Paysage Audiovisuel

Hachette révèle la part d’Amazon dans ses ventes de livres numériques

Date: 14/07/2014

Lors d’une présentation aux investisseurs, le groupe Hachette a révélé qu’Amazon détient 78% de ses ventes de livres numériques au Royaume-Uni et 60% aux Etats-Unis.La présentation, rendue publique sur le site internet de la compagnie et diffusée auparavant par Publishers Marketplace a permis d’éclairer sous un jour nouveau les difficultés de la relation entre Hachette et Amazon aux Etats-Unis, difficultés notamment liées à la suppression de la possibilité de pré-commander certains titres du groupe Hachette livre. Une autre question a été soulevée lors de la présentation, concernant la nécessité d’un rééquilibrage entre les opérations de la compagnie aux Etats-Unis et Au Royaume-Uni. Le rapport montre qu’aux Etats-Unis  60% des ventes de livres numériques du groupe  Hachette se font via la plateforme Amazon, suivi de 19% par Barnes & Noble,  13% via l’iBooks d’Apple, tandis que les autres revendeurs se partagent la part du gâteau restante, soit 8%. Les chiffres suggèrent que si le conflit avec Hachette débordait sur le Royaume -Uni, comme certains spécialistes de l’industrie le craignent, l’éditeur serait plus atteint, puisque Amazon détient d’ores et déjà 78% des parts de vente des livres numériques du groupe  Hachette au Royaume-Uni, suivi par les 12% d’Apple, les 5% de Kobo, et les 5 % restants partagés entre Google, Nook et OverDrive. Le rapport indique que : « Les éditeurs font maintenant face à des adversaires technologiques gigantesques qui jouissent d’un pouvoir de négociation considérable », ils obéissent à « une logique économique différente de celles des détaillants traditionnels ». Hachette a déclaré que le marché du livre numérique est « sur le point » de se stabiliser aux Etats-Unis autour de 25 à 35% et à 35% au Royaume-Uni d’ici 2017. En France, les livres numériques ne constituent que 10 à 15% des ventes de livre, avec Hachette en tête, selon l’éditeur. Le rapport indique également que depuis 2007, Hachette avait fait tout son possible pour encourager une plus grande compétitivité avec ses partenaires de vente de livres numériques afin d’éviter une « domination importante de la chaîne » par le développement d’un grand réseau de clients composé de compagnies locales et internationales. Pour l’éditeur, un regroupement est inévitable, indique le rapport qui rappelle l’exemple sur la fusion de Penguin et Random House l’année dernière, ou encore le cas de l’acquisition d’Harlequin par HarperCollins plus tôt cette année. « Les éditeurs ont besoin de se renforcer afin de conserver de bonnes relations avec leurs auteurs notamment au sujet des tarifications et de la distribution des livres », a déclaré Hachette. L’une des “priorités stratégiques”  du groupe Hachette est de consolider sa position sur le marché est de rééquilibrer ses opérations entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne. L’éditeur a déclaré qu’il était en recherche active de bestsellers internationaux avec des droits mondiaux et qu’il se concentrerait davantage sur le marché américain de façon à « identifier, acquérir et cultiver les meilleurs auteurs, titres et licences afin de maintenir [sa] position de leader sur tous les marchés » parce que « ces talents se trouvent principalement aux Etats-Unis ». Il d’illustre cette idée en prenant le cas Goldfinch de Donna Tartt, récompensé par le prix Pulitzer. Hachette a reconnu que le marché du livre aux Etats-Unis était plus important qu’au Royaume-Uni en ce qui concerne le lectorat et le nombre de nouveaux titres publiés, et qu’il était davantage « nécessaire pour eux de devenir un plus gros acteur aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni afin d’obtenir assez de cessions de droits ». L’implantation historique d’Hachette au Royaume-Uni est la conséquence d’un portefeuille de titres biaisé entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et du fait que les éditeurs britanniques du groupe se voyaient « fournis de manière insuffisante en titres américains » par le groupe Hachette Livre. Les auteurs les plus vendus du groupe Hachette au Royaume-Uni n’étaient pas publiés par le reste du groupe mais au contraire par des concurrents aux Etats-Unis, à l’instar de Stephen King ou Harlan Coben. Par conséquent, l’éditeur a souhaité « rééquilibrer le poids de ses filiales américaines et britanniques ». Hachette a déclaré qu’il était certain que les éditeurs dits traditionnels resteraient plus attractifs pour les auteurs que les éditeurs « alternatifs » en raison des « services exclusifs » qu’ils peuvent offrir aux auteurs tels que les à-valoir, une réelle expertise éditoriale, une force de marketing et de vente. Hachette reveals Amazon digital sales share, The Bookseller, 12/06/2014 Retrouvez les actualités récentes du livre numérique sur le marché nord-américain dans la newsletter trimestrielle des Ambassades de France à New York et Ottawa. S’abonner à la newsletter / Découvrir le dernier numéro

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Appel à projets pour le festival South by South West Interactive – ouvert jusqu’au 25 juillet

Date: 14/07/2014

Comme chaque année le festival SXSW se tiendra au printemps à Austin. La section Interactive (13-17 mars 2015) est la plus grande manifestation du genre en Amérique du Nord. Elle réunit des acteurs du numérique et des innovateurs au sens large : créateurs, producteurs, penseurs, auteurs, réalisateurs, bidouilleurs, gamers, et autres développeurs du monde entier. Ceux-ci sont invités à participer activement à la manifestation et à se faire connaître en prenant part aux « sessions » (panels, keynotes et conférences). Pour cela, il faut inscrire son projet de session en ligne sur le Panel Picker et faire du « buzz ». En effet, ce sont les autres participants qui votent pour les projets qui seront retenus pour être présentés au Festival. Les inscriptions au Panel Picker sont ouvertes jusqu’au 25 juillet : http://sxsw.com/interactive/sessions/panelpicker     Les sujets abordés lors de ces sessions peuvent être d’une extrême diversité : « la santé, le piratage, le hacking, le design, les ONG, la mode, l’espace, l’exploration, le jeu et tout ce qu’il y a autour », peut-on lire sur le site. Le thème central et commun est «l’innovation, la créativité, et l’inspiration ». Le format et la durée des sessions varient. Pour ne pas faire d’erreurs lors de l’inscription, vous trouverez une aide précieuse en ligne mais aussi lors de la réunion d’information qui se tiendra à Paris le jeudi 17 juillet de 18h30 à 20h à Cap Digital (14 Rue Alexandre Parodi - 75010 Paris). Inscriptions gratuites ici pour cette réunion d’information.

