut débit et que la société cherchait à trouver d’autres sources de revenus pour son projet à Kansas City et non à concurrencer les opérateurs traditionnels.
Concernant Google TV, Dan Rayburn explique que ce produit fait partie d’une stratégie sur le long terme permettant à Google de construire des partenariats avec des fabricants de télévisions connectées afin de se transformer en fournisseur d’offres vidéos solide et empiéter sur l’activité du câble traditionnel, sans la supplanter. Il note également que l’acquisition de Motorola Mobility Holdings pourrait donner un avantage compétitif à l’entreprise en proposant Google TV dans les boîtiers (set-top boxes) de Motorola. Toutefois, cette offre ne deviendra vraiment intéressante que lorsque Google investira dans du contenu de qualité.
“Dépensent-ils autant que Netflix pour l’achat du contenu ?, s'interroge Dan Rayburn, “Sûrement pas. Netflix a dépensé 3.3 milliards de dollars cette année. Je pense avoir vu que Youtube était sur le point de dépasser les 100 millions de dollars l'année prochaine pour créer ses contenus”.
Cependant, créer son propre contenu plutôt que de l’acheter ne garantit pas le succès, et il est trop tôt pour dire si ce changement permettra à Google de gagner la bataille de la télévision connectée.
“Je ne sais pas si on peut dire aujourd’hui si une entreprise spécifique ou une plateforme sera en tête”, explique Will Richmond, président de Broadband Directions LLC à SNL Kagan. “C'est une chose de créer une technologie, c'en est une autre d'y inclure tout le contenu. Je pense que c'est encore trop tôt pour savoir qui y arrivera”.
Will Richmond ajoute que le marché de la télévision connectée ne sera jamais un marché monopolistique. Au contraire, le marché regroupera des offres de différentes entreprises. Dan Rayburn note que les préférences des consommateurs en fonction de la qualité et du prix joueront un rôle très important dans l'évolution du marché : “Il n'y a pas un seul modèle qui fonctionnera. Ce sera une combinaison de modèles”.
Les deux hommes reconnaissent que même dans un marché hétérogène, il y a toujours un produit leader. Si une offre dominante semble irréaliste, il y a certains éléments qui permettront à une entreprise d’éliminer ces concurrents.
Will Richmond explique que l'esthétique, une spécialité d'Apple, est un facteur important. “Il y a évidemment d'autres facteurs : le prix, la capacité à intégrer des contenus provenant de différents appareils et l’expérience en elle-même. Il y a beaucoup de facteurs à prendre en compte, en plus du simple contenu. […] Nous ne voyons que les efforts initiaux et sommes très loin du résultat final“.
Dan Rayburn partage cette opinion. Toutefois, étant donné la médiocrité de la plateforme actuelle d'Apple TV, il ne voit pas comment la société pourrait créer le même buzz et perturber le marché comme elle l’a fait avec l’iPhone. Dan Rayburn prend notamment l’exemple de Microsoft qui, contrairement à Apple, a des boîtiers installés dans des millions de foyers.
“Pour le moment, Apple TV n’a pas eu assez de succès pour avoir un impact sur le marché. La société n’a même pas vendu autant de boîtiers que Roku, qui en aura vendu trois millions avant la fin de l’année. Quand un appareil sort sur le marché et qu’il n’est vendu seulement qu’à quelques millions d’unités, il n’y a aucun effet sur le marché. Il faut comparer cela aux 100 millions de consoles déjà déployées dans les foyers par Microsoft et Sony. Donc ce que fait Apple importe peu tant que la société n’est pas parvenue à pénétrer les foyers“. Chose plus facile à dire qu’à faire, selon Dan Rayburn.
“Même s'ils arrivent avec une véritable télévision, ils n'arriveront pas à en vendre assez pour provoquer un effet sur le marché. Apple n'a pas encore de service d'abonnement. Ils vont devoir s'occuper de plusieurs choses en même temps, et s'il y a bien une chose à laquelle Apple n'est pas vraiment performante, c'est introduire un produit à bas prix. Donc s'ils arrivent avec une télévision, elle ne sera jamais proposée à un prix moins élevé que celui de Vizio ou Sony. Combien de parts de marché vont-ils pouvoir toucher avec cela ? Pas plus d'un pour cent”.
Source: Who will win TV tech wars?, de Kyle Daly, SNL Kagan, 4 novembre 2011
Sonia Droulhiole et Alexandra Kurkdjian
Conférences du Festival DOC NYC : ce que recherchent les chaînes de télévision américaines en matière de documentaires
Date: 13/12/2011
[caption id="attachment_8706" align="alignright" width="230" caption="Festival DOC NYC"]
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Un débat intitulé The State of TV, organisé le 2 novembre à New York au cours de la deuxième édition du festival de documentaires DOC NYC, a réuni des représentants de plusieurs chaînes de télévision américaines diffusant régulièrement des documentaires.
Animé par Peter Hamilton, rédacteur du blog DocumentaryTelevision.com et dirigeant du cabinet de consulting Peter Hamilton Consultants, spécialisé dans le conseil en matière de développement, production et marketing de contenu télévisé, la discussion a notamment porté sur le type de documentaires recherchés par les chaînes de télévision américaines.
Sara Berntsein, VP of documentary programming chez HBO, a notamment souligné que la chaîne premium du câble recherchait des documentaires présentant un sujet par le biais d’un personnage (pas nécessairement célèbre) et offrant un point de vue particulier sur un sujet et qui va attirer l’attention de la presse et du public. HBO étant une chaîne payante, il est important pour elle de proposer à ses abonnés des documentaires qui leur font vivre une expérience unique.
La chaîne diffuse en moyenne 30 à 40 documentaires par an, même si elle est montée à 50 en 2011. La moitié est constituée de commandes adressées à des réalisateurs expérimentés et l’autre moitié est composée d’acquisitions. HBO co-produit quelques documentaires étrangers, comme récemment Marathon Boy de la réalisatrice britannique Gemma Atwal. La société travaille également avec de jeunes réalisateurs peu connus, mais ces derniers doivent déjà disposer d'extraits de leur travail (10 à 20 minutes) à montrer lors de la présentation du projet. Les documentaires diffusés sur HBO peuvent réunir de 2 à 3 millions de téléspectateurs lors des différentes diffusions réparties sur 1 mois.
Dans un style très différent, POV (documentaries with a point of view) est une série du réseau de chaînes publiques PBS (Public Broadcasting Services) qui propose 17 à 18 documentaires par an sur les 1 000 projets qu’elle étudie chaque année. Un appel à projets est lancé par la chaîne chaque année au mois de juin et comme le souligne Simon Kilmurry, Directeur exécutif de la série, lui et son équipe recherchent des documentaires affichant un point de vue marqué, sur des sujets sociétaux, et ayant une facture cinématographique (cinematic feel), à la manière de Last train home (Le dernier train) de Lixin Fan.
