VOD

Le pacte Netflix-Virgin : une révolution ?

Date: 28/10/2013

[caption id="attachment_7637" align="alignright" width="230"]Netflix sur iPad Netflix sur iPad[/caption] L’accord annoncé mi-septembre mettant en place une application Netflix sur le décodeur de Virgin Media au Royaume-Uni a entraîné la flambée des actions Netflix, le 10 septembre dernier. Cet accord n'est pourtant pas extraordinaire en soi : les réactions sont plus liées à ce qu'il laisse présager (ou pas). Depuis que Netflix a commencé sa diffusion de contenus TV et cinéma, le service de streaming est de plus en plus considéré comme une alternative compétitive aux offres des câblo-opérateurs. À première vue, l’arrivée de Netflix sur le câble démontre que le service s’installe largement dans les foyers britanniques. Or, en réalité, Virgin Media ne rend Netflix disponible qu’aux 1,7 millions d’abonnés qui utilisent le décodeur Tivo. De plus, Netflix sera seulement une application sur la plate-forme VOD du système, ce qui est bien différent d’une diffusion sur une chaîne de télévision. Compte tenu des multiples supports sur lesquels l’application Netflix est déjà présente – Smart TV, lecteurs Blu-ray, téléphones mobiles - Virgin Media n’apporte pas à Netflix une visibilité supplémentaire si grande. Les câblo-opérateurs pourraient faire bien plus avec Netflix pour développer un partenariat qui soit un réel atout pour les deux parties. Ils pourraient, par exemple, proposer Netflix au sein d’une offre groupée avec diverses chaînes, plutôt qu’en option avec un système de facturation séparé. Cela pourrait améliorer leurs offres double ou triple-play, ce qui inciterait les abonnés à prendre aussi un accès à Internet haut débit. Il est tout à fait possible que l'un de ces scénari corresponde à l'avenir des accords de Netflix avec Virgin Media ou d'autres partenaires à travers le monde. Les câblo-opérateurs pourraient bien devenir l’élément manquant à Netflix pour tenir la promesse de son PDG Reed Hastings : que son service atteigne un jour 90 millions d’abonnés à travers le monde. Certains analystes considèrent que l’accord passé avec Virgin Media est le premier d’une longue série. Mais pour d’autres, il est possible que cet accord ne soit suivi d'aucun autre du même type. En effet, les MSO (Multiple System Operators, les sociétés qui détiennent plusieurs télévisions câblées) pourraient ne pas apprécier que Netflix soit sur un pied d'égalité tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du système du câble. Pour Netflix, cet accord est aussi un pari. Si s'associer avec le câble pourrait considérablement augmenter sa base d’abonnés, cela pourrait aussi induire des coûts élevés. Faire partie de l’offre signifie également que les opérateurs du câble pourraient capter une part importante des revenus des abonnements Netflix qu'ils vendent. Reed Hastings pourrait donc préférer modifier sa stratégie. Il est difficile de ne pas penser que son silence total sur ce sujet depuis février dernier ne soit pas le signe qu’il a changé d’avis. Second-Guessing the Netflix-Virgin Media Deal, de Andrew Wallenstein, Variety, 13 septembre 2013 Myriam LAVILLE

ContinuerContinuer


Les chaînes de télévision à la recherche d’une nouvelle manière de tirer profit de la VOD