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Interview d’Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du Numérique, qui était à New York pour la French Touch Conference

Date: 14/07/2014

Elle revient sur les sujets d’actualité et veut défendre les intérêts français dans un domaine où les USA sont en position dominante. Pour quelle raison avez-vous décidé de soutenir la French Touch Conference à New York ? Nous sommes à New York avec Fleur Pellerin pour rencontrer les entrepreneurs français, américains et des investisseurs étrangers pour leur expliquer que la France est un pays attractif, qu’il faut faire tomber les clichés. Dans ce programme, 215 millions d’euros vont permettre de financer des projets, soit en capital, donc avec des fonds propres, soit en coparticipation, par l’intermédiaire des prêts placés dans des accélérateurs. L’État va venir identifier nos pépites, des start-up qui offrent des produits à fort potentiel de croissance. Nous avons des atouts formidables et mal connus. Pourtant, beaucoup d’entrepreneurs du digital viennent s’installer aux États-Unis. Il faut arrêter de croire qu’il y a un pays libéral et un autre qui serait là pour empêcher les entreprises de croître. J’ai expliqué aux journalistes américains que le gouvernement américain a été très interventionniste dans la Silicon Valley pour venir en soutien de toute l’économie numérique, dès les débuts d’Internet. Les entrepreneurs ici m’indiquent qu’ils croulent sous le poids de la ville, de l’État fédéral et du gouvernement. Il faut faire la guerre aux clichés. En France, nous avons attaqué le chantier de la simplification des entreprises et des administrés avec le but d’avancer vite. Par ailleurs, de nombreuses entreprises gardent leur pôle recherche et développement en France, où elles bénéficient de crédit d’impôt, et installent les services marketing aux États-Unis. Quels sont les atouts de la France en matière de nouvelles technologies ? Nos ingénieurs sont reconnus parce qu’ils sont très bons techniquement, mais ils sont également originaux, ils savent imaginer et créer. La France et l’Europe restent des territoires attractifs. L’économie numérique mélange très bien la technicité et la créativité. Avec l’affaire Snowden, pensez-vous que des entreprises pourraient être davantage attirées par l’Europe? L’Europe est attractive car elle garantit la protection des données. Notre règlement protège la vie privée, ce qui rassure les pays qui ont des traditions différentes. Cela va générer un climat de confiance. C’est un atout dans la compétition internationale. Nous avons aussi une industrie d’intermédiation de confiance très développée autour, par exemple, du paiement bancaire ou de la cyber sécurité. A contrario, quels pays aimeriez-vous voir davantage représentés en France ? Nous aimerions évidemment que plus d’entreprises américaines viennent s’installer en France. Nous souhaiterions aussi attirer le marché africain. L’Afrique est en plein essor et c’est le marché du mobile le plus dynamique du monde devant les Européens et les Américains. Dans 10 ans, il sera très développé, et des coopérations avec les État africains seront impératives, notamment dans la recherche et le développement et la colocalisation. Pourquoi les Américains ne s’installeraient- ils pas à Londres, qui est la porte d’entrée sur l’Europe, plutôt qu’en France où les contraintes sont souvent perçues comme plus importantes ? Londres est assez confortable car c’est la même langue, la culture business est très similaire. S’implanter en Angleterre n’est pas un gage de réussite dans le reste de l’Europe continentale. Au contraire, il faut recommencer à zéro dans les autres pays car les pratiques anglaises ne sont pas les mêmes. Il est facile de décrocher un premier contrat, moins de le conserver. En France c’est plutôt l’inverse : la relation de confiance est plus importante, mais pérenne même si l'on ne décroche pas le premier client tout de suite. Certains noms de domaines français comme le .vin pourront être commercialisés, pénalisant les entreprises viticoles. Vous revenez de Londres où le sujet a été débattu. Pouvez-vous développer ? Lorsque je suis arrivée à Londres, la décision avait été prise de déléguer les noms de domaine à une société candidate basée en Californie qui gère 350 millions de noms de domaines. Je suis allée voir la délégation américaine pour expliquer que le vin est une appellation d’origine contrôlée en France et en Europe. C’est un sujet très débattu depuis des années. L’Icann n’a pas voulu entendre l’intérêt public. Elle a privilégié les intérêts privés d’une société privée dont le seul but est de faire du business sur les noms de domaines. Ça veut dire qu’on légalise la contrefaçon ! Un haut médoc fabriqué en Azerbaïdjan pourra vendre sur un site hautmedoc. vin sans contrôle de son origine et de son authenticité. Difficile de croire en l’indépendance de l’Icann puisque cette organisation est au service de la politique commerciale américaine. Comment harmoniser la politique européenne, véritable pierre d’achoppement du numérique ? J’ai rencontré il y a quelques jours mon homologue italien, Antonello Giacomelli. Il a paru très intéressé par mes propositions concernant le financement paneuropéen pour développer un marché du capital risque. L’Italie prend la présidence de l’UE à compter du 1er juillet et cette phase est importante avant l’arrivée de la prochaine commission. Elle paraît preneuse des propositions qui pourront préfigurer la prochaine feuille de route européenne. Par ailleurs, j’ai dialogué avec mon homologue anglais Ed Waizey. Je pense que nous pouvons créer, ensemble, un consensus pour avancer. Que comptez-vous initier en termes de formation ? J’ai beaucoup insisté pour que soit introduit dans les programmes l’apprentissage du langage informatique, donc la possibilité d’apprendre à coder pour les enfants. J’ai cru comprendre cette idée a été acceptée par le Conseil supérieur des programmes. Par ailleurs, un nouveau diplôme permettra de reconnaître la spécificité et la transversalité de la filière numérique. Beaucoup d’acteurs du numérique disparaissent au bout de quelques mois. Lors de son voyage à San Francisco en février, François Hollande était accompagné de sept start-up. Quatre mois après, plus de la moitié n’existe plus. Comment détecter les entreprises viables ? L’économie des start-up va beaucoup plus vite que dans les domaines traditionnels et l’investissement est moins lourd. Une personne seule peut développer une application dans son salon avec peu d’investissement. Repérer les projets les plus sérieux, c’est le travail des incubateurs et des accélérateurs afin de permettre à ceux qui se lancent de s’appuyer sur un réseau humain. Propos recueillis par Sandra Muller à New York La Lettre de l’Audiovisuel est accessible par abonnements uniquement. Pour plus d’information : sandramullernyc@gmail.com. Pour consulter quelques articles : lettreaudiovisuel.com.

