Cinéma

Arts numériques et interactifs à Vancouver

Date: 25/08/2011

[caption id="attachment_8432" align="alignright" width="230" caption=""Centre for Digital Media" à Vancouver"][/caption] Contexte local, partenaires et interlocuteurs : 1. Industries 2. Centres d'art et Commissaires 3. Formation et Recherches 1. Industries Le panorama spécifique à Vancouver se concentre sur le jeu vidéo, l’animation et les effets spéciaux, où la ville fait figure de deuxième pôle canadien derrière Montréal. Principaux studios et entreprises : - pour le jeu vidéo : Electronic Arts (1000 salariés, un des plus importants studios au monde), Radical Entertainment (racheté par Vivendi games en 2005), Relic Entertainment, Microsoft games studio Vancouver, Ubisoft Vancouver, Capcom Vancouver… - pour l’animation et les effets spéciaux : Pixar Canada (basé à Vancouver), CIS, Rainmaker entertainment, Image Engine, Digital domain Vancouver… Des services financiers à l’innovation (venture capital) se développent parallèlement à ces secteurs. Les start up créées autour du jeu vidéo dans les années 80 par de jeunes Canadiens de Vancouver (Don Mattrick, Jeff Sember) sont à l’origine d’un cycle vertueux entre innovation locale et investissements de capital étranger (rachat des studios locaux par des compagnies des Etats-Unis), qui a permis de lancer la croissance du secteur. L’expansion de l’animation numérique et des effets spéciaux est le résultat du rapprochement ultérieur avec l’industrie du cinéma et de la télévision, également délocalisée à Vancouver (3ème pôle de production cinématographique en Amérique du Nord) depuis la Californie. Ces effets de croisement et de renforcement mutuel tendent à augmenter. L’industrie numérique et les activités connexes concernent pour la ville de Vancouver environ 9000 salariés (dont 3000 pour le jeu vidéo), pour une contribution à l’économie de la province estimée à 2 milliard de dollars canadiens (source : Vancouver Economic Development). Les facteurs favorables à ce développement sont principalement l’excellente qualité de la main d’œuvre (talents locaux et immigrés), la bonne articulation avec la formation et la recherche via les universités locales, l’attractivité internationale de la ville et ses relations privilégiées avec la Californie et l’Asie, l’intégration croissante avec les industries voisines du cinéma, de la télévision et de la téléphonie intelligente, enfin la configuration dynamique du secteur, où quelques grands studios (Electronic Arts, Rainmaker…) servent de matrice et maintiennent une masse critique, sans empêcher le développement indépendant et l’émergence de petites structures flexibles propices à l’innovation. Cependant, selon une logique de faible régulation historiquement typique de l’Ouest du pays, le secteur est peu organisé (l’association DigiBC qui le représente vient d’être relancée avec un nouveau Président), ne fait pas l’objet d’une politique industrielle volontariste au niveau provincial, et bénéficie d’incitations fiscales bien plus faibles que dans les provinces de l’Est (les crédits d’impôt portant sur les coûts de main d’œuvre pour le jeu vidéo et l’animation, institués tardivement en 2010, sont plafonnés à 17.5% en Colombie-Britannique contre 37.5% à Québec, alors que le coût de cette même main d’œuvre est approximativement 20% plus élevé dans l’Ouest canadien). Par ailleurs, le secteur reste largement tributaire d’investissements étrangers, notamment californiens, en particulier pour les studios les plus importants. Les deux années de stagnation consécutives à la crise financière (2009-2010) ont coïncidé avec des licenciements et des fermetures (ainsi de Propaganda games, filiale de Disney Interactive). Le secteur semble cependant se relever (implantation récente de Pixar et de Capcom, consolidation du studio Microsoft) et ces turbulence ont souvent été accompagnées d’un processus de destruction créatrice typique : les développeurs quittant les gros studios créent leur propre entreprise, souvent pour se lancer dans l’innovation. L’activité se reporte aussi en partie sur les formats les plus innovants (jeux sociaux et collaboratifs, indépendants, occasionnels (casual games) et à faible coûts de production, plutôt que blockbusters requérant des investissements très importants, pourtant typiques de studios comme EA). 2. Centres d’art et commissaires Si les pratiques artistiques liées au numérique restent encore modestes à Vancouver, où l’on ne trouve pas de manifestation comparable par son rayonnement international au festival Elektra de Montréal, elles associent depuis plusieurs années un nombre croissant de créateurs et de commissaires. Le dynamisme incontesté des arts visuels repose historiquement à Vancouver sur les média traditionnels (photographie, vidéo, installation…), dont les praticiens sont parfois réticents à l’introduction de nouvelles formes. La rigueur critique et analytique typique de la scène locale a également freiné l’introduction de pratiques parfois soupçonnées de n’être pas assez au fait des enjeux théoriques ou trop en recherche d’effets spectaculaires. De plus en plus d’initiatives rendent cependant manifeste une montée en puissance des arts numériques. En 2010, les Olympiades culturelles accompagnant les Jeux olympiques ont permis l’organisation du festival CODE (Cultural Olympiad Digital Edition, commissaire Malcolm Levy), centré sur les pratiques numériques. Une nouvelle génération de commissaires et d’artistes s’intéresse davantage aux nouveaux média et un certain nombre d’acteurs institutionnels et de festivals ont consolidé leur position ces dernières années. Parmi eux : - le festival New Forms (en septembre), qui propose installations et musique électronique. Directeur : Malcolm Levy. - le Media Arts centre W2,récemment implanté au cœur du nouveau complexe culturel de Woodwards, et qui propose une approche militante de la culture numérique, notamment tournée vers les populations défavorisées du Downtown Eastside. Directeur : Irwin Oostindie. - le TechLab de la Surrey Art Gallery, qui depuis plusieurs années invite des artistes numériques majeurs (Ryoji Ikeda en 2009 et 2011). Commissaire : Jordan Strom. - la biennale Interactive Futures (en novembre), organisée par l’université Emily Carr, qui propose un double format d’exposition et de conférence sur certains enjeux du numérique. Directrice : Maria Lantin. 3. Formation et recherche Les établissements de formation et de recherche sont également des interlocuteurs privilégiés du poste, entretenant des relations directes d’une part avec l’industrie, d’autre part avec le monde artistique, de par l’origine professionnelle de leurs enseignants et les débouchés qu’ils offrent à leurs étudiants. Ces institutions sont pour cette raison des partenaires clefs, à la cheville entre différents secteurs. - Emily Carr university of Art and Design : excellente école publique d’art et de design qui intègre largement les nouveaux media, cette université vient de créer un Bachelor of Arts - Interactive and social media arts. Elle dispose d’un équipement de pointe en captation de mouvements via son Digital Intersections studio. - Centre for Digital Media – Masters of Digital Media program : plate-forme en pleine expansion, résultant de la collaboration entre quatre établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche (Emily Carr, SFU, UBC, BCIT), le CDM propose des formations post-graduées autour d’une approche pédagogique innovante, recherchées par les professionnels. Il est en prise directe avec l’industrie et participe du Great Northern Way Campus qui vise à créer un pôle de recherche et d’innovation fortement articulé avec le secteur privé. CDM héberge par ailleurs la tête du réseau d’excellence canadien GRAND (recherche et transferts de technologie autour du numérique). - la School for Interactive Arts+Technology de l’université publique Simon Fraser offre également d’excellentes formations pré et post-graduées. Elle est davantage orientée vers la recherche que les précédents établissements. L’artiste et designer Thecla Schiphorst (développeur de l’application Life Forms pour Mercé Cunningham, permettant de modéliser des chorégraphies contemporaines) y enseigne notamment. - Vancouver Film School : formation pré-graduée de qualité, plus spécialisée et professionnalisante que les précédentes. Ecole privée, la VFS est très bien classée internationalement parmi les établissements de sa catégorie.

