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Le câble se lance dans la Haute-Définition
Date: 14/04/2002
La télévision numérique semble avoir du mal à s’installer aux Etats-Unis mais pourrait enfin décoller grâce au câble. Que ce soit du côté des diffuseurs, producteurs de programmes et consommateurs, chacun avance avec circonspection. Toutefois, de nombreux acteurs de l’industrie du câble proposent depuis peu une sélection de programmes en numérique : convaincus de la valeur ajoutée de la télévision numérique, ceux-ci espèrent augmenter le nombre de leurs abonnés en proposant ce nouveau service. Encore faudrait-il baisser les prix des récepteurs pour que les consommateurs soient enfin enclins à investir dans cette nouvelle technologie. "Cable starts to roll on high-def", de Paige Albiniak, Broadcasting&Cable, 25 mars 2002Double échec pour ABC
Date: 14/04/2002
Depuis les "sweeps" (sondages d’audience) du mois de mai 2001, ABC n’a cessé de perdre du terrain face à ses adversaires. Le "network" ne s’avoue pas vaincu pour autant et cherche à renouveler ses programmes en allant piocher des recrues chez les concurrents : en manœuvrant maladroitement pour récupérer l’animateur David Letterman dont le contrat avec CBS expirait, ABC a non seulement essuyé un refus de la part de la star des "talkshows" mais a aussi réussi à s’attirer l’ire de son journaliste et producteur Ted Koppel mis sur la sellette après l’annonce d’un accord éventuel avec Letterman. The New York Times relate les déboires de négociation du network. "How a full-court press by ABC almost landed David Letterman", de Bill Carter, The New York Times, 18 mars 2002Guerre des chaînes sur la tranche des 6-11 ans
Date: 14/04/2002
Viacom et AOL Time Warner ont annoncé les changements respectifs de leur grille de programmes pour enfants pour la rentrée 2002. Chacun des deux groupes joue de la synergie entre un "broadcast network " (CBS pour Viacom, WB pour AOL-TW) et une chaîne câblée (Nickelodeon pour Viacom, Cartoon Network pour AOL-TW) pour cibler la catégorie d’âge des 6-11 ans considérée comme stratégique par les annonceurs publicitaires. "Viacom, AOL set for Saturday clash", de John Consoli, Mediaweek, 18 mars 2002Une dérégulation heureuse pour les câblo-opérateurs
Date: 14/04/2002
Les administrations locales américaines ne peuvent désormais plus contraindre les câblo-opérateurs d’héberger des fournisseurs d’accès à Internet concurrents : cette décision prise par la FCC (Federal Communications Commission) a créé récemment la controverse. Selon les détracteurs de cette décision, en abolissant toute régulation locale, la FCC donne tous les pouvoirs aux câblo-opérateurs qui sont en passe de devenir les "dieux de l’accès à Internet " aux Etats-Unis. "Information, please", de Bill McConnell, Broadcasting&Cable, 18 mars 2002Succès français – Victoire HBO
Date: 14/04/2002
[caption id="attachment_509" align="alignright" width="230" caption="Murder on a Sunday Morning"]
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Le documentaire "Murder on a Sunday morning", n’était pas favori dans la course à l’Oscar. Mais la coproduction Maha-France 2-Pathé Archives, a bénéficié de deux atouts de poids. D’abord son sujet : le film raconte le combat d'un "public defender" (l'équivalent de nos avocats commis d'office) afin de faire éclater l'innocence d'un jeune noir de 15 ans arrêté à Jacksonville (Floride) pour le meurtre d'une femme blanche. L’autre atout, c’est HBO : la chaîne payante a tout de suite cru au film, allant jusqu’à financer des tournages additionnels et une musique originale ; et elle avait décidé sa sortie en salles dès l'automne dernier en vue de permettre son inscription pour les Oscars. HBO a soutenu "Murder on a Sunday morning" tout au long d'une véritable campagne auprès des milieux professionnels américains ; le documentaire a également bénéficié d'un appui des services français, aussi bien à New York qu'à Los Angeles où des projections spéciales et des événements lui ont été consacrés. Mais il ne faut pas oublier que le document, réalisé par Jean-Xavier de Lestrade, est surtout un film exceptionnel qui se regarde comme un vrai suspense. France 2 compte d’ailleurs le diffuser en début de soirée
Jean-Luc SIBIUDE
10ème édition du «Pan African Film Festival» à Los Angeles
Date: 13/03/2002
