Paysage AudiovisuelInternet

Affaire Aereo: la Cour Suprême tranche en faveur des chaînes de télévision américaines

Date: 09/07/2014

Le 25 juin dernier, la Cour Suprême a rendu sa décision dans le procès opposant Aereo et la chaîne ABC et autres requérants. Les auditions du 22 avril avaient déjà permis de clarifier les positions des deux parties, d’un côté les broadcasters et les câblo-opérateurs, et de l’autre les principaux acteurs  d’Internet.  Le procès a fortement mobilisé le monde de l’audiovisuel américain et a souligné un peu plus la scission que l’on avait déjà pu observer lors des discussions sur les projets de loi PIPA et SOPA. Une fois encore, la question du copyright est au cœur du débat, et c’est en s’appuyant sur ce droit que la Cour a rendu son jugement en défaveur d’Aereo qui a dû suspendre ses activités. Aereo, la start-up qui permet de regarder les grandes chaînes en ligne Lancé en 2002, Aereo est une start-up qui permet à ses abonnés de regarder et d’enregistrer les émissions diffusées sur les chaînes américaines hertziennes. Le principe est simple : à chaque abonné est attribuée une mini-antenne qui retransmet le signal hertzien de l’émission qu’il souhaite regarder sur son PC, tablette, et autres « devices » connectés à Internet. L’abonné peut donc pour moins de 10 $ par mois avoir accès en ligne au contenu des chaînes hertziennes diffusées dans sa région (le service est géo-localisé et accessible dans une dizaine de villes). Avec une simple antenne râteau, le consommateur peut avoir accès gratuitement à ces mêmes programmes – mais peu choisissent cette option car toutes ces chaînes font aussi partie des offres de base des câblo-opérateurs. Ces derniers doivent acheter cher les droits de retransmission pour offrir ces chaînes dans leurs bouquets payants. Plusieurs procès ont été attentés par les broadcasters contre la start-up accusée d’enfreindre le copyright en retransmettant des programmes dont elle n’achète pas les droits.  L’affaire ABC vs Aereo a été portée devant la plus haute juridiction américaine qui vient de rendre son verdict. La décision de la Cour Suprême Les neuf juges de la Cour Suprême ont tranché en défaveur d’Aereo à une large majorité (6 contre 3). Ils ont fondé leur argument en s’appuyant sur le copyright. La décision de la Cour Suprême (Opinion of the Court) rappelle d’emblée que « le Copyright Act de 1976 donne au détenteur du copyright le droit exclusif de jouer (« perform ») publiquement l’œuvre  protégée par ce copyright ». Pour démontrer qu’Aereo enfreint le copyright en ne versant pas de droits de diffusion, les juges ont avancé deux points : -          Aereo  joue (« performs ») les œuvres dont les droits sont détenus par les requérants -          Aereo le fait publiquement Aereo et ses supporters pensaient pouvoir démontrer le contraire : -          Ses  téléspectateurs choisissent leurs programmes et donc Aereo ne ferait que mettre à leur disposition  la technologie pour la « performance » (en l’occurrence la retransmission des émissions). Antonin Scalia, l’un des 3 juges minoritaires qui a voté en faveur d’Aereo a d’ailleurs souligné dans son contre-argumentaire (le « dissent » rendu public dans la décision de justice)qu’ « Aereo ne fait pas la performance (‘does not perform’) pour la simple et bonne raison qu’il ne choisit pas le contenu diffusé (…)  et ne peut donc enfreindre le ‘droit de performance publique’ détenu par les chaînes en procès ». -          Les mini-antennes qui permettent la retransmission sont attribuées individuellement à chaque abonné. Il ne s’agirait donc pas de retransmissions « publiques ».  La stratégie d’Aereo se basait sur un jugement de 2008 qui avait confirmé la légalité des « Remote-Storage DVR » (enregistreurs vidéo délocalisés – dont les données sont stockées à distance) développés par Cablevision.  Cette décision favorable à Cablevision impliquait qu’il était légal de stocker en ligne une œuvre même protégée par le droit d’auteur à condition que les fichiers des utilisateurs soient sauvegardés séparément et que ces derniers en contrôlent le téléchargement. Cependant, la majorité des juges de la Cour Suprême a considéré qu’Aereo ne différait pas fondamentalement d’un câblo-opérateur et à ce titre devait s’acquitter de droits de diffusion pour pouvoir « jouer publiquement » des œuvres protégés par le copyright. Le compte-rendu du jugement stipule que « la technologie derrière le système Aereo ne permet pas de le distinguer de celui des câbles qui ‘font une performance publique’ (Aereo’s behind-the-scenes [technology] does not distinguish Aereo’s system from cable systems, which do perform publicly) ». Le fait que la technologie (et donc le système des mini-antennes attribuées à chaque abonné individuellement) ne soit pas prise en compte dans la décision de justice a été très critiqué par les partisans d’Aereo. Les juges ont souhaité souligner que leur décision ne concernait qu’Aereo et « n’était pas de nature à décourager l’émergence ou l’usage d’autres technologies ». Ils ont également précisé que « les autres entités qui pourraient être concernées par la relation entre le développement de technologies similaires et le Copyright Act, sont libres de se tourner vers le Congrès ».  Cette tentative d’apaisement ne semble pas avoir été entendue par tous. LES REACTIONS A l’annonce de la décision de la Cour Suprême, les réactions ont été vives et nombreuses. Le 25 juin, le fondateur et CEO d’Aereo, Chet Kanojia, a écrit à l’ensemble de ses abonnés, considérant que la décision de la Cour représente « un recul majeur (massive set-back) pour le consommateur américain » et qu’elle envoie un « message négatif à l’ensemble du secteur technologique ».  Dans son deuxième message (28 juin), il cite l’inventeur, ingénieur et philanthrope Charles Kettering : « Le monde déteste le changement pourtant c’est la seule chose qui apporte le progrès » avant d’annoncer que les activités d’Aereo sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Enfin un troisième message appelle les consommateurs à « se battre ensemble pour l’innovation, le progrès et la technologie »,  et à se faire entendre sur les réseaux sociaux, sur le site www.protectmyantenna.org et  auprès de leurs élus. Aux côtés de Chet Kanojia, on trouve de très nombreux acteurs du web et de la Silicon Valley (Amazon, Google, Yahoo !…).  Ils reprochent  à la Cour un manque de précision qui risque d’avoir un impact direct sur leurs services, et notamment ceux du cloud. Certes le juge Breyer a souligné que « [la Cour] n’a pas cherché à déterminer si le « droit de performance publique » est enfreint lorsque le consommateur paie pour quelque chose d’autre que la transmission d’œuvres protégées par le copyright, comme le stockage de contenu à distance ».  Mais en n’allant pas dans le sens de la décision de 2008 sur le cas de Cablevision,  qui a servi de base légale pour l’industrie du Cloud, les juges ont semé le doute. Lors de prochains procès, la jurisprudence Aereo pourrait être défavorable aux services du cloud comme Dropbox ou Google Music. Aereo reposait sur l’idée que l’utilisateur contrôle le programme qu’il regarde. Avec cette décision, pourra-t-on considérer Google Music comme responsable des contenus piratés stockés sur son cloud ? Le juge Breyer a d’ailleurs ajouté partager le point de vue de l’administration Obama qui a soutenu les chaînes dans le procès : « les questions liées au cloud, aux enregistreurs vidéo délocalisés ( …) seront tranchées quand un cas sera soumis en bonne et due forme à la cour. »  Pour Mark Cooper, directeur de la recherche à la Consumer Federation of America qui soutient Aereo, il n’y a donc plus qu’à attendre une série de procès sur le cloud.   La décision a évidemment été très bien accueillie par les chaînes dont certaines avaient été extrêmement véhémentes à l’égard d’Aereo. Le CEO de CBS, Les Moonves, qui avait accusé à plusieurs reprises la start-up de vol, a commenté  ainsi la décision de justice: “ Depuis son lancement il y a deux ans, Aereo a tenté de nuire à notre économie. Ils se sont battus. Ils ont perdu. Avançons ».  « Nous sommes très heureux que la Cour ait maintenu les importants principes du copyright qui permettent aux créations de grande qualité que les consommateurs exigent, d’être protégées et encouragées », a déclaré The Walt Disney Company, qui détient ABC.  Dans sa déclaration, la National Association of Broadcasters est sur la défensive : « Aereo a considéré ce procès comme une attaque contre l’innovation ; c’est complètement faux.  Les broadcasters innovent tous les jours, comme le prouve notre leadership en matière de télévision HD, de médias sociaux, d’applications mobiles, de user-generated-content, sans compter les coopérations avec des entreprises comme Hulu ». Aux côtés des chaînes,  les grandes ligues sportives comme la NFL ou MLB avaient, elles aussi, pris parti contre Aereo, menaçant de diffuser sur les chaînes payantes du câble les compétitions les plus regardées, comme le Super Bowl. Enfin, les principaux syndicats d’Hollywood, DGA, IATSE, SAG-AFTRA et WGA  se réjouissent également de la décision de la cour suprême : « La SAF-AFTRA applaudit cette décision qui envoie le message fort et clair : la Cour ne permettra pas à des entreprises comme Aereo d’utiliser des subterfuges technologiques  pour contourner la volonté du Congrès de protéger, selon le Copyright, les contenus, les créateurs et les détenteurs de droits ». Aereo n’aurait pas plus de 500 000 abonnés d’après le New York Times . Pourtant le procès a eu un impact très important dans le secteur audiovisuel et technologique. Si la Cour a tenu à souligner à plusieurs reprises dans sa décision que celle-ci ne concernait que le cas de retransmission de chaînes TV, c’est parce qu’une grande partie de l’économie numérique, et notamment du cloud, est directement concernée par les questions soulevées lors du procès.  Les broadcasters et les grands câblo-opérateurs se sont certes réjouis de la décision de la Cour, mais ils doivent continuer à s’adapter dans un contexte audiovisuel en pleine évolution.  La révolution de la télévision est lancée depuis longtemps – rappelons que Netflix compte plus de 35 millions d’abonnés aux Etats-Unis et Amazon Instant Video, 20 millions.