Raynald Belay

ContinuerContinuer


Participation française au SIGGRAPH 2011 de Vancouver (7 au 11 août)

Date: 24/08/2011

[caption id="attachment_8426" align="alignright" width="230" caption="SIGGRAPH 2011 - Vancouver"][/caption] Pour la première fois depuis sa création en 1973, le SIGGRAPH (Special Interest Group on GRAPHics and Interactive Techniques), salon mondial de référence pour l’animation, les effets spéciaux, le jeu vidéo et les techniques interactives, était organisé hors des Etats-Unis, à Vancouver. Le salon a rassemblé 16 000 participants issus de 74 pays et plus de 150 exposants au centre de conférences de la ville. Il s’agissait du plus important événement organisé dans cette nouvelle infrastructure, et de la plus grosse conférence jamais hébergée par la ville. Après une édition 2010 en demi-teinte à Los Angeles, les organisateurs ont exprimé leur très vive satisfaction. Signalons deux tendances du SIGGRAPH 2011, parmi beaucoup d’autres éléments : - la question des droits d'auteur sur les créations numériques a été mise au cœur des débats, avec une conférence plénière inaugurale du blogueur et journaliste Cory Doctorow (Boing-Boing, Creative Commons, Electronic Frontier Foundation...) insistant sur la protection et la rémunération des créateurs plutôt que des intermédiaires, et sur des dispositifs incitatifs plus que répressifs. Parfois plus proche du plaidoyer enthousiaste que de l'argumentaire raisonné, son intervention signale cependant l'émergence d'une préoccupation grandissante des créateurs en Amérique du Nord concernant la protection des droits associés aux contenus culturels numériques. - pour la première fois, un Business Think Tank a été organisé le premier jour de la conférence, avec en perspective la volonté de mieux anticiper voire d'influencer les changements de l'industrie. Rappelons que trois grands types de publics participent au SIGGRAPH : les chercheurs, qui y présentent des communications dans tous les domaines où les technologies de l'informatique graphique peuvent être appliquées ; les entreprises, notamment les studios d’animation et de jeu vidéo et les filières de production associées, qui viennent y exposer leurs innovations et y rencontrer leurs partenaires ; enfin les artistes et créateurs qui dans un domaine très large (animation, design numérique, installation artistique, etc.) y présentent leurs travaux. Parmi eux de nombreux Français provenant de tous les domaines concernés par le développement de ces technologies. 1- Bilan succinct de la participation française : La présence française (estimée à 400 participants, avec une grande dispersion), une des plus importantes à Vancouver en 2011, tous secteurs confondus, était notamment visible sur le salon grâce au stand du pôle de compétitivité Cap Digital (labellisé Ubifrance), accompagné d’une délégation de sept de ses adhérents. Le pôle de compétitivité Imaginove était également présent, ainsi que de très nombreux groupes industriels venus de façon indépendante (Saint-Gobain, Renault, LVMH, Dassault, etc.).

Rencontre avec Stéphane Singier, Cap Digital from Consulat de France à Vancouver on Vimeo.

Vidéo réalisée par le service presse du Consulat de France à Vancouver

Les chercheurs français étaient en nombre (entre 60 et 80 participants), les plus gros contingents provenant de l’INRIA (qui présentait deux innovations dans la galerie Emerging technologies) et de ParisTech. Outre les entreprises et les établissements de recherche, de nombreuses écoles d’animation et de jeu vidéo assistaient également au SIGGRAPH (Gobelins, Supinfocom, ENSAD, CNAM/ENJMIN, ESMA, etc.), ainsi que des plates-formes dédiées à l’innovation numérique (Laval Virtual) et le chapitre parisien du SIGGRAPH. Sept films d’animation français (dont plusieurs des Gobelins et de Supinfocom) étaient en sélection au Computer Animation Festival du SIGGRAPH. Contrairement aux autres secteurs où la présence française était visible, aucun artiste français ne participait à la art gallery. L'édition 2011 l'a confirmé, l'enjeu principal du SIGGRAPH n'est pas celui d'un lieu de diffusion artistique - la art gallery est davantage un ornement qu’elle ne constitue le cœur de cet événement, de plus en plus tourné vers les technologies et leurs applications. La grande diversité de la participation française illustrait la variété croissante des enjeux et des applications de l’infographie, qui étend l’attractivité du SIGGRAPH bien au-delà de l’animation et des effets spéciaux. 2- Actions spécifiquement mises en œuvre par le poste : Le consulat de France à Vancouver a préparé et accompagné la présence française très en amont : - en décembre 2010, il a organisé une mission de prospection en France pour deux responsables du SIGGRAPH (le directeur de la communication et des partenariats Sylvain Provencher, et la commissaire de la art gallery, Mona Kasra). Ceux-ci ont pu rencontrer les pôles de compétitivité (Cap Digital, Imaginove), les centres de création et de diffusion d’art numérique (Gaîté lyrique, Bains numériques, Cube), le CNC, le chapitre parisien du SIGGRAPH ainsi que des artistes et commissaires indépendants. Cette visite avait notamment permis l’identification de deux Français invités par le SIGGRAPH à être membre du jury de l’édition 2011. Il s’agit d’Annick Bureaud (commissaire indépendante, éditrice de Leonardo/Isast) et d’Annie Dissaux (Association française du cinéma d’animation - AFCA). - suite à cette visite, le consulat a maintenu un dialogue constant avec ces différents partenaires français, et notamment Cap Digital, afin de préparer la présence française sur le salon. Ceci a permis : -- l'organisation d'une soirée de réseautage à Vancouver le 9 août dernier, en collaboration avec Cap Digital, Imaginove et l'école des Gobelins. Cette soirée a réuni plus de 150 hauts responsables de studios d’animation et de jeux vidéo et directeurs d’établissements de formation à la Bill Reid gallery, et notamment, côté canadien, des représentants de Pixar, Electronic Arts, Rainmaker Entertainment, Digital domain Vancouver, Microsoft games studio, Emily Carr university, Centre for Digital Media, ainsi que plusieurs membres du comité international du SIGGRAPH. -- sur le salon, deux sessions de projection de films d'animation français ont été proposées lors d’un French Animation Showcase, en collaboration avec l'Association française du cinéma d'animation, les Rencontres audiovisuelles de Lille et le Centre for Digital Media de Vancouver. Ces deux sessions étaient inscrites au programme officiel du SIGGRAPH. Elles ont connu un très grand succès, rassemblant près de 300 professionnels de l’animation qui venaient découvrir une sélection de films récents, dont de nombreux travaux primés. Des représentants des écoles françaises étaient sur place pour présenter leurs films et interagir avec le public.