Les ressources de POV sont cependant limitées et la chaîne ne finance jamais un projet intégralement, même si elle peut intervenir tôt dans le cycle de production d’un documentaire. Le financement moyen de la chaîne est de 90 000$ pour des projets dont le budget varie souvent entre 300 000$ et 500 000$. La chaîne participe à la recherche de financement, notamment auprès d’ITVS, de fondations ou de chaînes télévisées étrangères, et ne prend que des droits très limités, généralement les droits américains pour la télévision, quelques droits numériques et les droits pour une diffusion dans le secteur éducatif. La chaîne est satisfaite quand ses documentaires rassemblent 500 000 à 1 million de téléspectateurs sur leur période de diffusion, soit 6 diffusions réparties sur 7 jours au cours des 4 premières années de diffusion.
A&E IndieFilms produit des films destinés à une distribution en salle avant diffusion sur la chaîne de télévision. Molly Thompson, Vice Présidente d’A&E IndieFilms a notamment souligné que la chaîne était à la recherche d’histoires qui « éclaboussent » (splashy stories) et qui placent le personnage central au cœur du documentaire. La chaîne a notamment fait l’acquisition, après sa diffusion au festival de Sundance, de Page One: Inside the New York Times, d’Andrew Rossi. Le groupe finance entièrement la plupart de ses productions, même s’il peut lui arriver de s’associer avec d’autres partenaires comme la chaîne britannique Channel 4.
[caption id="attachment_8719" align="aligncenter" width="500" caption="DOC NYC: Panel "The State of TV""]
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Parmi les autres chaînes de télévision américaines diffusant des documentaires, les panélistes ont mentionné PBS Independant Lens, Oprah Winfrey Network et National Geographic.
Tous ont convenu que la télévision américaine offrait de moins en moins d’opportunités à ce genre. Ainsi, au cours des deux conférences qui ont suivi, The State of Theatrical et The State of Digital, Internet est apparu comme le nouveau canal incontournable et surtout rentable pour la diffusion de documentaires.
Géraldine Durand
Dossier Spécial : Compte rendu de la conférence Digital Hollywood New York (17 – 18 Novembre 2011)
Date: 05/12/2011
Depuis 1990, le groupe Digital Hollywood met en place des conférences sur les médias à travers le monde, dont, deux fois par an, à New York. La dernière édition de cette conférence s’est tenue les 17 et 18 novembre derniers (lire les comptes rendu de la précédente édition, Conférence Digital Hollywood New York City (9-10 mars 2011) : Applications - Tablettes Numériques - Télévisions Connectées - VOD ). Elle réunissait des professionnels des médias et de l’audiovisuel autour des grands thèmes du moment : l’avenir de la télévision, les expériences de second screen, les applications, les tablettes, la TV Everywhere et la protection de la vie privée. 1. LA TÉLÉVISION : EN VOIE D'EXTINCTION OU DE RENOUVELLEMENT ? Face à la multiplication des plateformes de visionnage du contenu télévisé, la question de l’avenir de la télévision en linéaire s’est posée à plusieurs reprises au cours de la conférence. Pour certains, les derniers chiffres publiés par Nielsen, qui montrent que la télévision reste le passe-temps favori des Américains, prouvent que celle-ci n’est pas en voie d’extinction. En effet, les Américains ont passé 146 heures et 20 minutes par mois à regarder la télévision au cours du deuxième trimestre 2011, soit 2 heures et 43 minutes de plus qu’au cours du deuxième trimestre 2010 (Mediamerica, Nouveaux chiffres clés du paysage audiovisuel américain, 10 novembre 2011). Cela semble confirmer la thèse souvent avancée par les analystes selon laquelle les spectateurs vont toujours chercher à regarder les programmes de télévision sur le meilleur écran disponible. Ainsi, selon Roger Keating, Senior Vice President de Hearst Television, « Le visionnage de la télévision sur appareil mobile va s’ajouter au visionnage sur téléviseur et aura lieu quand les spectateurs ne seront pas à leur domicile. Mais le visionnage sur téléviseur ne va pas diminuer pour autant et il n’y a aucune raison d’être inquiété par les autres formes de visionnage ». Pourtant, certains sont plus sceptiques et voient la progression du visionnage à la demande comme une menace pour la télévision linéaire. Selon Tina Hoover, Vice President, Digital Media Group, Endemol USA, « D’ici quelques années, tous les programmes seront regardés à la demande. Du coup, on peut se demander ce qui va arriver à la télévision traditionnelle ». Cette évolution pose la question du financement de la publicité à la télévision et donc du modèle économique actuellement en place. Cela représente un véritable enjeu pour la société de production Endemol qui a produit des émissions de télé-réalité célèbres comme Fear Factor et Big Brother, mais dont le nom n’est pas connu du grand public. Ainsi, dans un environnement à la demande où la marque est importante pour garantir la qualité d’un produit, Endemol est pour le moment perdante. C’est pourquoi la société cherche d’ores et déjà à faire connaître son nom et sa marque. Comme le souligne Tina Hoover, « Notre objectif est de toucher consommateurs sans passer par les distributeurs comme les networks. Il est donc important de développer notre propre base d’habitués ». Dans cet objectif, la société a lancé, il y a quelques semaines, une application sur iPad, avec l’espoir de bâtir une franchise autour de ses personnages et de développer un dessin animé ensuite vendu sur iTunes ou autre plateforme. 2. LA SOCIAL TV ET LE SECOND SCREEN 2-1. Quel intérêt et quels usages ? Autre sujet central de la conférence, les second screen (« deuxième écran »), type d’applications développées pour tablettes ou Smartphones et fournissant au spectateur des contenus ou des fonctionnalités supplémentaires quand il regarde un programme à la télévision. L’objectif de ces applications est de renforcer l’engagement du spectateur vis-à-vis du programme et d’accroître l’audience du programme, objectif qui se décline sous plusieurs formes. Tout d’abord, ces deuxièmes écrans apparaissent comme des lieux d’échange. Selon Roger Keating de Hearst Television, « Les adolescents veulent regarder la série télévisée Glee tout en échangeant avec leurs amis sur Facebook ». Les effets secondaires, et souhaités, de ces conversations, sont qu’ils attirent de nouveaux spectateurs, ceux qui constatent ainsi que leurs amis apprécient un programme télévisé. Afin de faciliter ces échanges, un groupe réunissant les dix principaux propriétaires de chaînes de télévision, dont Hearst Television, va lancer une application au mois de janvier appelée ConnecTV. Comme l’explique Roger Keating, « Cette nouvelle application n’est pas destinée aux télévisions connectées, mais aux deuxièmes écrans » (voir l’article Mediamerica ConnecTV : les chaînes de télévision se lancent dans les réseaux sociaux). Les interactions rendues possible par la Social TV devraient également faciliter la sélection du contenu. Le salon est un lieu complexe avec plusieurs appareils, plusieurs sources de contenu, et les échanges avec d’autres peuvent aider à faire des choix. Pour Jeff Hughes, Chief Executive Chairman d’Omnifone, société spécialisée dans les technologies de stockage de musique sur le cloud, « La sélection du contenu (curation) va devenir plus complexe qu’elle ne l’est aujourd’hui, car il y aura trop d’applications et trop de programmes. Les spectateurs voudront des recommandations ». Certaines applications développées sur le second screen ont aussi pour objet d’attirer le spectateur en lui faisant vivre de nouvelles expériences. Discovery Communications a, par exemple, lancé une application pour iPad 2 qui propose des vidéos en HD et permettent aux spectateurs d’interagir avec les protagonistes de ses émissions. 