Paysage AudiovisuelTéléphonie

L’échec de la fusion AT&T / T-Mobile

Date: 09/01/2012

Confrontés à l’hostilité des régulateurs fédéraux, AT&T et T-Mobile ont officiellement renoncé, le 19 décembre, à leur projet de fusion, le plus onéreux de l’année 2011. Portant le coup de grâce à ce projet, le Département de la Justice avait annoncé, le 13 décembre, le retrait de sa plainte contre AT&T, au motif que tout projet de fusion doit être examiné concomitamment par sa division antitrust et la FCC (laquelle avait été dessaisie du dossier par AT&T). Ainsi privé de la possibilité de défendre la fusion devant la Cour fédérale du District de Columbia, et contraint d’obtenir l’approbation d’une FCC jugée hostile, le géant des télécommunications n’avait guère d’autre choix que de renoncer à acquérir T-Mobile. Pour Sharis Pozen, chef de la division antitrust du Département de la Justice, « les consommateurs ont gagné ». En bloquant la fusion, le gouvernement Obama a pris en compte plusieurs éléments qui jetaient le doute sur la crédibilité des arguments présentés par AT&T en défense de son projet. L’entreprise a en effet été contrainte de transmettre à la FCC des documents confidentiels qui, selon un porte-parole de l’agence, prévoyaient « des pertes d’emplois importantes » à la suite de l’opération. Dans un autre document rendu public par erreur, AT&T estimait à « seulement » 3,8 milliards de dollars les investissements permettant l’extension du haut débit 4G à 97 % des Américains, alors que la compagnie justifie par cet objectif un rachat à... 39 milliards ! Si ces incohérences ont certainement pesé dans l’attitude des régulateurs fédéraux, celle-ci reflète avant tout le refus de tolérer, en période de crise, la disparition de l’opérateur aux plus bas tarifs (T-Mobile) et l’émergence d’un quasi-duopole dans les télécommunications. Le blocage de la fusion a des effets contrastés sur les différents acteurs du secteur : - T-Mobile : souhaitant mettre fin à ses activités aux Etats- Unis, Deutsche Telekom avait tout intérêt à voir sa filiale rachetée par AT&T au prix fort. Cette dernière bénéficie néanmoins des compensations avantageuses prévues en cas d’échec de la transaction : paiement de trois milliards de dollars, et cession de fréquences d’une valeur d’un milliard. Le partage de réseau (« roaming ») devrait également lui permettre d’étendre sa couverture actuelle. L’avenir de la compagnie est cependant loin d’être assuré à long terme, en raison de problèmes structurels : sous-investissement, marges de profit plus faibles que celles de ses concurrents et clientèle déclinante. Les offres prépayées les moins onéreuses ont tendance à cannibaliser les forfaits de l’entreprise, qui souffre de ne pas parvenir à attirer des clients « de haute valeur », faute de proposer des terminaux comme l’iPhone d’Apple. En attendant de trouver un autre acheteur, Deutsche Telekom pourrait devoir persuader ses investisseurs, habitués à de forts dividendes, de la nécessité de réaliser de nouveaux investissements dans sa filiale américaine. Le déploiement éventuel de la 4G sera un test pour la compagnie. - AT&T : l’entreprise espérait que les fréquences acquises auprès de T-Mobile seraient le futur socle de la croissance de son réseau. Après s’être acquittée des compensations promises à son partenaire, elle va devoir continuer à investir pour déployer la 4G et améliorer la qualité de son réseau, notamment dans les zones urbaines très denses où ses clients se plaignent d’interruptions fréquentes de leurs appels. - Verizon a profité des déboires de son principal concurrent pour prendre de l’avance, avec le déploiement d’un réseau 4G LTE qui couvre aujourd’hui 200 millions d’Américains, et l’acquisition récente de réserves de fréquences auprès des câblo-opérateurs, rendant possible l’expansion de son réseau dans les années à venir. - Sprint et les opérateurs régionaux, qui voyaient leur existence menacée par la fusion, ont applaudi la fermeté des régulateurs. Life after a Failed Merger, de Matt Klassen, the telecomblog.com, 23 décembre 2011

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Dossier Spécial : Compte rendu de la conférence Digital Hollywood New York (17 – 18 Novembre 2011)