Participation française au SIGGRAPH 2011 from Consulat de France à Vancouver on Vimeo.

Vidéo réalisée par le service de presse du Consulat de France à Vancouver

Le prochain salon se tiendra, comme pour la plupart des éditions antérieures, à Los Angeles, du 5 au 9 août 2012. Pour plus d'informations sur les secteurs du jeu vidéo et de l'animation à Vancouver, notamment avec les universités et établissements de formation, vous pouvez contacter Raynald Belay à cette adresse : raynald.belay @ consulfrance-vancouver.org.

Raynald Belay

ContinuerContinuer


16e édition du Boston French Film Festival

Date: 23/08/2011

[caption id="attachment_8419" align="alignright" width="230" caption=""Mammuth" de Benoit Delepine et Gustave Kervern était présenté au Boston French Film Festival"][/caption] La seizième édition du Boston French Film Festival, qui s’est déroulée au musée des Beaux-Arts de Boston (MFA Boston) du 7 au 24 juillet 2011, a accueilli cette année plus de 7 500 personnes pour 40 projections, en hausse de près de 15 % par rapport à l’année précédente. Organisé par le département du film du musée avec le soutien logistique et financier du service culturel de Boston, ce festival se déroule sur 18 jours, avec des projections concentrées sur les fins de semaines (du jeudi au dimanche). Sa programmation de 22 longs métrages et de trois courts ou moyen métrages a été conçue pour donner une image aussi exhaustive et variée que possible du cinéma français de qualité, mêlant jeunes réalisateurs ou réalisatrices (Donzelli, Zlotowski, Bertucelli, Cavayé, Amalric) et talents plus confirmés (Godard, Truffaut, Breillat, Depardieu, Huppert), comédies légères (La reine des pommes, Le nom des gens, Mammuth, Les émotifs anonymes, Tous les soleils) ou dramatiques (Le bruit des glaçons, Tournée, Copacabana, Le hérisson), thrillers (A bout portant, Crime d’amour) et drames (Le petit tailleur, Belle épine, Je suis heureux que ma mère soit vivante). Cette année, l’édition du festival a pu acquérir une dimension supplémentaire grâce à la mobilisation de nombreux nouveaux sponsors, sensibilisés par le Consul général. La réception d’ouverture a pris plus d’envergure, la promotion du festival a pu être renforcée, (notamment par le biais du Boston Globe et du Boston Phoenix) et, avec l’aide d’Unifrance, il a été possible d’accueillir trois invités de marque, Philippe Le Guay venu en ouverture du Festival présenter son film Les Femmes du Sixième Etage, l’actrice Josiane Balasko pour son rôle dans Le Hérisson et le réalisateur Jean-Pierre Améris en clôture du Festival pour la présentation des Emotifs Anonymes. L’excellent accueil des films qu’ils étaient venus défendre par le public du festival peut constituer un bon présage de succès dans les salles commerciales. Au-delà de ces trois films, dont les séances ont affiché complet, on peut noter le succès particulier de Le Nom des gens, de Crime d’amour, ou encore de Tous les soleils. La manifestation a pu en outre jouer un rôle de « locomotive » pour le tout nouveau festival du film français de Chicago (22-24 juillet), porté par le distributeur Music Box avec le soutien du SCAC de Chicago et qui, grâce à une concertation en amont avec le poste de Boston, a pu bénéficier de la présence sur le sol américain de Josiane Balasko et de Jean-Pierre Améris. L’événement a enfin été très bien couvert par la presse (2 pages entières dans le Boston Globe, 1 page dans le Boston Herald et le Boston Phoenix), et à donné lieu à de nombreux commentaires élogieux : « An impressive collection...a dazzling array of comedy, drama, and animation » (Boston Globe), « A cultural beacon shining in the summer blockbuster wilderness » (Boston Herald), « Always a must-see cinema event » (Boston Phoenix). Les articles soulignaient notamment le talent d’une nouvelle génération de réalisateurs, et surtout de réalisatrices (8 représentées cette année).

Anne Miller

ContinuerContinuer


LaCroix French Film Festival 2011 à Fort Lauderdale en Floride

Date: 19/08/2011

[caption id="attachment_8408" align="alignright" width="209" caption=""Les Emotifs Anonymes" de Jean-Pierre Améris"][/caption] La dixième édition du festival du film français présenté par le festival du film international de Fort Lauderdale (FLIFF) revient avec un nouveau titre : le « LaCroix French Film Festival ». Cette année, le Perrier French Film Festival a été rebaptisé le « LaCroix Film Festival », en reconnaissance de son nouveau sponsor LaCroix, marque d'eau de source américaine. Cet évènement, présenté par le Fort Lauderdale International Film Festival (FLIFF) avec le soutien du service culturel du Consulat Général de France à Miami, s’est déroulé au Cinéma Paradiso du 28 juillet au 1er août 2011. La soirée d’ouverture, mettant à l’honneur quelques classiques de l’art culinaire français,  était  suivie par la projection des « Emotifs Anonymes » de Jean-Pierre Améris. En tout, ce sont 14 films français qui ont été présentés et qui ont attiré près de 2000 spectateurs répartis sur 15 projections (une hausse comparée à 2010 où 1377 personnes avaient assistées à 16 projections).  « Je ne suis pas là pour être aimé » (2005), « Qui m’aime me suive » (2006), « Les mains en l’air » (2009) étaient également présentés avec le soutien du service audiovisuel de l’ambassade et du service culturel du poste. La programmation éclectique et le caractère convivial de la manifestation ont contribué à son succès public, dans une région qui compte de nombreux francophones, dont les deux importantes communautés québécoise et haïtienne.  Fidèle à la tradition amorcée il y a maintenant dix ans, le festival associe cinéma français et cuisine française lors de la plupart des séances ce qui génère une ambiance très familiale. Après dix ans d'existence, et un nouveau sponsor, le bilan de cette année est très positif et confirme la pérennité de ce rendez-vous estival unique qui trouve sa place dans le paysage du cinéma français en Floride du Sud.