Date: 28/10/2013

[caption id="attachment_10325" align="alignright" width="230"]Dynamic ad insertion ©Cheyne Gateley Dynamic ad insertion ©Cheyne Gateley[/caption] Pour les annonceurs, placer un spot dans une émission regardée en direct ou en VOD ne fera bientôt plus une grande différence – à condition que les chaînes de télévision travaillent en ce sens. À partir de 2014, Fox a l'intention d'offrir à ses sponsors la possibilité de troquer les publicités datées accompagnant les sélections VOD pour quelque chose de plus récent. En collaboration avec Comcast et environ une douzaine d’annonceurs, Fox a testé une technologie appelée "dynamic ad insertion" (DAI). Elle permet aux sponsors de mettre à jour les publicités qui accompagnent les vidéos, a déclaré Toby Byrne, président des ventes pour la Fox. Pendant des années, les publicités insérées dans une vidéo étaient plus ou moins abandonnées là ensuite. Les publicités pouvaient dater de plusieurs semaines et être complètement hors de propos. Fox espère proposer le service sur Comcast en janvier, puis l'étendre à d'autres distributeurs vidéo. Avec ce système, les téléspectateurs ne peuvent pas passer les publicités comme ils le font avec un lecteur enregistreur (Digital Video Recorder - DVR). Cette technologie pourrait aider les chaînes à accroître leurs recettes publicitaires. À l'heure actuelle, seuls sont comptabilisés les téléspectateurs "C3" – autrement dit le public qui voit les publicités dans les trois jours suivant la première diffusion d'une émission. Passé ce délai, les messages publicitaires peuvent avoir moins d’impact : pourquoi un studio de cinéma faisant la promotion d’un film sortant le vendredi paierait-il pour que les téléspectateurs en voient la publicité le mardi suivant le week-end d’ouverture? La technologie d’insertion dynamique de la publicité permettrait aux chaînes de monétiser une partie de ce public "de fin de course". Mieux encore, les publicitaires pourront mettre à jour leurs spots sur presque tous les supports, qu'il s'agisse de télévision traditionnelle ou de streaming en ligne, a déclaré Kris Magel, vice président exécutif et directeur de la diffusion nationale chez Ad Buyer Initiative. Et cela dans un contexte de succès croissant de la vidéo à la demande. Selon le cabinet de média et recherches Magna Global, 56% des foyers américains ont accès à la vidéo à la demande. D’ici 2017, selon les estimations de la société, ce chiffre devrait atteindre 66,1% - bien plus que le pourcentage de personnes qui auront alors des lecteurs enregistreurs (DVR) (48%). Regarder des émissions via un système de VOD est devenu tellement banal que de nombreuses chaînes s'assurent que les programmes à la demande ont exactement les mêmes annonces publicitaires que lors de leur diffusion en direct à la télévision. Ils peuvent alors valoriser les audiences en ligne auprès des annonceurs. Les publicitaires qui pourraient avoir boudé la nouvelle technologie à ses débuts s’y intéressent de plus en plus, a souligné Steve Kalb, vice président senior et directeur des investissements de la vidéo de l’agence publicitaire de Boston, Mullen. Nets Find New Ways to Squeeze More Money Out of VOD, de Brian Steinberg, Variety, 26 septembre 2013 Myriam LAVILLE

ContinuerContinuer


De nouveaux profils pour les abonnés Netflix sur l’Apple TV

Date: 17/09/2013

[caption id="attachment_2487" align="alignright" width="230"] Netflix[/caption] Les abonnés à Netflix commencent à renseigner leur profil via leur compte utilisateur, désormais personnalisable sur l’application Netflix de l’Apple TV. Netflix est le leader de la SVOD aux Etats-Unis (vidéo à la demande par abonnement), dont les films et séries sont accessibles sur de nombreux appareils connectés, dont l’Apple TV. Netflix a récemment constaté que ses abonnés utilisant l’application dédiée sur l’Apple TV commencent à y créer leurs comptes d’utilisateurs, ce qui donne accès à la firme à des informations supplémentaires, notamment les habitudes de visionnages de leurs clients. Chaque utilisateur d’un compte Netflix (un compte pouvant regrouper plusieurs personnes d’un même foyer) peut personnaliser son profil, et donner accès à l’historique des films et séries Netflix qu’ils ont précédemment regardés. Il existe aussi un lien vers Facebook qui permet à l’abonné d’accéder à son profil sur le réseau social. Netflix peut ainsi se rendre compte de ce que partagent ses abonnés, notamment de leurs habitudes de consommations audiovisuelles en dehors de la SVOD (notamment au cinéma), et donner des recommandations plus ciblées à ses abonnés dans le choix des films/séries qu’ils peuvent regarder, en fonction de leur historique et de ceux d’autres abonnés aux goûts similaires. Cette nouvelle application permet notamment aux utilisateurs de mieux gérer le contrôle parental et de veiller à ce que les enfants aient un accès restreint à Netflix. Jusqu’à présent, Netflix proposait une version spécialement dédiée aux enfants, "Just for kids", qui ne faisait qu’offrir une interface différente. Il n’y avait pas de mot de passe ou d’autres restrictions permettant aux parents de vérifier ce que leurs enfants regardaient. Cette initiative de Netflix s’explique notamment dans sa volonté de concurrencer Amazon, avec son service de VOD « Prime Instant Video ». Ce dernier a en effet dernièrement conclu plusieurs accords portant sur des contenus audiovisuels pour enfants, notamment avec Viacom, lui donnant accès à certains programmes de la chaîne Nickelodeon. Mais pour le moment, les abonnés Netflix qui se créent leur profil ne représentent qu’une minorité de l’ensemble des abonnés ayant la set-top box d’Apple. De surcroît, Netflix n’a développé ce système de profil personnalisable que sur l’Apple TV et pas encore sur les autre supports d’Apple, l’iPhone et l’iPad, ni ceux utilisant Android, ou les autres appareils connectés, télévisions, lecteurs Blu-Ray ou consoles de jeux. Netflix User Profiles Start Appearing On Apple TV, de Sarah Perez, Techcrunch, 30 juillet 2013