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Tribeca Hacks , Cross Video Days et Sunny Lab, deux semaines d’immersion dans le transmedia Français

Date: 14/07/2014

En juin, les événements transmédia se bousculent en France ! Représentante de l’Institut du Film de Tribeca invitée par les Services Culturels de l’Ambassade de France aux Etats-Unis, Amélie Leenhardt a pu participer à trois d'entre eux: - Tribeca Hacks <Paris>, un atelier nouveaux médias organisé par l’Institut du Film de Tribeca, Storycode Paris et les Cross Video Days, avec le soutien du Numa et des services culturels de l’Ambassade de France aux Etats-Unis (Paris, 16-18 juin). Tribeca Film Institute est l’association consacrée au cinéma et aux nouveaux médias, fondée à New York par Robert de Niro, Jane Rosenthal et Craig Hatkoff à la suite du 11 septembre 2001. - les Cross Video Days, premier marché européen du crossmedia où sont présentés 58 projets interactifs à une soixantaine d’experts et au public venu assister aux conférences (Paris, 19-20 juin). - Sunny Lab, un laboratoire et un observatoire dédié aux nouvelles écritures documentaires au sein du festival documentaire Sunny Side of the Doc (La Rochelle, 23-26 juin) Du linéaire à l’interactif A l’occasion de l’ouverture du 25ème Sunny Side of the Doc, le festival du documentaire de La  Rochelle, Michel Reilhac (producteur transmédia) et Marc Guidoni (Fondivina) ont souhaité mettre en avant la continuité existant entre les productions classiques et les productions nouveaux médias. C’est dans ce contexte que le laboratoire dédié aux nouvelles écritures documentaires, Sunny Lab, était, pour la première fois, placé au sein de l’espace principal du festival. Les curieux comme les professionnels des nouveaux médias pouvaient s’y aventurer pour découvrir des projets, profiter du Lab Lounge ou encore participer aux ateliers de Paul Tyler sur des méthodes de production par visualisation (à l’aide de Lego !). Cette continuité a également été soulignée par Arnaud Colinart, producteur de Type:Rider, qui a présenté au Sunny Lab une boîte à outils riche en logiciels collaboratifs tels que Basecamp, Google Drive ou Evernote, utiles aux producteurs classiques et interactifs. L’Institut du Film de Tribeca s’appuie d’ailleurs sur cette frontière poreuse entre linéaire et interactif pour construire sa série internationale de Hackathons, Tribeca Hacks, des ateliers en équipes amenant des créateurs classiques vers les nouvelles technologies. Le dernier en date, Tribeca Hacks <Paris>, était organisé au Numa à Paris en partenariat avec Storycode Paris et les Cross Video Days. Six projets interactifs autour du thème « Futur souhaitable » sont nés de la collaboration de trente-cinq participants aux profils variés : réalisateurs, journalistes, développeurs, game designers, etc. Toujours une histoire d’auteurs La narration reste au cœur de la création interactive. Que ce soit aux Cross Video Days, au Sunny Lab, ou encore à Tribeca Hacks <Paris>, il s’agit toujours pour les porteurs de projets de présenter une histoire avant de la déployer sur des plateformes, et de construire une expérience utilisateur cohérente avec l’usage du public. Derrière l’histoire, il y a bien sûr l’auteur, question centrale pour la création en France, y compris pour la création interactive, comme l’a rappelé Arnaud Colinart. Ce dernier a  évoqué, dans le cadre du Sunny Lab, son choix de créer des contrats d’auteur aux game designers,  développeurs et graphistes de Type :Rider, accordant ainsi à ce jeu vidéo un statut d’œuvre collaborative. Qui dit interactif dit… Une fois ces parallèles établis, il convient de s’interroger sur ce que permet la production interactive que n’offre déjà la production linéaire. Deux réponses principales et intimement liées se sont esquissées durant ces trois évènements : approfondissement de l’histoire et enrichissement de l’expérience. La Génération Quoi Europe présentée par Christophe Nick (Yami 2) et Alexandre Brachet (Upian) au Sunny Lab est un excellent exemple de création et exploitation de données sous une forme ludique. Il s’agit de la déclinaison européenne de Génération Quoi au sujet d’une génération qui ne se reconnaît pas complètement dans l'appellation de Génération Y. Le projet prend la forme d’un questionnaire pensé par les sociologues Cécile Van de Velde et Camille Peugny et rassemblant environ 230 000 réponses. Love Hotel, présenté sous la forme d’une installation au Lab Lounge, puis mis en avant lors des conférences par France Télévision et son réalisateur Phil Cox,  offre, quant à lui, un réel enrichissement de l’expérience. Alors que l’expérience des webdocs, même participatifs, est généralement solitaire, Love Hotel se visite à deux uniquement. Venant compléter un documentaire qui nous plonge dans l’univers des love hotels au Japon, le site web offre un jeu de rôle intime et sensuel à vivre virtuellement. Enfin, Adrift, vainqueur du concours de pitches du Sunny Lab, également présenté à Cross Video Days, exploite les possibilités d’immersion offertes par les nouvelles technologies. Ce projet s’appuie sur l'Oculus Rift (masque de réalité virtuelle) qui permet à l’utilisateur de vivre au plus près le périple d'un homme seul sur un iceberg qui est en train de fondre. Et le marché dans tout ça? Les chaînes publiques, comme Arte et France Télévisions Nouvelles Ecritures, étaient très présentes aux Cross Video Days et au Sunny Lab. Toute l’année, elles soutiennent la création originale en tant que producteur et diffuseur. En outre, les Cross Video Days et le Sunny Lab voient chaque année croître la part de participants internationaux. Tous deux encouragent les porteurs de projet à chercher des coproducteurs et de nouvelles sources de financements à l’international. La tendance est donc à l’ouverture vers de nouveaux marchés et à la recherche de canaux de diffusion complémentaires. Derrière la question du marché se profile celle de la longévité et de la conservation de ce type de projets dont les supports peuvent rapidement devenir obsolètes et disparaître. Si une initiative telle que Docubase du MIT Open Documentary Lab apporte de premiers éléments de réponse, la volonté de trouver une solution globale et pérenne semble largement partagée en France. Ces deux semaines au cœur de la production interactive française ont révélé une scène vivante et innovante, très centrée sur l’histoire et l’auteur. S’inscrivant dans la continuité de la production classique, les acteurs principaux du transmédia français revendiquent cette affiliation tout en témoignant d’une volonté de se structurer et de trouver des modèles économiques, une architecture juridique et un système de conservation qui leur soient propres. Amélie Leenhardt, Coordinatrice du programme Initiatives Digitales de l’Institut du film de Tribeca

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Affaire Aereo: la Cour Suprême tranche en faveur des chaînes de télévision américaines