                                    Pervenche Beurier

Décision de la Cour Suprême : http://www.supremecourt.gov/opinions/13pdf/13-461_l537.pdf

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Les prochaines séries d’AMC lancées sur Tumblr

Date: 10/06/2014

La nouvelle série d’AMC, Halt and Catch Fire a été lancée sur Tumblr avant d’être diffusée à la télévision. C’est à la fois une nouveauté pour Tumblr qui n’a jamais diffusé de série TV en avant-première, et pour AMC qui développe ainsi une stratégie innovante sur les réseaux sociaux. Halt and Catch Fire de Christopher Cantwell, Christopher C. Rogers avec Lee Pace, Scoot McNairy se déroule au Texas dans les années 80 en plein essor des premiers ordinateurs personnels (PC). La série était disponible du 19 au 31 mai sur Tumblr et en vod sur AMC.com, avant d’être finalement diffusée à la télévision sur AMC le 1er juin (le 3 juin en France sur Canal+). La chaîne a aussi lancé un page Tumblr-AMC intégrée à son site AMC.com. Cet accord est une nouvelle étape dans la stratégie que Tumblr développe depuis quelques mois pour devenir un acteur incontournable de la social TV. La compagnie détenue par Yahoo avait ainsi annoncé en mars dernier un partenariat avec Viacom pour diffuser des campagnes de contenu « co-brandé » sur Tumblr à l’occasion des « upfront » (les rendez-vous annuels au cours desquels se négocient les espaces publicitaires TV). Une récente étude a établi que Tumblr était le réseau le plus influent en matière de social TV (devant Twitter) : « Tumblr Study Says It Has More Social TV Activity Than Twitter ». AMC Series Will Debut on Tumblr Before TV, AdvertisingAge, 19 mai 2014 Tumblr Study Says It Has More Social TV Activity Than Twitter, AdvertisingAge, 22 avril 2014

