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Les tablettes, un marché en mutation : quels effets pour l’industrie musicale ?

Date: 26/09/2014

Les ventes de tablettes sont en déclin et le type de tablettes vendues change ce qui affecte les habitudes de consommation de la musique sur support mobile. On constate que les ventes de tablettes ne sont plus aussi importantes qu’auparavant et ce à tous les niveaux : au second semestre Apple annonce une diminution de 9%, IDC constate une réduction régulière des expéditions, et Best Buy confirme un fort déclin de ses ventes de tablettes. Cependant, selon Ben Bajarin (analyste chez Creative Strategies), ce marché  n’a certes plus la même croissance démentielle de ces dernières années mais il est toujours en croissance et à un taux inférieur. Il y a quelques temps les tablettes apparaissaient comme la dernière acquisition indispensable. L’industrie musicale était alors enthousiaste à la vue de cette innovation et des possibilités de développement qu’elle représentait. Cependant, ce produit s’est rapidement généralisé et les attentes ont changées : la taille des écrans des smartphones a augmenté, rendant moins utile l’utilisation des tablettes et leur durée de vie est un autre facteur ; les tablettes se remplacent moins souvent et demeurent alors  des produits non essentiels (elles sont souvent partagées par plusieurs utilisateurs). On remarque aussi une augmentation du nombre de consommateurs d’applications musicales (+4% en 6 mois sur les smartphones). Cette croissance se fait  plus rapidement sur smartphones mais les consommateurs ont tendance à les utiliser plus longtemps sur tablette, l’expérience étant souvent plus qualitative que sur les téléphones. Les tablettes sont plus adaptées au e-commerce et le montant des dépenses est plus proche de celui dédié aux ordinateurs qu’aux portables. Le nombre de personnes qui achète via les tablettes augmente davantage que celui sur téléphone portable et ce chiffre est encore plus important entre les utilisateurs d’iPad et de tablettes Android.  Enfin, les applications musicales qui amènent à une expérience passive  - de type streaming audio ou de vidéos– sont d’autant plus utilisées sur Smartphone que les applications aux contenus plus actifs et expérientiels. Plus d’informations sur : Billboard

Information fournie par le Bureau Export de la musique à New York

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La réalité augmentée et le futur de l’édition