Myriam Laville

ContinuerContinuer


Les partenaires de YouTube en demande de changement

Date: 17/09/2013

[caption id="attachment_9453" align="alignright" width="230"] YouTube[/caption] Ces derniers temps, les partenaires et fournisseurs de contenus de YouTube veulent une plus grande part du gâteau dans le partage des recettes publicitaires, ainsi qu’une plus grande indépendance dans la gestion et la promotion de leurs vidéos. La première grogne de certains partenaires vient du partage des recettes publicitaires. Selon l’analyste Mark Mahaney du cabinet RBC Capital Markets, les revenus de YouTube seraient de 5 milliards de dollars en 2013 (soit 11% du chiffre d’affaires total de Google). L’accord de base entre YouTube et ses partenaires prévoient que ceux-ci reçoivent 55% des revenus liés à la publicité diffusée sur le site, le reste des 45% allant à YouTube. Certains se plaignent ainsi que YouTube profite de sa position de leader de la vidéo sur Internet pour imposer ses conditions. De surcroît, de plus en plus de plateformes de vidéos en ligne apparaissent et proposent des conditions bien plus avantageuses. C’est par exemple le cas d’iTunes ou de Hulu. Cependant iTunes ne diffuse pas de publicité, et le « business model » de Hulu est différent de celui de YouTube. Mais les fournisseurs de contenu, étant arrivés à la conclusion qu’ils doivent désormais miser sur plusieurs distributeurs, étudient les alternatives à YouTube Par ailleurs, certains partenaires profitant de meilleurs accords avec YouTube (pouvant obtenir jusqu’à 65% des revenus publicitaires) souhaitent prendre des distances avec le site de partage. Selon certaines sources, précise le journal Variety, ce serait le cas de Sony Pictures Television, Crackle et Vevo, ce dernier étant détenu conjointement par Sony Music Entertainement et Universal Music Group. Vevo génère plus de 4 milliards de vues par mois via ses 15 000 chaînes accessibles sur YouTube. Mais de plus en plus de ses vidéos sont visionnées sur d’autres plateformes, y compris sur l’application smartphone Vevo. Au bout du compte, plus de 35% des vidéos de Vevo vues aux Etats-Unis sont regardées par un autre moyen que YouTube. Faisant ce constat, le Président de Vevo, Rio Caraeff, cherche à obtenir plus d’indépendance et à bâtir une image de marque en dehors du cercle du site de streaming. Parmi les critiques faites à YouTube, certaines sont venues de Jason Calacanis, PDG de Inside.com. C’est l’un des plus gros fournisseurs en vidéos de YouTube, produisant des programmes tels que « Wellcast » dans la catégorie « animé », ou « XHIT » dans le sport. Après s’être vu refusé une augmentation de la part qui lui revient en recettes publicitaires, Calacanis pointait du doigt sur son blog le montant des 45% encaissé par le site, ainsi que son contrôle jugé abusif sur la promotion des vidéos, la publicité, et la gestion du nombre de vues, limitant l’action des créateurs de contenu. YouTube a répondu, pour justifier les 45% de ses parts de recettes, qu’ils doivent supporter d’énormes « coûts d’infrastructure » (qui incluent la bande passante, l’hébergement des vidéos, les « video players ») afin d’alimenter chacun de leurs sites spécifiques dans 56 pays et en 61 langues. Le responsable du contenu et des « business operations » de YouTube Robert Kyncl a également signalé que les revenus des partenaires en ligne ont augmenté de 60% ces dernières années, dans un marché de la publicité pour la vidéo en ligne en forte croissance. Peter Csathy, PDG de Manatt Digital Media (un réseau multi-chaînes, MCN), fait cependant remarquer que les fournisseurs de vidéos en ligne ont parfaitement le droit de refuser les accords de YouTube. Mais ils savent que ce dernier est un acteur clé pour approcher directement le consommateur. YouTube ne fait que fixer sa part de revenus en prenant en compte sa part de marché : un milliard d’utilisateurs viennent fréquenter YouTube chaque mois, un nombre qui ne fait qu’augmenter. Dès lors, les entreprises de médias continuent d’investir malgré les plaintes de certains. Le PDG du « MCN » Collective Digital Studio, Reza Izad, note que YouTube est l’une des rares sociétés parmi les principaux acteurs de l’Internet à faire profiter autant ses partenaires. « La différence entre YouTube et Facebook, c’est que YouTube vous paie », précise-t-il. Pour l’executive chairman de Maker Studios (autre MCN), Ynon Kreiz, le modèle de YouTube continue d’évoluer. Il affirme que chez YouTube « on continue encore de réfléchir à un modèle commercial équilibré ». YouTube Content Partners Want to Reduce Their Reliance on the Video Site, de Todd Spangler, Variety, 17 juillet 2013.