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Aereo vs broadcasters : Le procès qui divise l’audiovisuel américain

Date: 06/05/2014

Aereo Depuis de deux ans, le monde de l’audiovisuel américain est divisé entre partisans et détracteurs d’Aereo, le service de streaming TV. Le débat concerne directement à la fois les broadcasters, les câblo-opérateurs, les constructeurs TV, les box (Roku, Apple TV) ou les nouveaux devices, les géants du cloud (comme Google, Dropbox etc.) et bien sûr les téléspectateurs américains… Comment une start-up née il y a à peine deux ans peut-elle affecter tous ces acteurs ? Le principe d’Aereo semble simple : cette plateforme Internet permet aux téléspectateurs de regarder les chaînes hertziennes américaines sur leurs ordinateurs, tablettes et smartphones. Dès 2012, l’affaire a été portée en justice par les chaînes dont le signal est retransmis sur Aereo. C’est maintenant à la Cour Suprême de trancher. 1-     Contexte Fondée en 2012, la start-up permet à ses abonnés de regarder via Internet, en direct ou en différé, les programmes télévisés des chaînes hertziennes : les networks comme ABC (groupe Disney, Media Network), Fox, NBC Universal, CBS, CW et PBS, mais aussi une vingtaine de chaînes locales (à New York par exemple : NY life, Cuny TV, Movies !, Telemundo ...). Les téléspectateurs peuvent normalement recevoir gratuitement ces chaînes sur leur poste de télévision via les antennes râteaux individuelles. Ces chaînes sont aussi disponibles dans les offres basiques des câblo-opérateurs qui paient cher l’autorisation de les retransmettre. Aereo, en revanche, n’a rien négocié avec les chaînes terrestres en question qui ont dès 2012 porté l’affaire en justice. Après une longue bataille juridique, le cas est arrivé à la Cour Suprême qui a entendu les arguments des deux parties le 22 avril dernier. 2-     Fonctionnement d’Aereo Aereo propose une technologie pour capter le signal hertzien (gratuit et non crypté) émis par les stations locales pour voir les programmes en direct ou les enregistrer dans un cloud (espace de stockage dans des serveurs informatiques distants accessible via Internet) et les regarder plus tard. Le système est localisé, comme le sont les stations qui relaient les networks aux Etats-Unis. Si l’utilisateur a souscrit à Aereo dans l’Etat de New York (donnée vérifiée lors de l’inscription avec la carte de crédit), il ne pourra avoir accès qu’aux programmes diffusés sur les chaînes terrestres distribuées à New York. Pour regarder les programmes retransmis via Aereo, il suffit d’aller sur le site aereo.com, de payer un abonnement de 8$ par mois puis de naviguer sur plateforme. Nul besoin de brancher une box, ou une antenne : « Avec Aereo, vous pouvez regarder la TV en direct via une mini antenne à distance que vous contrôlez par Internet depuis la maison ou n’importe où dans votre zone de couverture », peut-on lire sur le site Internet. Cela fonctionne sur ordinateurs (PC ou Mac), sur les tablettes, les smartphones, et sur les TV connectées avec Apple TV ou Roku.  La plateforme est très simple d’utilisation : une grille de programmes permet de choisir ceux que l’on veut regarder en direct ou enregistrer sur son cloud. Aereo a d’abord été lancé à New York. Aujourd’hui la start-up s’est largement développée : il est possible d’avoir accès à la plateforme et donc aux programmes des chaînes hertziennes dans 10 principales villes américaines. La start-up annonce sur son site que bientôt les habitants de 19 villes pourront profiter de ses services. Aereo a levé pas moins de 34 millions de dollars en janvier dernier, ce qui porte à 97 millions de dollars le montant des fonds levés par la start-up depuis sa création. Un mois plus tard, en février dernier, les chaînes de télévision remportaient leur première victoire juridique sur Aereo : un juge de l'Utah a ordonné l’interdiction du service dans huit Etats américains, le Colorado, le Kansas, l'Oklahoma, le Nouveau-Mexique, l'Utah le Wyoming, l'Idaho et le Montana. 3-     Au cœur du débat : l’avenir de la télévision et du cloud On pourrait croire que c’est une aubaine pour les chaînes hertziennes d’être diffusées plus largement (c’est l’avis de Jim Edwards dans le Business Insiders ou d’Al Lewis dans le Wall Street Journal). Il n’en est rien, car ces chaînes, de fait, ne sont pas vraiment gratuites pour une grande partie des Américains qui préfèrent les regarder via les offres payantes des câblo-opérateurs. Ces derniers paient d’importants droits de retransmission. Si la Cour donne raison à Aereo, seront-ils toujours d’accord pour payer ces droits ? Il s’agirait d’un manque à gagner très important pour les chaînes hertziennes. La situation est préoccupante aussi pour les câblo-opérateurs qui risquent de perdre une part essentielle de leur offre basique alors que le phénomène du cord-cutting se poursuit : de nombreux téléspectateurs renoncent à leur abonnement au câble pour se tourner vers des programmes diffusés en ligne - notamment sur les plateformes de streaming comme Netflix ou Amazon, mais aussi vers Aereo qui complète parfaitement les offres de films et de séries avec les chaînes généralistes que sont les networks. Pour ses détracteurs, en reprenant – et en offrant la possibilité de stocker – les programmes sans avoir payé le moindre droit de retransmission, Aereo enfreindrait le Copyright Act. Si les anti-Aereo affirment que la start-up vole les programmes TV, celle-ci considère que les consommateurs n’en font que des copies privées. Pour preuve, chaque abonné se voit attribué une mini-antenne individuelle (à distance) pour capter le signal hertzien de la station locale – d’où l’importance de l’aspect géo-localisé de l’offre. Cette mini-antenne peut être assimilée à l’antenne râteau traditionnelle individuelle. Quant au DVR virtuel, c’est une zone de stockage individualisé dans le cloud. Il rend le même service qu’une cassette VHS. Pour le CEO d’Aereo, Chet Kanojia, il ne s’agit donc pas là d’un nouveau concept. Il a bon espoir que « la justice préservera le droit des