Télévision

Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis

Date: 15/05/2012

[caption id="attachment_8737" align="alignright" width="230" caption="Télévisions connectées"][/caption] Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne. Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années. Modèles de distribution utilisés : Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010. La console de jeu vidéo La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au  NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer. La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live. Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console. Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année. Les boîtiers Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur. Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002). Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes. Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées : La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ». Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet. Conclusion : Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic  sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015. D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé. Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près. Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu. Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.

 Géraldine Durand

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Chute spectaculaire de l’audience de Nickelodeon : le signe d’une crise au sein des chaînes pour enfants aux Etats-Unis ?

Date: 14/05/2012

[caption id="attachment_1715" align="alignright" width="230" caption="Nickelodeon"][/caption] L’audience des chaînes pour enfants sur le câble pour les 6-11 ans a baissé de 13% au cours du 1er trimestre 2012 et fait suite à une baisse de 6% au cours du dernier trimestre 2011. Nickelodeon au cœur de la tourmente La chaîne Nickelodeon, propriété de Viacom, a été particulièrement touchée par cette baisse. Au 4ème trimestre 2011, elle a enregistré une chute de 17% de son audience sur les 2-11 ans, son cœur de cible, par rapport au 4ème trimestre 2010. Au 1er trimestre 2011, la baisse était de 25% par rapport à la même période l’année précédente. Les conséquences de cette baisse ont été fortement ressenties par la société propriétaire de la chaîne, Viacom, qui a constaté une chute des recettes publicitaires de ses chaînes de 3% au cours du dernier trimestre 2011. Suite à la publication de ces chiffres, le CEO du groupe, Philipp Dauman, a précisé que les recettes publicitaires auraient été en hausse si les chiffres de Nickelodeon n’avaient pas été pris en compte. Pour certains, c’est la programmation de Nickelodeon qui est en cause, avec des séries comme Bob l’éponge et Dora l’exploratrice, programmes phares de la chaîne, diffusées respectivement depuis 1999 et 2000. Bob l’éponge peut, selon les périodes, représenter 30 à 40% de la programmation de la chaîne. Ainsi, beaucoup pensent qu’un renouvellement des programmes de Nickelodeon serait nécessaire. D’autres se demandent si les services en streaming comme Netflix ne seraient pas responsables de cet effondrement. En effet, la plateforme Internet a récemment enrichi son catalogue d’un grand nombre de programmes pour enfants. Ainsi, plusieurs saisons de Bob l’éponge, le programme phare de Nickelodeon, sont disponibles sur de nombreuses plateformes. Ces services sont par ailleurs plébiscités par les enfants lorsqu’ils consultent une tablette ou un ordinateur. Près de 70% des enfants de moins de 12 ans vivant dans des foyers équipés de tablettes les utilisent régulièrement et 51% des enfants âgés de 5 à 8 ans, tous foyers confondus, sont sur ordinateur plusieurs fois par semaine. Les modes de visionnage sont donc beaucoup plus fragmentés qu’il y a quelques années, avec, à la télévision, l’apparition de chaînes comme The Hub et le succès de sa série Le Petit Poney (La stratégie de The Hub pour étendre son audience, Médiamérica, 19 mars 2012), sans compter la popularité croissante de PBS Kids Sprout et de Cartoon Network. Nickelodeon possède aussi les chaînes TeenNick, Nicktoons et Nick Jr. qui ont pu cannibaliser une partie de son audience. Et la situation ne devrait pas s'améliorer avec le lancement récent, par Disney, d’une nouvelle chaîne, Disney Junior, destinée aux 2-5 ans (Lire Disney lance une nouvelle chaîne : Disney Junior, Médiamérica, 26 avril 2012). Pour Robert Thompson, Professeur à Syracuse University, « si on considère le nombre de services en ligne et à la télévision qui permettent aujourd'hui de regarder des programmes pour enfants, il est normal que Nickelodeon n’ait pas les mêmes taux d’audience qu’il y a 10 ans ». Vers une meilleure exploitation des franchises Bien que la tendance semble se confirmer pour tous les groupes d’âge (selon Nielsen, l’audience totale pour les moins de 12 ans a baissé de 2,9% en 2011 par rapport à 2010), les responsables des chaînes affirment que les chiffres de Nielsen ne correspondent pas aux leurs. Quoi qu’il en soit, les chiffres de Nielsen, vrais ou faux, représentent de l’argent et bien que les responsables du câble aient du mal à l’admettre, leur objectif principal pourrait bientôt se transformer d’une lutte pour capter des parts d’audience, à une recherche de moyens pour amortir la baisse d’audience en utilisant leurs franchises différemment. Ainsi, la chaîne Cartoon Network cherche à être présente sur toutes les plateformes, même si elle ne met aucun programme en ligne. La chaîne pour enfants est en effet fortement opposée à tout service sur abonnement en streaming, considérant que cela pourrait créer de la concurrence aux opérateurs de la télévision payante et/ou aux publicitaires. La position de Cartoon Network reflète celle du groupe qui en est propriétaire, Time Warner, qui pousse fortement pour le développement de l’initiative TV Everywhere. De son côté, Disney a lancé de nouvelles chaînes sur YouTube où la société propose du contenu original en partie basé sur l’application Where’s My Water, un véritable succès. Bien que YouTube soit une destination privilégiée pour les enfants, ni Nickelodeon, ni Cartoon Network ne semblent prêter attention à la plateforme. Plus surprenant encore : les chaînes pour enfants sont presque totalement absentes de Hulu qui apparaît pourtant comme un site Internet idéal pour le contenu pour enfants. De la même manière, les chaînes se méfient beaucoup de l’iPad sur lequel il n’y a quasiment aucune innovation. Nickelodeon propose quelques applications éducatives et des jeux liés à des programmes comme Dora l’exploratrice et Bob l’éponge, mais aucune application pour regarder le contenu de la chaîne dans son intégralité. Cartoon Network propose une application pour regarder ses programmes avec un système d’authentification. Disney a plusieurs jeux populaires sur iPhone et iPad, mais bien qu’il soit possible d’acheter des films Disney pour visionnage sur iPad, ce n’est pas le cas pour les séries. Toutefois, le fait de multiplier les déclinaisons d’une marque ne porte pas toujours ses fruits. Les 28 jeux de Cartoon Network liés à Ben 10, une de ses franchises les plus populaires, ont été vendus à un peu plus de 10 millions d’exemplaires, un chiffre bien loin des 131 millions d’exemplaires du jeu Call of Duty vendus par Activision, par exemple. De la même manière, le jeu vidéo Epic Mickey de Disney, exclusivement sur Wii, s’est vendu à seulement 2,5 millions d’unités. Mais il y a aussi, bien sûr, des success story. Au mois d’août 2011, la fiction télévisée Phineas and Ferb: Across the Second Dimension a enregistré le chiffre de 7,6 millions de spectateurs. Quand Disney a ajouté les chiffres du DVR, l’audience est passée à 10,7 millions de spectateurs, ce qui souligne bien ce que tout parent sait déjà : quand un enfant aime un programme à la télévision, il le regarde encore, et encore, et encore. Cela représente une leçon pour tout le secteur : l’entertainment multiplateforme est ce que tout le monde recherche, y compris les enfants. S’ils ne peuvent le trouver par le biais des chaînes de télévision, ils iront le chercher ailleurs. Playing in the Stream, de Sam Thielman, Adweek, 25 mars 2012 The Curious case of Nickelodeon’s ratings, de Sarah Barry James, SNL Kagan, 22 février 2012 Nickelodeon: Too much 'SpongeBob' vs. too much Netflix, de Sarah Barry James, SNL Kagan, 09 mai 2012  