Date: 09/07/2014

Le 25 juin dernier, la Cour Suprême a rendu sa décision dans le procès opposant Aereo et la chaîne ABC et autres requérants. Les auditions du 22 avril avaient déjà permis de clarifier les positions des deux parties, d’un côté les broadcasters et les câblo-opérateurs, et de l’autre les principaux acteurs  d’Internet.  Le procès a fortement mobilisé le monde de l’audiovisuel américain et a souligné un peu plus la scission que l’on avait déjà pu observer lors des discussions sur les projets de loi PIPA et SOPA. Une fois encore, la question du copyright est au cœur du débat, et c’est en s’appuyant sur ce droit que la Cour a rendu son jugement en défaveur d’Aereo qui a dû suspendre ses activités. Aereo, la start-up qui permet de regarder les grandes chaînes en ligne Lancé en 2002, Aereo est une start-up qui permet à ses abonnés de regarder et d’enregistrer les émissions diffusées sur les chaînes américaines hertziennes. Le principe est simple : à chaque abonné est attribuée une mini-antenne qui retransmet le signal hertzien de l’émission qu’il souhaite regarder sur son PC, tablette, et autres « devices » connectés à Internet. L’abonné peut donc pour moins de 10 $ par mois avoir accès en ligne au contenu des chaînes hertziennes diffusées dans sa région (le service est géo-localisé et accessible dans une dizaine de villes). Avec une simple antenne râteau, le consommateur peut avoir accès gratuitement à ces mêmes programmes – mais peu choisissent cette option car toutes ces chaînes font aussi partie des offres de base des câblo-opérateurs. Ces derniers doivent acheter cher les droits de retransmission pour offrir ces chaînes dans leurs bouquets payants. Plusieurs procès ont été attentés par les broadcasters contre la start-up accusée d’enfreindre le copyright en retransmettant des programmes dont elle n’achète pas les droits.  L’affaire ABC vs Aereo a été portée devant la plus haute juridiction américaine qui vient de rendre son verdict. La décision de la Cour Suprême Les neuf juges de la Cour Suprême ont tranché en défaveur d’Aereo à une large majorité (6 contre 3). Ils ont fondé leur argument en s’appuyant sur le copyright. La décision de la Cour Suprême (Opinion of the Court) rappelle d’emblée que « le Copyright Act de 1976 donne au détenteur du copyright le droit exclusif de jouer (« perform ») publiquement l’œuvre  protégée par ce copyright ». Pour démontrer qu’Aereo enfreint le copyright en ne versant pas de droits de diffusion, les juges ont avancé deux points : -          Aereo  joue (« performs ») les œuvres dont les droits sont détenus par les requérants -          Aereo le fait publiquement Aereo et ses supporters pensaient pouvoir démontrer le contraire : -          Ses  téléspectateurs choisissent leurs programmes et donc Aereo ne ferait que mettre à leur disposition  la technologie pour la « performance » (en l’occurrence la retransmission des émissions). Antonin Scalia, l’un des 3 juges minoritaires qui a voté en faveur d’Aereo a d’ailleurs souligné dans son contre-argumentaire (le « dissent » rendu public dans la décision de justice)qu’ « Aereo ne fait pas la performance (‘does not perform’) pour la simple et bonne raison qu’il ne choisit pas le contenu diffusé (…)  et ne peut donc enfreindre le ‘droit de performance publique’ détenu par les chaînes en procès ». -          Les mini-antennes qui permettent la retransmission sont attribuées individuellement à chaque abonné. Il ne s’agirait donc pas de retransmissions « publiques ».  La stratégie d’Aereo se basait sur un jugement de 2008 qui avait confirmé la légalité des « Remote-Storage DVR » (enregistreurs vidéo délocalisés – dont les données sont stockées à distance) développés par Cablevision.  Cette décision favorable à Cablevision impliquait qu’il était légal de stocker en ligne une œuvre même protégée par le droit d’auteur à condition que les fichiers des utilisateurs soient sauvegardés séparément et que ces derniers en contrôlent le téléchargement. Cependant, la majorité des juges de la Cour Suprême a considéré qu’Aereo ne différait pas fondamentalement d’un câblo-opérateur et à ce titre devait s’acquitter de droits de diffusion pour pouvoir « jouer publiquement » des œuvres protégés par le copyright. Le compte-rendu du jugement stipule que « la technologie derrière le système Aereo ne permet pas de le distinguer de celui des câbles qui ‘font une performance publique’ (Aereo’s behind-the-scenes [technology] does not distinguish Aereo’s system from cable systems, which do perform publicly) ». Le fait que la technologie (et donc le système des mini-antennes attribuées à chaque abonné individuellement) ne soit pas prise en compte dans la décision de justice a été très critiqué par les partisans d’Aereo. Les juges ont souhaité souligner que leur décision ne concernait qu’Aereo et « n’était pas de nature à décourager l’émergence ou l’usage d’autres technologies ». Ils ont également précisé que « les autres entités qui pourraient être concernées par la relation entre le développement de technologies similaires et le Copyright Act, sont libres de se tourner vers le Congrès ».  Cette tentative d’apaisement ne semble pas avoir été entendue par tous. LES REACTIONS A l’annonce de la décision de la Cour Suprême, les réactions ont été vives et nombreuses. Le 25 juin, le fondateur et CEO d’Aereo, Chet Kanojia, a écrit à l’ensemble de ses abonnés, considérant que la décision de la Cour représente « un recul majeur (massive set-back) pour le consommateur américain » et qu’elle envoie un « message négatif à l’ensemble du secteur technologique ».  Dans son deuxième message (28 juin), il cite l’inventeur, ingénieur et philanthrope Charles Kettering : « Le monde déteste le changement pourtant c’est la seule chose qui apporte le progrès » avant d’annoncer que les activités d’Aereo sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Enfin un troisième message appelle les consommateurs à « se battre ensemble pour l’innovation, le progrès et la technologie »,  et à se faire entendre sur les réseaux sociaux, sur le site www.protectmyantenna.org et  auprès de leurs élus. Aux côtés de Chet Kanojia, on trouve de très nombreux acteurs du web et de la Silicon Valley (Amazon, Google, Yahoo !…).  Ils reprochent  à la Cour un manque de précision qui risque d’avoir un impact direct sur leurs services, et notamment ceux du cloud. Certes le juge Breyer a souligné que « [la Cour] n’a pas cherché à déterminer si le « droit de performance publique » est enfreint lorsque le consommateur paie pour quelque chose d’autre que la transmission d’œuvres protégées par le copyright, comme le stockage de contenu à distance ».  Mais en n’allant pas dans le sens de la décision de 2008 sur le cas de Cablevision,  qui a servi de base légale pour l’industrie du Cloud, les juges ont semé le doute. Lors de prochains procès, la jurisprudence Aereo pourrait être défavorable aux services du cloud comme Dropbox ou Google Music. Aereo reposait sur l’idée que l’utilisateur contrôle le programme qu’il regarde. Avec cette décision, pourra-t-on considérer Google Music comme responsable des contenus piratés stockés sur son cloud ? Le juge Breyer a d’ailleurs ajouté partager le point de vue de l’administration Obama qui a soutenu les chaînes dans le procès : « les questions liées au cloud, aux enregistreurs vidéo délocalisés ( …) seront tranchées quand un cas sera soumis en bonne et due forme à la cour. »  Pour Mark Cooper, directeur de la recherche à la Consumer Federation of America qui soutient Aereo, il n’y a donc plus qu’à attendre une série de procès sur le cloud.   La décision a évidemment été très bien accueillie par les chaînes dont certaines avaient été extrêmement véhémentes à l’égard d’Aereo. Le CEO de CBS, Les Moonves, qui avait accusé à plusieurs reprises la start-up de vol, a commenté  ainsi la décision de justice: “ Depuis son lancement il y a deux ans, Aereo a tenté de nuire à notre économie. Ils se sont battus. Ils ont perdu. Avançons ».  « Nous sommes très heureux que la Cour ait maintenu les importants principes du copyright qui permettent aux créations de grande qualité que les consommateurs exigent, d’être protégées et encouragées », a déclaré The Walt Disney Company, qui détient ABC.  Dans sa déclaration, la National Association of Broadcasters est sur la défensive : « Aereo a considéré ce procès comme une attaque contre l’innovation ; c’est complètement faux.  Les broadcasters innovent tous les jours, comme le prouve notre leadership en matière de télévision HD, de médias sociaux, d’applications mobiles, de user-generated-content, sans compter les coopérations avec des entreprises comme Hulu ». Aux côtés des chaînes,  les grandes ligues sportives comme la NFL ou MLB avaient, elles aussi, pris parti contre Aereo, menaçant de diffuser sur les chaînes payantes du câble les compétitions les plus regardées, comme le Super Bowl. Enfin, les principaux syndicats d’Hollywood, DGA, IATSE, SAG-AFTRA et WGA  se réjouissent également de la décision de la cour suprême : « La SAF-AFTRA applaudit cette décision qui envoie le message fort et clair : la Cour ne permettra pas à des entreprises comme Aereo d’utiliser des subterfuges technologiques  pour contourner la volonté du Congrès de protéger, selon le Copyright, les contenus, les créateurs et les détenteurs de droits ». Aereo n’aurait pas plus de 500 000 abonnés d’après le New York Times . Pourtant le procès a eu un impact très important dans le secteur audiovisuel et technologique. Si la Cour a tenu à souligner à plusieurs reprises dans sa décision que celle-ci ne concernait que le cas de retransmission de chaînes TV, c’est parce qu’une grande partie de l’économie numérique, et notamment du cloud, est directement concernée par les questions soulevées lors du procès.  Les broadcasters et les grands câblo-opérateurs se sont certes réjouis de la décision de la Cour, mais ils doivent continuer à s’adapter dans un contexte audiovisuel en pleine évolution.  La révolution de la télévision est lancée depuis longtemps – rappelons que Netflix compte plus de 35 millions d’abonnés aux Etats-Unis et Amazon Instant Video, 20 millions.