consommateurs à avoir accès à la télévision hertzienne en utilisant une antenne individuelle, à utiliser un DVR pour enregistrer pour lui-même (personal recording) des programmes qu’il pourra ensuite regarder sur le support (device) de son choix ». Il considère que « les chaînes demandent à la Cour d’empêcher les consommateurs d’utiliser le cloud pour avoir accès à une antenne et à un enregistreur de notre temps. Elles demandent cela à la Cour (…) pour protéger un business model dont le succès repose sur l’élimination de la mise en concurrence et l’impossibilité pour le consommateur de choisir l’offre qu’il préfère. Les chaînes ne devraient pas tenter de s’appuyer sur le Copyright Act pour défendre ce qu’elles pensent être le business model le plus lucratif pour elles, aux dépens des consommateurs. » (Voir l’interview de Chet Kanojia). Les associations de consommateurs soutiennent la position d’Aereo (The Consumer Federation of America and Consumers Union). D’ailleurs Aereo tente de mobiliser l’opinion publique et a lancé une campagne sur un site Internet intitulé « Protect My Antenna .org ». On y trouve les arguments pro-Aereo développés de façon très pédagogiques ainsi que les déclarations de soutien (« Opinions » et « Amicus Briefs ») des différents acteurs du secteur. 4-     Le débat divise le secteur audiovisuel Aereo a des alliés de poids, notamment, les acteurs de l’économie numérique comme Yahoo ! Google, Facebook, Microsoft qui font partie de la Computer & Communications Industry Association (CCIA) car en filagramme sont posées  les questions liées au cloud. L’interdiction d’Aereo et de son DVR virtuel (dans le cloud) risquerait de mettre en péril l’industrie naissante du cloud.  L’enjeu va bien au-delà de la question de l’avenir de la télévision. L’administration Obama a elle pris position contre Aereo. Le bureau du Solicitor General (Conseiller du Ministre de la Justice) a en effet présenté un Amicus Brief (argumentaire de soutien juridique) d’une quarantaine de pages à la Cour Suprême en faveur des chaînes. Mais il est bien spécifié dans ce Brief (page16) que reconnaître l’illégalité d’Aereo ne devrait pas « remettre en question la légitimité des entreprises qui utilisent Internet pour offrir aux consommateurs de nouvelles solutions pour stocker, écouter ou regarder les copies des œuvres qu’ils ont légalement acquises. »  C’est aussi la position d’autres acteurs comme Cablevision, un important câblo-opérateur qui a récemment lancé son système d’enregistrement dans le cloud. Pour l’entreprise, certes Aereo « vole les programmes TV », mais il est essentiel que la Cour Suprême ne prenne pas une décision qui risquerait de mettre en cause sa propre technologie basée sur le cloud. Parmi les opposants à Aereo, aux côtés des broadcasters, on trouve les principaux câblo-opérateurs, les syndicats des talents de la télévision ainsi que les studios (au nom du droit d’auteur), ou encore les leagues sportives qui monnaient très cher les retransmissions de matchs. Finalement, cette scission dans l’industrie audiovisuelle n’est pas sans rappeler celle que l’on avait observée au moment des débats sur SOPA et PIPA. Si ces projets de loi ont été reportés, il faudra bien que la cour suprême tranche sur le cas d’Aereo. Le verdict est attendu pour juin 2014. Conclusion L’affaire Aereo fait autant de bruit dans le monde audiovisuel américain parce qu’elle est au coeur d’importants enjeux actuels : le cord cutting (le fait de résilier son abonnement au câble) ;  les questions liées à la bande passante nécessaire pour le streaming sur Internet et pour laquelle la neutralité du Net est remise en cause par la FCC ;  les technologies des télévisions connectée, box et autres devices ; le Copyright Act, dont la réforme est régulièrement reportée depuis le tollé provoqué par les débats sur SOPA et PIPA. L’affaire peut rappeler le conflit qui a opposé France Télévisions et PlayTV, le service français de streaming TV sur Internet qui diffuse en direct plus de 50 chaînes et qui revendique 30 % du marché de la télévision en temps réel sur Internet en France (2,5 millions de visiteurs uniques mensuels). Il faut cependant souligner que PlayTV est gratuit (financé par la publicité), et ne permet pas l’enregistrement de programmes – simplement la catch-up ou replay (en revoyant sur des sites comme Pluzz.fr). Saisi en 2013, le CSA avait accordé à PlayTV un délai pour lui permettre « d’assurer la mise en conformité de ses activités, tout en rendant possible qu’entre-temps les conditions requises pour la diffusion de programmes publics soient élargies et incluent alors, le cas échéant, une contribution compensatoire du bénéficiaire d’une telle diffusion ». PlayTV a depuis instauré un système d’abonnement (gratuit) obligatoire pour les utilisateurs du site, afin de pouvoir invoquer la loi de 1986 qui instaure pour les distributeurs (donc PlayTV) une obligation de reprise, dite de «must carry», des chaînes publiques. Il sera intéressant, dans ce contexte, de connaître la décision de la Cour Suprême aux Etats-Unis. Pervenche Beurier Sources: https://aereo.com/about http://www.protectmyantenna.org/ AEREO CEO: Our Investors Can Kiss $97 Million Goodbye If The Supreme Court Rules Against Us, Business Insider, 27 mars 2014 Obama administration sides against Aereo, CNN Money, 4 mars 2014 Aereo, le « voleur de signal TV » qui affole les grandes chaînes américaines, La Tribune, 14 octobre 2013 Why It Would Be A Disaster If The Supreme Court Banned Aereo, Business Insider, 22 Avril 2014 Aereo Shines With Limited Live TV on the Go, Wall Street Journal, 18 juillet 2012 Who Stands to Gain From the TV Networks Vs. Aereo? , Wall Street Journal, 27 avril 2014 Supreme Court Conflicted on Legality of Aereo Online Video Service, Wall Street Journal, 22 avril 2014 Amicus Brief de l’administration Obama (du bureau du Solicitor General) Règlement de différend opposant la société Playmédia à France Télévisions, CSA, 30 juillet 2013 PlayTV PlayTV.fr vs France Télévisions : Touche pas à mon flux TV !, zdnet.fr, 01 août 2013