Date: 05/12/2011

Depuis 1990, le groupe Digital Hollywood met en place des conférences sur les médias à travers le monde, dont, deux fois par an, à New York. La dernière édition de cette conférence s’est tenue les 17 et 18 novembre derniers (lire les comptes rendu de la précédente édition, Conférence Digital Hollywood New York City (9-10 mars 2011) : Applications - Tablettes NumériquesTélévisions Connectées VOD ). Elle réunissait des professionnels des médias et de l’audiovisuel autour des grands thèmes du moment : l’avenir de la télévision, les expériences de second screen, les applications, les tablettes, la TV Everywhere et la protection de la vie privée. 1. LA TÉLÉVISION : EN VOIE D'EXTINCTION OU DE RENOUVELLEMENT ? Face à la multiplication des plateformes de visionnage du contenu télévisé, la question de l’avenir de la télévision en linéaire s’est posée à plusieurs reprises au cours de la conférence. Pour certains, les derniers chiffres publiés par Nielsen, qui montrent que la télévision reste le passe-temps favori des Américains, prouvent que celle-ci n’est pas en voie d’extinction. En effet, les Américains ont passé 146 heures et 20 minutes par mois à regarder la télévision au cours du deuxième trimestre 2011, soit 2 heures et 43 minutes de plus qu’au cours du deuxième trimestre 2010 (Mediamerica, Nouveaux chiffres clés du paysage audiovisuel américain, 10 novembre 2011). Cela semble confirmer la thèse souvent avancée par les analystes selon laquelle les spectateurs vont toujours chercher à regarder les programmes de télévision sur le meilleur écran disponible. Ainsi, selon Roger Keating, Senior Vice President de Hearst Television, « Le visionnage de la télévision sur appareil mobile va s’ajouter au visionnage sur téléviseur et aura lieu quand les spectateurs ne seront pas à leur domicile. Mais le visionnage sur téléviseur ne va pas diminuer pour autant et il n’y a aucune raison d’être inquiété par les autres formes de visionnage ». Pourtant, certains sont plus sceptiques et voient la progression du visionnage à la demande comme une menace pour la télévision linéaire. Selon Tina Hoover, Vice President, Digital Media Group, Endemol USA, « D’ici quelques années, tous les programmes seront regardés à la demande. Du coup, on peut se demander ce qui va arriver à la télévision traditionnelle ». Cette évolution pose la question du financement de la publicité à la télévision et donc du modèle économique actuellement en place. Cela représente un véritable enjeu pour la société de production Endemol qui a produit des émissions de télé-réalité célèbres comme Fear Factor et Big Brother, mais dont le nom n’est pas connu du grand public. Ainsi, dans un environnement à la demande où la marque est importante pour garantir la qualité d’un produit, Endemol est pour le moment perdante. C’est pourquoi la société cherche d’ores et déjà à faire connaître son nom et sa marque. Comme le souligne Tina Hoover, « Notre objectif est de toucher consommateurs sans passer par les distributeurs comme les networks. Il est donc important de développer notre propre base d’habitués ». Dans cet objectif, la société a lancé, il y a quelques semaines, une application sur iPad, avec l’espoir de bâtir une franchise autour de ses personnages et de développer un dessin animé ensuite vendu sur iTunes ou autre plateforme. 2. LA SOCIAL TV ET LE SECOND SCREEN 2-1. Quel intérêt et quels usages ? Autre sujet central de la conférence, les second screen (« deuxième écran »), type d’applications développées pour tablettes ou Smartphones et fournissant au spectateur des contenus ou des fonctionnalités supplémentaires quand il regarde un programme à la télévision. L’objectif de ces applications est de renforcer l’engagement du spectateur vis-à-vis du programme et d’accroître l’audience du programme, objectif qui se décline sous plusieurs formes. Tout d’abord, ces deuxièmes écrans apparaissent comme des lieux d’échange. Selon Roger Keating de Hearst Television, « Les adolescents veulent regarder la série télévisée Glee tout en échangeant avec leurs amis sur Facebook ». Les effets secondaires, et souhaités, de ces conversations, sont qu’ils attirent de nouveaux spectateurs, ceux qui constatent ainsi que leurs amis apprécient un programme télévisé. Afin de faciliter ces échanges, un groupe réunissant les dix principaux propriétaires de chaînes de télévision, dont Hearst Television, va lancer une application au mois de janvier appelée ConnecTV. Comme l’explique Roger Keating, « Cette nouvelle application n’est pas destinée aux télévisions connectées, mais aux deuxièmes écrans » (voir l’article Mediamerica ConnecTV : les chaînes de télévision se lancent dans les réseaux sociaux). Les interactions rendues possible par la Social TV devraient également faciliter la sélection du contenu. Le salon est un lieu complexe avec plusieurs appareils, plusieurs sources de contenu, et les échanges avec d’autres peuvent aider à faire des choix. Pour Jeff Hughes, Chief Executive Chairman d’Omnifone, société spécialisée dans les technologies de stockage de musique sur le cloud, « La sélection du contenu (curation) va devenir plus complexe qu’elle ne l’est aujourd’hui, car il y aura trop d’applications et trop de programmes. Les spectateurs voudront des recommandations ». Certaines applications développées sur le second screen ont aussi pour objet d’attirer le spectateur en lui faisant vivre de nouvelles expériences. Discovery Communications a, par exemple, lancé une application pour iPad 2 qui propose des vidéos en HD et permettent aux spectateurs d’interagir avec les protagonistes de ses émissions. 2-2. Des fonctionnalités encore peu exploitées Si certains croient en l’avenir de la Social TV et du deuxième écran, d’autres sont plus sceptiques. Jeremy Toeman, Chief Product Officer de Dijit Media, société spécialisée dans le développement de fonctionnalités de type télécommande pour les smartphones et tablettes, souligne notamment que « les expériences de deuxième écran fonctionnent mieux sur les programmes de télé-réalité, les principaux épisodes des séries (le 1er ou le dernier épisode d’une série), et le sport. Pour le reste, leur efficacité est relativement faible ». Cette opinion est partagée par Renee Plato, VP Digital Video Distribution pour ABC, Disney and ESPN Media Networks, pour laquelle les possibilités offertes par le deuxième écran sont encore peu connues et peu exploitées. Pour elle, « l’interaction dépend vraiment des programmes ». Même les programmes de télé-réalité ne rencontrent pas toujours le succès escompté. Tina Hoover, d’Endemol USA, prend l’exemple  du jeu Million Dollar Money Drop, en Grande-Bretagne. Une application permet aux téléspectateurs de jouer en même temps que les candidats à la télévision : « Pourtant, seuls 10% des téléspectateurs en Grande Bretagne le font et nous nous demandons donc si ce système est vraiment intéressant économiquement ». Certains posent la question du caractère social des interactions qui semblent le plus souvent être à sens unique. Ainsi, pour Bala Krishnan, President and Chief Product Officer de Peel, « Les conversations sur réseaux sociaux sont à sens unique. Il ne s’agit pas de vrais échanges. Les gens partagent leur opinion avec le monde. Twitter n’a pas créé de conversations interpersonnelles ». 2-3. Les dangers de la fragmentation Pour Ira Rubenstein, Executive Vice President of Digital Marketing pour Twentieth Century Fox, la mise en valeur de chaque chaîne en tant que marque à part entière au sein d’expériences de second screen, par exemple, s’apparente à une fragmentation (unbundle) des bouquets télévisés et il s’interroge sur les dangers de cette  fragmentation. Pour les représentants des chaînes présentes à la conférence, il est hors de question de travailler sans les opérateurs de la télévision payante : ils n’auront jamais la possibilité de toucher un public aussi large que les bouquets télévisés et comme le reconnaît Rebecca Glashow, Senior Vice President, Digital, Media Distribution chez Discovery Communications, « Il n’est pas possible de faire ce qu’ils font à leur place ». Pour d’autres, la fragmentation du contenu est surtout due aux acteurs de type Amazon et Netflix, ce dernier étant numéro un des services de VOD sur abonnement aux Etats-Unis avec presque 24 millions d’abonnés. Comme le souligne Ashwin Navin, CEO and Co-founder, Flingo, développeur d’applications pour appareils connectés, « Il y a peu de nouveaux entrants sur ce marché dont le modèle économique d’origine a disparu : maintenant, ils paient le même prix pour le contenu qu’une chaîne comme HBO ». 3. LES APPLICATIONS 3-1. Vers la disparition des applications… L’avenir des applications a également été sujet à débat lors de la conférence. En effet, certains sont d’avis que le système des applications va perdurer, comme Jim Funk, Vice President, Business Development du service de vidéo à la demande chez Roku. D’autres ont un avis plus nuancé sur les applications, tel Renee Plato, d’ABC, Disney et ESPN pour laquelle les applications peuvent représenter soit « le paradis soit un désastre ». En effet, selon elle plus une marque a d’applications, plus elle est fragmentée. Par conséquent, le groupe Disney essaie de  se recentrer sur un nombre plus restreint d’applications et, par exemple, la chaîne sportive ESPN n’a plus que 6 applications, tout comme le network ABC. A part la fragmentation que peut entraîner un nombre élevé d’applications pour une même marque, d’autres considèrent que les applications sont vouées à disparaître en raison de la concurrence que représente HTML5. 