Myriam Laville

ContinuerContinuer


Netflix parvient à un accord d’exclusivité avec The Weinstein Compagny

Date: 17/09/2013

[caption id="attachment_7637" align="alignright" width="230"] Netflix sur iPad[/caption] A compter de 2016, Netflix aura l’exclusivité américaine des premières diffusions de films de TWC et Dimension Films sur le créneau de la télévision payante. Pour le moment, la Weinstein Company a un contrat de production avec Showtime qui continuera de proposer ses films jusqu’en 2018. Netflix proposera à ses abonnés les films dès les sorties cinéma de 2016. Le contrat est défini afin de permettre à la compagnie de se différencier de ses rivales telles qu’Amazon, Youtube ou HuluPlus. Les termes du contrat pluriannuel n’ont pas été révélés et selon les sources, ni HBO ni Starz n’ont fait d’offre pour la diffusion des films de TWC. Showtime a signé un accord avec TWC pour les films sortis au cinéma jusqu’en 2015, ce qui signifie que les films de la compagnie seront diffusés en avant-première dans leur  premium window sur Showtime et The Movie Channel (ainsi que sur leur chaînes multiplex) jusqu’en 2017 et seront diffusés sur les Networks en 2018. En 2012, Netflix avait déjà scellé un contrat de diffusion des documentaires et films étrangers de la TWC en télévision payante, incluant « The Artist », Oscar du meilleur film 2012, et « Undefeated », Oscar du meilleur documentaire 2012, ainsi qu’une gamme de films sortis sous le label de distribution multiplateformes RADiUS-TWC. Netflix continue à acquérir massivement des contenus en streaming. En juin 2013, la compagnie a signé un accord avec DreamWorks Animation, ce qui serait, selon Netflix, son plus important contrat jamais obtenu pour des premières diffusions de contenus. Par cet accord pluriannuel, Netflix obtiendra plus de 300 heures de nouveaux programmes de DreamWorks Animation. En décembre 2012, Netflix a également signé un accord avec Walt Disney Compagny, donnant un accès exclusif aux nouveaux titres et à ceux du catalogue de Mouse House sur le créneau de la télévision payante aux Etats-Unis. Celui-ci prendra la suite du précédent accord entre Disney et Starz qui se terminera à la fin de l’année 2015. Ces accords d’exclusivités permettent à la compagnie de surmonter ses problèmes de catalogue. Au début de l’année 2012, Netflix a en effet perdu l'accès à quelque 2 500 titres de Starz, suivi neuf mois plus tard par la perte des contenus d’A+E Networks. En juin 2013, Viacom a signé un contrat de quelque 200 millions de dollars avec Amazon, lui donnant un accès exclusif à 4 000 épisodes de programmes télévisés, comprenant les programmes de Nickelodeon. Netflix will replace Showtime as exclusive subscription TV service starting with studio's 2016 releases, de Todd Spangler, Variety, 20 août 2013 Netflix's Latest Content Grab: All Weinstein Movies, de par Justin Bachman, Bloomberg Business Week, 21 août 2013