Kimberley Gaultier

ContinuerContinuer


Festival du film français de la Nouvelle Orléans (8 au 14 juillet 2011)

Date: 01/08/2011

[caption id="attachment_8309" align="alignright" width="230" caption="New Orleans Film Society"][/caption] Avec 3000 entrées et plusieurs sessions tenues à guichets fermés, la 14ème session du festival annuel de films français de la Nouvelle Orléans semble enfin avoir trouvé son public estival. En partenariat avec les services culturels,  les organisateurs souhaitent intégrer des participations de réalisateurs et de producteurs français au festival 2012. La New Orleans Film Society organise un festival du film français depuis 14 ans.  D’ordinaire cantonné à un week-end, le festival s’étendait cette année sur une semaine avec 8 films à l’affiche et 13 sessions offertes. Aux côtés de films récemment diffusés aux Etats-Unis (Le nom des gens, Crime d’amour, Gainsbourg, une vie héroïque, Rapt, Nannerl, la sœur de Mozart, l’amour fou, film socialisme) le festival présente traditionnellement un classique.  La règle de jeu de Jean Renoir n’a pas failli  à sa réputation et a encore fait salle comble pour le plus grand ravissement du public cinéphile de la Nouvelle Orléans. Le festival faisait aussi un clin d’œil au film de Woody Allen, Midnight in Paris, en représentant le film de Vincente Minneli, An American in Paris. Avec plus de 3.000 entrées réalisées les organisateurs sont particulièrement satisfaits du succès rencontré cette année et estiment avoir enfin gagné  la reconnaissance du public  de la ville pour le cinéma français en français. Ce succès est du à une diffusion médiatique qui a bien fonctionné : les organisateurs se sont donné les moyens d’imprimer et distribuer un programme ; les différents partenaires (Prytania Theatre, Consulat de France, Alliance Française et nolafrançaise.com) ont poussé l’information et la programmation  vers leurs publics captifs respectifs, la presse écrite locale, quotidienne (Times Picayune) et hebdomadaire (Gambit), a relayé l’info; Enfin, une des plus grandes stations de radio locale (WWOZ) a invité le directeur artistique et l’attaché culturel à commenter la programmation du festival sur ses ondes. La bonne volonté des distributeurs américains et des détenteurs de droits de placer leurs films dans des festivals a également joué un rôle très important. La NOFS espère ainsi que le festival du film français de la Nouvelle Orléans sera dorénavant perçu comme une opportunité d’expansion de public et non comme de la concurrence déloyale. En 2012, la NOFS souhaiterait, toujours en partenariat avec ce consulat, pouvoir inviter des réalisateurs, des producteurs, des représentants de l’industrie cinématographique française afin d’organiser un cycle de conférences autour des thèmes de la production, de la distribution et de la diffusion du cinéma français.

Philippe Aldon

ContinuerContinuer


Le pouvoir de la levée de fonds participative s’intensifie sur les projets d’IndieGoGo

Date: 11/07/2011

[caption id="attachment_8373" align="alignright" width="230" caption="IndieGoGo"][/caption] Le site Internet spécialisé dans la levée de fonds participative (crowdfunding), IndieGoGo, a réalisé une belle année à SXSW (South by Southwest Music Conference and Festival) : trois films financé grâce au site ont été sélectionnés par le festival, dont le populaire “My Sucky Teen Romance”, financé entièrement grâce à IndieGoGo. A croire qu’offrir le titre de “producteur délégué” dans les crédits d’un film attire les dons ! Le Festival du Film de Los Angeles cherche à mieux faire connaître le site et la levée de fonds participative en général. Quatre films présentés au Festival du Film de Los Angeles ont été financés par IndieGoGo : “An Ordinary Family” de Mike Akel, le documentaire “Wish me Away” sur la chanteuse lesbienne de country Chely Wright, le documentaire “Salaam Dunk” sur le basketball féminin au nord de l'Irak, et le documentaire hors-compétition de Lee Hirsch “The Bully Project” dont Weinstein Co. a déjà acquis les droits de distribution. Comme Kickstarter et d'autres sites de levée de fonds participative, IndieGoGo prend un pourcentage sur ce que récoltent les cinéastes – 4% s'ils atteignent leur objectif, 9% en cas contraire. Mais à la différence de ces autres sites, IndieGoGo ne finance pas uniquement des films : “Une personne a récolté de l'argent pour traiter ses canaux dentaires”, explique Slava Rubin, co-fondateur d'IndieGogo. La levée de fonds participative devient un véritable phénomène de société. “Les gens donnent de l'argent pour quatre raisons essentielles”, explique Slava Rubin. “Ils s'intéressent au projet ou à la personne impliquée ; ils veulent obtenir ce qui est offert en échange des fonds apportés ; ils veulent s’investir dans un projet qui les dépasse, ou ils sont à la recherche d’un bénéfice financier – ce qu’ils n’obtiendront pas sur IndieGoGo ou sur n'importe quel site légal de levée de fonds participative”. Sur Kickstarter, la documentariste Jennifer Fox affichait un objectif initial de $50 000 pour son documentaire “My Reincarnation”. Elle a finalement levé plus de $150 000, un record pour Kickstarter pour un film terminé. “Je ne peux pas vraiment l'expliquer“, commente-t-elle. “Une fois les $50 000 atteints, nous avons recadré la campagne. Nous avions atteint notre objectif, mais nous avions vraiment besoin de plus. Le film était terminé, mais il n'était pas payé”. La plupart des projets présentés sur IndieGoGo récoltent des sommes encore modestes, mais les résultats sont tout de même impressionnants : “Salaam Dunk” s'était fixé l'objectif de $10 000 et a levé plus de $14 000. “An Ordinary Family” a récolté approximativement $19 500 de plus de 250 investisseurs. “Nous sommes ouverts à toute sorte d'idées et nous sommes présents dans 180 pays“, souligne Slava Rubin. Power of crowdfunding grows on IndieGoGo projects,de John Anderson, Daily Variety, 14 juin 2011.