                                    Pervenche Beurier

Décision de la Cour Suprême : http://www.supremecourt.gov/opinions/13pdf/13-461_l537.pdf

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Interview de Michel Reilhac et de Pierre Cattan à l’occasion de leur séjour en Amérique du Nord pour Cinemacity

Date: 10/06/2014

Michel Reilhac (producteur, créateur, pionnier du transmedia) et Pierre Cattan (producteur, Small Bang - Studio Transmedia) ont récemment participé à plusieurs marchés et conférences nord-américains pour y présenter leurs créations transmedia, notamment leur dernier projet Cinemacity. Cinemacity géolocalise dans Paris des extraits de films à ­l’endroit même où ils ont été tournés. Des balades sont ­proposées aux utilisateurs pour découvrir la ville à travers le cinéma. Vous participez régulièrement à des marchés et conférences à travers le monde.  Récemment vous vous êtes rendus en Amérique du Nord,  notamment à Austin, Texas (festival  SxSW), à New York (Tribeca Film Festival - la section Interactive), et à Montréal. Quelles sont les spécificités de la création transmedia aux Etats-Unis et au Canada ? Michel Reilhac : La première vague de curiosité et d'exploration est passée. Il est globalement admis que l'interactivité devient une option qui prend de l'ampleur dans la palette des programmes conçus aux Etats-Unis. La préoccupation dominante est désormais sa viabilité financière, la monétisation des contenus interactifs. Un des modèles émergents est celui de l'intégration des services de commerce en ligne à l'intérieur des récits. Le modèle du freemium s'installe aussi. Je suis personnellement sensible et intéressé par l'apparition du concept de monde narratif pervasif, particulièrement appliqué aux séries : les producteurs de séries semblent s'engager sérieusement aux USA dans l'exploration d'intersaisons interactives en ligne comme manière de fidéliser le public des séries et de monétiser leur fidélité. - Comment y est perçue la création française dans ce secteur ? Michel Reilhac : Le prix du Emmy Awards pour la meilleure série étrangère à la série française " Les Revenants" a eu un fort impact. Beaucoup de gens m'en ont parlé. Ce prix a attiré l'attention sur ce que nous faisons. De manière générale j'ai trouvé une attitude intéressée et généreuse vis à vis de la création française comme étant haut de gamme, avec une valeur culturelle forte. Elle sert de modèle idéal pour la frange la plus sophistiquée de l'industrie des media aux Etats-Unis - Pouvez-vous nous parler de la différence des modèles économiques ? Cela a-t-il une influence sur la créativité? Michel Reilhac : La recherche d'un modèle économique viable est très forte désormais aux Etats Unis. Le terme de "scalable" est utilisé tout le temps. Chacun recherche l'équilibre économique rapide. Cette tendance est aussi présente en Europe car les fonds publics disponibles sont encore insignifiants par rapport à la rapidité de la croissance dans le domaine des contenus interactifs. L'influence de l'industrie du jeu dans ce domaine est très importante des deux côtés de l'Atlantique et amène une pensée globale, à la fois créative et économique qui se distingue en France de la tradition d'une culture financée sur fonds publics. La notion de Lean Management semble gagner du terrain dans les deux pays. Je trouve que la culture de l'interactif est bien plus proche entre les Etats-Unis et la France que les cultures plus traditionnelles du cinéma ou de la télévision. L'industrie du jeu est, elle aussi, beaucoup plus internationalisée. - Quel écho rencontre outre-Atlantique votre dernier projet en date,  Cinemacity ? Pierre Cattan : Cinemacity a été sélectionné au Panel Picker du festival South By Southwest (SXSW) en mars 2014. Michel et moi sommes venus présenter Cinemacity. L’accueil a été très positif. Il y avait dans la salle 7 films commissionners d’Etats américains, ce qui en dit long sur la qualité du public de SXSW. Un peu comme nos bureaux d’accueil des tournages, leur métier consiste à relier un territoire avec le monde du cinéma, c’est exactement ce que propose Cinemacity, en offrant une nouvelle expérience de géolocalisation à l’utilisateur. Ces 7 films commissionners sont tous venus nous voir à la fin de notre présentation. Nous avons senti une très grande curiosité et une très grande envie de tester la formule localement. Nous poursuivons actuellement notre discussion par mail et skype avec certains d’entre eux. Nous travaillons bien sûr sur des versions new-yorkaise  et montréalaise de Cinemacity, mais il est encore trop tôt pour en parler. Nous vous donnerons des nouvelles ASAP !