3- 2. …au profit d’HTML5 ? HTML5 est un sujet récurrent des conférences dans le secteur des nouvelles technologies aux Etats-Unis. Successeur de HTML 4.01., HTML5 crée un standard pour de nombreuses fonctionnalités auparavant disponibles sous forme de plugins. Avec HTML5, créer une application en ligne aussi évoluée qu’une application locale devient plus facile. Pour l’utilisateur, l’avantage est dans l’absence d’installation, la mise à jour automatique, et l’utilisation sur différents appareils. Pour Brooks Tobey, SVP, Sales Solutions & Multi-Screen Development & Delivery chez Turner Broadcasting, “HTML5 offre plus de souplesse : il devient simple de modifier des éléments sans avoir besoin de les soumettre à Apple, par exemple ». Ainsi, nombreux sont ceux qui prédisent la fin des applications, comme Alex Limberis, COO, VP, Business Development de Next Issue Media, société spécialisée dans le développement de technologies pour magazines en version numérique, qui pense que « les applications sont un phénomène limité dans le temps et qu’elles disparaîtront bientôt au profit d’HTML5 ». Ils donnent l’exemple du Financial Times qui vient de lancer une application développée grâce à HTML5. Jeremy Toeman, Chief Product Officer de Dijit Media partage cet avis : selon lui, avec les applications, il faut trop de « clicks » pour accéder au contenu et ce n’est pas ce que les utilisateurs souhaitent. Il pense que les applications se limiteront au deuxième écran et que HTML5 représente l’avenir de la télévision connectée. 4. LES TABLETTES 4-1. Une opportunité pour les magazines Le développement des tablettes numériques a créé d’incroyables opportunités pour certains médias, et notamment pour les magazines. Ainsi, selon Alex Limberis de Next Issue Media, «  Les magazines en version numérique existent depuis 10 ans, mais ils deviennent rentables grâce aux tablettes ». C’est également le sentiment de Steve Sachs, Executive Vice President, Consumer Marketing and Sales de Time Inc., groupe de médias américain qui appartient à Time Warner et possède notamment les magazines Time, Life et Sports Illustrated. Selon lui, les utilisateurs sont prêts à payer plus cher pour un magazine en version numérique que pour un magazine en version papier. Ainsi, alors que tout le monde pensait, il y a quelques années, que les tarifs des magazines sur tablettes seraient moindres que les tarifs sur version papier en raison des économies sur l’impression et les frais d’envoi, c’est l’inverse qui s’est produit. Les tarifs sont en moyenne 20% supérieurs pour une version numérique que pour une version papier et la société bénéficie également des revenus de la publicité. 4-2. Un format dicté par les usages Les panélistes interrogés ont également beaucoup insisté sur le fait que le format des applications pour tablettes n’est pas pensé en fonction des différences entre appareils, mais en fonction des circonstances d’utilisation. Selon Miguel Monteverde, Vice President, Discovery Digital Media chez Discovery Communications, 70% des utilisateurs de tablettes et Smartphones les utilisent pendant qu’ils regardent leur téléviseur. La société The Weather Channel a relevé un pic d’utilisation de 6h à 8h du matin, lorsque les utilisateurs consultent la météo du jour, une utilisation moindre pendant la journée puis un pic de 6 à 8h du soir. Enfin, Scott M. Jensen, Vice President of Digital Product, Applications de The Weather Channel relève que l’usage du Smartphone se fait généralement en solitaire, alors que la tablette a une utilisation plus familiale. Comme l’explique Steve Sachs de Time Inc., sa société fait la distinction entre les utility app et les immersive app.  Par exemple, une application plus utilisée dans la cuisine est une utility app, qui doit avoir un aspect pratique. En revanche, pour une utilisation dans la chambre, il s’agit d’une expérience plus relaxante, plus émotionnelle, c’est une immersive app. En proposant des abonnements All Access qui comprennent une version papier et une version numérique des magazines, Time Inc. opte pour une stratégie de « content everywhere ». Les consommateurs peuvent ainsi utiliser plusieurs plateformes pour regarder un contenu similaire. Ils ont la possibilité de regarder le magazine Sports Illustrated sur copie papier quand ils sont chez eux. Ils poursuivent la lecture sur leur tablette en allant au travail et regardent le magazine sur leur smartphone le soir en attendant leurs enfants à la sortie de l’école. Pour tous ces différents usages, il convient également d’adapter le format. 4-3. L’importance de l’accès aux données clients Tous les acteurs de la presse écrite présents à la conférence relèvent l’importance de l’accès aux données clients dans leur travail et notamment dans leurs relations avec les agences de publicité. C’est en effet un des sujets de friction avec Apple qui ne partage pas ces informations avec les propriétaires des magazines achetés sur ses interfaces. C’est pourquoi les abonnements aux magazines du groupe Time Inc. peuvent uniquement être pris sur les sites Internet du groupe : « Cela nous permet de suivre les habitudes des abonnés, de voir avec quelle régularité ils consultent du contenu, etc. et nous partageons cette information avec les publicitaires », souligne Steve Sachs de Time Inc. « Nous avons des partenariats avec Apple, Barnes and Nobles, Amazon, etc. mais l’important c’est que les clients achètent les abonnements chez nous », ajoute-t-il. Cela permet également d’adapter le format des versions numériques aux usages qui en sont faits, ce qui serait impossible sans ces données. 5. LA TV EVERYWHERE La TV Everywhere est un des grands sujets d’actualité aux Etats-Unis avec le lancement de ce type d’offres par une grande partie des opérateurs du câble et du satellite (Mediamerica, Les services TV Everywhere des câblo-opérateurs vs les offres Over the Top, 10 novembre 2011). Certains regrettent pourtant que les opérateurs de la télévision payante américaine aient mis autant de temps à tenir compte des nouveaux modes de consommation du contenu. Ainsi, pour Eric Solomon, SVP, National and Cross Platform Audience Measurement chez The Nielsen Company,  les offres de TV Everywhere ont mis trop longtemps à se mettre en place : « Si elle était apparue plus tôt, la TV Everywhere aurait pu être à la place de Netflix». D’autres soulignent le changement radical qui s’est opéré dans la stratégie des câblo-opérateurs ces dernières années. Ainsi, pour Jeremy Toeman de Dijit Media, les évolutions se sont accélérées et « le fait que les principaux opérateurs du câble et du satellite aient des applications est un changement fondamental sur le marché ». Les offres de TV Everywhere ont néanmoins encore des progrès à faire, car si le système d’authentification fonctionne, il n’est manifestement pas simple à utiliser. Pour John Harran, VP Business Development and Multiplatform Distribution chez Turner Broadcasting, il faut simplifier le système et sensibiliser les spectateurs : « C’est la deuxième phase du lancement ». 6. LA PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE Pour les professionnels des médias, la protection de la vie privée est un véritable défi. Comme le souligne Jim Funk de Roku, « si les consommateurs veulent des recommandations, il faut que nous puissions suivre ce qu’il regarde ». Cela pose évidemment des questions en termes de respect des données privées, notamment sur un appareil qui est partagé. « La question est de savoir ce que les gens veulent bien que d’autres sachent sur eux », ajoute-t-il. Pour certains, la transparence semble être la solution. Comme le remarque Jeremy Toeman de Dijit Media : « Plus on explique notre manière de travailler, plus les utilisateurs sont susceptibles de l’accepter ». Ainsi, il est d’avis que les utilisateurs échangeraient volontiers des informations privées, pour partager, échanger et bénéficier de recommandations, si on leur explique clairement. 7. Du FUTUR PROCHE À L'HORIZON LOINTAIN Une question récurrente à la fin de chaque discussion concernait l’année, voire les quelques années à venir, et la vision que les panélistes en avaient d’un point de vue du développement des technologies. Quelques tendances semblent se dégager. La plupart des personnes interrogées pensent que la fin de l’année 2012 ne sera pas très différente de la fin de l’année 2011. La principale distinction sera une meilleure connaissance des modes de consommation. D’autres pensent que l’apparition d’une véritable offre Apple en termes de télévision connectée, déjà appelée par beaucoup l’iTV, pourrait changer la donne. La grande majorité pense que l’année 2012 donnera lieu au développement de services déjà existants comme la TV Everywhere et les expériences de second screen. Une vision résumée en quelques mots par Seth Tapper, CEO et founder de SecondScreen, plateforme publicitaire pour les applications sur deuxième écran : « Fin 2012, les gens seront dans leur salon avec une télévision connectée, un iPad sur les genoux, plusieurs systèmes de sélection du contenu et un mélange de programmes en direct et en différé ». CONCLUSION : Le Digital Hollywood Summit permet de cerner les préoccupations du moment parmi les professionnels du contenu et des nouvelles technologies aux Etats-Unis. Certains sujets, centraux en 2010, semblent être désormais passés au second plan. Même si le thème de nombreuses conférences concernait la télévision connectée, les expériences de second screen sur les companion devices de type tablettes et Smartphones, ont monopolisé les débats. En effet, ces applications semblent être au cœur de la stratégie des chaînes de télévision et des diffuseurs de contenu en général. Leur avenir et leur utilité sont sujets à débat. Si la plupart des professionnels présents envisage l’avenir avec sérénité, selon eux, aucune révolution majeure à venir pour 2012, leur désaccord sur certains sujets, comme le devenir des applications, était perceptible et traduisaitt leur inquiétude face au futur, même proche. L’industrie du contenu et des médias subit constamment de nouvelles mutations et il sera intéressant de voir quels sujets seront au cœur des débats dès la prochaine conférence Digital Hollywood, au mois de mars 2012.