Alexandra Kurkdjian

ContinuerContinuer


25ème anniversaire de Pixar : la recette du succès

Date: 11/07/2011

[caption id="attachment_8369" align="alignright" width="230" caption="Pixar Animation Studios"][/caption] Lorsque vous rentrez dans le quartier général des studios d'animation Pixar, la société co-créée par John Lasseter, vous quittez la réalité. Les images et les personnages des films de Pixar sont omniprésents. C'est l'épicentre de l'univers de Pixar, le cœur de l'entreprise, qui a réalisé 11 succès mondiaux coup sur coup et a défini une nouvelle ère pour l'animation américaine. La société, qui célèbre cette année son 25ème anniversaire, a gagné, au total, plus de 6.5 milliards de dollars au box-office. Cependant, l’atmosphère, d’apparence laxiste, relève de l'illusion. La créativité a libre-cours, mais c'est la discipline qui est le mot d'ordre. Dans les locaux, certaines parties sont fermées, avec des panneaux interdisant l'accès aux visiteurs. Ce sont dans ces endroits que les futurs projets ultra-secrets de Pixar sont développés. La maison mère, Disney, a récemment annoncé qu'un film Pixar sortirait le 27 novembre 2013, sans donner davantage de détails. Pas une seule autre information n'a été divulguée. A la tête de l'entreprise se trouve John Lasseter, âgé de 54 ans, un “geek” auto-proclamé, qui ne s'habille qu'avec des chemises hawaïennes et des jeans, il a vendu Pixar à Disney pour 7.4 milliards de dollars, il y a cinq ans. Désormais c’est une personne influente chez Disney, il y dirige le département animation, en même temps qu'il officie en tant que directeur de la création chez Pixar,. Il a assuré la production déléguée des 591 millions de dollars de Raiponce et a été amené à conseiller sur les thèmes de nouvelles attractions des parcs Disney. En parallèle, il a joué un rôle important dans des films qui ont gagné 29 Academy Awards. Pour le président des Studios Disney, Rich Ross, l'importance de Lasseter est évidente. “Clairement, Bob Iger, le président et CEO de Disney, a acheté cette entreprise avec l'idée qu'il achetait la meilleure”, explique-t-il. John Lasseter a apposé sa marque sur les films, qui mélangent technologie futuriste et vision des Etats-Unis des années 1950. Avec Cars 2, sorti le 24 Juin, le premier film qu'il a réalisé depuis le précédent Cars en 2006, il a créé une des ses plus ambitieuses aventures. Le film arrive à un moment crucial pour l’animation. Pixar a connu plusieurs déceptions récemment, avec Milo sur Mars et Le Royaume de Ga'Hoole - la légende des gardiens, sans parler de la 3D, que certains considéraient comme une aubaine. D’autre part, presque tous les studios, de DreamWorks Animation à 20th Century Fox, se battent désormais pour obtenir une part de ce qui, encore récemment, était l’apanage de Disney : les films pour enfants. Malgré tout, l’expérience de Pixar est unique, notamment en raison du nombre de succès accumulés au box-office, particulièrement sur le marché mondial, où les revenus de Toy Story 3 ont été de 648.2 millions de dollars, alors qu'ils étaient de 415 millions de dollars pour les Etats-Unis. La franchise Cars a, elle aussi, généré 10 milliards de dollars dans le monde entier, selon le directeur général du studio, Jim Morris. Pour John Lasseter, tout commence avec une histoire. “L'histoire est reine” est la devise des “Pixariens”. A l'inverse des films d'action, dont idéalement le scénario est finalisé avant que la pré-production commence, l'histoire, les questions techniques et les images sont développés en même temps chez Pixar. Ainsi, lorsque John Lasseter peaufine le scénario, le scénographe Harley Jessup créé les décors tandis que les artistes préparent les story-boards avec les dialogues préliminaires. Ces premiers éléments seront disséqués par “l'état-major” de Pixar, ses directeurs et producteurs les plus importants, jusqu'à ce qu'ils soient tous d'accord pour affirmer que l'histoire est bonne. Ensuite, deux directeurs de la photographie s'occupent de l'agencement et de l'éclairage. Jeremy Lasky définira le montage de chaque séquence. Sharon Calahan supervisera l'éclairage pour chaque image de couleur grise, fournie ainsi par les dessinateurs, et s'occupera de la mise en couleur et en profondeur, aidée par une équipe de 58 personnes. La recherche est primordiale dans le processus de Pixar, et pour Cars 2 cela a impliqué deux voyages. En 2007, John Lasseter et trois de ses collaborateurs sont allés au Grand Prix Italien puis au Francfort Auto Show, et en 2008, une équipe de huit personnes est allée dans des endroits clés susceptibles d’être utilisés dans le film, comme Tokyo, Londres et la Riviera italienne. L'équipe des effets spéciaux prend la suite du travail technique. En ce qui concerne Cars 2, il a fallu créer des images d’eau les plus réalistes possibles pour la séquence d'ouverture. Cela a nécessité “des simulations de liquide” explique le directeur technique supervisant les opérations, Apurva Shah et l'utilisation d'un logiciel mis en place par un membre de Pixar ayant un doctorat sur la simulation de liquide. Apurva Shah remarque que ”Lasseter passe trois mois sur chaque scène, qui dure peut-être six secondes”. La mise en 3D du film a été relativement simple, une tâche plus simple pour un film d'animation que pour un film d'action, et une tâche dans laquelle John Lasseter reste engagé avec passion. Mais le plus important pour Pixar actuellement, c’est de se consacrer plus à des suites qu'à des films originaux. Lasseter insiste sur le fait que “La culture de Pixar est réellement une culture de pionnier”. Cependant, il y a des chemins où Pixar a échoué : l'entreprise a été critiquée en raison du manque de femmes dans ses films et dans ses postes à responsabilité. Un responsable de l'entreprise a rétorqué que les trois prochains films seraient produits par une femme. Il est dur d'ignorer le fait que la seule femme ayant son nom à la tête d'un film Pixar, Brenda Chapman, ait été virée l'année dernière de Rebelle, le premier film de Pixar ayant une femme à sa tête.  Ce qui est arrivé à Chapman reste assez flou. Catmull, le président actuel de Pixar, explique qu' “elle travaille toujours pour l'entreprise” et partagera les crédits de la réalisation mais “qu'ils avaient pris quelqu'un d'autre pour finir le film.” John Lasseter refuse de commenter, si ce n'est pour indiquer des “différends créatifs”. Darla K.Anderson, qui a produit Toy Story 3 et qui est un membre de “l'état-major” de Pixar explique que le problème est dû, en partie, au fait que les femmes sont rentrées de manière assez lente dans le secteur de l'animation, et en partie au fait que “c'est un cercle vicieux : dans le monde de la création de films, on a un problème à placer une femme à la place du pilote, et je ne pense pas que ce soit spécifique à Pixar”. John Lasseter lui-même a été guidé par une femme : sa mère, professeur d'art qui l'a encouragé lorsqu'il s'est inscrit dans le programme d'animation en 1975 à l'Institut des Art de Californie. Première personne à gagner deux Academy Awards pour des films courts d'animation étudiants, il décroche rapidement un travail en tant qu'animateur chez Disney, mais il est licencié en 1984 après avoir remis en doute les “procédures abrutissantes“. “J'ai toujours tout aimé chez Disney“, explique-t-il aujourd'hui, “c'est pour cela que je fais ce que je fais“. Heureusement, la réputation de John Lasseter le précède et Catmull, un informaticien qui travaille avec George Lucas au sein de Lucasfilm, lui demande de les rejoindre. Lorsque George Lucas décide de se séparer de son département d'infographie en 1986, le fondateur d'Apple, Steve Jobs, l'achète pour 5 millions de dollars. Il le renomme Pixar. Ensemble, Jobs, Catmull et Lasseter dirigent la nouvelle entreprise. Pendant des années, l'entreprise est à deux doigts de la faillite, sauvée uniquement par l'apport financier de Steve Jobs, jusqu'à ce que Disney accepte de financer la première sortie de Toy Story en 1995. Quinze ans plus tard, Toy Story 3 rapporte 1.06 milliards de dollars à travers le monde entier, a cinq nominations aux Oscars et en remporte deux. Le 18 juin, John Lasseter a foulé le tapis rouge pour Cars 2. Juste avant l'avant-première au El Capitan Theatre d'Hollywood, il a montré la bande annonce de Rebelle et un court-métrage s'appuyant sur la franchise Toy Story qui sera montré dans les cinémas juste avant Cars 2. Les courts-métrage font partie du processus chez Pixar, c'est ainsi qu'est montré le travail des nouveaux réalisateurs et que les nouvelles idées sont approfondies. Le propre court-métrage de John Lasseter, “Luxo Jr”, le premier film produit par Pixar en 1986, n'a pas seulement été le point de départ de l’entreprise, mais il a aussi montré au monde entier ce que l'animation informatisée pouvait réaliser. Pixar a changé de rythme, avec trois sorties tous les deux ans au lieu d’une sortie annuelle. Toutefois, la société va devoir définir clairement ce qu’elle fera au cours des vint-cinq prochaines années avec la présence réduite des acteurs principaux. Steve Jobs, l'homme que John Lasseter appelle “mon frère” n'est plus autant impliqué qu'auparavant, en raison de sa responsabilité au sein du conseil d'administration de Disney et de ses problèmes de santé. Mais la mission de John Lasseter est claire. “Steve est un visionnaire en affaires“, explique-t-il. “Il voit comment les choses peuvent s'organiser. Il a les mains sur le gouvernail du navire. Il me demande une seule chose : de faire en sorte que tout fonctionne à merveille“. What makes Pixar work?, de Stephen Galloway, Hollywood Reporter , 24 Juin- 15 Juillet