Géraldine Durand

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De plus en plus d’Américains se désabonnent des services du câble : comment expliquer la tendance du “Cord-cutting” ?

Date: 08/05/2012

[caption id="attachment_7590" align="alignright" width="230" caption=""Cord-Cutting""][/caption] La montée en puissance des plateformes sur Internet Le phénomène de « cord-cutting » prend de l’ampleur aux Etats-Unis alors que des millions de téléspectateurs résilient leur abonnement à la télévision payante.  D’après Convergence Consulting Group (entreprise de conseil - CCG), environ 2,65 millions d’abonnés à un service de télévision sur abonnement ont « coupé le cordon » entre 2008 et 2011, pour se tourner vers les services en ligne comme Netflix et Hulu Plus. Ces services rencontrent un succès plus important que les sites gratuits mis en place par les chaînes de télévision, notamment parce que ces chaînes proposent leurs programmes d’une manière de plus en plus contraignante, en augmentant les publicités ou en limitant la durée de disponibilité sur le net. Leurs sites ne semblent pas offrir une alternative valable aux services de streaming sur abonnement (lire Vidéo à la demande (VoD) sur le câble : une opportunité qui n’a pas été saisie, Mediamerica, 03 avril 2012). Selon la société de conseil CCG, les commandes par correspondance ont été le premier poste de revenu pour le marché de la location de films et séries télévisées en 2011 avec 25% du total, suivi par la vidéo à la demande (VOD) avec 21%, les magasins avec 20%, les kiosques avec 19%, les abonnements en ligne avec 13% et les locations individuelles sur Internet avec 2%. Les ventes de films et émissions télévisées en téléchargement ont représenté respectivement 4% et 3% des ventes tous supports confondus en 2011. La société de conseil prévoie que ce marché devrait évoluer fortement en 2012 et les services en ligne sur abonnement devraient représenter la plus grosse part des revenus pour le marché de la location avec 25% du total, suivi par les kiosques avec 22%, la VOD avec 21%, les commandes par correspondance avec 16%, les magasins avec 13% et les locations individuelles en ligne avec 3%. Des abonnements à la télévision payante de plus en plus coûteux En 2011, 1,05 million d’Américains ont annulé leurs abonnements à la télévision payante et ce nombre devrait augmenter jusqu’à atteindre 3,58 millions d’ici fin 2012. Cependant, ces services vont gagner 185 000 abonnés en 2012, contre 112 000 en 2011. Le phénomène de « cord-cutting » trouve notamment son explication dans l’augmentation constante du prix des abonnements à la télévision payante. Les opérateurs de la télévision payante font en effet face à un dilemme : d’un côté, ils doivent fournir aux spectateurs une offre complète qui comprend des informations, du divertissement, du sport et des feuilletons populaires, et de l’autre, ils doivent contrôler les coûts. Dans une étude publiée au mois d’avril 2012, le NPD Group estime que l’abonnement standard à la télévision payante avec un bouquet de chaînes premium a atteint 86 dollars en 2011, soit 65 dollars pour l’offre basique et 21 dollars pour les chaînes supplémentaires. Si on considère que l’abonnement mensuel pour la télévision payante augmente de 6% chaque année, NPD s’attend à ce que la facture moyenne atteigne 123 dollars en 2015 et presque 200 dollars en 2020. « Etant donné que les coûts de la télévision payante augmentent et que le pouvoir d’achat des consommateurs stagne, le modèle économique de la télévision payante ne semble pas viable sur le long terme », explique dans un communiqué Keith Nissen, directeur de recherche pour NPD. Derrière ces augmentations de prix, se cache notamment l’augmentation des coûts d’achat des programmes. Les droits de diffusion que les compagnies du câble et les opérateurs du satellite et des télécommunications payent pour les chaînes basiques du câble et les chaînes de sport ont tous augmenté de façon substantielle ces dernières années et commencent à grignoter leurs marges. L’analyste