Géraldine Durand

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Une étude de l’Université de Californie confirme le déficit de fréquences à venir

Date: 01/11/2011

Une nouvelle étude de l’Université de Californie, San Diego confirme que la croissance rapide du volume de données échangées sur les réseaux mobiles met au défi leurs capacités d’acheminement. Selon Michael Kleeman, l’auteur du rapport, "nous sommes aujourd’hui témoins d’une migration massive des réseaux filaires vers les réseaux sans fil, qui même dans le meilleur des cas offrent une capacité bien moindre". Alors que les terminaux sans fil sont de plus en plus utilisés pour consommer des vidéos et de la musique en streaming, les utilisateurs des réseaux mobiles 3G ou 4G risquent de faire face à des délais et interruptions plus fréquents. M. Kleeman suggère trois pistes pour remédier au problème : - la quantité de fréquences disponibles pour le haut débit sans fil pourrait être accrue. Pour que cela soit possible, le Congrès doit d’abord accorder à la FCC l’autorité légale d’organiser des ventes aux enchères pour réallouer des fréquences aujourd’hui destinées à d’autres usages. - les opérateurs pourraient prendre des mesures plus drastiques de gestion du trafic, en bannissant certains types de données ou en mettant en œuvre une tarification basée sur la consommation. De telles restrictions ne seraient pas contraires aux règles de la FCC sur la neutralité du net, dans la mesure où celles-ci ne s’appliquent pas dans leur globalité aux réseaux mobiles. Aux Etats-Unis, la plupart des opérateurs mobiles « plafonnent » déjà la quantité de données internet consommables par les usagers (à l’exception de Sprint). - enfin, de nouveaux investissements dans les infrastructures de télécommunications pourraient être entrepris, notamment pour déployer de nouvelles antennes relai. Ce déploiement requiert néanmoins le soutien des communautés urbaines avoisinantes, qui y sont souvent opposées. Study confirms spectrum crunch for wireless, de Gautham Nagesh, The Hill's Hillicon Valley, 26 octobre 2011