Myriam Laville

ContinuerContinuer


Netflix, leader de la SVOD, face à la concurrence grandissante d’Amazon et d’Hulu

Date: 01/08/2013

[caption id="attachment_7637" align="alignright" width="230"] Netflix sur iPad[/caption] Selon le NPD Group, groupe international d’études, Netflix domine toujours le secteur de la SVOD, la vidéo à la demande par abonnement aux USA. Au premier trimestre 2013, le nombre de personnes regardant des programmes télévisés en SVOD a augmenté de 34% par rapport au 1er trimestre 2012, et 90% d’entre eux utilisent Netflix. Hulu Plus puis Amazon Prime se partagent le reste du marché. Cependant, la situation tend à évoluer. Au 1er trimestre 2012, 76% des abonnés regardaient la SVOD exclusivement avec Netflix. Un an plus tard, l’exclusivité se réduit à 67%, tandis que 10% des streamers utilisent Amazon en plus de Netflix, et 8% à la fois Hulu et Netflix. Russ Crupnick, Senior Vice President de NPD, décrit : « Depuis son lancement, Netflix Watch Instantly a profité d’un véritable monopole sur le marché de la SVOD, et l’entreprise reste toujours première en termes de parts de marché. Même si Hulu et Amazon ont encore un long chemin à parcourir avant de rattraper Netflix, on commence à observer une fréquentation plus accrue de ces services, y compris par les habitués de Netflix ». Netflix is the primary choice for subscription video-on-demand (SVOD) subscribers, but more consumers are trying alternatives, The NPD Group, 4 juillet 2013

Joachim Gautier

ContinuerContinuer


Débuts modestes des chaînes avec abonnement sur YouTube

Date: 01/08/2013

[caption id="attachment_9453" align="alignright" width="230"] YouTube[/caption] Youtube propose depuis mai dernier l’accès à 29 chaînes, telles que Sesame Street, UFC, National Geographic, PGA ou Magnolia Pictures, contre un abonnement débutant à 0.99 $ par mois. Ces mêmes partenaires ont déclaré, d’après The Guardian, que ce "programme pilote" rencontrait un démarrage assez lent auprès des internautes. Cependant d’après le Chief Executive du distributeur RLJ Entertainment, Mighuel Penella, "il est trop tôt pour émettre un véritable avis" sur l’initiative de YouTube. Il considère ces premiers mois plutôt comme une phase de test, un moyen d’évaluer le potentiel de l’offre de YouTube en termes de marketing et de promotion. Youtube a également investi 300 millions de dollars dans 160 de ses chaînes exclusives, qui tournent autour de la comédie, du lifetstyle, du sport et d’autres genres, et qui connaissent également des débuts décevants (YouTube investit dans la création de contenu et crée 100 nouvelles chaînes professionnelles). Il existe plusieurs raisons au fait que YouTube se soit orienté vers un accès payant à ses chaînes. En mars dernier, All Things Digital évoquait le fait que les revenus publicitaires de Youtube n’étaient pas équivalents à la fréquentation du site et ses nombres de vues, en particulier sur ses chaînes les plus importantes. En juillet, le cabinet Adage affirmait par ailleurs qu’une partie des partenaires étaient à la recherche d’autres accords de distribution de leur contenu en plus de ceux de YouTube, afin d’augmenter leurs revenues publicitaires. De plus, YouTube cherche à son tour à produire du contenu original à l’image d’Amazon et de Netflix, dont les séries "House of Cards" et "Arrested Development" viennent d’être nominées aux prochains Emmy Awards. Bien que Google ne donne officiellement pas de détail sur le montant de son chiffre d’affaires tiré de YouTube, les analystes de Morgan Stanley l’estimeraient à 4 milliards de dollars en 2013. Le cabinet Wedge Partners évalue à 10% la part du chiffre d’affaires de Google venant de YouTube, soit environ 5,6 milliards de dollars. Quoiqu’il en soit il n’y aucune doute sur le fait  que les revenus du site de vidéo en ligne progresse. Le Senior Vice President Nikesh Arora affirme que "les revenus de YouTube sur téléphones portables du mois de juin 2012 ont été trois fois supérieurs à ceux enregistrés en début d’année". Selon un document publié par Netflix, "durant les prochaines décennies et à travers le monde, la télévision sur internet remplacera la télévision traditionnelle […] les applications remplaceront les chaînes, les télécommandes disparaîtront, et les écrans se multiplieront". La stratégie de YouTube et de son système d’abonnement s’insère dans cette évolution et ses débuts lents ne sont donc à l’heure actuelle pas significatifs. On ne pourra juger de son succès que dans trois ou cinq ans. YouTube subscription channels off to slow start – but is that a problem?, de S. Dredge, The Guardian, 19 juillet 2013