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Les prochaines séries d’AMC lancées sur Tumblr

Date: 10/06/2014

La nouvelle série d’AMC, Halt and Catch Fire a été lancée sur Tumblr avant d’être diffusée à la télévision. C’est à la fois une nouveauté pour Tumblr qui n’a jamais diffusé de série TV en avant-première, et pour AMC qui développe ainsi une stratégie innovante sur les réseaux sociaux. Halt and Catch Fire de Christopher Cantwell, Christopher C. Rogers avec Lee Pace, Scoot McNairy se déroule au Texas dans les années 80 en plein essor des premiers ordinateurs personnels (PC). La série était disponible du 19 au 31 mai sur Tumblr et en vod sur AMC.com, avant d’être finalement diffusée à la télévision sur AMC le 1er juin (le 3 juin en France sur Canal+). La chaîne a aussi lancé un page Tumblr-AMC intégrée à son site AMC.com. Cet accord est une nouvelle étape dans la stratégie que Tumblr développe depuis quelques mois pour devenir un acteur incontournable de la social TV. La compagnie détenue par Yahoo avait ainsi annoncé en mars dernier un partenariat avec Viacom pour diffuser des campagnes de contenu « co-brandé » sur Tumblr à l’occasion des « upfront » (les rendez-vous annuels au cours desquels se négocient les espaces publicitaires TV). Une récente étude a établi que Tumblr était le réseau le plus influent en matière de social TV (devant Twitter) : « Tumblr Study Says It Has More Social TV Activity Than Twitter ». AMC Series Will Debut on Tumblr Before TV, AdvertisingAge, 19 mai 2014 Tumblr Study Says It Has More Social TV Activity Than Twitter, AdvertisingAge, 22 avril 2014

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AT&T rachète l’opérateur de télévision par satellite DirecTV

Date: 10/06/2014

AT&T, le géant de la télécommunication aux Etats-Unis a annoncé en mai dernier le rachat du 1er opérateur de télévision par satellite américain DirecTV pour un montant de 48,5 milliards de dollars. Avec cet accord, AT&T devrait avoir accès à 20 millions de foyers supplémentaires et devenir le deuxième plus grand fournisseur de pay-TV aux Etats-Unis, derrière Comcast qui a acheté Time Warner Cable en février dernier pour 45 milliards de dollars. AT&T qui développe son offre vidéo aura ainsi plus de poids lors des négociations avec les chaînes et les autres fournisseurs de contenu. Randall Stephenson, CEO d’AT&T a souligné que l’enjeu du contenu avait été un facteur déterminant pour conclure cet accord. Ce dernier permet de multiplier les moyens d’acheminer le contenu auprès des consommateurs : service satellite, Internet haut-débit, 3G ou 4G et bien sûr le service de fibre U-verse d’AT&T. Randall Stephenson a ainsi affirmé que « dans les 6 prochaines années, l’enjeu principal serait l’acheminement des vidéos via ces réseaux et que l’on verrait les différentes expériences se confondre car les interfaces utilisateurs se ressembleraient de plus en plus. » Cet accord permettra à AT&T d’acquérir le contenu de DirectTV et devrait également lui donner accès à de nouveaux marchés comme les services vidéo et Internet dans les avions. Comme le deal Comcast/ Time Warner, cette nouvelle fusion va être étudiée attentivement par les instances de régulation américaines (la FCC et le ministère de la Justice notamment) qui craignent un trop large contrôle des services TV et Internet par quelques géants du secteur, au détriment des câblo-opérateurs de taille moyenne et des consommateurs. AT&T deal for DirecTV driven by desire to pare programming costs, Los Angeles Times, 19 mai 2014

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Aereo vs broadcasters : Le procès qui divise l’audiovisuel américain