2-2. Des fonctionnalités encore peu exploitées Si certains croient en l’avenir de la Social TV et du deuxième écran, d’autres sont plus sceptiques. Jeremy Toeman, Chief Product Officer de Dijit Media, société spécialisée dans le développement de fonctionnalités de type télécommande pour les smartphones et tablettes, souligne notamment que « les expériences de deuxième écran fonctionnent mieux sur les programmes de télé-réalité, les principaux épisodes des séries (le 1er ou le dernier épisode d’une série), et le sport. Pour le reste, leur efficacité est relativement faible ». Cette opinion est partagée par Renee Plato, VP Digital Video Distribution pour ABC, Disney and ESPN Media Networks, pour laquelle les possibilités offertes par le deuxième écran sont encore peu connues et peu exploitées. Pour elle, « l’interaction dépend vraiment des programmes ». Même les programmes de télé-réalité ne rencontrent pas toujours le succès escompté. Tina Hoover, d’Endemol USA, prend l’exemple du jeu Million Dollar Money Drop, en Grande-Bretagne. Une application permet aux téléspectateurs de jouer en même temps que les candidats à la télévision : « Pourtant, seuls 10% des téléspectateurs en Grande Bretagne le font et nous nous demandons donc si ce système est vraiment intéressant économiquement ». Certains posent la question du caractère social des interactions qui semblent le plus souvent être à sens unique. Ainsi, pour Bala Krishnan, President and Chief Product Officer de Peel, « Les conversations sur réseaux sociaux sont à sens unique. Il ne s’agit pas de vrais échanges. Les gens partagent leur opinion avec le monde. Twitter n’a pas créé de conversations interpersonnelles ». 2-3. Les dangers de la fragmentation Pour Ira Rubenstein, Executive Vice President of Digital Marketing pour Twentieth Century Fox, la mise en valeur de chaque chaîne en tant que marque à part entière au sein d’expériences de second screen, par exemple, s’apparente à une fragmentation (unbundle) des bouquets télévisés et il s’interroge sur les dangers de cette fragmentation. Pour les représentants des chaînes présentes à la conférence, il est hors de question de travailler sans les opérateurs de la télévision payante : ils n’auront jamais la possibilité de toucher un public aussi large que les bouquets télévisés et comme le reconnaît Rebecca Glashow, Senior Vice President, Digital, Media Distribution chez Discovery Communications, « Il n’est pas possible de faire ce qu’ils font à leur place ». Pour d’autres, la fragmentation du contenu est surtout due aux acteurs de type Amazon et Netflix, ce dernier étant numéro un des services de VOD sur abonnement aux Etats-Unis avec presque 24 millions d’abonnés. Comme le souligne Ashwin Navin, CEO and Co-founder, Flingo, développeur d’applications pour appareils connectés, « Il y a peu de nouveaux entrants sur ce marché dont le modèle économique d’origine a disparu : maintenant, ils paient le même prix pour le contenu qu’une chaîne comme HBO ». 3. LES APPLICATIONS 3-1. Vers la disparition des applications… L’avenir des applications a également été sujet à débat lors de la conférence. En effet, certains sont d’avis que le système des applications va perdurer, comme Jim Funk, Vice President, Business Development du service de vidéo à la demande chez Roku. D’autres ont un avis plus nuancé sur les applications, tel Renee Plato, d’ABC, Disney et ESPN pour laquelle les applications peuvent représenter soit « le paradis soit un désastre ». En effet, selon elle plus une marque a d’applications, plus elle est fragmentée. Par conséquent, le groupe Disney essaie de se recentrer sur un nombre plus restreint d’applications et, par exemple, la chaîne sportive ESPN n’a plus que 6 applications, tout comme le network ABC. A part la fragmentation que peut entraîner un nombre élevé d’applications pour une même marque, d’autres considèrent que les applications sont vouées à disparaître en raison de la concurrence que représente HTML5. 3- 2. …au profit d’HTML5 ? HTML5 est un sujet récurrent des conférences dans le secteur des nouvelles technologies aux Etats-Unis. Successeur de HTML 4.01., HTML5 crée un standard pour de nombreuses fonctionnalités auparavant disponibles sous forme de plugins. Avec HTML5, créer une application en ligne aussi évoluée qu’une application locale devient plus facile. Pour l’utilisateur, l’avantage est dans l’absence d’installation, la mise à jour automatique, et l’utilisation sur différents appareils. Pour Brooks Tobey, SVP, Sales Solutions & Multi-Screen Development & Delivery chez Turner Broadcasting, “HTML5 offre plus de souplesse : il devient simple de modifier des éléments sans avoir besoin de les soumettre à Apple, par exemple ». Ainsi, nombreux sont ceux qui prédisent la fin des applications, comme Alex Limberis, COO, VP, Business Development de Next Issue Media, société spécialisée dans le développement de technologies pour magazines en version numérique, qui pense que « les applications sont un phénomène limité dans le temps et qu’elles disparaîtront bientôt au profit d’HTML5 ». Ils donnent l’exemple du Financial Times qui vient de lancer une application développée grâce à HTML5. Jeremy Toeman, Chief Product Officer de Dijit Media partage cet avis : selon lui, avec les applications, il faut trop de « clicks » pour accéder au contenu et ce n’est pas ce que les utilisateurs souhaitent. Il pense que les applications se limiteront au deuxième écran et que HTML5 représente l’avenir de la télévision connectée. 4. LES TABLETTES 4-1. Une opportunité pour les magazines Le développement des tablettes numériques a créé d’incroyables opportunités pour certains médias, et notamment pour les magazines. Ainsi, selon Alex Limberis de Next Issue Media, « Les magazines en version numérique existent depuis 10 ans, mais ils deviennent rentables grâce aux tablettes ». C’est également le sentiment de Steve Sachs, Executive Vice President, Consumer Marketing and Sales de Time Inc., groupe de médias américain qui appartient à Time Warner et possède notamment les magazines Time, Life et Sports Illustrated. Selon lui, les utilisateurs sont prêts à payer plus cher pour un magazine en version numérique que pour un magazine en version papier. Ainsi, alors que tout le monde pensait, il y a quelques années, que les tarifs des magazines sur tablettes seraient moindres que les tarifs sur version papier en raison des économies sur l’impression et les frais d’envoi, c’est l’inverse qui s’est produit. Les tarifs sont en moyenne 20% supérieurs pour une version numérique que pour une version papier et la société bénéficie également des revenus de la publicité. 