Michell Ow de SNL Kagan a estimé, en janvier 2012, que pour les trois plus gros opérateurs de la télévision payante, c'est-à-dire Comcast, Time Warner Cable et Charter Communications, la part du coût d’acquisition des programmes par rapport aux revenus issus de l’activité vidéo était d’environ 40% en 2011, contre 39% en 2010 et 37% en 2009. « C’est surtout les chaînes et programmes de sport qui sont responsables de cette augmentation », explique-t-elle. Au total, les frais de retransmission pour la globalité des chaînes devraient augmenter de 40% entre 2011 et 2012 pour atteindre 2,03 milliards de dollars en 2012. Taking some of the ‘pay’ out of pay TV, de Sarah Barry James, SNL Kagan, 11 avril 2012 The Battle of the North American Couch Potato: Online and Traditional TV, and Movie Distribution, de The Convergence Consulting Group Limited, avril 2012  

Sonia Droulhiole

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Disney lance une nouvelle chaîne : Disney Junior

Date: 26/04/2012

[caption id="attachment_9132" align="alignright" width="230" caption="Disney Junior"][/caption] Dans un contexte où les chaînes pour enfants se battent pour gagner quelques parts d’audience supplémentaires, Disney Channel a annoncé mi-mars la transformation de son programme populaire pour les préscolaires en une chaîne à part entière. Disney Junior, avec sa cible démographique entre 2 et 5 ans, espère capitaliser sur le succès de sa programmation face à son rival Nickelodeon, qui a d’ailleurs lui aussi créé sa chaîne préscolaire, Nick Jr (lancée en 1999 sous le nom Noggin, elle fut relancée en 2009 sous celui de Nick Jr.). Disney Junior va remplacer la chaîne SoapNet, dont les rediffusions de feuilletons en journée ont perdu en popularité depuis l’arrivée du DVR (enregistreur numérique) et l’annulation de nombreux feuilletons par ABC. « Certes, Sprout et Nick Jr visent déjà cette cible, ainsi que d’autres acteurs plus petits, mais Disney veut vraiment s'affirmer sur ce marché », explique Darcy Bowe, directeur média associé de Starcom (agence média). « D’autre part, s’il y a déjà une grande variété de chaînes du câble destinées aux adultes, rares sont celles qui se concentrent sur le « co-viewing » (programmes attirant à la fois les parents et les enfants). C’est définitivement une opportunité de croissance et de diversification de l’audience. » Quelques contretemps ont cependant retardé le lancement de la chaîne : le lancement était initialement prévu en janvier 2012, mais a dû être reculé pour des questions de contrats avec les opérateurs de la télévision payante américaine. Disney Junior sera lancée avec une base de 30 millions d’abonnés. Jake and the Never Land Pirates et Mickey Mouse Clubhouse en seront les programmes phares. Disney Junior va au départ utiliser un modèle de parrainage, comme celui de Disney Channel, qui consiste en des spots publicitaires de 15 secondes dans lesquels une marque peut être représentée sans être pour autant le sujet de la publicité. Par exemple, une boîte de Cheerios peut être posée sur une table de cuisine, mais la publicité doit parler du fait de prendre le petit-déjeuner, et non pas de la marque de céréales General Mills. Les tout-petits n’ayant évidemment pas de revenus, la plus grosse partie des arguments de vente de la chaîne est centrée sur les parents. « Il y a beaucoup de publicitaires qui veulent parler à la mère, au moment où elle est « mère » et non pas juste une femme de 18-49 ans », explique Rita Ferro, Executive Vice President Disney media sales and marketing. Se concentrer sur une cible dite de co-viewing est une idée intéressante, mais aussi dure à vendre, développe un acheteur. « Certains se demandent qui va regarder la télévision avec l’enfant : les parents ou la babysitter ? Le nombre de marques qui ciblent les enfants n’est pas infini et la croissance de ce marché publicitaire est limitée. Or, c’est précisément ce marché qu’il va falloir attaquer ».   Disney scrubs soaps in favour of co-viewing, de Sam Thielman, Adweek, 26 mars 2012  