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La FCC annonce son plan pour le développement de l’internet en zones rurales

Date: 17/10/2011

Le Président de la Federal Communications Commission, Julius Genachowski, a annoncé, le 6 octobre, une réforme du fonds de service universel (Universal Service Fund) qui devrait permettre d’étendre la couverture de l’internet haut débit aux régions reculées. Ce programme créé en 1997 servait jusqu’à présent à développer et entretenir le réseau téléphonique fixe sur l’ensemble du territoire américain, conformément à l’objectif de service universel établi en 1913. Les détails de la proposition de réforme ne seront pas connus avant le 27 octobre. Pour M. Genachowski, il est urgent d’adjoindre aux objectifs de l’USF le développement de l’internet, car le haut débit, autrefois considéré comme « un luxe », est devenu « indispensable pour participer à la vie de l’économie et de la société ». Selon la FCC, 18 millions d’Américains vivent dans des régions privées d’accès au haut débit, et la réforme de l’USF prévoit de consacrer 4,5 milliards de dollars pour raccorder ces foyers au haut débit fixe et mobile. M. Genachowski n’a par ailleurs pas hésité à qualifier l’actuel fonds de service universel de « désuet », « injuste » et « propice au gaspillage », prenant l’exemple d’une subvention atteignant 2000 dollars par mois pour relier un unique domicile au réseau téléphonique fixe. Anticipant cette réforme, les opérateurs téléphoniques ont mis en avant leur propre projet, l’America’s Broadband Connectivity (ABC) Plan. Ce dernier éliminerait les dispositions relatives à « l’opérateur de dernier recours », qui créent une obligation de service pour certaines compagnies, et n’a pas été bien accueilli par les associations de consommateurs. Les petits opérateurs s’inquiètent également de ne plus pouvoir faire face à la concurrence des plus grandes compagnies dans les conditions créées par le plan, qui prévoit de réduire certaines subventions. Répondant à ces inquiétudes, Julius Genachowski a fait savoir que le projet de la FCC ne serait pas une copie du plan ABC. Quatorze membres de la Chambre des Représentants, menés par Joe Barton (R-TX) et Marsha Blackburn (R-TN), ont par ailleurs appelé la FCC à mener la réforme dans un esprit de « responsabilité fiscale », en limitant à 4,5 milliards de dollars le montant des subventions destinées aux régions éloignées, en éliminant les subventions dans les endroits déjà couverts par un opérateur non-subventionné et en garantissant que l’octroi de toute subvention soit le fruit d’un processus concurrentiel entre opérateurs. Consumer groups bash industry proposal to reform phone fund, de Brendan Sasso, The Hill's Hillicon Valley, 4 octobre 2011 FCC chairman pushes reform of 'wasteful' and 'unfair' phone subsidy, de Brendan Sasso, The Hill's Hillicon Valley, 6 octobre 2011 OVERNIGHT TECH: FCC pushes USF reform, de Gautham Nagesh, The Hill's Hillicon Valley, 6 octobre 2011 OVERNIGHT TECH: Telecom firms tout benefits of plan to overhaul phone fund, de Brendan Sasso, The Hill's Hillicon Valley, 10 octobre 2011 FCC chief announces plan to move phone subsidy funds to broadband, de Cecilia Kang, The Washington Post, 6 octobre 2011 FCC chief announces plan to move phone subsidy funds to broadband, de Cecilia Kang, The Washington Post, 6 octobre 2011

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182 000 emplois créés grâce à l’économie des applications Facebook

Date: 14/10/2011

Selon l'Université du Maryland, les applications Facebook et celles pour téléphones portables et tablettes ont donné naissance, depuis le lancement de Facebook Plateform en mai 2007, à une nouvelle industrie baptisée économie des applications ou app economy. Cette économie des applications est l'un des rares secteurs de l'économie américaine qui connaît une croissance rapide, rappelle la Smith School of Business de l’Université du Maryland dans une nouvelle étude. Intitulée “L'économie des applications Facebook” ("The Facebook App Economy"), ce rapport établit qu'au moins 182 000 emplois auraient été créés aux Etats-Unis par les entreprises qui développent des applications spécifiquement pour Facebook, réseau social le plus populaire au monde, qui compte plus de 750 millions d'utilisateurs. L'Université du Maryland rapporte également que ce modèle économique a généré 12.19 milliards de dollars en salaires et autres gratifications pour les travailleurs américains. Toutefois, elle souligne qu’il s’agit là d’estimations basses. “Selon des estimations plus hautes, l'économie des applications Facebook aurait créé 235 644 emplois, rapportant 15.71 milliards de dollars à l'économie américaine.” Les entreprises concernées par cette économie ne sont pas seulement celles qui fabriquent des applications de jeux et autres. L'économie des applications inclut également “des entreprises qui fournissent des services aux développeurs d'applications”. L'étude prévoit une croissance de ces entreprises créatrices d'applications. “Nos découvertes confirment que les plateformes de réseaux sociaux ont créé une nouvelle industrie prospère”, explique Il-Horn Hann, co-directeur du Center for Digital Innovation, Technology and Strategy de l'Université de Maryland. “Tant que Facebook et les autres plateformes seront en pleine croissance, nous constaterons des créations d'emplois et des répercussions sur l'économie américaine”.

Visionner ci-dessous la vidéo de Il-Horn Hann revenant sur les détails de l’étude et enregistrée par l’Université du Maryland :

Facebook 'app economy' has created more than 182,000 jobs, study says, de Nathan Olivarez-Giles, Los Angeles Times, 19 Septembre 2011

Alexandra KURKDJIAN

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L’American Jobs Act présenté par le Président Obama comprend plusieurs mesures pour libérer des fréquences mobiles et créer un nouveau réseau destiné aux secouristes

Date: 20/09/2011

L’American Jobs Act, présenté par le Président devant le Congrès le 8 septembre, propose de libérer des fréquences pour l’internet mobile par une mise aux enchères, et de créer un réseau à haut débit interopérable dédié à la sécurité publique. Les revenus tirés de cette mise aux enchères, estimés à 28 milliards de dollars, devraient également aider à financer l’extension du très haut débit sans fil à 98 % des Américains. La création d’un nouveau réseau destiné aux secouristes leur garantira des communications fiables, et leur permettra d’échanger des données et des vidéos en temps réel. Ces propositions figuraient déjà dans la « Wireless Initiative » présentée par le Président en janvier dernier. Malgré les efforts du Sénateur Jay Rockefeller (D-WV), le Congrès n’est pas parvenu à voter la création d’un réseau pour les secouristes à temps pour le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. Le Congrès a en effet connu des désaccords quant aux modalités de la création de ce réseau, qui pourrait être bâti avec des fonds publics en utilisant les fréquences dites du « bloc D », ou au contraire mis sur pied par des opérateurs privés après la mise aux enchères des dites fréquences. Les fréquences du « bloc D » sont comprises entre 764-776 Mhz et 794-806 Mhz. L’American Jobs Act prévoit que la construction de ce réseau soit financée par des fonds publics, pour un montant largement couvert par la vente aux enchères de fréquences détenues par les diffuseurs de radio et télévision. D’après la Maison Blanche, cette vente aux enchères rapporterait en effet 28 milliards de dollars, tandis que le coût global pour la création d’un réseau destiné à la sécurité publique et de l’extension du haut débit sans fil est estimé à 10 milliards de dollars. Réagissant à l’annonce de ce plan, le Sénateur Jay Rockefeller (D-WV) s’est déclaré « ravi » que le projet du Président « prévoie des investissements supplémentaires dans l’économie sans fil, ainsi que la création du réseau dont les secouristes ont besoin pour faire leur travail efficacement et en toute sécurité ». La Représentante Anna Eshoo (D-CA), elle-même auteur d’une proposition de loi qui reprend le texte voté par la commission du commerce du Sénat en juin, a exhorté le Congrès à agir « au plus vite et sans hésiter » au moment où le pays marque le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre. Dans son rapport, la Commission sur le 11 septembre avait relevé des pannes sur les réseaux utilisés par les pompiers, alors que ces derniers tentaient de venir aux secours des employés pris au piège dans les tours jumelles. Obama jobs bill includes spectrum reforms, de Brendan Sasso, The Hill's Hillicon Valley, 8 septembre 2011 Eshoo repeats call for national public-safety network, de Gautham Nagesh, The Hill's Hillicon Valley, 7 septembre 2011 Rockefeller praises public safety network in Obama jobs bill, de Brendan Sasso, The Hill's Hillicon Valley, 12 septembre 2011