Date: 17/09/2014

Après avoir travaillé dans diverses maisons d’édition, Bruce Harris est maintenant consultant, et il adore ça. Travailler seul lui laisse plus d’espace pour innover. « J’ai eu une carrière fantastique », dit-il, « j’ai travaillé chez Crown, Random House, Worman… je n’aurais pas pu espérer mieux. Ces dix dernières années ont été merveilleuses ». La réalité augmentée En ce moment, Harris travaille avec des auteurs et des éditeurs pour trouver ce qu’il appelle “les stratégies éditoriales du XXIème siècle”. L’une des nouvelles stratégies qui lui plaît particulièrement est celle de la réalité augmentée (RA), qu’il a eu la chance d’expérimenter lorsqu’il a travaillé sur le projet d’Anomaly, un roman graphique de 370 pages imaginé par Skip Brittenham, avocat spécialisé dans le droit du spectacle, et l’illustrateur de bandes dessinées Brian Haberlin. Avec la RA, une incrustation digitale permet aux créateurs d’ajouter du contenu multimédia sur le papier. Les lecteurs téléchargent une application et scannent les pages à l’aide de leur smartphone ou de leur tablette, sur lesquels apparaissent du contenu supplémentaire tel que des vidéos, du son, des liens vers des sites internet ou des réseaux sociaux, entre autres possibilités. Pour Harris, la réalité augmentée est une véritable rencontre entre le numérique et l’imprimé. « On utilise ses appareils pour découvrir plus de contenus. Le contenu est attrayant au point de vue numérique et permet des interactions, mais le livre imprimé est nécessaire pour accéder à ce contenu ». En quelque sorte, selon Harris, le numérique est resté « une expérience figée comme l’imprimé » : le lecteur a affaire aux mêmes contenus sur les supports numériques et imprimés. Avec la RA au contraire, « il y a du mouvement, de l’audio, et de nombreuses fonctionnalités en supplément du contenu écrit ». La plupart des projets dont s’occupe Harris en ce moment sont créés en partenariat avec des artistes autoédités, comme c’était le cas pour Anomaly et Modernist Cuisine, une collection de cinq ouvrages de Nathan Myhrvold, au prix de 625$, qui s’est vendue dans le monde à plus de 150 000 exemplaires. L’un des attraits principaux de ce type de projets est la capacité de cibler un marché spécifique. « Ce que je fais avec mes clients, c’est que je me concentre sur les particularités du contenu qu’ils me proposent pour identifier la manière dont il doit être mis en forme, commercialisé et vendu ». Harris considère que les grandes maisons d’édition ne sont pas assez spécialisées. « Les grandes entreprises d’aujourd’hui n’ont pas assez de temps à consacrer à un grand nombre des ouvrages qu’elles publient et donc ne leur donnent pas l’attention dont ils auraient vraiment besoin avant d’être mis sur le marché. Aujourd’hui, pour ainsi dire, on peut mieux réussir en étant en dehors des systèmes d’édition traditionnelle plutôt qu’à l’intérieur. Les grandes maisons doivent gérer des centaines et des centaines de titres ». L’autoédition, en revanche, n’est pas faite pour les timorés : elle demande un investissement important en termes de temps et d’argent, dit Harris. « Un auteur qui se dit ‘je vais mettre ça sur Facebook et il va se passer quelque chose’ fait preuve de naïveté. On travaille dans un pays gigantesque où la concurrence règne. On ne peut pas travailler autant pour rien ». Harris voit des auteurs s’impliquer de plus en plus dans la promotion de leurs ouvrages : « Il existe des moyens créatifs de faire participer les auteurs à la discussion, et beaucoup de choses pourraient être faites pour que les auteurs soient représentés sur internet et dans les médias comme des experts dans un domaine particulier et non pas simplement comme des gens qui ont écrit un livre ». Pour illustrer ses propos, Harris mentionne un livre chez Skyhorse intitulé Why Planes Crash, dont l’auteur, David Soucie, est devenu un expert régulièrement consulté par la chaîne CNN. Innovation dans une industrie en évolution L’avènement du numérique et de l’autoédition n’a pas été une surprise pour Harris. « Ce n’est pas la première décennie qui voit des mutations importantes. Depuis que je suis arrivé dans cette industrie il y a 50 ans, chaque décennie a subi des bouleversements. Ce qui change aujourd’hui c’est bien entendu le support, de l’imprimé au numérique ». De son point de vue d’indépendant, Harris a maintenant un regard affirmé sur les manières dont les éditeurs s’adaptent aux modifications du secteur, et ce à quoi ils ne s’adaptent pas. Surtout, il considère que l’édition de livres a bien mieux supporté la « révolution » numérique que ne l’ont fait d’autres secteurs comme celui de la musique ou du cinéma. « La bonne nouvelle, c’est que les gens ont toujours l’air d’avoir envie d’un contenu qui dure, et les livres en font partie ». Harris s’inquiète en revanche du fait que les centres d’intérêt de ses clients sont de plus en plus restreints. Les nombreuses librairies indépendantes qui offraient aux consommateurs un choix de livres complètement inattendus lui manquent. « Je pense qu’en un sens, cela a grandement affecté le fait de découvrir. Avant, on pouvait entrer dans beaucoup plus d’endroits susceptibles d’avoir des contenus qui nous intéressaient, même si l’on ne s’y attendait pas forcément. Les gens sont maintenant obligés d’aller dans des directions de plus en plus restreintes. C’est vrai pour la politique et pour la culture, et c’est une tendance qui m’inquiète un peu ». Harris est un grand fan de livres illustrés et déclare “Je me suis inquiété du futur des livres illustrés au moment où les ventes de livres d’art et de photographie se sont écroulées ». Cependant, les nouvelles stratégies éditoriales le rendent plus optimiste. « Avec la réalité augmentée et d’autres technologies qui vont naître, nous serons capables d’avoir un nouveau regard sur l’illustré ‘longue durée’ ». Il attend avec impatience l’arrivée de celui qu’il appelle « notre Shakespeare numérique », c’est-à-dire un « génie créatif » qui saura utiliser ce format pour créer le mariage parfait entre le numérique et l’imprimé. Lorsqu’on lui demande d’où il pense que les innovations du futur vont provenir, Harris répond qu’“elles ne viendront pas d’un éditeur, mais d’un auteur/créateur”. Pour illustrer son propos, il fait référence à son travail avec Douglas Adams, auteur de l’ouvrage The Hitchikers’ Guide to the Galaxy (Le Guide du voyageur intergalactique) publié chez Crown. « Lorsque j’ai rencontré Douglas Adams dans les années 1980, il a été la première personne à m’expliquer ce que allait devenir l’Internet. Il me manque beaucoup. Ce sera quelqu’un comme lui ou William Gibson – une personne qui a un sens de la technologie et qui comprend l’illustré – quelqu’un qui va vraiment pouvoir transformer tout cela en quelque chose de génial ». Harris s’intéresse beaucoup au processus créatif. « J’ai beaucoup réfléchi à la créativité. Les gens pensent que les nouvelles idées arrivent aux gens comme par magie, mais ce n’est pas ainsi que cela se passe. La création est généralement la synthèse du travail de quelqu’un qui sait quelque chose dans un domaine et qui applique ses connaissances à un autre domaine ». Harris a hâte de voir comment les processus créatifs pour l’imprimé et le numérique vont se développer dans le monde éditorial. « Nous arrivons au moment où une ou plusieurs personnes vont parvenir à créer un tout nouveau mode de divertissement, mais avec du vrai contenu ».   Augmented reality and the future of books, de Lynn Rosen, 7 août 2014   Retrouvez les actualités récentes du livre numérique sur le marché nord-américain dans la newsletter trimestrielle des Ambassades de France à New York et à Ottawa. S'abonner à la newsletter

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Hachette révèle la part d’Amazon dans ses ventes de livres numériques