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AOL va proposer des films de Miramax gratuitement en ligne

Date: 06/05/2014

AOL (America On Line) a conclu un accord avec la société de production et de distribution de cinéma Miramax lui permettant de proposer aux internautes américains une sélection de longs métrages accessibles gratuitement sur sa plateforme AOL On. Cette plateforme propose surtout des clips, des séries et des vidéos au format court classés en 18 « chaînes » : sport, entertainment, food, newsparenting ... Pour alimenter le site sur ces différentes thématiques, des partenariats ont été développés avec d’autres medias comme la chaîne de sport ESPN ou les journaux Time, The Wall Street Journal, Mashable et The New York Times. L’accord avec Miramax permettra le lancement d’une nouvelle « chaîne » dédiée aux films. Le catalogue Miramax contient plus de 700 films dont Pulp Fiction, Chicago, Good Will Hunting, Trainspotting, Le Journal de Bridget Jones ainsi que les sagas Scream, Scary Movie et Spy Kids.  L’accord prévoit qu’AOL donnera accès à plusieurs dizaines de films du catalogue, renouvelés sur une base mensuelle. La sélection initiale n’a pas encore été dévoilée. Ce nouveau service sera financé par les publicités insérées dans les films. Mais Ran Harnevo, président de la section vidéo d’AOL, se veut rassurant : « Nous ne serons pas trop agressifs et respecterons l’expérience visuelle des consommateurs ». Les revenus publicitaires sont devenus un domaine stratégique pour le groupe depuis sa séparation d’avec Time Warner en 2009. Face aux difficultés rencontrées par son moteur de recherche, AOL s’est tourné vers la publicité en ligne et a investi d’importantes sommes pour l’acquisition de contenus attractifs. En proposant les films du catalogue de Miramax, AOL espère attirer de nouveaux internautes, et donc potentiellement, augmenter ses revenus publicitaires. Il faut souligner que l’accord avec Miramax ne prévoit aucune exclusivité pour AOL. La plateforme va donc proposer des programmes déjà disponibles sur Hulu, Netflix et Amazon entre autres, et non des contenus premium qui lui permettraient de se distinguer de ses concurrents. Ran Harnevo a indiqué que son groupe était en discussion avec d’autres studios afin de diversifier encore son offre de contenus vidéo. AOL a aussi commencé à produire des programmes originaux dont de nombreuses web-séries et talk shows, comme In Short, un programme court d’actualité réalisé par des personnalités (Katie Holmes pour l’épisode 1), ou encore Park Bench animé par Steve Buscemi. AOL vient aussi d’annoncer la production de Connected, adapté d’un reality show israélien au succès mondial. Ces programmes sont clairement formatés pour la télévision, à l’heure où de plus en plus d’utilisateurs regardent AOL On sur leur écran TV. En effet, la plateforme est disponible sur les TV connectées via Microsoft Xbox 360, Roku, Amazon Fire TV, TiVo and TVs from Sony, Samsung, LG, Panasonic ou Sharp. A terme, l’objectif d’AOL est de devenir un fournisseur de contenus vidéos complet proposant toute sorte de programmes, sans limite de genres ni de formats, des clips de musique aux films en passant par les séries TV. AOL est le troisième site de vidéos en ligne le plus visité aux Etats-Unis, derrière You Tube et Facebook. En mars 2014, AOL a attiré 69,4 millions de visiteurs uniques pour son onglet Vidéos et ses contenus ont été vus plus de 1,3 milliards de fois. AOL Launches Free Streaming Movies in Pact with Miramax, Variety, 23 avril 2014 Adaptation: Romain Rancurel

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Amazon achète pour 300 millions de dollars les droits de diffusion des séries d’HBO

Date: 06/05/2014

Amazon a décidé d’enrichir son catalogue de programmes et d’y mettre le prix. De nombreuses sources rapportent que la société américaine fondée par Jeff Bezos va payer à la chaîne du câble HBO 300 millions de dollars sur les trois prochaines années pour pouvoir diffuser ses programmes originaux. Ces nouvelles acquisitions seront disponibles à partir du 21 mai 2014, non seulement sur son service de visionnage par abonnement – Prime Instant Video -  mais aussi sur Fire TV, le nouveau boîtier TV de streaming d'Amazon. Présentée au début du mois d’avril 2014 à New York, la Fire TV, concurrente directe de l’Apple TV et de Chromecast (Google), propose de nombreuses applications préinstallées - Prime Instant Video, Netflix, Hulu Plus, Vevo, Vimeo ou encore AOL – en plus de grandes chaînes du câble comme ESPN ou Showtime. Jusqu’à présent, les experts notaient l’absence de HBO Go - pourtant proposée par les boîtiers concurrents. C’est la première fois qu’HBO accepte de vendre ses programmes originaux à une plateforme de contenus. La chaîne payante se réserve traditionnellement la diffusion exclusive de ses programmes. Toutefois, cet accord ne remet pas véritablement en cause le modèle de la chaîne car l’accord ne concerne que les programmes télévisés datant de plus de trois ans. HBO conserve donc l’exclusivité sur ses émissions les plus récentes et les plus populaires – comme Game of Thrones ou True Detective. Les abonnés d’Amazon auront donc accès aux grands classiques du catalogue HBO comme The Sopranos (1999-2007), The Wire (2002-2008), Six Feet Under (2001-2005) ou encore Band of Brothers (2001). Avec cet accord, Amazon renforce sa position dans le secteur audiovisuel. Si la somme est conséquente, elle ne représente qu’une partie du budget que consacre l’entreprise de commerce en ligne à l’achat de contenus. Pour les plateformes vidéo, les programmes d’HBO sont un excellent investissement en raison de leur très grande popularité. Amazon s’est donc parfaitement replacé dans la course aux contenus à laquelle se livrent les services de streaming et de télévision par abonnement. Rappelons que Netflix ne propose actuellement aucun programme d’HBO.   HBO’s Amazon Haul Is Big – But Not As Big As You Might Think, Recode, 23 avril 2014 Amazon's Deal With HBO Leapfrogs Streaming Rivals,Bloomberg Business Week, 23 avril 2014 Netflix, Hulu Plus, Other Streaming Apps Available on Amazon's Fire TV, The Hollywood Reporter, 2 avril 2014 Adaptation: Romain Rancurel