Sonia Droulhiole

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L’avenir de la télévision connectée selon Roku

Date: 17/04/2012

[caption id="attachment_9109" align="alignright" width="230" caption="Roku"][/caption] La popularité croissante de la vidéo sur Internet va sans aucun doute modifier rapidement la façon dont le contenu vidéo est visionné. Une question demeure : quels acteurs sortiront vainqueurs sur ce marché ? Le CEO et créateur de Roku (boîtier qui permet de regarder des vidéos transmises en streaming par Internet sur sa télévision), Anthony Wood, a une réponse : il prévoit l’émergence d’un opérateur proposant des programmes similaires à ceux proposés par les opérateurs du câble, mais sur Internet (Virtual MSO) dans les 4 ou 5 années à venir. D’ici là, selon ses prévisions, Netflix devrait dépasser la barre des 50 millions d’abonnés, le DVR (enregistreur numérique) devrait disparaître et le streaming devrait être disponible sur la majorité des télévisions dans le monde. Anthony Wood s’est exprimé sur ces différents sujets le 20 mars 2012 lors de la conférence OTTCON (Over-the-Top TV Conference) à Santa Clara en Californie. Créée en 2002, la société Roku a rencontré un vif succès grâce à son produit, devenu rapidement un des boîtiers over-the-top les plus populaires du marché américain, avec plus de 2,5 millions d’unités vendues à ce jour. Cependant, les consommateurs ont plus d’options que jamais pour consommer du contenu en streaming et Roku est en concurrence directe avec les mastodontes Apple et Google. Mais c‘est surtout les téléviseurs connectés (ou smarts TVs) qui sont les concurrents les plus sérieux du boîtier Roku, même si Anthony Wood ne semble pas inquiété par leur croissance notable. Il affirme en effet que les boîtiers Roku ont diffusé en streaming deux fois plus d’heures que les télévisions connectées en 2011, soit environ 12 heures de contenu par semaine et par appareil. Selon les recherches menées par la société Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des principaux défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour touts les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes. Roku ne propose cependant que peu de contenu des réseaux câblés et des networks, si ce n’est celui disponible sur abonnement sur Hulu Plus. Au classement des services les plus populaires sur les télévisions connectées et les boîtiers permettant le streaming sur Internet, Netflix est toujours classé premier, Hulu Plus arrivant peu après. Actuellement, l’essentiel du contenu visionné en streaming sur téléviseur l’est par le biais de consoles de jeux vidéo et d’ordinateurs, explique Anthony Wood, mais la situation est en train de changer et bientôt, les boîtiers type Roku et les télévisions connectées prendront le relais. Le marché des offres OTT gagnant en maturité (Les services TV Everywhere des câblo-opérateurs vs les offres Over the Top, Mediamerica, 10 novembre 2011), les propriétaires de contenu deviennent plus exigeants. Le but n’est plus d’avoir son contenu disponible sur le plus de plateformes possibles, mais d’être présents sur celles qui possèdent une large part de marché. HBO offre un exemple de cette politique : sa nouvelle application HBO GO est disponible uniquement sur la Xbox de Microsoft, les boîtiers Roku et ceux de Samsung Electronics. Comme les propriétaires de contenu se tournent en premier vers Apple et ses innombrables appareils, son format d’encodage est devenu la norme de l’industrie. Roku acceptant ce format, la société récupère une grande partie du contenu d’Apple, précise Anthony Wood. Anthony Wood sépare les distributeurs de contenu vidéo en streaming en trois catégories : les offres OTT comme Netflix et Hulu, agrégeant du contenu média traditionnel, des applications classiques qui proposent le contenu d’une seule chaîne de télévision et les marques qui naissent avec l’émergence de nouveaux canaux de distribution, comme Glenn Beck TV (la chaîne HD programmée de, par et avec Glenn Beck) et Revision3 (service video indépendant gratuit qui créé, produit et distribue des émissions télévisées sur des sujets de niches). Les applications de ces nouveaux diffuseurs posent de nouveaux défis à l’environnement classique du streaming. Certaines sociétés vont en effet devoir faire face à des problèmes d’images de marque et de relations clients. Comcast, Time Warner Cable et DirecTV bloquent par exemple en ce moment l’application HBO GO sur les boîtiers Roku, préférant la distribuer sur leurs propres services à la demande. Comcast permet ainsi l’accès à ce même contenu sur sa propre application XFINITY TV everywhere. L’autre problème est la mise en valeur des applications moins connues – un problème analogue à celui des centaines de chaînes disponibles sur la télévision. Surtout que peu de marques ont une image déjà reconnue sur le marché du streaming. Le design de l’interface prend alors une importance cruciale. Roku travaille ainsi à mettre à jour son interface pour pouvoir mettre en avant de façon efficace les 500 chaînes proposées. Selon Anthony Wood, les 10 prochaines années devraient voir une explosion de la disponibilité du contenu vidéo, accessible sur n’importe quel appareil n’importe quand. Cependant, il reste des problèmes à régler, notamment celui des droits de diffusion, les coûts dépassant souvent les bénéfices pour les diffuseurs. Il y a également des problèmes d’encodage et de DRM, qu’il faudrait standardiser. Or, cette industrie a toujours eu les plus grandes difficultés à s’accorder sur ce genre de procédures. The future according to Roku, de Perkin di Grazia, SNL Kagan, 28 mars 2012 HBO Go Not Working on Your Roku? Don’t Blame HBO, de Sean P. Aune, TechnoBuffalo, 10 février 2012  