Alexandra Kurkdjian

ContinuerContinuer


Cinquième édition de “Romance in a Can” à Miami

Date: 11/07/2011

[caption id="attachment_8365" align="alignright" width="230" caption="Festival "Romance in a Can""][/caption] La cinquième édition du festival de films romantiques européens « Romance in a Can » a été présentée du 5 au 10 mai 2011 à Miami et a confirmé la fidélité d’un public de cinéphiles. « Romance in a Can », produit par Red Chemistry Inc., est le seul festival américain consacré au cinéma romantique européen. Il a pour but de faire connaître les meilleures productions européennes au public de Floride du Sud tout en mettant en avant le cinéma indépendant. Le festival a ouvert avec le film français « L’âge de raison » de Yann Samuell (2010) projeté en plein air dans un hôtel prestigieux du quartier de Miami Beach. Le festival s’est déroulé dans divers quartiers de la ville, dans des salles indépendantes, des salles commerciales, à l’Alliance française et sur un campus universitaire. Ce sont 17 films de 8 pays européens, dont 8 films francophones, qui ont été présentés répartis sur 30 séances. Au total, le festival a mobilisé plus de 2700 spectateurs, soit une moyenne de 90 spectateurs par séance. Cette année, la nouveauté du festival a été la présentation de 9 films de l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID), dont 5 films français et deux co-productions françaises, films montrés au Festival de Cannes 2010. Au total ce sont donc 6 films français qui ont été présentés au festival cette année. L’ACID soutient la diffusion en salle de films indépendants, souvent de jeunes réalisateurs, et œuvre à la rencontre entre ces films, leurs auteurs et le public. Le festival a invité le réalisateur français du film « Donoma », Djinn Carrenard, pour la présentation de son film. La directrice du festival a pris le risque de s’éloigner du thème principal de son festival afin de pouvoir inclure la sélection de l’ACID dont les films traitent davantage de sujets à caractère social. On notera que les films de l’ACID, qui ont été présentés à la cinémathèque de Miami Beach, ont généré un nombre d’entrées plus important que les autres films du festival. Une des motivations principales de ce festival est de rendre le cinéma européen indépendant plus accessible aux jeunes et aux étudiants. C’est dans ce but qu’une sélection de films du festival a été présentée sur le campus d’université de « FIU ». Pour la cinquième année consécutive, le département de cinéma d’un lycée de Miami Beach, a entrepris une compétition de court-métrages réalisés par une vingtaine d’étudiants avec pour thème central ‘la romance‘. A cette occasion le lycée a également programmé une compétition de courts-métrages européens (avec la participation de la chaîne VOD Eurocinema) ; le court-métrage français : « Son esquisse » de Charlotte Michael figurait parmi les trois films sélectionnés par les étudiants. En dépit d’une période de l’année qui correspond à la fin de la saison culturelle, « Romance in a Can » trouve, chaque année davantage, sa place dans le calendrier culturel de Floride du sud. Dès l’année prochaine, le festival souhaite élargir sa thématique : l’édition 2012 sera constituée d’une sélection de films européens indépendants qui ne se limitera pas au seul thème de la romance, le partenariat avec l’ACID étant renforcé.