Date: 06/05/2014

Aereo Depuis de deux ans, le monde de l’audiovisuel américain est divisé entre partisans et détracteurs d’Aereo, le service de streaming TV. Le débat concerne directement à la fois les broadcasters, les câblo-opérateurs, les constructeurs TV, les box (Roku, Apple TV) ou les nouveaux devices, les géants du cloud (comme Google, Dropbox etc.) et bien sûr les téléspectateurs américains… Comment une start-up née il y a à peine deux ans peut-elle affecter tous ces acteurs ? Le principe d’Aereo semble simple : cette plateforme Internet permet aux téléspectateurs de regarder les chaînes hertziennes américaines sur leurs ordinateurs, tablettes et smartphones. Dès 2012, l’affaire a été portée en justice par les chaînes dont le signal est retransmis sur Aereo. C’est maintenant à la Cour Suprême de trancher. 1-     Contexte Fondée en 2012, la start-up permet à ses abonnés de regarder via Internet, en direct ou en différé, les programmes télévisés des chaînes hertziennes : les networks comme ABC (groupe Disney, Media Network), Fox, NBC Universal, CBS, CW et PBS, mais aussi une vingtaine de chaînes locales (à New York par exemple : NY life, Cuny TV, Movies !, Telemundo ...). Les téléspectateurs peuvent normalement recevoir gratuitement ces chaînes sur leur poste de télévision via les antennes râteaux individuelles. Ces chaînes sont aussi disponibles dans les offres basiques des câblo-opérateurs qui paient cher l’autorisation de les retransmettre. Aereo, en revanche, n’a rien négocié avec les chaînes terrestres en question qui ont dès 2012 porté l’affaire en justice. Après une longue bataille juridique, le cas est arrivé à la Cour Suprême qui a entendu les arguments des deux parties le 22 avril dernier. 2-     Fonctionnement d’Aereo Aereo propose une technologie pour capter le signal hertzien (gratuit et non crypté) émis par les stations locales pour voir les programmes en direct ou les enregistrer dans un cloud (espace de stockage dans des serveurs informatiques distants accessible via Internet) et les regarder plus tard. Le système est localisé, comme le sont les stations qui relaient les networks aux Etats-Unis. Si l’utilisateur a souscrit à Aereo dans l’Etat de New York (donnée vérifiée lors de l’inscription avec la carte de crédit), il ne pourra avoir accès qu’aux programmes diffusés sur les chaînes terrestres distribuées à New York. Pour regarder les programmes retransmis via Aereo, il suffit d’aller sur le site aereo.com, de payer un abonnement de 8$ par mois puis de naviguer sur plateforme. Nul besoin de brancher une box, ou une antenne : « Avec Aereo, vous pouvez regarder la TV en direct via une mini antenne à distance que vous contrôlez par Internet depuis la maison ou n’importe où dans votre zone de couverture », peut-on lire sur le site Internet. Cela fonctionne sur ordinateurs (PC ou Mac), sur les tablettes, les smartphones, et sur les TV connectées avec Apple TV ou Roku.  La plateforme est très simple d’utilisation : une grille de programmes permet de choisir ceux que l’on veut regarder en direct ou enregistrer sur son cloud. Aereo a d’abord été lancé à New York. Aujourd’hui la start-up s’est largement développée : il est possible d’avoir accès à la plateforme et donc aux programmes des chaînes hertziennes dans 10 principales villes américaines. La start-up annonce sur son site que bientôt les habitants de 19 villes pourront profiter de ses services. Aereo a levé pas moins de 34 millions de dollars en janvier dernier, ce qui porte à 97 millions de dollars le montant des fonds levés par la start-up depuis sa création. Un mois plus tard, en février dernier, les chaînes de télévision remportaient leur première victoire juridique sur Aereo : un juge de l'Utah a ordonné l’interdiction du service dans huit Etats américains, le Colorado, le Kansas, l'Oklahoma, le Nouveau-Mexique, l'Utah le Wyoming, l'Idaho et le Montana. 3-     Au cœur du débat : l’avenir de la télévision et du cloud On pourrait croire que c’est une aubaine pour les chaînes hertziennes d’être diffusées plus largement (c’est l’avis de Jim Edwards dans le Business Insiders ou d’Al Lewis dans le Wall Street Journal). Il n’en est rien, car ces chaînes, de fait, ne sont pas vraiment gratuites pour une grande partie des Américains qui préfèrent les regarder via les offres payantes des câblo-opérateurs. Ces derniers paient d’importants droits de retransmission. Si la Cour donne raison à Aereo, seront-ils toujours d’accord pour payer ces droits ? Il s’agirait d’un manque à gagner très important pour les chaînes hertziennes. La situation est préoccupante aussi pour les câblo-opérateurs qui risquent de perdre une part essentielle de leur offre basique alors que le phénomène du cord-cutting se poursuit : de nombreux téléspectateurs renoncent à leur abonnement au câble pour se tourner vers des programmes diffusés en ligne - notamment sur les plateformes de streaming comme Netflix ou Amazon, mais aussi vers Aereo qui complète parfaitement les offres de films et de séries avec les chaînes généralistes que sont les networks. Pour ses détracteurs, en reprenant – et en offrant la possibilité de stocker – les programmes sans avoir payé le moindre droit de retransmission, Aereo enfreindrait le Copyright Act. Si les anti-Aereo affirment que la start-up vole les programmes TV, celle-ci considère que les consommateurs n’en font que des copies privées. Pour preuve, chaque abonné se voit attribué une mini-antenne individuelle (à distance) pour capter le signal hertzien de la station locale – d’où l’importance de l’aspect géo-localisé de l’offre. Cette mini-antenne peut être assimilée à l’antenne râteau traditionnelle individuelle. Quant au DVR virtuel, c’est une zone de stockage individualisé dans le cloud. Il rend le même service qu’une cassette VHS. Pour le CEO d’Aereo, Chet Kanojia, il ne s’agit donc pas là d’un nouveau concept. Il a bon espoir que « la justice préservera le droit des consommateurs à avoir accès à la télévision hertzienne en utilisant une antenne individuelle, à utiliser un DVR pour enregistrer pour lui-même (personal recording) des programmes qu’il pourra ensuite regarder sur le support (device) de son choix ». Il considère que « les chaînes demandent à la Cour d’empêcher les consommateurs d’utiliser le cloud pour avoir accès à une antenne et à un enregistreur de notre temps. Elles demandent cela à la Cour (…) pour protéger un business model dont le succès repose sur l’élimination de la mise en concurrence et l’impossibilité pour le consommateur de choisir l’offre qu’il préfère. Les chaînes ne devraient pas tenter de s’appuyer sur le Copyright Act pour défendre ce qu’elles pensent être le business model le plus lucratif pour elles, aux dépens des consommateurs. » (Voir l’interview de Chet Kanojia). Les associations de consommateurs soutiennent la position d’Aereo (The Consumer Federation of America and Consumers Union). D’ailleurs Aereo tente de mobiliser l’opinion publique et a lancé une campagne sur un site Internet intitulé « Protect My Antenna .org ». On y trouve les arguments pro-Aereo développés de façon très pédagogiques ainsi que les déclarations de soutien (« Opinions » et « Amicus Briefs ») des différents acteurs du secteur. 4-     Le débat divise le secteur audiovisuel Aereo a des alliés de poids, notamment, les acteurs de l’économie numérique comme Yahoo ! Google, Facebook, Microsoft qui font partie de la Computer & Communications Industry Association (CCIA) car en filagramme sont posées  les questions liées au cloud. L’interdiction d’Aereo et de son DVR virtuel (dans le cloud) risquerait de mettre en péril l’industrie naissante du cloud.  L’enjeu va bien au-delà de la question de l’avenir de la télévision. L’administration Obama a elle pris position contre Aereo. Le bureau du Solicitor General (Conseiller du Ministre de la Justice) a en effet présenté un Amicus Brief (argumentaire de soutien juridique) d’une quarantaine de pages à la Cour Suprême en faveur des chaînes. Mais il est bien spécifié dans ce Brief (page16) que reconnaître l’illégalité d’Aereo ne devrait pas « remettre en question la légitimité des entreprises qui utilisent Internet pour offrir aux consommateurs de nouvelles solutions pour stocker, écouter ou regarder les copies des œuvres qu’ils ont légalement acquises. »  C’est aussi la position d’autres acteurs comme Cablevision, un important câblo-opérateur qui a récemment lancé son système d’enregistrement dans le cloud. Pour l’entreprise, certes Aereo « vole les programmes TV », mais il est essentiel que la Cour Suprême ne prenne pas une décision qui risquerait de mettre en cause sa propre technologie basée sur le cloud. Parmi les opposants à Aereo, aux côtés des broadcasters, on trouve les principaux câblo-opérateurs, les syndicats des talents de la télévision ainsi que les studios (au nom du droit d’auteur), ou encore les leagues sportives qui monnaient très cher les retransmissions de matchs. Finalement, cette scission dans l’industrie audiovisuelle n’est pas sans rappeler celle que l’on avait observée au moment des débats sur SOPA et PIPA. Si ces projets de loi ont été reportés, il faudra bien que la cour suprême tranche sur le cas d’Aereo. Le verdict est attendu pour juin 2014. Conclusion L’affaire Aereo fait autant de bruit dans le monde audiovisuel américain parce qu’elle est au coeur d’importants enjeux actuels : le cord cutting (le fait de résilier son abonnement au câble) ;  les questions liées à la bande passante nécessaire pour le streaming sur Internet et pour laquelle la neutralité du Net est remise en cause par la FCC ;  les technologies des télévisions connectée, box et autres devices ; le Copyright Act, dont la réforme est régulièrement reportée depuis le tollé provoqué par les débats sur SOPA et PIPA. L’affaire peut rappeler le conflit qui a opposé France Télévisions et PlayTV, le service français de streaming TV sur Internet qui diffuse en direct plus de 50 chaînes et qui revendique 30 % du marché de la télévision en temps réel sur Internet en France (2,5 millions de visiteurs uniques mensuels). Il faut cependant souligner que PlayTV est gratuit (financé par la publicité), et ne permet pas l’enregistrement de programmes – simplement la catch-up ou replay (en revoyant sur des sites comme Pluzz.fr). Saisi en 2013, le CSA avait accordé à PlayTV un délai pour lui permettre « d’assurer la mise en conformité de ses activités, tout en rendant possible qu’entre-temps les conditions requises pour la diffusion de programmes publics soient élargies et incluent alors, le cas échéant, une contribution compensatoire du bénéficiaire d’une telle diffusion ». PlayTV a depuis instauré un système d’abonnement (gratuit) obligatoire pour les utilisateurs du site, afin de pouvoir invoquer la loi de 1986 qui instaure pour les distributeurs (donc PlayTV) une obligation de reprise, dite de «must carry», des chaînes publiques. Il sera intéressant, dans ce contexte, de connaître la décision de la Cour Suprême aux Etats-Unis. Pervenche Beurier Sources: https://aereo.com/about http://www.protectmyantenna.org/ AEREO CEO: Our Investors Can Kiss $97 Million Goodbye If The Supreme Court Rules Against Us, Business Insider, 27 mars 2014 Obama administration sides against Aereo, CNN Money, 4 mars 2014 Aereo, le « voleur de signal TV » qui affole les grandes chaînes américaines, La Tribune, 14 octobre 2013 Why It Would Be A Disaster If The Supreme Court Banned Aereo, Business Insider, 22 Avril 2014 Aereo Shines With Limited Live TV on the Go, Wall Street Journal, 18 juillet 2012 Who Stands to Gain From the TV Networks Vs. Aereo? , Wall Street Journal, 27 avril 2014 Supreme Court Conflicted on Legality of Aereo Online Video Service, Wall Street Journal, 22 avril 2014 Amicus Brief de l’administration Obama (du bureau du Solicitor General) Règlement de différend opposant la société Playmédia à France Télévisions, CSA, 30 juillet 2013 PlayTV PlayTV.fr vs France Télévisions : Touche pas à mon flux TV !, zdnet.fr, 01 août 2013