Service Economique Régional de Washington

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Applications : comment le secteur de la télévision américaine tente de rentabiliser un marché encore naissant

Date: 13/09/2011

Selon le groupe d’analyse Forrester Research, 26 millions d’Américains possèderont une tablette numérique d’ici la fin de l’année 2011 et, selon SNL Kagan, 122,2 millions auront un smartphone. Pour le groupe de recherche en nouvelles technologies Gartner, 17,7 milliards d’applications auront été téléchargées dans le monde d’ici le début de l’année 2012, soit plus du double du chiffre pour 2010. D’ici 2015, le groupe prédit que 185 milliards de téléchargements auront été effectués, ce qui fait une moyenne de 26 applications pour chacun des 7 milliards d’habitants de la planète. Les chiffres sont importants, mais ils ne reflètent pas le chiffre d’affaires généré par le marché des applications. Selon le cabinet d’analyse Yankee Group, le marché américain des applications n’a généré qu’1,6 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2010, un chiffre qui devrait atteindre 11 milliards de dollars en 2014. Mais selon SNL Kagan, le secteur de la télévision aux Etats-Unis ne devrait toucher qu’une faible partie de ces revenus. Le montant des recettes publicitaires généré par ces applications reste en effet limité. PricewaterhouseCoopers estime que les dépenses en publicités pour mobile dans le secteur de la télévision atteindront 532 millions de dollars en 2011, pour atteindre 1,4 milliard en 2015 : une goutte d’eau pour le marché de la télévision. Certains acteurs, comme la chaîne sportive ESPN, Disney/ABC Television Group, CNN et The Weather Channel parviennent à tirer leur épingle du jeu et à rentabiliser leurs investissements dans le domaine du mobile. SNL Kagan place ESPN en tête de cette liste et estime à 53,6 millions de dollars les revenus que le groupe devrait engranger en 2011, grâce à son activité mobile, contre 36,7 millions en 2008. Cependant, même les sociétés qui réussissent dans ce secteur admettent qu’elles doivent faire face à de nombreuses difficultés, la principale étant la rapidité d’évolution de ce marché. - La prolifération des appareils mobiles : un coût supplémentaire L’une des manifestations de cette évolution très rapide est la prolifération des appareils mobiles (Smartphones, tablettes, etc.). La plupart des développeurs d’applications concentrent leurs efforts sur les plateformes d’Apple, qui dominent toujours le marché des applications et devraient engranger 76% du chiffre d’affaires des app stores en 2011, selon IHS Screen Digest. Toutefois, Android de Google est désormais le système d’exploitation pour smartphone le plus répandu aux Etats-Unis, puisque, selon Nielsen, sur la période Février – Avril 2011, il contrôlait 36% du marché américain contre 26% pour iOS d’Apple et 23% pour RIM de Blackberry. D’autre part, plus de 75 nouvelles tablettes ont été présentées au Consummer Electronics Show de Las Vegas au mois de janvier (Lire l'article Bilan du Consumer Electronics Show 2011 du 18 janvier 2011) et selon une étude récente de Strategy Analytics, les tablettes utilisant le système d’exploitation Android dominaient déjà 30% de ce marché au deuxième trimestre 2011. Ces chiffres reflètent une demande croissante pour les appareils mobiles. Toutefois, la difficulté pour les développeurs réside dans le fait que la plupart de ces appareils fonctionnent grâce à des systèmes d’exploitation qui ne sont pas compatibles. L’adaptation à ces différents systèmes peut représenter un coût important. Ainsi, The Weather Channel a plus de 500 appareils fonctionnant en permanence dans son laboratoire, afin de vérifier que tous supportent ses applications, qui ont été téléchargées plus de 53 millions de fois. Au cours d’une conférence à New York, au mois de mars 2011, Natalie Farsi, Head of Mobile chez Warner Bros. Digital Distribution & Warner Bros. TV Group admettait que la multiplication des appareils et la volonté d’être présent sur la majorité d’entre eux, était une véritable difficulté pour le groupe (Lire l'article Conférence Digital Hollywood New York City (9-10 mars 2011) : Applications du 15 avril 2011). Les coûts varient énormément, et ils peuvent donc être considérables. Selon Cameron Clayton, Executive Vice President of Digital Product chez The Weather Channel : « Pour développer une application qui supporte 20 à 40 millions de visiteurs uniques par mois, il faut faire un investissement à 7 chiffres ». Des investissements de ce type sont envisageables pour un groupe comme The Weather Channel, dont les applications enregistrent près de 100 000 téléchargements par jour. Mais cela peut représenter un obstacle pour des producteurs ou des groupes télévisés aux moyens plus limités. Le nombre d’applications disponibles sur les principaux app stores, à savoir près d’un million à l’heure actuelle, représente également un défi pour les développeurs et les sociétés. Une étude de MTV Networks révélait récemment que seulement 11% des applications développées dans le domaine de la télévision avait plus d’un an d’espérance de vie. 38% d’entre elles disparaissent trois semaines après leur lancement. - A la recherche du bon modèle économique Les modèles économiques varient également beaucoup. A l’heure actuelle, la plupart des sociétés proposent un mélange d’applications gratuites avec publicités et d’applications payantes, ces dernières impliquant généralement des jeux ou du contenu premium. En ce qui concerne le secteur de la télévision, l’objectif des producteurs est de toucher le public le plus large possible, afin de promouvoir le programme diffusé à la télévision et les sponsors qui y sont attachés. Le modèle choisi est donc celui de l’application gratuite avec publicités. C’est le cas notamment des applications d’ABC liées à la série Grey’s Anatomy. D’autres ont changé de modèle en cours de route, comme la chaîne CNN, qui a transformé son application payante, lancée en septembre 2009, en application gratuite, au mois de décembre 2010, et a vu ainsi le nombre de téléchargements dépasser la barre des 10 millions au mois de juillet 2011. La définition du bon modèle économique pour le marché des applications est également entravée par l’absence d’un moyen efficace pour mesurer l’utilisation des applications. Les systèmes de mesure sont encore limités et, selon les professionnels du secteur, la situation ne devrait pas évoluer avant au moins un an. Pour Zander Lurie, Senior Vice President of Strategic Development de CBS, un système de mesure est nécessaire pour faire passer les applications du domaine de l’expérimentation à celui d’un marché lucratif. L’autre question importante, selon lui, est celle des fenêtres de visionnage. Comme il le souligne, les professionnels de la télévision doivent être vigilants, afin d’éviter que le contenu proposé sur appareils mobiles ne porte atteinte au secteur, bien plus lucratif pour eux, de la télévision en linéaire. - La TV Everywhere comme solution aux questions de la VOD sur mobile Une des solutions envisagées par le secteur de la télévision afin de remédier au problème des fenêtres de visionnage est le système de TV Everywhere : les abonnés à une offre de télévision payante, Comcast par exemple, ont un identifiant qui leur permet de se connecter à une plate-forme sur Internet leur donnant accès à une offre de contenu importante, en provenance des chaînes câblées. Au mois de juillet 2011, l’opérateur n°1 du câble aux Etats-Unis comptait 8 millions d’abonnés à son service sur Internet baptisé Xfinity, auxquels il propose 185 000 programmes en provenance de plus de 100 chaînes de télévision. Toutefois, cette offre, qui est actuellement accessible sur Internet, est plus difficile à mettre en place sous la forme d’une application. Ainsi, l’application Xfinity TV App de Comcast, accessibles sur les tablettes équipées des systèmes d’exploitation Android et Apple, ne proposent qu’environ 7 000 programmes. Matt Strauss, senior VP/General Manager de Comcast Interactive Media, souligne cependant que la quantité de contenu disponible est en constante augmentation et que l’application a été téléchargée 2,5 millions de fois depuis son lancement au mois de novembre 2010. Ce type d’application est intéressant pour les professionnels de la télévision payante. Cela permet de renforcer les accords déjà existants entre chaînes et opérateurs du câble, de préserver, voire d’accroître, le montant des frais de diffusion reversés par les opérateurs aux chaînes et d’augmenter les revenus publicitaires. Les premières applications de type TV Everywhere ont été développées par ESPN, ESPN Watch, AT&T, U-verse Mobile 2.0 (Lire l'article  “TV Everywhere” sous la forme d’une nouvelle application pour iPhone du 24 août 2010) et HBO, HBO Go (Lire l'article HBO GO : le nouveau site Internet pour visionner séries et films de HBO du 17 février 2010). Cette dernière a été téléchargée près de 4 millions de fois depuis son lancement au mois de février 2011 et elle est maintenant proposée par des opérateurs de télévision payante représentant 80% des abonnés de HBO. Time Warner Cable et Cablevision sont les deux seuls opérateurs majeurs à ne pas proposer ce service à leurs abonnés. En revanche, Time Warner Cable a lancé au printemps 2011 une application permettant à ses abonnés de regarder à domicile, sur leur iPad, certaines chaînes du câble. Initialement 32 chaînes étaient prévues, une partie seulement des chaînes du bouquet offert par TWC, dont Discovery Channel et Fox News Channel. Toutefois, suite aux plaintes déposées par trois entreprises importantes du monde des médias – Viacom, Discovery Communications et News Corporation – le câblo-opérateur a retiré de son offre plusieurs chaînes dont MTV et FX. Pour ces entreprises, l’application lancée par TWC est une violation des termes du contrat de diffusion passé avec eux, puisque le câblo-opérateur n’a pas payé les droits relatifs à la diffusion des chaînes sur des appareils portables (Lire l'article Time Warner Cable retire des chaînes de son application iPad du 15 avril 2010). Au mois de juillet 2011, CNN a également amélioré son application en ajoutant la possibilité, pour les abonnés à un service de télévision payante ayant un accord avec CNN, d’accéder en direct à des journaux de la chaîne. Cela lui permet de toucher près de 50 millions de foyers, chiffre qui, selon CNN, devrait passer à 70 millions dans les prochains mois. - La question des fenêtres de diffusion Ces différentes applications soulèvent la question des fenêtres de diffusion. Afin de promouvoir à la fois ses programmes et son application HBO Go, HBO a proposé à ses abonnés, à la fin du mois de juin 2011, de visionner le deuxième épisode de la quatrième saison de la série True Blood sur HBO Go une semaine avant même sa diffusion à la télévision. Les téléspectateurs ont ainsi été incités à regarder le 1er épisode sur leur téléviseur et à suivre le 2ème sur HBO Go. En général, les diffuseurs préfèrent cependant suivre un schéma plus classique consistant à proposer un épisode en VOD 24h après sa diffusion en linéaire sur la chaîne. Avec le temps, les offres de type TV Everywhere pourraient cependant avoir un impact non négligeable sur les fenêtres de diffusion. Ainsi, depuis le 15 août 2011, Fox a profondément transformé le mode d’accès aux épisodes de ses séries. Alors que les épisodes étaient jusqu’alors accessibles gratuitement sur Hulu et Fox.com le lendemain de leur diffusion sur la chaîne Fox, ils ne seront désormais accessibles sur ces mêmes supports que 8 jours après leur diffusion. Les téléspectateurs souhaitant accéder aux épisodes avant ce délai devront être abonnés à une offre de télévision payante ayant un accord avec Fox ou au service payant Hulu Plus. Au-delà des applications de type TV Everywhere, les professionnels de la télévision s’intéressent également aux applications d’accompagnement, aussi appelées second-screen ou coviewing apps, susceptibles d’offrir des possibilités de services interactifs et de véhiculer des publicités. Ces applications permettent en effet au téléspectateur d’avoir un deuxième écran, une tablette ou un smartphone, lui donnant accès à un chat, un réseau social, des informations supplémentaires, et autres bonus concernant le programme qu’il est en train de regarder. MTV Networks, NBC, ESPN, the Weather Channel et Disney/ABC ont déjà développé ce type d’applications. Deux des applications développées par ABC, celle présentant les coulisses des Oscar (Oscar Backstage Pass app) et celle  concernant la série Grey’s Anatomy, ont récemment été nominées aux Emmy Awards dans la catégorie Outstanding creative achievement in interactive media. Selon Albert Cheng, Executive Vice President, Digital Media, pour Disney/ABC Television Group, « l’iPad pourrait tout-à-fait transformer la manière avec laquelle nous envisageons l’interactivité et pourrait fournir à la télévision interactive une plateforme attrayante pour les consommateurs ». Toutefois, il reste prudent, car ces applications, pour fonctionner correctement, requièrent énormément de temps et de moyens. Ce constat est applicable à tout le secteur des applications en général. D’autre part, le développement des applications vidéo pourrait mener à un encombrement de la bande passante. Ainsi, le cabinet d’analyse Cisco a récemment annoncé que la consommation de vidéo sur Internet aux Etats-Unis passerait de 1 625 petabytes (1 petabyte = 1015 bytes) par mois en 2010 à 3 039 petabytes en 2011 et 8 130 petabytes en 2015. Les opérateurs vont donc devoir faire d’importants investissements en matière d’infrastructures afin, notamment, de coder, stocker et de faire circuler le contenu proposé par les applications. The New TV App Economy: The Buzz Meets the Bottom Line, de George Winslow, Broadcasting & Cable, 8 août 2011 Pour en savoir plus sur les applications : Conférence Digital Hollywood New York City (9-10 mars 2011) : Applications

Géraldine Durand

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Le point sur la fusion AT&T / T-Mobile