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Yahoo se lance sur le marché des séries TV

Date: 05/05/2014

Yahoo nourrit de grandes ambitions sur le marché de la télévision et de la VoD. Le Wall Street Journal (WSJ) dévoilait au début du mois d’avril que le groupe dirigé par Marissa Mayer avait l’intention de développer des programmes originaux, sur le modèle des grandes chaînes du câble comme HBO ou des plateformes de streaming comme Netflix. Selon le Wall Street Journal, le géant américain cherchait des réalisateurs, des scénaristes et acteurs expérimentés pour développer des séries au succès mondial comme Netflix avec House of Cards ou HBO avec True Detective. La rumeur laissait entendre que la directrice générale de la société, Marissa Mayer, allait présenter les nouvelles séries TV du groupe aux publicitaires présents le 28 avril lors du Digital Content Newfront (événement à l’occasion duquel le groupe présente son calendrier et les programmes de l’année à venir aux agences de publicités pour vendre les espaces publicitaires avant le début de la nouvelle saison). La rumeur a été confirmée : le 28 avril, Yahoo a présenté officiellement les deux premiers programmes originaux du groupe : Sin City Saints et Other Space. La production devrait commencer dans les prochaines semaines et leur diffusion est prévue en 2015. Ces programmes seront diffusés en exclusivité sur la plateforme Yahoo et disponibles gratuitement. Les amateurs du binge-watching seront ravis : les saisons de 8 épisodes de 30 minutes seront mises à disposition en une fois. Sin City Saints bénéficiera de l’expertise de Mike Tollin, producteur de Smallville et des frères Scott, et du réalisateur Bryan Gordon. La série suivra une équipe de basketball de Las Vegas. La deuxième série annoncée, Other Space, marquera le retour du producteur et réalisateur Paul Feig qui a travaillé sur de nombreuses séries (Freaks & Geeks, Mad Men, The Office, Arrested Development) et dont le long-métrage Mes meilleurs amies (2011) a connu un important succès. Yahoo arrive assez tardivement sur le marché hautement concurrentiel des séries télévisées. En plus des nombreuses chaînes du câble, des nouveaux arrivants comme Netflix, Amazon ou encore Hulu luttent pour les meilleurs programmes originaux. Le groupe doit faire face à une difficulté supplémentaire : la plupart des utilisateurs de Yahoo se connectent via des ordinateurs ou des appareils mobiles pour regarder les vidéos en ligne. C’est pourtant sur les écrans TV que ces nouvelles séries réaliseraient les meilleures audiences. Le paysage audiovisuel et les habitudes des consommateurs ont considérablement évolué au cours des dernières années favorisant ainsi l’émergence de nouveaux modèles de distribution. Si les Américains continuent de regarder la télévision – 283 millions de téléspectateurs par mois selon Nielsen - de plus en plus d’utilisateurs visionnent leurs programmes en différé, à la carte. Toujours plus de téléspectateurs sont des adeptes  du binge-watching. Le WSJ signalait déjà en décembre 2012 qu’«environ la moitié des spectateurs étudiés finissent une saison (jusqu’à 22 épisodes) en une semaine». Enfin, de plus en plus de clients se désabonnent du câble pour n’utiliser plus que des services en ligne. On appelle ce phénomène le cord-cutting. Les plateformes qui produisent leurs propres émissions – comme Netflix avec Orange is the New Black et Amazon avec Alpha House – présentent une vitrine idéale pour attirer de nouveaux abonnés. Yahoo essaye de tirer à son tour profit de ces évolutions et travaille sur plusieurs fronts pour améliorer son offre de contenu. L’offre de vidéos en ligne est au cœur de sa stratégie depuis l’arrivée de Marissa Mayer à la tête du groupe. Yahoo s’est déjà essayé à la production de séries originales par le passé – avec Electric City par exemple, un dessin animé réalisé par Tom Hanks et lancé en 2012 – mais sans grand succès. Le mois dernier, le WSJ rapportait que le groupe avait entamé des discussions pour l’acquisition du service de vidéos en ligne, News Distribution Network Inc., évalué à près de 300 millions de dollars. Toutefois, la société américaine peine à se faire une place dans un marché ultra concurrentiel, notamment dans le domaine de la publicité en ligne dominé par Google et Facebook. En janvier, Yahoo a même connu une baisse de ses revenus publicitaires (-1,7%), pour le quatrième trimestre consécutif. En diversifiant l’offre de contenus et en augmentant la durée des vidéos visionnées par ses utilisateurs, Yahoo souhaite clairement attirer de nouveaux annonceurs et donc augmenter ses revenus. La société américaine a un long chemin à parcourir pour renforcer sa position face à Youtube (Google), qui est de loin le premier service de vidéos en ligne avec 12,6 milliards de visionnages en janvier contre 384 millions pour Yahoo (source : comScore). Avec des web-séries innovantes, Yahoo espère persuader certains annonceurs de déplacer une partie de leur budget normalement réservé à la TV vers le Web. Yahoo Makes New Push Into Video Content, WSJ, 6 avril 2014 Autre : Yahoo Rolls the Dice on TV, New York Times, 14 avril 2014 Adaptation: Romain Rancurel

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Les Américains passent désormais plus de temps sur Internet que devant leur télévision