Sonia Drouhiole

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TV5MONDE passe de nouveaux accords aux Etats-Unis et étend sa présence dans le pays

Date: 17/04/2012

[caption id="attachment_4751" align="alignright" width="230" caption="TV5Monde"][/caption] TV5MONDE a signé de nouveaux accords avec l'opérateur satellite DISH Network pour le lancement de la chaîne pour enfants Tivi5MONDE, et avec les Nations Unies pour la diffusion d'une version française de l'émission « 21st Century ».   La chaîne pour enfants Tivi5MONDE est disponible aux Etats-Unis au sein de l’offre du deuxième opérateur satellite du pays, DISH Network (14 millions d’abonnés au 31 décembre 2011), depuis le 26 janvier dernier. Proposée dans le bouquet de chaînes francophones de l’opérateur qui, pour 19,99$, donne également accès à TV5MONDE, France 24, Afrotainment, Trace Urban, Eurochannel, Euronews et Radio France Internationale, Tivi5MONDE est la première chaîne francophone entièrement dédiée aux enfants aux Etats-Unis et elle est diffusée 7 jours sur 7, 24h/24. La programmation de la chaîne, qui vise une audience âgée de 4 à 14 ans, est composée de programmes d’animation (« Les Daltons », « Marsupilami », « Chasseurs de dragons »), de fictions jeunesse, comme « Tactik », sur le football, et d’émissions comme « Les Niouzz », sur l’actualité. Grâce au système d’authentification mis en place par DISH Network, les programmes de Tivi5MONDE sont également accessibles à la demande sur les iPads et iPhones des abonnés au bouquet francophone.   Autre actualité pour TV5MONDE, le partenariat signé avec l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour la réalisation et la diffusion d’une adaptation française de l’émission « 21st century », magazine phare de l’ONU créé en 2007, repris par 50 chaînes dans le monde, dont la BBC. Présenté par la journaliste française Charlotte Le Grix de la Salle depuis le siège des Nations Unies à New York, « 21ème siècle » propose, chaque mois, deux à trois reportages sur des thèmes à portée universelle comme la condition des femmes, la violation des droits humains, la pauvreté, etc. Une soirée de lancement a été organisée au siège des Nations Unies le 20 mars en présence de la Directrice générale de la chaîne, Marie-Christine Saragosse, et du Secrétaire général adjoint de l'ONU à la communication et à l'information, Kio Akasaka. TV5MONDE diffuse l’émission sur ses différents canaux à travers le monde depuis le 9 mars et le programme de 26 minutes peut également être visionné sur le site Internet de la chaîne, avec pour certains sujets, un accompagnement pédagogique spécifique.   TV5MONDE a fêté ses 10 ans de présence aux Etats-Unis au mois d'octobre 2011. Au cours de cette décennie, la chaîne a passé des accords avec les principaux opérateurs du câble et du satellite américains, ce qui lui permet d'être désormais présente dans près de 360 000 foyers dans le pays. D'après les études de TV5MONDE, 60% de ses abonnés aux Etats-Unis sont américains et ils regardent la chaîne, en moyenne, 13,5 heures par semaine. Vendue à la carte pour 10$ par mois par la plupart des opérateurs qui la proposent, la chaîne est également distribuée dans le bouquet «extended basic» des Etats très francophones de Louisiane et du Maine par les câblo-opérateurs Cox Communications et Time Warner Cable. TV5MONDE Etats-Unis est aussi reprise sur le service ADSL d'AT&T, leader des opérateurs de télécommunications aux Etats-Unis, et sur celui de son concurrent, Verizon. Parmi les derniers développements concernant TV5MONDE Etats-Unis figurent de nouveaux accords conclus avec l'opérateur américain Comcast, pour renforcer la distribution de la chaîne francophone sur le réseau câblé de ce distributeur en Floride, et avec Cox, afin d'accroître la présence de TV5MONDE en Virginie.      