4-2. Un format dicté par les usages Les panélistes interrogés ont également beaucoup insisté sur le fait que le format des applications pour tablettes n’est pas pensé en fonction des différences entre appareils, mais en fonction des circonstances d’utilisation. Selon Miguel Monteverde, Vice President, Discovery Digital Media chez Discovery Communications, 70% des utilisateurs de tablettes et Smartphones les utilisent pendant qu’ils regardent leur téléviseur. La société The Weather Channel a relevé un pic d’utilisation de 6h à 8h du matin, lorsque les utilisateurs consultent la météo du jour, une utilisation moindre pendant la journée puis un pic de 6 à 8h du soir. Enfin, Scott M. Jensen, Vice President of Digital Product, Applications de The Weather Channel relève que l’usage du Smartphone se fait généralement en solitaire, alors que la tablette a une utilisation plus familiale. Comme l’explique Steve Sachs de Time Inc., sa société fait la distinction entre les utility app et les immersive app. Par exemple, une application plus utilisée dans la cuisine est une utility app, qui doit avoir un aspect pratique. En revanche, pour une utilisation dans la chambre, il s’agit d’une expérience plus relaxante, plus émotionnelle, c’est une immersive app. En proposant des abonnements All Access qui comprennent une version papier et une version numérique des magazines, Time Inc. opte pour une stratégie de « content everywhere ». Les consommateurs peuvent ainsi utiliser plusieurs plateformes pour regarder un contenu similaire. Ils ont la possibilité de regarder le magazine Sports Illustrated sur copie papier quand ils sont chez eux. Ils poursuivent la lecture sur leur tablette en allant au travail et regardent le magazine sur leur smartphone le soir en attendant leurs enfants à la sortie de l’école. Pour tous ces différents usages, il convient également d’adapter le format. 4-3. L’importance de l’accès aux données clients Tous les acteurs de la presse écrite présents à la conférence relèvent l’importance de l’accès aux données clients dans leur travail et notamment dans leurs relations avec les agences de publicité. C’est en effet un des sujets de friction avec Apple qui ne partage pas ces informations avec les propriétaires des magazines achetés sur ses interfaces. C’est pourquoi les abonnements aux magazines du groupe Time Inc. peuvent uniquement être pris sur les sites Internet du groupe : « Cela nous permet de suivre les habitudes des abonnés, de voir avec quelle régularité ils consultent du contenu, etc. et nous partageons cette information avec les publicitaires », souligne Steve Sachs de Time Inc. « Nous avons des partenariats avec Apple, Barnes and Nobles, Amazon, etc. mais l’important c’est que les clients achètent les abonnements chez nous », ajoute-t-il. Cela permet également d’adapter le format des versions numériques aux usages qui en sont faits, ce qui serait impossible sans ces données. 5. LA TV EVERYWHERE La TV Everywhere est un des grands sujets d’actualité aux Etats-Unis avec le lancement de ce type d’offres par une grande partie des opérateurs du câble et du satellite (Mediamerica, Les services TV Everywhere des câblo-opérateurs vs les offres Over the Top, 10 novembre 2011). Certains regrettent pourtant que les opérateurs de la télévision payante américaine aient mis autant de temps à tenir compte des nouveaux modes de consommation du contenu. Ainsi, pour Eric Solomon, SVP, National and Cross Platform Audience Measurement chez The Nielsen Company, les offres de TV Everywhere ont mis trop longtemps à se mettre en place : « Si elle était apparue plus tôt, la TV Everywhere aurait pu être à la place de Netflix». D’autres soulignent le changement radical qui s’est opéré dans la stratégie des câblo-opérateurs ces dernières années. Ainsi, pour Jeremy Toeman de Dijit Media, les évolutions se sont accélérées et « le fait que les principaux opérateurs du câble et du satellite aient des applications est un changement fondamental sur le marché ». Les offres de TV Everywhere ont néanmoins encore des progrès à faire, car si le système d’authentification fonctionne, il n’est manifestement pas simple à utiliser. Pour John Harran, VP Business Development and Multiplatform Distribution chez Turner Broadcasting, il faut simplifier le système et sensibiliser les spectateurs : « C’est la deuxième phase du lancement ». 6. LA PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE Pour les professionnels des médias, la protection de la vie privée est un véritable défi. Comme le souligne Jim Funk de Roku, « si les consommateurs veulent des recommandations, il faut que nous puissions suivre ce qu’il regarde ». Cela pose évidemment des questions en termes de respect des données privées, notamment sur un appareil qui est partagé. « La question est de savoir ce que les gens veulent bien que d’autres sachent sur eux », ajoute-t-il. Pour certains, la transparence semble être la solution. Comme le remarque Jeremy Toeman de Dijit Media : « Plus on explique notre manière de travailler, plus les utilisateurs sont susceptibles de l’accepter ». Ainsi, il est d’avis que les utilisateurs échangeraient volontiers des informations privées, pour partager, échanger et bénéficier de recommandations, si on leur explique clairement. 7. Du FUTUR PROCHE À L'HORIZON LOINTAIN Une question récurrente à la fin de chaque discussion concernait l’année, voire les quelques années à venir, et la vision que les panélistes en avaient d’un point de vue du développement des technologies. Quelques tendances semblent se dégager. La plupart des personnes interrogées pensent que la fin de l’année 2012 ne sera pas très différente de la fin de l’année 2011. La principale distinction sera une meilleure connaissance des modes de consommation. D’autres pensent que l’apparition d’une véritable offre Apple en termes de télévision connectée, déjà appelée par beaucoup l’iTV, pourrait changer la donne. La grande majorité pense que l’année 2012 donnera lieu au développement de services déjà existants comme la TV Everywhere et les expériences de second screen. Une vision résumée en quelques mots par Seth Tapper, CEO et founder de SecondScreen, plateforme publicitaire pour les applications sur deuxième écran : « Fin 2012, les gens seront dans leur salon avec une télévision connectée, un iPad sur les genoux, plusieurs systèmes de sélection du contenu et un mélange de programmes en direct et en différé ». CONCLUSION : Le Digital Hollywood Summit permet de cerner les préoccupations du moment parmi les professionnels du contenu et des nouvelles technologies aux Etats-Unis. Certains sujets, centraux en 2010, semblent être désormais passés au second plan. Même si le thème de nombreuses conférences concernait la télévision connectée, les expériences de second screen sur les companion devices de type tablettes et Smartphones, ont monopolisé les débats. En effet, ces applications semblent être au cœur de la stratégie des chaînes de télévision et des diffuseurs de contenu en général. Leur avenir et leur utilité sont sujets à débat. Si la plupart des professionnels présents envisage l’avenir avec sérénité, selon eux, aucune révolution majeure à venir pour 2012, leur désaccord sur certains sujets, comme le devenir des applications, était perceptible et traduisaitt leur inquiétude face au futur, même proche. L’industrie du contenu et des médias subit constamment de nouvelles mutations et il sera intéressant de voir quels sujets seront au cœur des débats dès la prochaine conférence Digital Hollywood, au mois de mars 2012.Géraldine Durand
Résultats des opérateurs de la télévision payante américaine au 3ème trimestre 2011 : le câble toujours menacé
Date: 10/11/2011
[caption id="attachment_8660" align="alignright" width="229" caption="Résultats des opérateurs de la télévision payante américaine au 3ème trimestre 2011"]
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Quand le nombre d’abonnés aux services de télévision payante américaines a baissé pour la première fois au cours du deuxième trimestre 2010 (lire Baisse sans précédent pour les opérateurs du câble aux Etats-Unis, Mediamerica, 19 octobre 2010), les responsables du secteur ont commencé à s’interroger sur la désertion possible des abonnés au profit d’offres moins onéreuses, et notamment les services over the top de type Netflix et Hulu. Ils ont même inventé un mot pour désigner cela : le cord cutting (lire Cord Cutting : analyse du phénomène qui agite l’industrie des médias aux Etats-Unis, Mediamerica, 08 décembre 2010).