Date: 05/05/2014

Un nouveau seuil a été atteint aux Etats-Unis. L’année dernière, les Américains ont passé pour la première fois plus de temps sur Internet que devant la télévision. Une étude réalisée par eMarketer montre que les appareils numériques connectés sont désormais les premiers écrans utilisés. Ils représentent 43,4% du temps consacré aux médias par un adulte américain moyen contre 37,5% pour la télévision. Le terme de « médias » dans l’étude comprend la télévision (regardée sur le poste TV), Internet (sur tous les supports), la radio et la presse écrite (lue sur papier). Selon l’étude, le temps passé sur Internet va encore augmenter pour représenter en 2014, 47,1%  du temps consacré aux médias soit 5 heures et 46 minutes par jour, contre 36,5% pour la télévision (4 heures et 28 minutes). L’étude prend en compte tous les supports (ordinateurs, appareils mobiles connectés à Internet comme les smartphones, tablettes, smartTV permettant de regarder des programmes en streaming ou consoles de jeu permettant de jouer en ligne). Les appareils mobiles sont les principaux responsables de cette évolution. « En 2014, le temps passé sur les appareils mobiles par un américain moyen va encore augmenter de 23%», prédit le rapport. La croissance est spectaculaire : il y a quatre ans, les appareils mobiles ne représentaient que 3,7% du temps consacré aux médias. La suprématie des appareils mobiles entraîne également le déclin des ordinateurs de bureau ou portables qui sont de moins en moins utilisés. En 2014, les ordinateurs représenteront seulement 18% du temps consacré aux médias en ligne, soit 2 heures et 12 minutes de connexion journalière via PC. En troisième position, la radio continue de chuter. Les Américains ne consacrent plus que 10,9% de leur temps à ce média contre 14,9% en 2010. Toutefois, c’est la presse écrite (sur support papier) qui souffre le plus du passage au tout-numérique. En 2010, elle représentait encore 7,7% du temps consacré aux médias. En 2014, ce chiffre a diminué de plus de la moitié et peine à atteindre les 3,5%, soit une trentaine de minutes par jour – 14 minutes pour les magazines et 12 minutes pour les journaux. Mais il faut souligner – et c’est probablement une faille de cette étude – que ces chiffres ne prennent pas en compte la lecture de la presse en ligne et le temps passé sur les sites Internet des grands groupes de presse (compté dans le temps passé en ligne). Enfin, il est important de préciser que le multitasking (utilisation simultanée de plusieurs écrans) a été pris en compte dans les résultats de l’étude. Fact – We now use the web more than TV, MediaLife Magazine, 24 avril 2014 Adaptation: Romain Rancurel

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Pour la première fois, les annonceurs dépensent plus sur Internet qu’à la télévision (hors câble)

Date: 05/05/2014

Aux Etats-Unis, les annonceurs dépensent désormais plus sur Internet qu’à la télévision (hors câble) pour promouvoir leurs produits et leurs marques. Ce nouveau rapport de force est une conséquence directe de l’augmentation considérable du prix des espaces publicitaires sur les plateformes digitales. Selon une récente étude de l’Interactive Advertising Bureau (IAB), les revenus de la publicité en ligne ont augmenté de 17% en 2013 pour atteindre le chiffre record de 42,8 milliards de dollars. Les achats annuels d’espaces publicitaires sur les appareils mobiles s’élèvent à 7,1 milliards de dollars en 2013, soit une augmentation de 3,4 milliards de dollars par rapport à 2012. Les vidéos en ligne ont rapporté 3 milliards de dollars en revenus publicitaires tandis que les moteurs de recherche, qui restent le support privilégié des annonceurs, ont rapporté 18,4 milliards de dollars. En comparaison, les revenus de la publicité télévisée (non-câblée) culminaient à 40,1 milliards de dollars l’année dernière. Néanmoins, si l’on compte les publicités diffusées sur le câble, les annonceurs dépensent toujours plus en télévision que sur Internet. En effet, l’ensemble des dépenses publicitaires à la télévision (câble compris) est estimé à 74,5 milliards de dollars. Google, Facebook et Twitter se partagent à eux trois la majorité des gains. Ces  sociétés, tout comme Yahoo et Youtube, luttent plus particulièrement pour améliorer leur part du marché publicitaire à destination du jeune public. En 2013, les principaux acheteurs de publicités en ligne étaient les détaillants de vêtements – avec 21% des annonces – suivis des services financiers et de l’industrie automobile. Le magazine américain Variety souligne l’importance de cette étude à l’heure où s’ouvre à New York la saison des Digital Content NewFront, événements durant lesquels se vendent les espaces publicitaires online (sur AOL, Hulu, Google, Microsoft, Yahoo…etc.). Ces newfront se déroulent parallèlement aux traditionnels upfront durant lesquels se vendent les espace publicitaires TV. L’étude est d’autant plus significative que l’IAB compte parmi ses membres plus de 600 acteurs de la publicité sur Internet aux Etats-Unis. Advertisers Spend More Online Than on Broadcast TV for the First Time, Variety, 10 avril 2014 Adaptation: Romain Rancurel

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Le projet de fusion Comcast /Time Warner présenté devant le Sénat