Géraldine Durand

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Euronews arrive sur Google TV aux Etats-Unis

Date: 17/04/2012

[caption id="attachment_5330" align="alignright" width="230" caption="EuroNews"][/caption] Euronews est la première chaîne internationale d’information en Europe. Elle couvre l’actualité mondiale en continu, grâce à ses 400 journalistes de plus de 25 nationalités, et existe en 11 éditions. La chaîne euronews est proposée à 350 millions de foyers dans 155 pays et est disponible sur toutes les plateformes numériques.   Google TV vient de lancer une application euronews, accessible depuis la section Spotlight (rubrique Featured and News), en 5 langues (français, anglais, allemand, espagnol et italien). Désormais, les téléspectateurs américains connectés à ce service auront accès à la demande aux derniers bulletins d’information, aux magazines d’euronews et au programme emblématique « no comment TV » lancé en 2007 sur YouTube.   Ce rapprochement entre les deux sociétés n’est pas le premier du genre. Euronews et Google avaient déjà collaboré pour la diffusion d’une interview spéciale du Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, sur YouTube. Les deux sociétés avaient également travaillé ensemble sur « Trends », programme court sur les sujets les plus convoités sur les moteurs de recherche de Google en Europe, et pour le lancement des nouveaux sites YouTube en Europe, au Brésil et au Japon.   Lancée en 2010, la télévision connectée de Google, Google TV, est actuellement disponible aux Etats-Unis sur téléviseurs et boîtiers HDTV. Google TV réunit la télévision traditionnelle, Internet, des applications et un moteur de recherche. La première version de la Google TV n’a pas rencontré le succès escompté et fin 2011, moins d’un million d’appareils proposant la Google TV et de boîtiers Google TV avaient été vendus aux Etats-Unis. Toutefois, Google a dévoilé une nouvelle version améliorée au CES de Las Vegas en Janvier 2012. Cette fois, LG, Samsung, Vizio et Sony sont partenaires et vont intégrer Google TV à leurs appareils (lecteurs Blu-Ray et téléviseurs).   La situation devrait donc changer en 2012 avec la mise en vente de la nouvelle version aux Etats-Unis et le lancement de la Google TV, pour la 1ère fois, en Europe.     Logitech’s Google TV failure: Too much, too soon, de Ryan Lawler, Gigaom; 11 novembre 2011 CES 2012: Television makers push Google TV in Las Vegas, de Andrea Chang, 13 janvier 2012 Google TV is coming to Europe this September, de Janko Roettgers, Gigaom, 2 avril 2012 Scoop: Less than 1M Google TV devices in use, de Janko Roettgers, Gigaom, 28 février 2012    