Date: 14/07/2014

Lors d’une présentation aux investisseurs, le groupe Hachette a révélé qu’Amazon détient 78% de ses ventes de livres numériques au Royaume-Uni et 60% aux Etats-Unis.La présentation, rendue publique sur le site internet de la compagnie et diffusée auparavant par Publishers Marketplace a permis d’éclairer sous un jour nouveau les difficultés de la relation entre Hachette et Amazon aux Etats-Unis, difficultés notamment liées à la suppression de la possibilité de pré-commander certains titres du groupe Hachette livre. Une autre question a été soulevée lors de la présentation, concernant la nécessité d’un rééquilibrage entre les opérations de la compagnie aux Etats-Unis et Au Royaume-Uni. Le rapport montre qu’aux Etats-Unis  60% des ventes de livres numériques du groupe  Hachette se font via la plateforme Amazon, suivi de 19% par Barnes & Noble,  13% via l’iBooks d’Apple, tandis que les autres revendeurs se partagent la part du gâteau restante, soit 8%. Les chiffres suggèrent que si le conflit avec Hachette débordait sur le Royaume -Uni, comme certains spécialistes de l’industrie le craignent, l’éditeur serait plus atteint, puisque Amazon détient d’ores et déjà 78% des parts de vente des livres numériques du groupe  Hachette au Royaume-Uni, suivi par les 12% d’Apple, les 5% de Kobo, et les 5 % restants partagés entre Google, Nook et OverDrive. Le rapport indique que : « Les éditeurs font maintenant face à des adversaires technologiques gigantesques qui jouissent d’un pouvoir de négociation considérable », ils obéissent à « une logique économique différente de celles des détaillants traditionnels ». Hachette a déclaré que le marché du livre numérique est « sur le point » de se stabiliser aux Etats-Unis autour de 25 à 35% et à 35% au Royaume-Uni d’ici 2017. En France, les livres numériques ne constituent que 10 à 15% des ventes de livre, avec Hachette en tête, selon l’éditeur. Le rapport indique également que depuis 2007, Hachette avait fait tout son possible pour encourager une plus grande compétitivité avec ses partenaires de vente de livres numériques afin d’éviter une « domination importante de la chaîne » par le développement d’un grand réseau de clients composé de compagnies locales et internationales. Pour l’éditeur, un regroupement est inévitable, indique le rapport qui rappelle l’exemple sur la fusion de Penguin et Random House l’année dernière, ou encore le cas de l’acquisition d’Harlequin par HarperCollins plus tôt cette année. « Les éditeurs ont besoin de se renforcer afin de conserver de bonnes relations avec leurs auteurs notamment au sujet des tarifications et de la distribution des livres », a déclaré Hachette. L’une des “priorités stratégiques”  du groupe Hachette est de consolider sa position sur le marché est de rééquilibrer ses opérations entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne. L’éditeur a déclaré qu’il était en recherche active de bestsellers internationaux avec des droits mondiaux et qu’il se concentrerait davantage sur le marché américain de façon à « identifier, acquérir et cultiver les meilleurs auteurs, titres et licences afin de maintenir [sa] position de leader sur tous les marchés » parce que « ces talents se trouvent principalement aux Etats-Unis ». Il d’illustre cette idée en prenant le cas Goldfinch de Donna Tartt, récompensé par le prix Pulitzer. Hachette a reconnu que le marché du livre aux Etats-Unis était plus important qu’au Royaume-Uni en ce qui concerne le lectorat et le nombre de nouveaux titres publiés, et qu’il était davantage « nécessaire pour eux de devenir un plus gros acteur aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni afin d’obtenir assez de cessions de droits ». L’implantation historique d’Hachette au Royaume-Uni est la conséquence d’un portefeuille de titres biaisé entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et du fait que les éditeurs britanniques du groupe se voyaient « fournis de manière insuffisante en titres américains » par le groupe Hachette Livre. Les auteurs les plus vendus du groupe Hachette au Royaume-Uni n’étaient pas publiés par le reste du groupe mais au contraire par des concurrents aux Etats-Unis, à l’instar de Stephen King ou Harlan Coben. Par conséquent, l’éditeur a souhaité « rééquilibrer le poids de ses filiales américaines et britanniques ». Hachette a déclaré qu’il était certain que les éditeurs dits traditionnels resteraient plus attractifs pour les auteurs que les éditeurs « alternatifs » en raison des « services exclusifs » qu’ils peuvent offrir aux auteurs tels que les à-valoir, une réelle expertise éditoriale, une force de marketing et de vente. Hachette reveals Amazon digital sales share, The Bookseller, 12/06/2014 Retrouvez les actualités récentes du livre numérique sur le marché nord-américain dans la newsletter trimestrielle des Ambassades de France à New York et Ottawa. S’abonner à la newsletter / Découvrir le dernier numéro

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Avec ComiXology, Amazon fait l’acquisition d’un pilier de l’empire de la bande dessinée