Date: 05/05/2014

Le 9 avril 2014, le Sénat a tenu sa première audition sur le projet de fusion entre les câbloopérateurs Comcast et Time Warner. La fusion, estimée à 45 milliards de dollars, devra être autorisée par la FCC et le Department of Justice. Cette audition a mis en lumière les principales inquiétudes du Sénat au regard de trois préoccupations: la protection du consommateur, le respect de la liberté d’expression et la neutralité du net. Un risque pour la concurrence ? Le projet de fusion soulève notamment la question de la consolidation du marché des télécommunications. Les deux câbloopérateurs assurent qu’une fusion des deux entités permettrait d’accroître la compétition, notamment face à AT&T et Verizon, voire face à de nouveaux acteurs tels que Google Fiber. Les représentants de Comcast et Time Warner ont appuyé leur argumentation sur leur objectif commun de développer de meilleurs services et des débits supérieurs grâce à des économies d’échelles. Les membres du Sénat auditionnés ont manifesté leur scepticisme. Le sénateur démocrate Al-Franken (D-Minn) a pointé le risque lié à la taille de la nouvelle entité. Elle serait si grande qu’elle pourrait contrôler à la fois le marché du câble et de la fourniture d’accès à Internet. Time Warner et Comcast ne se concurrencent sur aucun marché localement. L’entité issue de leur fusion disposerait d’un tiers des parts de marchés pour la fourniture de télévision par câble et 35 à 40% des parts de marché pour la fourniture d’accès à Internet. Pour le sénateur républicain Mike Lee (R-Utah) le marché du câble ne présente pas le même degré de concurrence (« robust competition ») qu’offrent les autres marchés. A ce titre, la fusion pourrait consolider le marché plus qu’elle ne semble promouvoir une réelle compétition entre opérateurs. Un risque pour la liberté d’expression Le sénateur Lee s’est inquiété également des rapports entre l’entité issue de la fusion et les Démocrates dans le système de financement de la vie politique aux Etats Unis. Selon la Sunlight Foundation, les deux entreprises auraient dépensé 143,5 millions de dollars en lobbying auprès du Congrès depuis 1989. Elles auraient contribué à hauteur de plus de 500 000 dollars aux campagnes présidentielles de Barack Obama. En outre, Comcast possède le groupe de média et télévision NBC Universal ; le sénateur républicain a évoqué la possibilité, en cas de fusion Comcast/Time Warner, qu’une entreprise de cette taille puisse influencer le débat politique par le choix des programmes qu’elle diffuserait au sein de près d’un tiers des foyers américains. Neutralité du net Enfin, la neutralité du net a également été évoquée par les sénateurs. Patrick Leahy (D-Vt) a rappelé les prises de position de Comcast lors de son acquisition de NBC Universal en 2011. Comcast s’était alors engagée à respecter le principe de neutralité du net sur son réseau en ne privilégiant aucun contenu, condition sine qua non à l’autorisation de rachat accordée par le régulateur. Selon P. Leahy, ces engagements devraient être étendus à l’entreprise fusionnée et constituer ainsi un seuil minimum de protection du principe.

Guilhem Fenieys

Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington

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Vimeo, le nouveau repère des chercheurs de talents

Date: 08/04/2014

A l’heure où les différences entre festivals en ligne et festivals physiques s’estompent, l’industrie cinématographique, toujours à la recherche de nouveaux talents, se prend d’intérêt  pour les recommandations du personnel de Vimeo (« Staff Picks »). Au même titre que Cannes ou Sundance, Vimeo est aujourd’hui devenu le nouveau repère des chercheurs de talents. Le monde du cinéma indépendant se réunit autour de Vimeo en 2007 lorsque le groupe lance le premier lecteur multimédia haute définition, quelques mois seulement avant le lancement des premiers Reflex numériques HD. Par la suite, la Haute Définition devient la norme sur Internet mais Vimeo reste la plateforme d’hébergement préférée des réalisateurs. Pour cause, le site propose une méthode de compression des fichiers HD inégalée tout en restant exempt de publicités et de fenêtres pop-ups. « Nous croyons au caractère sacré de l’image. Nous offrons aux réalisateurs le meilleur public possible ainsi qu’une expérience visuelle optimale » explique Jeremy Boxer, Directeur artistique de Vimeo, au Hollywood Reporter. En 2008, Vimeo instaure les Staff Picks, une sélection des coups de cœur des salariés de l’entreprise. Cette initiative permet de mettre en évidence quelques-unes des meilleures œuvres présentes sur le site. Fort de sa popularité croissante, la société compte aujourd’hui quatre curators (programmateurs) à plein-temps et choisit cinq vidéos par jour. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que le logo des Staff Picks soit un laurier comme dans de nombreux festivals de films. « Auparavant, un réalisateur ne pouvait compter que sur les festivals pour attirer l’attention des studios. Il lui fallait réunir les bonnes personnes dans une salle de 150 places. De nos jours, une œuvre peut atteindre 90,000 vues en un weekend tout en atteignant les bonnes personnes. Une majorité des agents d’Hollywood et des boîtes de production suivent attentivement nos Staff Picks pour ne rien manquer de notre site. » affirme Jeremy Boxer. Désormais, la plupart des festivals acceptent des films déjà diffusés en ligne et la visibilité des Staff Picks s’en trouve renforcée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : cette année, parmi les sélections du personnel de Vimeo, on compte une nomination pour les Goyas (Lucas), une nomination pour les Oscars (Feral) et une victoire au BAFTA dans la catégorie meilleur court métrage (Room 8). Une meilleure visibilité suscite des collaborations et génère de nouveaux contacts, comme l’explique le scénariste/réalisateur Saman Kesh au Hollywood Reporter: « J’ai lancé mon compte Vimeo à l’été 2009 simplement car j’appréciais l’interface et leur méthode de compression des fichiers HD qui dépasse de loin celle de Youtube. J’étais loin de me douter que, deux mois plus tard, mon premier travail serait sélectionné par l’équipe du site et gagnerait le soutien de la communauté Vimeo. » Fort du succès de sa première réalisation, Cinnamon Chasers – Luv Deluxe, Saman Kesh  a vu de nombreuses portes s’ouvrir. Les collaborations s’enchainent - comme celle avec Calvin Harris - et l’artiste a obtenu le financement de son premier long métrage par un grand studio américain. « Nous vivons dans un monde où des vidéos d’animaux comptent plusieurs millions de vues sur Youtube. Ce qui nous importe n’est pas autant la quantité mais la qualité des vidéos que nous proposons », précise le directeur artistique de la société. « Les internautes sont à la recherche d’œuvres originales et créatives. Chez Vimeo, la créativité devient virale. » How Vimeo’s Staff Picks Became the Next Great Talent Finder, The Hollywood Reporter, 19 mars 2014

Adapté de l’anglais par Romain Rancurel.

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