Au cours du deuxième trimestre 2011, les opérateurs de la télévision payante ont perdu 458 000 abonnés pour finir le premier semestre avec 100,1 millions d’abonnés, selon SNL Kagan.
Toutefois, les analystes étaient plus confiants pour le troisième trimestre 2011, imaginant que les déboires de Netflix (lire Netflix perd 800 000 abonnés et devrait entrer dans le rouge, Mediamerica, 28 octobre 2011) pourraient bénéficier à ses concurrents. Les résultats du trimestre qui s’est achevé à la fin du mois de septembre 2011 sont mitigés.
1. Les Opérateurs du Câble
Les opérateurs du câble, à travers le pays, continuent de perdre des abonnés. La concurrence que représentent les offres des opérateurs du satellite et des télécommunications est un élément d’explication, mais la situation de l’économie américaine semble également être un facteur important. Selon Craig Moffett de la société d’analyse Sanford Bernstein, les abonnements aux offres des câblo-opérateurs ne progressent plus, car, d’une part, « le nombre de foyers ne progresse presque plus et, d’autres parts, les consommateurs aux revenus modestes sont exclus de ce marché ». En revanche, la menace des services over the top de type Netflix et Hulu semble écartée par les analystes qui notent que la plupart des utilisateurs de ces services ont également un service de télévision payante.
Ainsi, tous les opérateurs du câble ont perdu des abonnés au cours du troisième trimestre 2011, mais la bonne nouvelle, selon les experts, est que cette perte est moins importante que celle enregistrée en 2010.
*Comcast
Comcast, premier opérateur des Etats-Unis en nombre d’abonnés, a annoncé avoir perdu 165 000 abonnés à son offre vidéo, un résultat finalement meilleur qu’au troisième trimestre 2010 où la perte avait été de 275 000, mais qui reste toutefois négatif. La compagnie comptabilise au final 22,4 millions d’abonnés à l'offre vidéo. En revanche, la société se rattrape dans le secteur de l’Internet où elle enregistre 261 000 abonnés supplémentaires contre 249 000 pour le même trimestre il y a un an. Elle connaît également une progression dans le domaine de la téléphonie avec 133 000 abonnés supplémentaires, résultat cependant en retrait par rapport à l’année passée où il était de 228 000. Au final, la société affiche un résultat net de 908 millions de dollars, contre 867 millions il y a un an, résultat en partie dû à l’acquisition de NBCUniversal au mois de janvier (lire La fusion de Comcast et NBC Universal approuvée par les autorités américaines, Mediamerica, 11 février 2011).
*Time Warner Cable
Le dauphin de Comcast, Time Warner Cable (TWC), a également perdu des abonnés à son offre vidéo, soit 128 000 au total, et achève le trimestre avec 11,9 millions d’abonnés. Tout comme son principal concurrent, TWC se rattrape cependant dans le domaine de l’Internet avec 89 000 abonnés supplémentaires pour atteindre 9,8 millions d’abonnés. Enfin, le secteur de la téléphonie n’est pas non plus brillant puisque la société perd 8 000 abonnés et en compte désormais 4,5 millions. Si le chiffre d’affaires de la compagnie progresse et passe de 4,73 milliards au troisième trimestre 2010 à 4,91 milliards, le résultat net de la société est de 356 millions de dollars sur le trimestre contre 360 millions un an auparavant, ce qui représente une baisse de 1%. La société a expliqué cet écart par la hausse de ses coûts de fonctionnement.
Au total, l’industrie du câble a perdu près de 384 000 abonnés sur le trimestre qui s’est achevé au mois de septembre, soit 145 000 de moins qu’au cours de la même période il y a un an. Pourtant, ses bénéfices ont soit stagné, soit progressé, notamment grâce aux offres de type Internet.
2. Les Opérateurs de Télécommunications
La concurrence semble être un des facteurs d’explication aux mauvais résultats du domaine de la vidéo et il est vrai que les opérateurs de télécommunications appliquent des politiques tarifaires agressives. Toutefois, ils connaissent également un ralentissement dans la croissance de leur base d’abonnés.
*AT&T
AT&T, qui se place en première position pour le secteur, comptabilise 176 000 abonnés supplémentaires à son offre IPTV U-verse TV sur le troisième trimestre 2011 ce qui lui permet d’atteindre 3,6 millions d’abonnés à ce service. Il s’agit cependant de sa plus faible progression depuis trois ans, selon Associated Press. AT&T a en revanche enregistré 504 000 abonnés supplémentaires à son offre Internet haut débit pour atteindre 4,6 millions au total. En termes de téléphonie mobile, AT&T enregistre 2,1 millions abonnements supplémentaires soit 100,7 millions d’abonnés au total. La société affiche un résultat net sur le trimestre de 3,62 milliards de dollars contre 12,32 milliards un an auparavant, soit moins 70,6%. Les résultats du troisième trimestre 2010 avaient notamment été dopés par la vente de Sterling Commerce.
*Verizon
De la même manière, le concurrent direct d’AT&T, Verizon, comptabilise 131 000 abonnés supplémentaires sur le troisième trimestre 2011 pour son offre IPTV FiOS TV, contre 204 000 sur la même période il y a un an, et compte désormais 4 millions d’abonnés. Cette progression est inférieure aux prévisions de la société qui l'attribue aux grèves qui ont agité la société au cours du trimestre (Verizon strike to end but talks to continue, Reuters, 20 août 2011). La société compte désormais 138 000 abonnés supplémentaires à son service Internet FiOS Broadband pour un total de 4,6 millions d’abonnés.
Toutefois, l’investissement nécessaire pour développer leurs réseaux ne permettront pas aux opérateurs de télécommunications d’être présents sur tous les marchés. Le satellite, qui n’est pas limité par cette donnée, est, en revanche, un autre concurrent majeur pour les câblo-opérateurs.