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Avec ComiXology, Amazon fait l’acquisition d’un pilier de l’empire de la bande dessinée

Date: 06/05/2014

ComiXology-Comics-AppAmazon a acheté ComiXology. L’information est d’une importance capitale : elle signifie que la plus grande plateforme mondiale de vente de livres en ligne détient à présent la compagnie qui a permis au circuit distribuant les bandes dessinées au format numérique d’atteindre le grand public, forçant par la même occasion les grandes maisons d’édition telles DC et Marvel à publier une offre numérique en même temps que la sortie du livre papier. On ne saurait minimiser le rôle de ComiXology dans l’univers de la bande dessinée numérique et dans la transition de l’imprimé vers le numérique. Mais ce n’est pas le seul avantage qu’Amazon obtient avec ce rachat. Amazon acquiert aussi du même coup les contacts professionnels noués par ComiXology avec les principaux éditeurs de bande dessinée, dont font partie Marvel et DC. Il  accède à l’exploitation des licences des produits dérivés en version numérique issus des productions cinématographiques à grand succès comme The Avengers, Spider-man ou encore X-Men, pour n’en citer que quelques-unes. Amazon a récemment signalé vouloir associer ses gammes de produits entre elles, notamment avec le lancement de la Fire TV. La Fire TV est présentée comme un lecteur compatible avec la gamme d’appareils Kindle Fire. On peut jouer aux jeux vidéo tout en enregistrant un programme grâce au partage d’écran, et de nombreuses autres fonctionnalités sont à venir. Le fait que ComiXology fasse désormais partie du catalogue Amazon ouvre des opportunités de développement multiplateformes et transmédia pour les bandes dessinées numériques. On connaît le potentiel des applications adaptées des productions de film Marvel, mais on peut imaginer également une prolongation aux jeux vidéo. Il eût été difficile de trouver meilleur candidat pour Amazon que ComiXology. La compagnie est parfaitement en phase avec les ambitions d’Amazon dans l’univers numérique, et a également accompli bon nombre d’actions pour améliorer l’état de la BD numérique en général. Grâce à ce rachat, Amazon obtient la première plateforme de distribution de BD numériques, et accède aussi à de multiples possibilités de ventes et publicités croisées. Quand on cherche à bâtir un empire de media et de supports de contenu, ce n’est pas une mince victoire. Mise à jour : Le 11 avril dernier, Amazon rachetait ComiXology, plateforme de distribution de bande dessinées numérique et par la même occasion, les applications iOS et Android. Auparavant, à travers ces applications, Apple et Google prenaient au passage une petite commission lors de l’achat de chaque BD. Or, à présent, à travers une mise à jour, Amazon a supprimé l’achat via ces applications, obligeant les lecteurs à acheter leurs ouvrages via le site mobile de la marque. Les lecteurs sont désormais contraints de restaurer leurs livres achetés et de naviguer sur un site moins ergonomique. With Comixology, Amazon Acquires A Piece Of The Comic-Based Media Empire, Techcrunch, 13 avril 2014 Retrouvez les actualités récentes du livre numérique sur le marché nord-américain dans la newsletter trimestrielle des Ambassades de France à New York et Ottawa. S’abonner à la newsletter / Découvrir le dernier numéro

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