Date: 06/05/2014

ComiXology-Comics-AppAmazon a acheté ComiXology. L’information est d’une importance capitale : elle signifie que la plus grande plateforme mondiale de vente de livres en ligne détient à présent la compagnie qui a permis au circuit distribuant les bandes dessinées au format numérique d’atteindre le grand public, forçant par la même occasion les grandes maisons d’édition telles DC et Marvel à publier une offre numérique en même temps que la sortie du livre papier. On ne saurait minimiser le rôle de ComiXology dans l’univers de la bande dessinée numérique et dans la transition de l’imprimé vers le numérique. Mais ce n’est pas le seul avantage qu’Amazon obtient avec ce rachat. Amazon acquiert aussi du même coup les contacts professionnels noués par ComiXology avec les principaux éditeurs de bande dessinée, dont font partie Marvel et DC. Il  accède à l’exploitation des licences des produits dérivés en version numérique issus des productions cinématographiques à grand succès comme The Avengers, Spider-man ou encore X-Men, pour n’en citer que quelques-unes. Amazon a récemment signalé vouloir associer ses gammes de produits entre elles, notamment avec le lancement de la Fire TV. La Fire TV est présentée comme un lecteur compatible avec la gamme d’appareils Kindle Fire. On peut jouer aux jeux vidéo tout en enregistrant un programme grâce au partage d’écran, et de nombreuses autres fonctionnalités sont à venir. Le fait que ComiXology fasse désormais partie du catalogue Amazon ouvre des opportunités de développement multiplateformes et transmédia pour les bandes dessinées numériques. On connaît le potentiel des applications adaptées des productions de film Marvel, mais on peut imaginer également une prolongation aux jeux vidéo. Il eût été difficile de trouver meilleur candidat pour Amazon que ComiXology. La compagnie est parfaitement en phase avec les ambitions d’Amazon dans l’univers numérique, et a également accompli bon nombre d’actions pour améliorer l’état de la BD numérique en général. Grâce à ce rachat, Amazon obtient la première plateforme de distribution de BD numériques, et accède aussi à de multiples possibilités de ventes et publicités croisées. Quand on cherche à bâtir un empire de media et de supports de contenu, ce n’est pas une mince victoire. Mise à jour : Le 11 avril dernier, Amazon rachetait ComiXology, plateforme de distribution de bande dessinées numérique et par la même occasion, les applications iOS et Android. Auparavant, à travers ces applications, Apple et Google prenaient au passage une petite commission lors de l’achat de chaque BD. Or, à présent, à travers une mise à jour, Amazon a supprimé l’achat via ces applications, obligeant les lecteurs à acheter leurs ouvrages via le site mobile de la marque. Les lecteurs sont désormais contraints de restaurer leurs livres achetés et de naviguer sur un site moins ergonomique. With Comixology, Amazon Acquires A Piece Of The Comic-Based Media Empire, Techcrunch, 13 avril 2014 Retrouvez les actualités récentes du livre numérique sur le marché nord-américain dans la newsletter trimestrielle des Ambassades de France à New York et Ottawa. S’abonner à la newsletter / Découvrir le dernier numéro

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Les livres électroniques n’ont pas sonné le glas des librairies indépendantes qui font leur grand retour