3. Les Opérateurs du Satellite
*DIRECTV
DIRECTV, n°1 du secteur aux Etats-Unis, comptabilise 327 000 abonnements supplémentaires sur le trimestre, contre 174 000 sur la même période en 2010. C’est la progression la plus importante pour la société depuis sa création et elle attribue ce succès à une offre promotionnelle liée aux chaînes sportives, le NFL SUNDAY TICKET. Cela lui permet d’atteindre un total de 19,8 millions d’abonnés. La société enregistre ainsi une croissance de son chiffre d’affaires de 8% pour atteindre 5,42 milliards de dollars, avec un résultat net de 516 millions de dollars contre 479 millions un an auparavant. Lors de l’annonce de ces résultats, Mike White, Président et CEO de DirecTV a également évoqué le lancement prochain de nouveaux produits et services dont une offre DIRECTV Anywhere qui permettrait aux abonnés de regarder des programmes en streaming et en direct, ainsi que des films à la demande, sur leurs appareils mobiles (offre semblable aux services de TV Everywhere proposés déjà par un grand nombre d’opérateurs de la télévision payante américains - lire Les services TV Everywhere des câblo-opérateurs vs les offres Over the Top, Mediamerica, 10 novembre 2011).
*DISH Network
Le succès de DIRECTV a certainement porté ombrage à son principal concurrent, DISH Network, qui perd 111 000 abonnés sur le trimestre, contre une perte de 29 000 il y a un an, pour aboutir à 13,9 millions d’abonnés. La société connaît cependant une croissance de son résultat net de 30%, pour atteindre 319 millions de dollars contre 245 millions un an auparavant. Ce bon résultat est largement attribué aux gains engendrés par le service de location de vidéos, Blockbuster, racheté par DISH au mois d’avril 2011. Le chiffre d’affaires de la compagnie est de 3,60 milliards de dollars contre 3,21 milliards au troisième trimestre 2010. Le CEO de la société, Joe Clayton, a souligné que DISH allait désormais mettre l’accent sur son offre de vidéo en streaming, lancée récemment (Lire Dish lance son service de vidéo à la demande : Blockbuster Movie Pass, Mediamerica, 12 octobre 2011), afin de séduire de nouveaux clients.
Les câblo-opérateurs doivent donc faire face à la concurrence accrue d’autres acteurs du secteur qui multiplient les promotions alléchantes et les nouveaux services. Toutefois, une autre difficulté pourrait heurter leur activité sur le long terme : la stagnation de l’économie américaine et le maintien d’un niveau de chômage à 9%. Ce sont essentiellement les personnes touchées par la crise qui résilient leur abonnement.
Bien que certains opérateurs comme Comcast parviennent à engranger des revenus supplémentaires, grâce aux abonnés qui multiplient les services, d’autres, comme Time Warner Cable, constatent que nombreux sont ceux qui préfèrent renoncer aux chaînes premium de type HBO. Afin de répondre aux attentes de ce public, Time Warner Cable propose désormais sur la région de New York un abonnement avec moins de chaînes, TV Essentials, proposé à 40$. Cette offre ne semble pas, pour l'instant, remporter un franc succès.
Bien que certaines sociétés du câble, comme Comcast, parviennent à tirer leur épingle du jeu en enregistrant des revenus supplémentaires, grâce notamment à des abonnés capables de s’offrir de nouveaux services, le secteur ne devrait plus connaître de croissance substantielle tant que l’économie américaine ne repartira pas à la hausse. Avec de moins en moins de nouveaux foyers et de moins en moins de consommateurs capables de s’offrir de tels services, les opérateurs du câble, du satellite et des télécommunications n’ont plus qu’à se battre pour s’arracher les quelques clients potentiels restants.
Sources :
Competition and a weak economy plague cable TV, de Marguerite Reardon, CNETNews, 03 novembre 2011
AT&T Added Fewer U-verse TV Subscribers in Third Quarter, de Georg Szalai, The Hollywood Reporter, 20 octobre 2011
Verizon's FiOS TV Subscriber Growth Slowed in Third Quarter, de Georg Szalai, The Hollywood Reporter, 21 octobre 2011
DISH Network Q3 profit rises 30%; revenue buoyed by Blockbuster, de Deborah Yao, SNL kagan, 07 novembre 2011
DIRECTV shares soar on record Q3 subscriber additions, de Deborah Yao, SNL Kagan, 03 novembre 2011
Comcast ups income, revenue in Q3, narrows video subs loss, de Haseeb Ali, SNL Kagan, 02 novembre 2011
Time Warner Cable Q3 income slips, despite 3,7% revenue growth, de Haseeb Ali, SNL Kagan, 27 octobre 2011
Géraldine Durand
Les services TV Everywhere des câblo-opérateurs vs les offres Over the Top
Date: 10/11/2011
[caption id="attachment_8652" align="alignright" width="230" caption="TV Everywhere"]
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Les services TV Everywhere permettent aux abonnés de certains opérateurs du câble d’accéder à l’intégralité des chaînes que ces opérateurs proposent à la télévision à partir de n’importe quelle plate-forme numérique, grâce à un système d’authentification. Depuis que des câblo-opérateurs ont lancé les premières offres TV Everywhere, il y a deux ans (Lire Lancement imminent du service de visionnage en ligne de Comcast, Mediamerica, 10 décembre 2009), afin, notamment, de contrer les services over the top (OTT) de type Netflix, le nombre de services a fortement augmenté et les opérateurs ont développé différentes stratégies.
1. Des stratégies différentes pour chaque opérateur
Alors que les personnes qui ne sont pas abonnées à leurs services peuvent accéder à une partie du contenu proposé sur les plateformes XFINITY de Comcast, TV Online de Cox Communications et U-verse Online d’AT&T, seuls les abonnés à Time Warner Cable et à FiOS de Verizon Communications peuvent bénéficier des plateformes Internet de ces opérateurs. Si la plupart du contenu gratuit accessible aux non-abonnés sur ces sites vient du site Internet Hulu, XFINITY, qui propose plus de contenu gratuit que les sites des autres opérateurs, réunit un grand nombre de contenu provenant d’autres sites, notamment ceux des chaînes de télévision Comedy Central et CBS. Ainsi, en juillet 2011, seulement 22% du contenu de XFINITY provenait du site Internet Hulu contre 52,1% pour Cox TV Online et plus de 76% pour AT&T U-verse Online (ces pourcentages ont probablement légèrement augmenté depuis le début des nouvelles saisons, en septembre). Le fait d’agréger du contenu gratuit sur un seul et même site dont la navigation est facilitée représente sans aucun doute un atout de poids pour Comcast.