Sonia Droulhiole

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D’un Cartoon à l’autre

Date: 11/04/2012

[caption id="attachment_9081" align="alignright" width="230" caption="Cartoon Connection au Canada"][/caption] Parmi ses divers rendez-vous, Cartoon compte les Cartoon Connection. Avant Busan, en Corée du Sud, du 19 au 22 mars, le précédent s’est déroulé à Québec, au Canada, du 5 au 8 décembre dernier. Il avait pour objectif de renouer les relations entre producteurs européens et canadiens. Soutien de l’industrie de l’animation européenne depuis plus de vingt ans, Cartoon, organisation internationale à but non lucratif basée à Bruxelles, qui reçoit le soutien financier du programme Media de l’Union européenne pour mener ses activités, organise quatre grands types de rendez-vous par an. Ses manifestations phares sont le Cartoon Forum, centré sur la série animée, qui réunit plus de 750 participants en septembre et s’ancre à Toulouse à partir de cette année, et le Cartoon Movie, dédié au long métrage d’animation, qui se bonifie chaque année en accompagnant la croissance de la production européenne en s’enracinant au mois de mars à Lyon. Entre les deux se tiennent des Cartoon Masters – séminaires de formation qui réunissent une centaine de professionnels chacun autour de questions touchant au financement des films ou des séries, ou s’intéressant au transmédia –, et des Cartoon Connection. Il s’agit là d’un nouveau programme destiné à développer les liens commerciaux et créatifs entre les professionnels de l’animation européens et leurs homologues basés en Corée du Sud, en Amérique latine et au Canada, afin d’améliorer leur connaissance mutuelle des marchés et à encourager la coopération et la circulation des œuvres d’animation. Un pays à redécouvrir Après l’Argentine et la Corée du Sud, le Canada était ainsi en décembre dernier, pour la deuxième année, la destination d’une délégation de producteurs et de diffuseurs européens. Après Ottawa en 2010, Québec est devenue la ville d’accueil de la manifestation, soutenue par le programme Media Mundus de l’UE et co-organisée avec les Rencontres cinématographiques du Québec, qui comptent bien pérenniser le rendez-vous afin de faire de Québec “une plaque tournante de l’animation”. Pour 146 participants issus de 14 pays, le menu était très dense. Le matin, des tables rondes en anglais, comptant 28 intervenants au total, permettaient de se faire une idée des différents dispositifs d’aide à la production canadiens ainsi que des traits saillants des programmes destinés aux enfants des grandes chaînes (BBC, RAI, FTV, Lagardère, Canal+, M6 , TVO, Teletoon...) situées de part et d’autre de l’Atlantique. Des analyses de producteurs et deux études de cas complétaient le dispositif. Les après-midis étaient dédiés aux rendez-vous individuels de prise de contact entre producteurs canadiens et européens. Il ressort de ces échanges que le Canada, pays qui dispose du plus grand nombre d’accords de coproduction dans le monde – avec 53 traités signés, il devance de peu la France – souhaite reconquérir l’Europe, et plus particulièrement la France, avec laquelle il a beaucoup plus coproduit par le passé qu’il ne le fait actuellement. De fait, l’évolution de la structure du financement a évolué en Europe avec la monnaie unique, la multiplication des dispositifs de crédit d’impôt, l’évolution du compte de soutien pour les Français ainsi que l’élargissement des capacités d’attraction de nos voisins belges et luxembourgeois. L’absence de décalage horaire et la proximité sont d’autres atouts. Reste que, sur le Vieux Continent, les attraits de nos voisins sont désormais tellement courus que l’on se bouscule au portillon. Du coup, le rafraîchissement des dispositifs de soutien canadiens leur donne un lustre nouveau. Ils sont aussi particulièrement en pointe pour tout ce qui touche au jeu vidéo et aux nouveaux médias. “Le Canada, et surtout le Canada français, entend bien redevenir attractif”, souligne Jean-Paul Commin, venu en reconnaissance pour le compte des Armateurs, qui ont déjà coproduit avec le Canada la série T’choupi et les Triplettes de Belleville. Mais c’était il y a un certain temps... “Les Canadiens ont des projets, mais leurs problèmes de financement sont encore plus aigus que les nôtres vu la taille de leur marché et l’invasion de la production américaine, poursuit-il. Alors que ce type de rencontres est plutôt un terreau fertile pour la série télé, ils montrent un véritable intérêt pour le long métrage. Les Européens étant vécus comme très dynamiques et créatifs sur ce terrain.” Après ce premier voyage prospectif, destiné à “jauger des capacités à produire ensemble et à chercher des atomes crochus”, le Canada fera, en tout cas, partie de la réflexion pour les projets à développer. Il y a une centaine de producteurs d’animation indépendants au Canada, dont plus de 90 travaillent pour la télévision et une dizaine pour le cinéma. Pour Téléfilm Canada, l’agence fédérale de développement et de promotion des industries de l’image au Canada, la production locale d’animation représente un volume d’affaires de 188 M$ canadiens en 2010, avec 83 % de production en langue anglaise. Ce CA représente 10 % du total de la production nationale. Il représente aussi 307 heures produites, soit - 26 % par rapport à l’année précédente. En nombre de projets, la France reste le principal coproducteur du Canada (35 %) entre 2006 et 2010, devant la Grande-Bretagne (18 %), l’Australie et l’Allemagne (chacun 8 %). En 2010, les 62 coproductions menées, tous genres confondus, représentent 410 M$ canadiens. 17 concernent l’animation, trois sont des longs métrages et 14 des programmes TV. Ces coproductions officielles sont reconnues comme 100 % canadiennes, ce qui leur donne un accès au même soutien que les productions canadiennes. En matière de sources de financement, les combinaisons possibles sont nombreuses entre fonds fédéraux (crédit d’impôt, géré par la Société de développement des industries culturelles plus connue sous l’acronyme de Sodec, soutiens gérés par Téléfilm Canada et Canada Media Fund, National Film Board, et Canadian Broadcasting Corporation), fonds provinciaux (crédit d’impôt et incitations fiscales, aide sélective, télé-diffuseurs locaux) et fonds privés (télédiffuseurs privés, distributeurs, apports en industrie, etc). Partie remise Au Cartoon Connection Europe-Canada, parmi les membres de la délégation française, Dora Benousilio a présenté trois projets télé, dont une série ludo-éducative de 26x3’ et un spécial de 26’, ainsi qu’un long d’animation développés par Les Films de l’Arlequin. “Comme dans le cadre d’une coproduction, on s’embarque pour plusieurs années, les relations humaines sont très importantes, explique la productrice. Les Canadiens sont très conviviaux et il est très simple de nouer des relations avec eux.” Elle a rencontré de nombreuses sociétés dans le cadre des après midi de rendez-vous. “Tous ceux que j’ai vus se sont montrés intéressés par mes projets télé, pour le long métrage cela semblait plus compliqué, poursuit Dora Benousilio. Après avoir signé avec France Télévisions le Père frimas, un spécial de 26’, j’ai essayé de monter une coproduction avec l’un producteur canadien que j’avais rencontré. Mais, sur un projet aussi ponctuel, il n’a pas été facile de mettre en place une coproduction 80-20 en n’ayant que la postproduction son à faire sur place. Mais, je sais que ce n’est que partie remise.”