Date: 21/01/2014

Les librairies en phase terminale ? Borders, Barnes & Nobles mortes toutes les deux ou presque ? Le triomphe d’Amazon ? Les livres numériques comme l’alpha et l'oméga de la lecture ? Pourtant en centre-ville, à Frederick, Marlene et Tom England défient l'avenir : ils viennent d'ouvrir la librairie L'iguane Curieux. La librairie propose des livres… imprimés. Des livres de non fiction. De recueils de poèmes. Des nouvelles. Dingue, non ? Certaines personnes le pensent certainement en passant devant ce lieu. « Je les entends dire : « une librairie ? Qui veut encore ouvrir une librairie de nos jours ? » Et Marlene d’ajouter: « Comme la porte est ouverte, je peux vous entendre vous savez ? ». Marlene ne s'est pas aventurée à l'extérieur de la librairie pour démentir les propos de cet oiseau de malheur mais si elle l'avait fait elle aurait simplement répliqué ceci : les librairies indépendantes ne sont pas mortes. En fait, dans les centres urbains, là où les communautés culturelles sont les plus denses, elles font même leur grand retour. Dans le monde de «  l'e-récit », leur résurgence serait portée par la croissance de l'ebook qui s'est stabilisée. (…) Entre ceux qui ne peuvent pas abandonner complètement le plaisir de tourner la page, ceux dont les pratiques sont mixtes et l’anticipation des détaillants avisés qui ont inscrit leurs magasins dans la mouvance du "Buy Local" et comme lieux alternatifs au "tout connecté"… L'association des libraires américains (American Booksellers association), représentant les librairies indépendantes, explique que si ses adhésions plafonnaient à 1600 membres jusqu’en 2008, elles viennent de croitre de 6,4 % en 2013 pour atteindre 2022 membres. Leur chiffre d’affaires a augmenté de 8 % en 2012. Et la tendance se poursuit. (…) À l'échelle du pays, alors qu’on assiste toujours à des fermetures de libraires indépendantes en raison des difficultés du secteur, les ouvertures sont maintenant plus fréquentes que les fermetures. World, le libraire indépendant de Brooklyn, vient d'ouvrir une nouvelle antenne en lieu et place d'un vieux Burger King à Jersey City. Bookbug, à Kalamazzo, Michigan, vient de doubler sa surface. La romancière Ann Patchett, a ouvert un magasin à Nashville. Sans compter les ouvertures à St Louis, Durham, NC et ailleurs. Comme le déclare Marlene England : « nous n'avons jamais succombé au climat de "fin du monde" », « on ne voit que les gros titres, mais il faut creuser profondément pour observer ce qui se passe réellement ». Cette année, la résurgence des "indé" est même devenue le sujet principal du monde de l'édition. Le magazine Publisher Weekly, la bible professionnelle du secteur, nommait le mois dernier Oren Teicher, le directeur exécutif de l'American Booksellers association, personne de l'année, un honneur détenu avant lui par l'auteur de Fifty Shades of Gray de E. L James et Jeffrey P. Bezos, le fondateur d'Amazon et propriétaire du Washington Post, l'ennemi des libraires indépendants. (…) Il y a encore 25 ans, les indépendants étaient déjà voués à disparaitre, quand Waldenbooks s'est installé dans les centres commerciaux. Puis quand Barnes et Nobles est venu avec ses fameuses sélections et ses fauteuils confortables. (…) Tout comme quand Amazon a lancé ses prix bas et ses livraisons rapides. « Je crois que ce que nous avons vu comme la mort inévitable du commerce physique de détail était en fait une grosse exagération" déclarait Laura J. Miller, professeur de sociologie et auteur de Reluctant Capitalists : Bookselling and the Culture of Consumption.  « Les gens aiment fréquenter les boutiques physiques "Brick and Mortar" pour de nombreuses raisons, et plus particulièrement les librairies parce qu’elles offrent une expérience en plus de l’achat utilitaire ». C’est aussi ce qui a motivé la décision de Tom England lors de l’ouverture de l'Iguane Curieux, pouvoir offrir ce « quelque chose en plus ». C’est ce qu’ils ont initié en se spécialisant dans un certain art de la vente. En ouvrant en premier lieu, un magasin de jouets très populaire le "Dancing Bear", spécialisé dans les jouets sans batteries. (…) les ventes de Dancing Bear augmentant chaque année. Tom England précise : «  Je pense que chacun a le désir de revenir aux choses simples. Les enfants recommencent à jouer aux jeux comme Risk. Les gens recherchent un contact physique avec ces objets. Et veulent être un peu "low-tech" ». Les England désiraient ouvrir un second magasin de jouets, dans une autre ville, mais ils sont très attachés à leur ville et ont pris conscience qu'il s'y passait quelque chose de particulier : une renaissance, alimentée par les épiceries haut de gamme, les cafés branchés… Comme la section « Livres pour enfants » de leur magasin explosait, ils ont d’abord pensé ouvrir une librairie pour enfants. Mais les habitants de Frederick les ont poussés à ouvrir une librairie générale pour le bénéfice de tous.  Les statistiques montrant que les ventes des librairies indépendantes repartaient à la hausse les ont convaincus. Ils ont alors fait un énorme pari en déplaçant leur magasin de jouets de la rue principale au coin de la rue et en y installant l'Iguane Curieux. Les murs de la librairie ont une couleur chaude, des lumières cosy. Le plancher de bois blanc craque. Et ils ont enfin confié au magasin une mission supplémentaire, le partage d'une partie des bénéfices avec des organisations internationales à but non lucratif. Les ventes sont plus fortes qu'attendues. "Nous sommes à la recherche de lieux intimes, plus petits, comme celui-ci où les livres sont choisis et respectés. C'est plus qu'une simple librairie" comme le souligne une cliente. Ryan Young, 38 ans, vient de dépenser 130 $ de livres (livres de cuisine, livres pour enfants et des livres grand format). Elle dit tout haut ce que beaucoup d'acheteurs de livres n'oseraient pas déclarer dans une librairie indépendante : « je suis membre d'Amazon Prime et je possède un kindle. Mais rien ne remplace le plaisir de tenir un livre dans les mains ». Young est un profil émergent plutôt favorable aux libraires indépendants : elle est une lectrice hybride. Environ 64 % des acheteurs de livres aux États-Unis préfèrent lire dans les deux formats, imprimé et digital, selon le Codex Group, qui sonde régulièrement des panels de lecteurs. (…) Marlene England n'est pas choquée par ces remarques à propos d'Amazon : « ce n'est pas tout blanc ou tout noir. On ne doit pas se sentir coupable d'acheter des livres numériques. Nous le faisons tous. » Les livres électroniques n'ont pas submergés la librairie comme de nombreux experts le prévoyaient il y a 5 ans. Les statistiques de l'année montrent que les ventes de livres électroniques ont augmenté de 5 % au premier trimestre comparativement à 28 % en 2012 et 159 % en 2011. « La courbe de croissance s'est stabilisée, ce qui est une bonne nouvelle pour nous » a déclaré Bradley Graham, un ancien journaliste du Washington Post, qui possède la librairie Politics and Prose, avec sa femme Lissa Muscatine. Mais de nombreux propriétaire de librairies indépendantes, dont Graham, admettent que les livres électroniques font aussi partis de l'avenir de l'industrie du livre, c'est pourquoi ils adoptent cette technologie. En partenariat avec Kobo, un concurrent d'Amazon, Politics & Prose et d'autres librairies indépendantes vendent le reader de cette société, ainsi que des livres électroniques en contrepartie d’une perte de part de marché. Ce partenariat n'apporte pas à la librairie un chiffre d'affaires significatif contrairement aux autres nouveaux services proposées par le magasin : les lectures quotidiennes d'auteurs, les ateliers et les conférences payantes, les voyages thématiques en lien avec le livre. Depuis peu, la boutique a ajouté la vente de bière et de vin aux événements de la librairie. Malgré tout, pour les experts de l'édition, les libraires indépendants ont encore 5 à 10 ans de lutte pour assurer leur survie (…). Les lycéens (les clients potentiels de demain) apprécient le cartable électronique et le risque est fort qu'ils ne deviennent jamais ces clients hybrides. En outre, Amazon ne faiblit pas sur sa politique prédatrice en matière de prix, en particulier sur les Best-Sellers. Enfin, la disparition de Barnes&Nobles serait catastrophique pour l'industrie du livre…(…) « Je pense que les indépendants profitent d'un moment de répit » déclarait Al Greco, de l'université Fordham. Mais comme le souligne Tom Englands, « nous connaissons les risques et savons parfaitement où nous mettons les pieds »… Independent bookstores turn a new page on brick-and-mortar retailing, The Washington Post, 15/12/2013 - Traduction d’Hélène Clemente, Syndicat de la librairie française Retrouvez les actualités récentes du livre numérique sur le marché nord-américain dans la newsletter trimestrielle des Ambassades de France à New York et Ottawa. S’abonner à la newsletter / Découvrir le dernier numéro