2. Classement des offres en matière de contenu
Bien que Netflix soit souvent considéré comme un service de VOD complémentaire par la plupart des utilisateurs, un abonnement unique à Netflix ou à Hulu Plus est une option envisagée par nombre de foyers qui cherchent à limiter leurs factures. Le prix est évidemment un facteur de choix, mais les consommateurs sont aussi influencés par le nombre d’épisodes de séries télévisées et de films récents disponibles sur une plateforme. XFINITY, qui est le premier service du type TV Everywhere à avoir été lancé par un câblo-opérateur en décembre 2009, est aussi le service le plus agressif en matière d’acquisition de contenu. Entre novembre 2010 et octobre 2011, son catalogue s’est enrichi de plus de 1 000 titres et selon une analyse de SNL Kagan, XFINITY est le premier site de streaming des câblo-opérateurs en termes d’offres, avec plus de 4 880 titres de films et de séries télévisées au sein de son catalogue à la mi-octobre 2011. AT&T U-verse Online se place en deuxième position avec près de 4 290 titres disponibles, suivi par Cox TV Online avec plus de 3 950 titres et Verizon FiOS avec 3 783 titres.
Le catalogue en streaming de Netflix, composé à 90% de films, est plus de deux fois plus important que celui de XFINITY avec environ 10 331 titres disponibles. L’écart entre les deux services s’est resserré au cours de l’année 2011, puisque en novembre 2010, le catalogue de Netflix était trois fois plus riche que celui de XFINITY. Hulu se positionne en dernière position en nombre total de titres proposés (séries télévisées et films confondus) et en nombre de films offerts, mais le site de VOD sur Internet se place en troisième position quand on considère seulement le nombre de titres de séries télévisées présents dans son catalogue. 93% du contenu accessible sur Hulu est gratuit, contre 62% sur XFINITY et aucun sur Netflix.
3. Netflix et Hulu toujours en tête des services les plus économiques
Même si la différence de prix avec les offres TV Everywhere diminue, Netflix et Hulu Plus restent les solutions les plus économiques en matière de vidéo à la demande payante sur le marché américain. Par exemple, pour un abonné à Netflix, le coût peut être de moins de 50$ mois, avec les 7,99$ d’abonnement au service de streaming de Netflix et l’abonnement au réseau Internet. Le tarif est le même pour Hulu Plus puisque le service coûte 7,99$. Un abonnement mensuel à la fois à Hulu Plus et à Netflix pourrait donc coûter environ 56$ par mois, soit 15,98$ pour les deux abonnements et le reste pour l’abonnement à Internet. A titre de comparaison, accéder à une plus grosse partie du contenu disponible sur XFINITY peut revenir à 60$ par mois pendant un an, lorsqu’on bénéficie d’une offre promotionnelle de 19,99$ par mois pour un abonnement à XFINITY TV plus Internet. Accéder à tout le contenu disponible revient plus cher, puisqu’il est nécessaire d’avoir également un abonnement aux chaînes premium Showtime et HBO.
4. Les OTT : une menace pour les chaînes premium du câble
Comme le soulignait récemment Charlie Ergen, Président de DISH Network, 2ème opérateur satellite des Etats-Unis : « Quand un consommateur peut bénéficier des services de Netflix pour 7,99$ par mois, pourquoi paierait-il 14,99$ pour recevoir HBO ? ». Pour lui, la popularité des services over the top heurte de plein fouet les chaînes premium des services de télévision payante, de type HBO et Showtime, et la tendance devrait se poursuivre. Interroger sur la possibilité pour DISH de proposer une offre TV Everywhere, comme le mentionnait récemment le Wall Street Journal (Dish in Talks for Internet TV, Wall Street Journal, 08 novembre 2011), il a souligné qu’il s’agissait d’une option étudiée par tous les opérateurs de la télévision payante. Toutefois, pour le moment, DISH semble se cantonner à l’offre en lien avec Blockbuster présentée récemment (Lire Dish lance son service de vidéo à la demande : Blockbuster Movie Pass, Mediamerica, 12 octobre 2011).
5. La TV Everywhere comme source de tension entre opérateurs et chaînes de télévision
D’autre part, la croissance de la diffusion du contenu en ligne continue de générer des tensions entre les opérateurs et les chaînes du câble au niveau des droits et des frais de retransmission. La possibilité que les câblo-opérateurs diffusent le contenu sur plusieurs plateformes au sein du foyer est un point litigieux au sein des négociations (Lire Time Warner Cable retire des chaînes de son application iPad, Mediamerica, 15 avril 2011), comme l’est la diffusion de ce contenu en dehors du foyer.
Sources :
Surveying multichannel ops’TV Everywhere platforms versus Netflix, Hulu, de Michelle Ow, SNL Kagan, 20 octobre 2011
“TV Everywhere” sous la forme d’une nouvelle application pour iPhone, de Géraldine Durand, Mediamerica, 24 août 2010
Applications : comment le secteur de la télévision américaine tente de rentabiliser un marché encore naissant, de Géraldine Durand, Mediamerica, 13 septembre 2011
DISH’s Ergen: OTT hurts premium channels; sports could be cut, de Deborah Yao, SNL Kagan, 07 novembre 2011
Géraldine Durand
L’avenir de Netflix est dans les programmes de télévision
Date: 03/11/2011
[caption id="attachment_7637" align="alignright" width="230" caption="Netflix sur iPad"]
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L’investissement nécessaire pour acquérir des films étant en constante progression et l’industrie du cinéma faisant toujours preuve d’une certaine frilosité en matière de cession de droits de diffusion en streaming, le marché de la télévision apparaît de plus en plus comme une des clés du succès de Netflix.
En effet, les coûts d’acquisition de films pour une diffusion en streaming ont beaucoup augmenté depuis l’accord que Netflix avait signé avec Starz de Liberty Starz Group il y a quelques années et qui avait aidé la compagnie de location de DVD à lancer dans une offre de streaming. A l’époque, pour 30 millions de dollars par an, Netflix avait accès à plus de 1000 titres de films.
C’est la somme que Netflix doit maintenant payer pour un seul titre, comme cela est prévu, par exemple, par l’accord signé au mois de septembre avec DreamWorks Animation : Netflix paiera environ 30 millions de dollars par titre à partir de 2013 afin d’acquérir les droits exclusifs de diffusion des films dans la fenêtre traditionnellement réservée à la télévision payante.
Certes, l’accord signé récemment avec les propriétaires de The CW (CBS et Time Warner Cable) s’élève à environ 1 milliard de dollars, mais il concerne la diffusion en streaming de près de 700 heures de programmes du network (Lire Accord The CW – Netflix : une première pour les deux sociétés, Médiamérica, 01 novembre 2011). La valeur de chaque épisode varie donc entre 150 000 et 700 000$, en fonction du succès de la série et de son heure de diffusion.
Les droits de diffusion en streaming des programmes de télévision sont très inférieurs à ceux des films de cinéma. 2 épisodes de la série Mad Men coûtent à Netflix environ 2 millions de dollars pour 2h de programmes, alors que pour acquérir un film de la même durée, la société doit dépenser 30 millions de dollars.
Ted Sarandos, Chief Content Officer de Netflix, a annoncé au MIPCOM au mois d’octobre à Cannes que 60% des programmes visionnés en streaming sont des séries télévisées.