Le "Pan-african film festival", dont la dixième édition s'est tenue à Los Angeles du 6 au 18 février 2002, a offert une nouvelle occasion de promouvoir le cinéma français et la francophonie auprès de l'importante communauté afro-américaine de Los Angeles. Plus de 30.000 spectateurs ont assisté aux projections de films nombreux et variés, à l'image de la diversité culturelle des communautés africaines. A l'affiche : 142 films, dont 50 longs-métrages, 33 documentaires, 57 courts-métrages originaires de plus de 39 pays ont ainsi été proposés à un public enthousiaste. Parmi ces projections, 25 films francophones, dont beaucoup ont été aidés par le FONDS SUD CINEMA. Cet événement, soutenu pour la première fois par le Service audiovisuel français, a également permis à TV5 USA de développer sa visibilité auprès d'une cible francophone très intéressée. Un document de promotion, mettant en valeur la programmation francophone du festival ainsi que la programmation cinématographique de TV5 pour les semaines à venir, avait été édité à 5000 exemplaires. Cette plaquette a été distribuée par l'équipe du pan-african film festival à la sortie des projections de films francophones. Un film publicitaire diffusé avant chaque film francophone complétait le dispositif de promotion mis en place par TV5.Sébastien CONNAN
Les petites chaînes câblées qui montent qui montent
Date: 13/03/2002
Le boom économique de la fin des années 90 a catalysé la création de nouvelles chaînes câblées. Dans une conjoncture économique nettement moins favorable, certaines de ces nouvelles chaînes se fraient un chemin vers la réussite dans un univers qui ne donne plus droit à l'erreur. Parmi celles sur lesquelles il faut compter, Mediaweek en recense une douzaine en passant de MuchMusic USA à National Geographic Channel, de WE à BBC America. "Broadband Babies", de Megan Larson, Mediaweek, 4 février 2002Isaacson et le renouveau chez CNN
Date: 13/03/2002
Alors que CNN ne cesse de perdre du terrain face à Fox News Channel, Walter Isaacson, président de CNN, tient un tout autre discours que celui de la guerre des sondages d'audience : "mieux vaut se concentrer sur le renouveau de la chaîne". Bien que les multiples choix éditoriaux adoptés l'an dernier ne soient pas encore payants, le président est loin de capituler et compte patiemment sur le retour sur investissement. Broadcasting&Cable interroge Walter Isaacson sur l'avenir de CNN et a fortiori sur celui des autres chaînes d'information. "The new shape of CNN's world", de Allison Romano and John Higgin, Broadcasting&Cable, 18 février 2002Vers une plus grande consolidation ?
Date: 13/03/2002
C'est une grande victoire pour les gros "networks" et câblo-opérateurs américains : une cour d'appel fédérale a demandé au gouvernement américain de reconsidérer les limites du nombre de stations de télévision qu'un "network" peut posséder et par ailleurs de mettre fin à la réglementation qui interdisait aux câblo-opérateurs d'en acquérir. Dans une ère de forte consolidation, ces réglementations apparaissaient obsolètes pour de nombreux professionnels et marquent à coup sûr, selon The New York Times une vague de nouvelles fusions. "Court ruling may change landscape for media", de SETH SCHIESEL et BILL CARTER, The New York Times, 20 février 2001 "Appellate court cases limitations for media giants", de STEPHEN LABATON, The New York Times, 20 février 2001Victor Hugo célébré en Louisiane avec TV5
Date: 13/03/2002
Dans les universités et centres culturels de la Nouvelle-Orléans, Bâton Rouge, Lafayette, Shreveport, Lac Charles et Hammond, le Consulat de France assure la projection gratuite d'une série de programmes dédiés à Victor Hugo : une émission spéciale tournée par TV5 dans le Musée Victor Hugo et dans la maison de l'écrivain (26 minutes), un court-métrage inspiré du "Dernier jour d'un condamné" (30 minutes) ; et enfin "Les Misérables", le film de Robert Hossein en 4 parties, où Lino Ventura incarnait Jean Valjean, diffusé en février-mars sur les antennes de TV5 Etats Unis.Adam STEG
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Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis
[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"]
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Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne.
Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années.
Modèles de distribution utilisés :
Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010.
La console de jeu vidéo
La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer.
La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live.
Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console.
Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés
Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année.
Les boîtiers
Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur.
Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002).
Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes.
Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées :
La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ».
Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet.
Conclusion :
Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015.
D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé.
Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près.
Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu.
Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.
Géraldine Durand