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La prochaine série de Disney sera diffusée d’abord sur tablette

Date: 12/11/2013

Fin novembre, Disney lancera la série Sheriff Callie’s Wild West en exclusivité sur l’application Watch Disney Junior App, accessible sur tablettes et smartphones. La série sera ensuite diffusée à partir du début de l’année prochaine sur les chaînes traditionnelles, Disney Channel et Disney Junior. « C’est une approche totalement nouvelle » déclare Nancy Kanter, Executive Vice-President de Disney Junior Worldwide, filiale dédiée aux enfants de 0 à 7 ans. Disney s’est rendu compte que les enfants, cœur de cible du groupe, ont rapidement adopté les tablettes numériques. D’après une étude interne, plus du tiers des foyers ayant des enfants dispose d’une tablette, cela correspond à une augmentation de 40% par rapport à l’année dernière. L’ergonomie et l’interface des iPads leur sont parfaitement adaptées. La tablette permet notamment le binge-watching, c’est-à-dire de regarder plusieurs épisodes d’une série d’affilée. « Nous recevons beaucoup de mails de pères nous remerciant de leur avoir rendu leur télévision » confie Albert Cheng, le Digital Media Chief du groupe Disney-ABC Television. Depuis son lancement en juin 2012, l’application Watch Disney Junior App a été téléchargée 5 millions de fois et les vidéos ont généré plus de 650 millions de « vus ». Devant ce succès, Disney a décidé d’offrir un nombre plus important  d’« appisodes », épisodes interactifs de séries phares comme Sofia the First ou Doc Mcstuffins. En programmant des séries sur d’autres supports que la télévision traditionnelle, Disney suit le mouvement de la « TV Everywhere », la mise à disposition d’un même programme à la télévision, sur ordinateur, smartphone, tablette et console de jeux. Pour pouvoir profiter de l’application sur tablette, il faut déjà être abonné au câble Disney. La firme espère ainsi conserver les téléspectateurs qui utilisent les nouveaux écrans. Enfin, Disney développe aussi cette stratégie de programmation pour iPad afin de répondre à la concurrence. La chaîne Nickelodeon, spécialisée dans les dessins animés, a lancé en février dernier une application proposant des jeux et des séries pour enfants. Elle a rencontré un tel succès qu’elle a été récompensée par un Emmy Award du « meilleur média interactif ». Nickelodeon a également annoncé le lancement d'une nouvelle application destinée aux jeunes enfants, Nick Jr. App, au printemps prochain. Disney show will appear first on app for tablets, de Brook Barnes, New York Times, 27 octobre 2013 Joachim Gautier

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MTV lance sa nouvelle série sur son application mobile

Date: 12/11/2013

MTV vient de lancer Wait Till Next Year, une nouvelle série sur une équipe de football américain au destin malheureux. Une semaine avant la diffusion du premier épisode à la télévision, l’ensemble de la saison était disponible sur l’application mobile de MTV. Cela marque une nouvelle étape dans l’évolution de la relation entre la télévision traditionnelle et les nouvelles plateformes de diffusion. Evidemment cette nouvelle stratégie pourrait s’avérer risquée pour la chaîne dont le modèle financier repose toujours largement sur les recettes publicitaires et donc sur le nombre de téléspectateurs. Mais Kristin Frank, vice-présidente du « contenu connecté » chez MTV, espère que les personnes qui auront découvert la série sur l’application la regarderont aussi à la télévision, ou en parleront et contribueront ainsi à faire le buzz sur les réseaux sociaux notamment. L’application gratuite de MTV, lancée en juin dernier a été téléchargée plus de 2 millions de fois. Elle est disponible sur iPhones, iPads, iPods et Xbox 360, et le sera bientôt aussi sur Android. Lors de sa campagne « Flock to Unlock » autour du documentaire Miley : The Movement, MTV avait déjà utilisé les réseaux sociaux pour gagner des téléspectateurs : l’application donnait accès à des contenus supplémentaires à condition de promouvoir l’émission via Twitter. Pendant l’expérience Miley : The Movement, MTV dit avoir vu le nombre de téléchargements de l’application augmenter de près de 82% semaine après semaine. MTV launches new series on app before TV premiere, Entertainment Weekly, 25 octobre 2013 Joachim Gautier

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Une bibliothèque 100% numérique ouvre ses portes à San Antonio