Kimberley Gaultier

ContinuerContinuer


Une forte présence française aux festivals de cinéma du printemps 2011 à Toronto

Date: 11/07/2011

[caption id="attachment_8353" align="alignright" width="230" caption="Toronto"][/caption] Toronto est une des grandes villes mondiales du cinéma, via notamment de très nombreux festivals. Au-delà du grand marché que constitue le festival international du film du mois de septembre, avec des délégations françaises toujours de très haut niveau (acteurs, réalisateurs, producteurs, distributeurs, acheteurs, vendeurs), près d’une centaine de festivals thématiques sont organisés chaque année. Le printemps constitue un temps fort du cinéma à Toronto, avec pas moins de quatre festivals majeurs en trois mois, tous ayant présenté cette année, de nouveau, une riche programmation française. Le Consulat de France à Toronto avec, dans certains cas, Ubifrance, a contribué à valoriser la présence française. 1. Images Festival (31 mars–avril) : des modalités de coopération originales Images est le plus grand festival d’Amérique du Nord pour l’image animée expérimentale et indépendante. En plus des projections de films et vidéos, le festival présente également des performances, des installations, des discussions et panels et rassemble plus de 30 000 personnes chaque année. Images cherche avant tout à mettre en avant le travail d’artistes dont les œuvres ne rentrent pas dans le schéma classique de production et distribution  commerciales. Cette année, le festival a invité le réalisateur et documentariste camerounais Jean-Marie Teno, spécialiste de l’Afrique coloniale et post-coloniale, à venir présenter un  programme  en deux parties, Reframing Africa, qui réunissait la diversité du cinéma africain des années 80 à aujourd’hui, en rassemblant et confrontant les différentes approches de réalisateurs africains contemporains, dans un contexte de très forte fragilisation du cinéma africain. La qualité du programme a été reconnue par les professionnels et le jury qui a décidé de le récompenser, en remettant à J-M. Teno le Curatorial Vision Award, crée spécialement pour l’occasion. Avec l’aide de la Cinémathèque Afrique de l’Institut français, le Consulat a largement contribué à l’élaboration et la réussite de ce programme, ce qui a permis d’obtenir une forte visibilité pour l’action française en matière de soutien au cinéma africain. 2. Hot Docs (28 avril–8 mai) : renouvellement de la collaboration avec Ubifrance Hot docs est le plus grand festival de films documentaires d’Amérique du Nord. Il est ouvert au public et dispose d’un marché, de plus en plus connu par les  professionnels. La 19ème édition a été à ce jour la plus réussi en termes de fréquentation avec un nouveau record de 150 000 spectateurs sur 11 jours, contre 136 000 en 2010, qui ont assisté aux 360 projections publiques de 199 films. Cette année, hormis des reprises de documentaires plus anciens et des coproductions, la France était représentée par 2 titres, en avant-premières nord-américaines : The Advocate for Fagdom de Angélique Bosio et Somewhere to disappear de Laure Flammarion (dont la venue a été soutenue par le Consulat) et Arnaud Uyttenhove. Au delà de la programmation du festival, un grand nombre de sociétés et de professionnels français de l’audiovisuel étaient présents à Hot Docs pour son marché du film documentaire, considéré comme l’un des plus dynamiques au monde. Sur le même modèle que l’année dernière, une délégation officielle française de 10 sociétés de production indépendantes était présente. Cette délégation, menée par le Pôle Image Alsace Iconoval et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Strasbourg, bénéficiait à nouveau d’une labellisation Ubifrance. Ubifrance Canada a monté des programmes de rendez vous pour chacun des producteurs présents, avec l’aide du Consulat et organisé des évènements de rencontres professionnelles, sous forme de petit déjeuner d’affaires et de réception. 3. Jewish Film Festival (7-15 mai) : une programmation française toujours importante Parmi la centaine de festivals de films juifs partout dans le monde, le Toronto Jewish Film Festival, dont le but est de célébrer l’identité juive à travers des thèmes universels, s’inscrit comme l’un des plus importants. Cette 19ème édition a programmé plus de 100 films venus de 21 pays et, conformément à la volonté des organisateurs de toucher un public plus large que la seule communauté juive de Toronto (la plus importante du Canada), les projections ont eu lieu dans sept salles à travers toute la ville. La France était une fois de plus à l’honneur avec un ensemble de 10 titres français au total (long et courts-métrages, documentaires) dont Le Nom des gens de M. Leclerc; Comme Les Cinq Doigts de la main de A. Aracady; Le Concert de R. Mihaileanu; Fracture de A. Tasma ou encore Einsatzgruppen : les brigades de la mort. Venu avec le soutien du Consulat de France à Toronto, le réalisateur Michaël Prazan, auteur de ce documentaire de 3h en deux parties qualifié d’« incontournable » par le magazine américain Variety (9 février 2010) et qui présente des images d’archives et des entretiens inédits, a pu répondre aux nombreuses questions du public, à l’issue de la projection. Ce festival continue donc de bénéficier d’une belle visibilité. Même si l’on peut regretter la faible représentation d’un public jeune, au total le festival a rassemblé près de 40 000 spectateurs, preuve qu’il a su toucher les autres communautés de la ville. 4. Inside Out LGBT Film Festival (19–29 mai): une montée en présence à la TIFF Bell Lightbox La 21ème édition du festival gay et lesbien a battu tous les records puisqu’elle a vu son public augmenter de 15% par rapport à 2010 (35 000 spectateurs), avec près de 300 titres venus de 33 pays différents Inside out se range parmi les cinq plus grands festivals de films gay et lesbien du monde et a su acquérir une réputation internationale, aussi bien auprès des spectateurs que des médias. Ce festival a également la particularité d’être très fortement soutenu par la communauté homosexuelle de Toronto, l’une des plus importantes d’Amérique du Nord. Mais comme les autres festivals au premier abord ‘communautaire’, Inside Out se veut aussi très largement ouvert à l’ensemble du public torontois, ce qui est devenu une réalité si l’on considère la diversité des spectateurs. Le cinéma français était, cette année encore, bien mis en valeur, avec 8 films français dont Homme au bain de C. Honoré; L’Amour fou de P. Thoretton; Quelques jours de répit de A. Akkar ou encore La Robe du soir de M. Aziza, dont le Consulat de France à Toronto a soutenu la venue à Toronto. Inside out offre à ses partenaires une excellente visibilité puisqu’il bénéficie d’une renommée désormais certaine, en tant que 3e festival le plus important de la ville (après le TIFF et Hot Docs). Surtout, avec son installation à la TIFF Bell Lightbox, ouverte en septembre dernier, et qui bénéficie des meilleurs équipements techniques ainsi que d’une vraie crédibilité auprès des professionnels et du public, le festival a su consolider et renforcer sa présence dans le paysage audiovisuel de la ville. Le nombre et la variété des festivals de cinéma du printemps témoignent avec netteté du schéma de consommation des films étrangers et des films d’auteurs à Toronto : plus qu’une ville de cinéphiles, il s’agit avant tout d’une ville de festivaliers qui sont bien plus prêts à se rendre dans un festival pour y voir un film étranger sous-titré qu’en salles. La présence française dans ces festivals demeure donc déterminante pour promouvoir les films français à Toronto, ville dont le circuit de distribution en salles reste très dominé par le monopole des multiplexes et la rareté des salles indépendantes.