Date: 05/07/2011

Le 20 mars dernier, AT&T annonçait avoir négocié avec Deutsche Telekom le rachat de sa filiale T-Mobile USA. Le montant de la transaction devrait avoisiner 39 milliards de dollars. Selon AT&T, qui en a fait la principale justification de ce projet, la fusion permettrait de rassembler une quantité de fréquences suffisantes pour déployer la nouvelle génération de réseau internet mobile à haut débit (norme 4G LTE) et couvrir 294 millions d’Américains. Ce thème a fait l’objet d’une conférence organisée par l’Economic Policy Institute, le 28 juin. I. Une fusion qui renforcerait la concentration du marché de la téléphonie mobile américain... - Vers un quasi-duopole Si la fusion était approuvée, le marché de la téléphonie mobile américain prendrait la forme d’un quasi-duopole dominé à 80 % par AT&T et Verizon. Les 20 % restants seraient partagés entre Sprint et les opérateurs locaux. De nombreuses voix, comme celle du Sénateur Al Franken (D-MN), craignent un retour au monopole qu’AT&T détenait  avec ses filiales régionales avant 1984. Selon l’argument asséné par AT&T, le marché américain de la téléphonie mobile est particulièrement concurrentiel du fait de la multiplicité des opérateurs locaux. Ainsi, 90 % de la population américaine a-t-elle accès à « cinq opérateurs ou plus ». Les opérateurs locaux et nationaux ne sont cependant pas réellement en compétition. Même au niveau local, AT&T et Verizon dominent, et malgré les prix avantageux offerts par les acteurs locaux, peu d’Américains se satisfont de leur couverture réseau limitée. Les opérateurs nationaux le savent, et ont vigoureusement combattu les nouvelles règles de la Federal Communications Commission (FCC) sur le roaming, lesquelles les obligent à louer l’accès à leur réseau internet mobile aux compagnies locales. En outre, ces dernières font face à des difficultés structurelles pour se développer sans profiter des économies d’échelle considérables réalisées par les grands groupes. - Pour les consommateurs, la crainte d’une hausse des prix et d’un moindre choix Selon l’expression du Représentant Ed Markey (D-MI), le rachat de T-Mobile par AT&T pourrait se traduire par « un retour à une ère marquée par des prix élevés et un choix limité ». La disparition de T-Mobile, réputé être le moins cher des grands opérateurs, risque de mener à une indexation de ses tarifs actuels sur ceux d’AT&T. Cette différence de tarif est aujourd’hui sensible, puisque les forfaits illimités « tout compris » (voix, SMS et Internet) sont facturés 115 dollars chez AT&T (et 120 chez Verizon) contre 80 dollars par mois chez T-Mobile. Le fait que T-Mobile n’ait pas assez de poids pour entraîner une baisse des prix chez ses concurrents indique qu’en son état actuel le marché de la téléphonie mobile américain souffre déjà d’un manque de concurrence. Le prix moyen de certains services, comme l’envoi d’un message SMS, a d’ailleurs augmenté ces dernières années. Cette fusion permettrait par ailleurs aux deux opérateurs « géants », AT&T et Verizon, de renforcer leur contrôle sur la commercialisation des téléphones par le biais d’offres exclusives sur des appareils populaires, hors d’atteinte pour Sprint ou les opérateurs locaux. A l’heure où les « smart phones » explosent, les consommateurs ont de plus en plus tendance à laisser le choix d’un téléphone dicter celui de leur opérateur. En outre, la fusion ferait d’AT&T le seul opérateur compatible GSM du marché américain, un critère de choix important pour les clients soucieux de la compatibilité de leurs appareils à l’étranger. - Les « retombées positives » de la fusion sont sujettes à controverse AT&T a déclaré qu’il lui faudrait six ans pour déployer un réseau 4G basé sur la norme LTE couvrant 95 % des Américains (et une moindre part du territoire). Il n’est pas certain que la fusion permette d’accélérer sensiblement ce déploiement, ni même qu’elle lui soit indispensable. Selon certains experts, AT&T est déjà propriétaire de fréquences non-utilisées qui pourraient suffire à la mise en place de ce réseau de nouvelle génération. Alors que Verizon détient moins de fréquences par client qu’AT&T, l’entreprise affirme désormais ne pas en manquer. AT&T est parfois accusé de n’avoir pas suffisamment investi dans son réseau pour utiliser efficacement ses ressources, voir même d’accumuler délibérément des fréquences inutilisées à des fins spéculatives. II. … mais trouve néanmoins de nombreux défenseurs dans un débat marqué par un vaste effort de lobbying Source : Conférence "The Future of Wireless Network: AT&T's proposed acquisition of T-Mobile", 28 juin 2011 au Economic Policy Institute - Un duopole fortement concurrentiel ? Les défenseurs du rachat d’AT&T par T-Mobile invoquent une foule d’éléments pour dépeindre un marché de la téléphonie mobile qui resterait fortement concurrentiel, même s’il était dominé par deux grands opérateurs. Selon eux, l’omniprésence des réseaux WiFi et la possibilité d’accéder à des applications comme Skype sur les smartphones ont poussé à la baisse le prix des appels téléphoniques, et réduit la dépendance des consommateurs vis-à-vis des opérateurs traditionnels. A ce jour, les opérateurs mobiles comme AT&T et Verizon ne permettent cependant pas à leurs clients d’acheter un forfait mobile sans forfait voix (Comcast est seul à offrir un accès autonome à l’internet mobile). - Le duopole, un bienfait pour les consommateurs ? Par ailleurs, certains défenseurs de la fusion, comme Nathan Newman (fondateur du site Tech-Progress.org) ou Debbie Goldman (Policy Director, Communications Workers of America) développent un argumentaire paradoxal selon lequel les bienfaits de la concurrence sont généralement surévalués, et seraient en l’espèce trop faibles pour justifier de s’opposer au rachat de T-Mobile par AT&T. Lors d’une conférence à l’Economic Policy Institute, un think tank progressiste, N. Newman (Tech-progress.org) et D. Goldman (Communications Workers of America) ont tenté de dépeindre la consolidation du secteur comme un phénomène positif, qui offrirait à la Federal Communications Commission l’occasion rêvée de réguler les télécommunications mobiles, pour le plus grand bienfait des consommateurs jusqu’alors inégalement desservis par des entreprises réticentes à investir là où les marges de profit sont faibles ou inexistantes. Concédant qu’AT&T ne devait pas se voir remettre « un chèque en blanc » par les régulateurs fédéraux, ils ont cité plusieurs exemples de conditions qui pourraient être associées à la fusion, comme le respect d’un calendrier contraignant pour la mise en œuvre du très haut débit mobile, l’interdiction de conclure des contrats exclusifs avec un fabricant de téléphones ou encore l’obligation d’offrir aux consommateurs les plus défavorisés un accès internet à moindre coût. Pour M. Newman, de telles règles rendraient une situation de duopole ou même de monopole bien préférable à un oligopole dérégulé aux conséquences incertaines. Ainsi les deux intervenants partisans de cette fusion à 39 milliards de dollars se sont-ils amusés à reprocher à leur contradictrice Parul Desai, représentante de l’association de consommateurs Consumers Union, sa « foi aveugle dans le bon fonctionnement du marché ». Piquée au vif, cette dernière a répondu en soulignant l’incohérence des promoteurs du « duopole régulé », qui, malgré leur scepticisme affiché quant aux bienfaits de la concurrence, soulignent à chaque occasion que le marché de la téléphonie mobile conserverait son caractère concurrentiel malgré la fusion. Curieusement, aucun intervenant n’a semblé considérer que le régulateur puisse légitimement intervenir en l’état actuel du marché, pour protéger les consommateurs ou garantir le maintien d’un environnement concurrentiel. P. Desai a néanmoins dénoncé le « chantage » que constitue, selon elle, l’approbation de la fusion en échange de la mise en œuvre de règles que les opérateurs acceptent mais ne respectent pas toujours. - D’intenses débats et un vaste effort de lobbying Dans les think-tanks et de nombreuses enceintes, partisans et détracteurs de la fusion s’opposent sur fond d’effort de lobbying intense. Ce débat pourrait durer plus d’une année, le temps du passage en revue de ce projet par les régulateurs fédéraux. En matière de lobbying, les moyens sont inégaux : le comité d’action politique d’AT&T a dépensé 3,26 millions de dollars en 2009 et 2010, contre 257 500 dollars pour Sprint, qui s’annonce comme le grand perdant de la fusion si elle est approuvée. Think-tanks et cabinets de conseil sont parfois sensibles à cette influence. Une étude produite par Compass Lexecon, un cabinet de conseil, qui va jusqu’à conclure que la fusion « renforcerait la concurrence », a été financée par AT&T (Voir l'article With AT&T's proposed takeover of T-Mobile, consumer and market benefits are an illusion). Au Congrès, des Démocrates mais aussi certains Républicains ont fait part de leur réserve. Les Représentants Darrell Issa (R-CA) et Bob Goodlatte (R-VA) s’inquiètent en particulier des conséquences de la fusion sur le marché secondaire du « backhaul » (Voir l'article House Republicans voice concerns on AT&T merger). La plupart des membres du Congrès évitent cependant de prendre position pour ne pas interférer avec l’examen de l’opération en cours à la FCC et au Département de la Justice. Les autorités de régulation fédérées entendent aussi avoir leur mot à dire (voir l'article AT&T says merger on track for March 2012 approval) : la California Public Utilities Commission a lancé une enquête sur les effets de la fusion sur les consommateurs, tandis que son homologue new-yorkaise a déjà conclu que le projet ne permettait pas de maintenir une concurrence suffisante. Enfin, la société civile s’est elle aussi emparée de ce débat, et outre la Consumers Union, des organisations comme Free Press ou Public Knowledge ont fait part de leur forte opposition dès l’annonce de la fusion. Pour D. Goldman (Communications Workers of America), l’issue ne fait pas de doutes : T-Mobile sera revendu soit « intégralement », soit « en partie ». Reste à savoir si c’est AT&T qui raflera la mise, malgré les effets redoutés de cette opération sur le marché, et alors que, selon P. Desai (Consumers Union), « il existe d’autres candidats au rachat de T-Mobile » au-delà d’AT&T et Verizon. Une chose est sûre : s’il est approuvé, comme AT&T espère qu’il le sera d’ici mars 2012 (voir l'article du Washington Post AT&T says merger on track for March 2012  approval), le « deal » se verra nécessairement associer des conditions par la FCC, qui pourrait à cette occasion étendre l’application de ses règles sur la neutralité du net aux réseaux mobiles (voir l'article With AT&T/T-Mobile, wireless net neutrality should be back on the table).