Date: 17/10/2013

La nouvelle bibliothèque de San Antonio, entièrement digitale – proposant jusqu’à 10 000 livres numériques et 500 e-readers – ressemble à une boutique Apple. Mais cet espace virtuel peut-il encore être appelé une bibliothèque ? Jamais vous n’auriez imaginé que le créateur visionnaire de la première bibliothèque publique virtuelle des Etats-Unis puisse s’appeler Nelson Wolff, juge du comté de Bexar (Texas). En effet, l'ancien maire de San Antonio ne possède pas de e-reader (« je refuse de lire des livres numériques ! », clame-t-il) et pendant des années, il a collectionné les premières éditions papier des romans modernes. Dans les années 1990, Wolff a aidé à édifier la bibliothèque publique de San Antonio : 240.000 mètres carré, six étages, et un coût de construction de 50 millions de dollars. Un bâtiment dont la ville ne sait plus que faire. Aujourd’hui, Wolff affirme qu’il ne construirait plus un lieu aussi vaste. Mais « il y a 20 ans, qui aurait cru que nous en serions là où nous en sommes aujourd'hui ? » déclare-t-il. Samedi 14 septembre 2013, la bibliothèque entièrement numérique du comté de Bexar – une surface de 4 000 mètres carrés ayant coûté 2,4 millions de dollars – ouvre au public. Les financements de la bibliothèque proviennent des impôts du comté (1,9 millions de dollars) et de dons privés (500 000 dollars). Ce nouvel espace, également connu sous le nom de BiblioTech, ressemble à une boutique Apple aux teintes orangées et abrite dans ses murs 10.000 e-books, 500 e-readers, 48 ordinateurs et 20 iPads et ordinateurs portables. Il dispose d'un espace destiné aux enfants, de salles d'étude et d’un café Starbucks. Et surtout, il ne contiendra aucun support imprimé. Ce n'est pas la première fois qu’une bibliothèque publique américaine tente de se délester du papier. En 2002, le réseau des bibliothèques publiques Tucson-Pima en Arizona a ouvert une succursale ne disposant d’aucun livre. Après quelques années, la bibliothèque a fini par en proposer de nouveau : les usagers ont exigé leur retour. « Je ne pense pas que les gens puissent vraiment imaginer une bibliothèque sans aucun livre », déclare Susan Mari, directrice de la bibliothèque de Santa Rosa. Pourtant, l'idée d’une bibliothèque sans livres ne semble plus si audacieuse aujourd’hui, compte tenu du passage progressif vers le tout numérique. En fin d’année 2012, 23 % des Américains âgés de 16 ans et plus lisaient des livres électroniques, soit 16 % de plus que l'année précédente, tandis que la proportion de ceux qui lisent des livres imprimés a baissé de 72 à 67 %, selon le Pew Research Center. Une bibliothèque entièrement numérique soulève cependant une question fondamentale : une bibliothèque sans livres reste-t-elle véritablement une bibliothèque ? « La bibliothèque n'est plus un lieu où vous allez pour chercher des livres », explique Maureen Sullivan, le président de The American Library Association. « C’est maintenant un lieu qui frappe immédiatement par la diversité des usages qui en sont faits ». Dans tout le pays, plusieurs bibliothèques publiques ont subi des transformations radicales pour répondre aux besoins des usagers. Le déplacement et le renforcement des collections de livres ont permis d’introduire des espaces numériques qui peuvent facilement s'adapter aux nouvelles technologies. YOUmedia, de la bibliothèque publique de Chicago, propose aux adolescents un espace où ils peuvent créer des contenus numériques tels que des podcasts et des jeux vidéo. Le réseau des bibliothèques publiques du district de Columbia et celui de Columbus Metropolitan dans l'Ohio sont en train de rénover plusieurs de leurs sites pour aménager des zones entièrement numériques et des open space permettant aux usagers de travailler ensemble. L’Université d’Arizona et le réseau des bibliothèques publiques de Scottsdale sont même en train de collaborer pour attirer les petites entreprises et les entrepreneurs afin que ces derniers travaillent pour les bibliothèques publiques de l’Etat. Alors que beaucoup de bibliothèques se transforment en centres numériques interdisciplinaires, certaines essaient de plus en plus d’aider les américains à faible revenu, en particulier depuis le début de la récession économique. À New York, 40 des 62 bibliothèques du Queens ont été rénovées en partie pour faciliter les recherches des demandeurs d'emploi. « Vous ne pouvez plus trouver un emploi aujourd'hui sans avoir accès à un ordinateur », explique Tom Galante, le directeur de bibliothèque publique du Queens. « Or, un fort pourcentage de la population ici n’en possède pas. » Quand Galante a commencé à travailler à la bibliothèque du Queens il y a 26 ans, 80% de l’énergie de la bibliothèque était mobilisée par le prêt de matériel aux usagers. Aujourd'hui, environ 30% de cette énergie est concentrée sur le prêt, et 70 % sur les programmes et les services, comme la rédaction de CV, les conseils en recherche d'emploi et les cours de langue. L'année dernière, la bibliothèque a inscrit 6.000 New-Yorkais dans des cours d’anglais, et selon l’American Library Association, les bibliothèques publiques offrent en moyenne un programme d'une journée pour chaque réseau de bibliothèques. Mais si la mauvaise santé de l’économie a accru le nombre de visites dans les bibliothèques publiques, elle a également provoqué une diminution des financements de l’Etat. De 2000 à 2010, la fréquentation des bibliothèques a augmenté de 32,7%, en partie en raison de l'afflux des usagers au cours de la récession ; mais le financement global des bibliothèques publiques n’a, lui, cessé de diminuer. En 2013, 37 % des bibliothèques ont connu une chute des financements de l'Etat, forçant les établissements à réduire leurs heures d’ouverture dans une trentaine d’Etats. Le financement reste une préoccupation constante pour les bibliothèques, mais un obstacle s’est ajouté à court terme : le conflit qui les oppose aux éditeurs sur l'accès aux e-books. Le passage au numérique ne résout pas le manque de fonds. En effet, depuis plusieurs années, les six plus gros éditeurs des Etats-Unis, qui contrôlent et se partagent le marché (connus sous le nom des Big Six et regroupant Hachette, Macmillan, Penguin Group, HarperCollins, Random House et Simon & Schuster) ont soit été réticents à la vente de livres électroniques dans les bibliothèques, soit ont fait grimper leurs prix, ce qui rend pratiquement impossible à de nombreuses bibliothèques de proposer des bestsellers numériques. Ces éditeurs sont inquiets sur le fait de vendre un produit qui n’aura jamais besoin d’être remplacé, et affirment qu’il est beaucoup plus facile pour les livres électroniques d’être partagés entre plusieurs succursales de la bibliothèque. À leur tour, les bibliothécaires contournent de plus en plus ces gros éditeurs pour se tourner vers les livres électroniques indépendants et autoédités à un coût beaucoup plus faible. Cependant, se passer des Big Six comporte des risques. Si les bibliothèques ne proposent pas les e-books que les usagers recherchent, elles peuvent entièrement décourager ceux-ci de venir. Mais Wolff n'est pas trop inquiet à ce sujet. Ses 1,2 million de dollars de budget annuel vont lui permettre d'acheter 10.000 livres numériques supplémentaires chaque année, et il a même décidé de payer plus que ce qu’il ne fallait pour la plupart des e-books stockés dans la bibliothèque. Avec le temps, il ne doute pas que les bibliothèques et les éditeurs finiront par trouver un accord servant leurs intérêts respectifs. « Comme ce marché se développe, les prix vont diminuer », dit-il. Wolff espère également que BiblioTech permettra de combler la fracture numérique de la région. Selon un sondage réalisé par ESRI, une société d'analyse géospatiale, au moins un tiers des Texans vivant dans le comté de Bexar ne disposent pas de connexion internet à leur domicile. Pourtant, ces évolutions audacieuses n'ont toujours pas convaincu Wolff d’acquérir un e-reader. Mais désormais, il bénéficie d’une option supplémentaire : « Je ne sais pas combien de temps je peux encore résister, dit-il, mais je pense qu'ils vont me laisser en emprunter un à la bibliothèque. » A Bookless Library Opens in San Antonio, de Josh Sanburn, Time U.S., 13 septembre 2013