Marie Herault-Delanoe

ContinuerContinuer


La renaissance du cinéma indépendant à New York

Date: 07/07/2011

[caption id="attachment_8340" align="alignright" width="230" caption="Tiny Furniture de Lena Dunham, produit avec 50 000 dollars, a généré autant de revenus sur les plateformes VOD que dans les salles de cinéma."][/caption] Les rumeurs diagnostiquant la fin du cinéma indépendant à New York ont été largement exagérées. En réalité, les producteurs indépendants connaissent à l’heure actuelle une véritable renaissance de leur activité, grâce à des investisseurs téméraires, des crédits d’impôt record, des budgets plus limités, un modèle économique repensé et des distributeurs de nouveau à l’affut. « L’ancien modèle de production des films indépendants a beaucoup changé et les nouveaux producteurs explorent de nouveaux territoires », souligne Scott Macaulay, producteur et éditeur du magazine Filmmaker. « Faire un premier film pour 2,5 millions de dollars semblait raisonnable auparavant, mais aujourd’hui, on vous dit que vous pouvez le faire pour 600 000 ou même 300 000 dollars. Les nouvelles technologies et les projections en numérique dans les festivals ont permis de réduire les budgets », ajoute-t-il. Le dernier Festival de Toronto, en septembre 2010, avait mis en avant le cinéma indépendant (Voir l'article 35ème édition du Festival International du Film de Toronto (09-19 septembre 2010)). Mais le véritable tournant a été le Festival de Sundance (Voir l'article Le Festival de Sundance, laboratoire d’expérimentation des nouveaux modes de distribution du cinéma indépendant), durant lequel des films à petit budget, sans tête d’affiche connue, ont été achetés par des structures spécialisées comme Fox Searchlight (Another Earth, Martha Marcy May Marlene) et Focus (Pariah). Combinée à des succès de niche, comme Winter’s Bone, la conclusion de ces accords a été un encouragement supplémentaire pour des producteurs comme BCDF Pictures (Higher Ground), Maybach Cunningham Entertainment (Martha) et Super Crispy Entertainment (Like Crazy), et également pour des investisseurs indépendants qui ont désormais la possibilité d’endosser le rôle de mécène, à moindre coût. Des sociétés new yorkaises comme Red Bucket Films (qui produit les films de Joshua et Ben Safdie) et l’association à but non lucratif Artist Public Domain (Another Earth) sont tout de suite apparus comme des partenaires beaucoup plus sérieux. « Il y a une place pour les films avec ce type de budget sur les plateformes de vidéo à la demande (VOD) et dans les festivals », a souligné la productrice Alicia Van Couvering, dont le film, Tiny Furniture, produit avec 50 000 dollars, a généré autant de revenus sur les plateformes à la demande que dans les salles de cinéma, soit environ 392 000 dollars. Parmi les éléments qui poussent les producteurs à travailler à New York, figurent notamment les conditions économiques avantageuses. La productrice de The kids are alright, Celine Rattray, de Maven Pictures, souligne à quel point elle apprécie le plafond instauré en 2010 pour le crédit d’impôt à New York, soit 420 millions de dollars, et le fait que celui-ci a été voté pour 4 ans, soit jusqu’en 2014. Trudie Styler, productrice de Moon et fondatrice de Xingu Films, affirme que New York a des avantages financiers que Londres, comme d’autres villes, n’ont pas. D’autre part, il est possible à New York de trouver de l’argent dans des endroits inattendus. Le co-fondateur de Paper Street Films, Austin Stark, a un associé qui travaille au sein de la banque d’investissements Bear Sterns (Benji Cohen) et un autre chez Goldman Sachs (Chris Papavasiliou). Le co-fondateur de Parts and Labor, Jay Van Hoy (Beginners), met également en avant l’importance des producteurs associés, des subventions de structures à but non lucratif comme Cinereach et de sites de levée de fonds en ligne comme Kickstarter. « 25 000 dollars ne sont pas négligeables dans un film à 700 000 dollars », souligne-t-il. Les structures indépendantes du secteur du cinéma s’adaptent et survivent principalement en se diversifiant et en mettant l’accent sur des activités plus lucratives comme la production télévisée, la publicité, le branded entertainment et les projets sur Internet. « Je pense qu’il faut être de plus en plus débrouillard de nos jours », avance Amy Kaufman, fondatrice de Primary Prods (The Whistleblower). Noah Harlan, producteur du film Return, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes cette année, développe des applications pour téléphone portable au sein de sa société Two Bulls. La production de publicités et de clips musicaux est également une part importante de l’activité de certaines sociétés. La société Borderline Films, remarquée à Sundance, paie les techniciens travaillant sur les longs métrages qu’elle produit, grâce à son activité dans le domaine de la publicité. Pour les producteurs new yorkais, l’important pour eux est de travailler en communauté, de collaborer, de partager l’information. Comme le souligne Ryan Silbert de la société Toy Closet, « Nous fonctionnons de la même manière que les petites startups de la Sillicon Valley qui échangent beaucoup d’information. Nous sommes une sorte de grand think tank. Et c’est là que réside l’avenir des producteurs new yorkais ». New indies find fertile ground, de Gregg Goldstein, Variety, 28 mai 2011

Géraldine Durand

ContinuerContinuer


Page 5 of 71« First...34567102030...Last »