Afin de répondre à cette demande, Netflix a fortement accru son offre en séries télévisées. Entre le mois de janvier et le mois de septembre 2011, le nombre de ses programmes télévisés disponibles en streaming est passé de 477 à 1080 (ce chiffre ne comprend pas chaque épisode pris individuellement, mais le nombre de séries), alors que le nombre de films disponibles est passé de 8 950 à 9 342. Cette démarche d’acquisition est d’autant plus nécessaire pour Netflix que son catalogue en streaming sera fortement réduit quand l’accord avec Starz prendra fin au mois de février 2012. En effet, la société a annoncé, au mois de septembre, que celui-ci ne serait pas renouvelé (Lire Netflix perd Starz et près de 1000 titres disponibles en streaming, Médiamérica, 14 septembre 2011).
Toutefois, Netflix doit faire face à un concurrent puissant en matière de télévision, Hulu, qui a un accès bien plus facile aux séries télévisées, puisque le site Internet de VOD est la propriété de producteurs de contenu majeurs, que sont News Corps., Walt Disney Co. et NBC Universal Media (propriété de Comcast).
La vente d’Hulu, programmée au début de l’été (Lire Le site de VOD Hulu mis en vente, Médiamérica, 07 juillet 2011), a récemment été annulée (Lire Le marché de l’entertainment aux Etats-Unis : évolution et stratégie des principaux acteurs en matière de vidéo à la demande, Médiamérica, 12 octobre 2011), et ses propriétaires ont décidé de développer son offre. Le catalogue télévision de Hulu est plus important que celui de Netflix, mais sa croissance a été plus lente, puisqu’entre le mois de janvier et le mois de septembre, il est passé de 1 156 à 1 457 titres.
D’autre part, Hulu n’a pas besoin de dépenser de grosses sommes pour acquérir du contenu, puisque la société obtient la plupart des programmes télévisés gratuitement, grâce à ses propriétaires. Netflix a cependant la possibilité d’acquérir un contenu de meilleure qualité, et en plus grand nombre, ce qui est sans aucun doute un argument de poids pour le consommateur.
Source: Netflix’s future is in TV, de Parkin Di Grazia, SNL Kagan
Géraldine Durand
Accord The CW – Netflix : une première pour les deux sociétés
Date: 01/11/2011
[caption id="attachment_8619" align="alignright" width="230" caption="The CW"]
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Netflix multiplie les accords avec de nouveaux partenaires, les derniers en date étant ceux conclus avec DreamWorks Animation, Discovery Communications et AMC. Mais l’accord signé mi-octobre avec la chaîne de télévision The CW est une première.
The CW est une joint venture de CBS et Time Warner qui vise un public jeune et plutôt féminin. Le network n’est cependant jamais parvenu à engranger d’importants revenus grâce à ses séries, notamment en raison de ses faibles taux d’audience. Ainsi, la chaîne se positionne en lanterne rouge dans le classement des networks américains pour la saison 2010-2011, même si elle est celle qui a le public le plus jeune (Final Network Rankings For 2010-11 Season: English-Language Nets Down, Univision Up, Deadline Hollywood, 26 mai 2011).
L’accord entre Netflix et The CW est inédit à plusieurs titres. Tout d’abord, c’est le premier pas de Warner Bros. TV, branche de Time Warner, dans le système SVOD (Subscription Video On Demand), loin du traditionnel marché de la syndication.
D’autre part, Time Warner et CBS trouvent dans cet accord un nouvel outil marketing pour une chaîne qui est en difficulté depuis sa création en 2006. Les taux d’audience du network en prime time ont baissé de 30% sur les 18-49 ans depuis le début de la saison en cours et la chaîne coûte cher à ses propriétaires. La diffusion des séries Gossip Girl et Nikita sur Netflix pourrait aider leurs taux d’audience lorsque de nouvelles saisons seront diffusées sur la chaîne. D’autre part, cet accord permet à The CW de créer de nouvelles sources de revenus importantes.
Pour Netflix, l’accord couvre un contenu exceptionnellement vaste, puisqu’il concerne la diffusion en streaming des séries produites actuellement, et d’ici 2015, par CBS et Time Warner, pour The CW, soit plus de 700 heures de programmes. Netflix pourra exploiter ces épisodes 4 ans après le début de leur exploitation sur son site, mais la société ne pourra diffuser ces séries qu’avec une saison de retard. Par exemple, Netflix a commencé à proposer les saisons précédentes de The Vampire Diaries et Gossip Girl dès le 15 octobre, mais la saison actuelle de ces séries ne pourra être proposée par Netflix que lorsque la saison suivante sera diffusée sur The CW. Ce système permet de protéger la stratégie Internet du network qui diffuse les saisons actuelles de ses séries sur son site CWTV.com 3 jours après leur diffusion sur son antenne.
D’autre part, il s’agit d’un accord exclusif, c’est-à-dire que Netflix est le seul service de VOD sur abonnement qui pourra proposer ces séries selon ce modèle-là.
Netflix, Warner Bros et CBS ont négocié pendant 14 mois pour arriver à cet accord qui est évalué, par les analystes, à 1 milliard de dollars. The CW aurait également proposé le package aux deux autres grands acteurs du secteur que sont Amazon et Hulu, mais c’est un autre type d’accord que la chaîne a signé avec Hulu fin octobre. Celui-ci permettra aux abonnés au service payant Hulu Plus d’accéder aux 5 épisodes les plus récents de chaque série diffusée sur The CW. A la différence de l’accord signé avec Netflix, les utilisateurs d’Hulu Plus n’auront pas accès à des épisodes plus anciens ou de saisons précédentes. D’autre part, les utilisateurs du service gratuit d’Hulu n’auront accès à ces 5 épisodes qu’avec 8 jours de retard, toujours dans un souci de protéger le site CWTV.com. Les détails financiers n’ont pas été révélés.
La conclusion de l’accord entre Netflix et The CW a certainement été accélérée par les difficultés grandissantes de The CW et celles de Netflix, qui, face au mécontentement et à la baisse de ses abonnés (Lire Netflix perd 800 000 abonnés et devrait entrer dans le rouge, Médiamérica, 28 octobre 2011), cherche à renforcer son contenu en streaming. Les séries télévisées représentent un contenu très important pour le site de VOD puisque Ted Sarrandos, Chief Content Officer de Netflix affirmait, au MIPCOM, début octobre, que plus de 60% du visionnage sur Netflix concernait ce type de programmes.
CW reaps Netflix bonanza, d’Andrew Wallenstein, Daily Variety, 14 octobre 2011
Analysis: Why the Billion-Dollar CW-Netflix Deal Should Catch Your Attention, de Ben Grossman, Broadcasting & Cable, 17 octobre 2011
The CW Inks Five-Year Deal With Hulu, de Philiana Ng, Hollywood Reporter, 28 0ctobre 2011
Géraldine Durand
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Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis
[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"]
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Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne.
Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années.
Modèles de distribution utilisés :
Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010.
La console de jeu vidéo
La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer.
La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live.
Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console.
Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés
Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année.
Les boîtiers
Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur.
Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002).
Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes.
Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées :
La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ».
Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet.
Conclusion :
Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015.
D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé.
Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près.
Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu.
Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.
Géraldine Durand