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Apple condamné dans l’affaire de fixation du prix du livre numérique

Date: 18/07/2013

La juge fédérale Denis Cote s’est prononcée contre Apple dans l’affaire d’entente pour augmenter les prix des livres numériques par rapport au standard fixé jusqu’en 2010 par Amazon à 9,99 dollars, avec cinq maisons d’édition. La juge estime qu’une telle entente n’aurait pas été possible sans "l’orchestration effectuée par Apple". Elle a notamment mis en avant des messages électroniques échangés entre l’ancien CEO d’Apple, Steve Jobs, et des dirigeants des groupes d’édition concernés dans lequel il prône "une entente avec Apple pour créer ensemble un nouveau standard de marché entre 12,99 dollars et 14,99 dollars pour les livres numériques". Le porte-parole d’Apple a indiqué que l’entreprise allait faire appel, qu’elle considère qu’elle "n’a rien fait de mal" mais qu’elle a au contraire proposé aux consommateurs une alternative face à l’ancien monopole d’Amazon. Ce jugement portait uniquement sur la culpabilité d’Apple, un autre jugement est donc prévu pour fixer d’éventuelles sanctions.

Térence Perrod Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington

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Lancer une application : quelques conseils de professionnels présents au Media Summit 2013

Date: 15/04/2013

Au cours de la conférence Media Summit 2013, organisée à New York au mois de mars, plusieurs développeurs d’applications et responsables de start ups ont fait part de leurs expériences respectives. Selon Demir Gjokaj, CEO et co-founder de la société MONTAJ, il est essentiel pour une start up de s’associer dès le départ avec une grande marque, comme l’a fait sa société avec Kraft. Ces grandes entreprises permettent d’apporter aux start up non seulement les financements nécessaires à leur développement, mais également la crédibilité et l’accès à une base de consommateurs et de fans. Il souligne qu’il est en revanche très difficile d’avoir accès aux financements proposés par les venture capitalists (Investisseurs en capital risque) qui s’intéressent essentiellement aux gros projets. D’autre part, pour Demir Gjokaj, le lancement d’une application se fait en deux temps. Elle est d’abord mise sur le marché sans appui marketing afin de voir si l’application est partagée, commentée et quels sont les retours. Cela permet de l’améliorer. L’application correspond alors mieux aux attentes du public et  on évite ainsi de faire des changements alors que le produit a déjà plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs.Une fois les perfectionnements achevés, l’application est relancée, cette fois-ci, avec un fort support en communication. Il souligne également l’importance d’avoir un mentor, un professionnel aguerri qui, selon lui, « peut vous faire gagner 6 mois de travail ». Pour Wilson Kriegel de la start up Paltalk, il est fondamental de savoir pourquoi l’application ne plaît pas, quels sont ses défauts. Selon lui, le marketing qui suit le lancement d’une application doit être de courte durée, mais très agressif. Enfin, Ravir Gujral CEO de la start up Chute, précise que lorsqu'on lance une application, son temps doit être divisé entre la construction de cette application et sa vente : « si vous faites autre chose, arrêtez tout de suite ».

Géraldine Durand

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