Florence Bonvoisin

Paru dans EcranTotal le 7 mars 2012

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Vidéo à la demande (VoD) sur le câble : une opportunité qui n’a pas été saisie

Date: 03/04/2012

[caption id="attachment_9057" align="alignright" width="230" caption="La VOD sur le câble"][/caption] Des études récentes montrent que les câblo-opérateurs ont laissé passer une potentielle source de revenu importante en ne saisissant pas assez vite l’intérêt de la VoD. Ils auraient ainsi perdu des milliards de dollars en revenus publicitaires, tout en laissant le champ libre au développement d’alternatives over-the-top (OTT) comme Netflix (cf. l'article Les services TV Everywhere des câblo-opérateurs vs les offres Over the Top, Mediamerica, 10 novembre 2011). The Diffusion Group (société qui propose des études de marché et du conseil) estime qu’actuellement, la VoD représente 1% du temps de visionnage de la télévision aux Etats-Unis, soit 3.6 milliards d’heures sur les 350 milliards regardées pendant l’année 2010. A titre de comparaison, Netflix a annoncé 2 milliards d’heures de visionnage en streaming au seul quatrième trimestre 2011, soit 80% de plus que le nombre d’heures vues en VoD rapportées par les câblo-opérateurs et opérateurs des télécommunications sur la même période. Bien que les services de VoD du câble soient disponibles dans près de 52 millions de foyers aux Etats-Unis alors que 42.9 millions d’entre eux ont un enregistreur vidéo numérique (DVR), l’étude rapporte que l’usage du DVR est 8 fois supérieur à celui de la VoD. Cette situation n’est pas avantageuse pour les câblo-opérateurs et les publicitaires. En effet si la publicité est relativement protégée sur les services de VoD (il est impossible de l'éviter), elle l’est moins sur les DVR sur lesquels il est possible de la visionner en avance rapide. En termes de chiffre d’affaires, le service de VoD Hulu a annoncé un revenu publicitaire de 263 millions de dollars en 2010, soit le double de celui enregistré par un câblo-opérateur comme Comcast ou un opérateur de télécommunications comme Verizon. Analyste chez The Diffusion Group, Bill Niemeyer pense que si les opérateurs de la télévision payante avaient réalisé le potentiel de la VoD il y a 10 ans, au lieu de laisser aux services OTT une longueur d’avance, ce marché pourrait à présent valoir jusqu’à 6 milliards de dollars. « Les services de VoD en ligne enregistrent désormais un nombre de visionnages importants, des revenus conséquents liés aux abonnements et à la publicité, et bénéficient de la loyauté de leurs utilisateurs – autant d’avantages dont les opérateurs de la télévision payante auraient pu bénéficier s’ils s’étaient préparés à l’inévitable : la concurrence venant d’Internet », explique Bill Niemeyer. The Diffusion Group souligne également les nombreux problèmes qui handicapent la VoD depuis ses débuts sur la télévision payante, notamment l’absence de publicités dynamiques, de techniques de mesure adéquates et d’interfaces consommateurs attirantes. Les chaînes de télévision ont ainsi été découragées de faire un effort au-delà de leurs obligations contractuelles. Bill Niemeyer critique aussi l’attitude des câblo-opérateurs qui, selon lui, se sont trop concentrés sur l’offre de TV Everywhere pour contrer les services comme Netflix et autres plateformes numériques, alors que le développement des services de VoD du câble aurait mieux protégé les valeurs de la télévision classique, ouvrant en même temps des opportunités pour la publicité interactive. The Diffusion Group estime que Comcast, le premier câblo-opérateur et plus large fournisseur de VoD aux Etats-Unis, n’a pas enregistré de croissance dans la consommation de la VoD sur les cinq dernières années, alors que la société a doublé le contenu disponible sur sa plateforme. Comcast et Cablevision ont récemment annoncé séparément qu’ils allaient mettre à jour leur service et capacités de VoD avec de la publicité dynamique et interactive, même si les spécificités du déploiement n’ont pas été révélées pour l'instant. Les opérateurs de satellite n’ont pas été inclus dans l’étude, leur offre de VoD étant considérée comme trop réduite. Study: Cable industry fumbled VOD, de Andrew Wallenstein, Variety, 6 mars 2012

Sonia Droulhiole

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Mise aux enchères de fréquences par la FCC : le processus s’accélère

Date: 02/04/2012

La FCC (Federal Communications Commission), chargée de mettre en place la gigantesque opération de vente aux enchères des fréquences non utilisées par l’Etat et par certains opérateurs privés, a prévenu cette semaine que le processus serait "probablement compliqué", et que la totalité des ventes ne serait pas finalisée avant des années. Malgré tout, la FCC accélère la structuration de l’équipe en charge de la mise en place du projet. Cette "task force" sera composée de 6 membres de la commission parmi lesquelles le responsable des questions de fréquences mobiles, le responsable médias, le chef économiste, le responsable ingénierie, le chef technologie et le conseiller général. Pour compléter cette équipe, Julius Genachowski, président de la FCC, a annoncé cette semaine avoir recruté une équipe d’économistes de renom, parmi lesquels le professeur Paul Milgrom, considéré par beaucoup comme le plus grand spécialiste des questions de concurrence et de ventes aux enchères. Julius Genachowski s’est dit "ravi" que la commission soit assistée par "une équipe d’experts à la renommée internationale".

Service Economique Régional de Washington

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