Service Economique Régional de Washington

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Le rachat de T-Mobile USA par AT&T en attente d’approbation

Date: 11/05/2011

AT&T a annoncé le 20 mars avoir négocié avec Deutsche Telekom le rachat de sa filiale T-Mobile USA. Le montant de la transaction devrait avoisiner les 39 milliards de dollars, et contribuer à concentrer d’avantage un secteur dont les quatre plus gros acteurs se partagent aujourd’hui 90% du marché. Selon AT&T, cette fusion permettrait d’atteindre plus facilement l’objectif annoncé par le Président en matière de très haut débit sans fil (accès de 98 % des Américains à l’internet 4G d’ici cinq ans). AT&T prévoit que 294 millions d’Américains puissent être couverts par le réseau 4G LTE de la nouvelle compagnie en cas de rachat. L’annonce de cette transaction dément les rumeurs de rapprochement entre Sprint et T-Mobile, respectivement 3e et 4e du secteur derrière Verizon et AT&T. Une fusion des deux « petits » opérateurs n’aurait cependant pas été sans poser de problèmes techniques, dans la mesure où les deux sociétés utilisent des standards incompatibles en matière de technologie sans fil. En janvier dernier, T-Mobile avait annoncé l’adoption à terme de la technologie LTE, la même que celle utilisée par AT&T. Pour avoir lieu, la transaction devra néanmoins être approuvée par le Département de la Justice, qui examinera sa conformité avec la législation antitrust, et la FCC. Des dirigeants d’AT&T comme Randall Stephenson, Directeur Général, se déclarent confiants quant à l’approbation de ce rachat. Pour Wayne Watts, directeur juridique de l’entreprise, la raréfaction des fréquences disponibles devrait jouer en faveur de l’accord. Les analystes sont cependant plus réservés, à l’instar de Jonathan Chaplin de Credit Suisse qui, affirme n’avoir « jamais vu un accord aussi risqué ». Le grand perdant de la transaction serait incontestablement Sprint, opérateur déjà marginalisé par le choix de standards technologiques différents de ceux de ses concurrents. Dans un communiqué paru le jour de l’annonce, l’entreprise fait part de son inquiétude quant à l’émergence d’un « duopole » dans le secteur des télécommunications ; ainsi la nouvelle entité ferait-elle trois fois la taille de Sprint. Quant à Verizon, son CEO Daniel Mead a fait savoir le 21 mars qu’il ne s’opposerait pas à la fusion d’AT&T et T-Mobile USA, même si l’opération ferait passer l’opérateur de la première à la seconde place nationale. Les analystes s’attendent à voir Sprint Nextel jouer un rôle de premier plan en matière de lobbying contre la fusion, aux côtés des opérateurs locaux qui craignent d’être d’avantage marginalisés par l’opération. Sprint a déjà dépensé 2,5 millions de dollars en frais de lobbying en 2010, notamment en soutenant les campagnes des Représentants Anna Eshoo (D-CA), membre de haut-rang du Sous Comité aux Communications, et Edward Markey (D-MA), candidats qu’AT&T n’a pas approchés. En matière de lobbying, Sprint ne peut cependant pas prétendre faire jeu égal avec AT&T, dont les dons bénéficient majoritairement aux Républicains. Si les réactions au Congrès ont été contrastées, le Représentant Henry Waxman (D-CA), membre de haut-rang du Comité à l’Energie et au Commerce de la Chambre, et le Sénateur Jay Rockefeller (D-WV), Président du Comité au Commerce du Sénat, ont exprimé leur inquiétude à propos de la consolidation dans ce secteur. Par ailleurs, les ONG et associations de consommateurs comme Public Knowledge, Consumers Union, Free Press ou Media Access Project ont dénoncé le projet de rachat. La Computer & Communications Industry Association (CCIA), qui comprend Google, Microsoft, Yahoo ou eBay, y voit également une menace pour l’innovation. Enfin, les détenteurs de fréquences pourraient également perdre à l’opération, qui devrait réduire la demande pour de nouvelles fréquences et faire mécaniquement baisser les prix en cas de vente aux enchères. AT&T plans to acquire T-Mobile in $39B deal, making telecom giant, de Sara Jerome, The Hill, 20 mars 2011 Sprint raises concern about the 'dramatic' merger of AT&T and T-Mobile, de Sara Jerome, The Hill, 20 mars 2011 AT&T 'confident' government will approve T-Mobile deal, de Sara Jerome The Hill, 21 mars 2011 Verizon CEO won't oppose AT&T/T-Mobile merger, de Gautham Nagesh, The Hill, 22 mars 2011

Service Economique Régional de Washington

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Les Smartphones se vendent mieux que les ordinateurs

Date: 14/04/2011

Selon un rapport du groupe de recherche IDC, les Smartphones tel que l’iPhone d’Apple se vendent, pour la toute première fois, mieux que les ordinateurs à usage personnel. Au niveau mondial, 100,9 millions de Smartphones ont été fabriqués au cours des trois derniers mois de l’année 2010, soit une augmentation de plus de 87% comparé à 2009. Les ventes de PC ont été plus faibles que prévu, avec une hausse de seulement 3% pour arriver à 92,1 millions. D’après Ramon Llamas, analyste chez IDC, il n’y a pas forcément de liens entre les deux tendances. Les Smartphones et les PC ne sont pas utilisés pour les mêmes raisons et les utilisateurs ont généralement besoin des deux. Les ordinateurs prévalent toujours dès qu’il s’agit d’écrire un texte, d’éditer des photos ou de créer d'autres types de contenu. Les ventes de PC ont, cependant, été touchées par la concurrence des tablettes numériques, à savoir l’iPad d’Apple. Les Smartphones, eux, profitent de la baisse des prix. En effet, il n'est pas rare de trouver des modèles neufs en vente pour 100 $, un prix que les consommateurs sont prêts à payer d’après Llamas. Les ventes de Smartphones bénéficient également de l'intérêt croissant pour le logiciel Android de Google, présents sur des dizaines de téléphones fabriqués par HTC Corp., Samsung, Motorola, etc. Les consommateurs ont aussi tendance à remplacer leur téléphone beaucoup plus souvent que leurs ordinateurs. Ils peuvent ainsi attendre de trois à cinq ans pour remplacer leurs PC alors qu’ils ont souvent la possibilité de remettre à niveau leur téléphone portable avant même la fin du contrat de deux ans. Toutefois, ces avantages devraient se raréfier. La compagnie Sprint a annoncé que la mise à niveau de son téléphone portable avant la date prévue coûtera plus cher et Verizon Wireless a déclaré qu’il ne l’autorisera plus. Smartphones Outsell PCs for the first time ever, de Dana Wollman, The Huffington Post, 8 février 2011

Nathalie Charles

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