Joachim Gautier

ContinuerContinuer


Hulu n’est plus à vendre

Date: 17/07/2013

[caption id="attachment_3074" align="alignright" width="230"] Hulu[/caption] Après avoir mis en vente Hulu fin juin et avoir reçu plusieurs offres de rachat, les trois propriétaires du site de streaming ont finalement mis fin à leur appel d’offres. C’est la seconde fois que le site, fondé en 2007 et détenu par ABC (Walt Disney Company), Fox (21st Century Fox, ex-News Corp) et NBCUniversal (Comcast), fait l’objet d’un tel procédé. Les trois grands groupes médias avaient en effet déjà lancé un appel d’offres en 2011, qu’ils avaient finalement annulé en raison des sommes proposées par les potentiels acquéreurs, jugées trop faibles par les propriétaires du site.  Le contrat de vente ne prévoyant pas d’accords à long terme avec les propriétaires actuels pour accéder à leurs contenus, les acquéreurs étaient restés frileux dans leurs propositions. Le groupe d’investissement Provide Equity Partners a revendu ses parts dans Hulu aux autres partenaires en 2012, soit 10% du total, pour un montant de 200 millions de dollars. Cet été, avaient été principalement retenus pour leur offre de rachat DirectTV (premier opérateur de télévision par satellite américain) et Chernin Group (groupe de média dirigé par Peter Chernin, ancien PDG de News Corp.), soutenu par AT&T (premier opérateur de télécommunications américain). L’acquéreur potentiel le mieux placé semblait être DirecTV, qui était prêt à débourser 1 milliard de dollars. Les propriétaires avaient décidé de se séparer du site en raison d’un désaccord sur la stratégie à privilégier, à savoir celle de la gratuité avec un financement par la publicité, comme c’est le cas pour Hulu, ou celle de l’abonnement payant, comme cela existe pour son service premium payant, Hulu Plus (7.99 dollars par mois). Disney était en faveur du financement par la publicité, considéré comme rentable, mais se développant trop lentement, tandis que 21st Century Fox défendait le service premium, connaissant une croissance rapide, mais moins profitable. Il est à noter par ailleurs que le site est à l’heure actuelle peu rentable, avec un chiffre d’affaires de 700 millions de dollars en 2012, et doit faire face à la concurrence de Netflix et d’Amazon, premiers acteurs du marché de la vidéo en streaming aux Etats-Unis. Mais Fox et Disney semble s’être finalement mis d’accord sur la marche à suivre et, selon une personne proche du processus de négociation, ils ont abouti à la conclusion que la valeur de la société sur le long terme dépasse la somme qu’ils pourraient en tirer en la vendant aujourd’hui. Ils ont ainsi déclaré vouloir faire un investissement de 750 millions de dollars selon le New York Times, principalement dans l’acquisition et le développement de nouveaux programmes, mais aussi dans le marketing et la recherche & développement. L’idée en particulier est d’augmenter le nombre de productions originales Hulu, à l’image de Netflix et de sa série « House of Cards » (Lire Netflix bouleverse la distribution en ligne avec House of Cards (Media Summit 2013), Médiamérica, 15 avril 2013). Par ailleurs, une de leurs nouvelles stratégies serait de mettre l’accent sur leur service payant Hulu Plus, d’abord en limitant l’accès aux programmes diffusés gratuitement le jour après leur diffusion à la télévision, ensuite en développant un système de type TV Everywhere ouvert aux autres acteurs de l’industrie audiovisuelle. Les services de type TV Everywhere, permettant aux seuls abonnés à des services de télévision payante de voir les programmes en streaming où ils le souhaitent, quand ils le souhaitent, sur tout appareil connecté, sont évoqués depuis plusieurs années comme un moyen de retenir les abonnés et de concurrencer Netflix. Toutefois, des chaînes comme Fox et des opérateurs comme DirecTV ont jusqu’à présent eu du mal à se lancer dans ce processus. Les propriétaires de Hulu pensent que le service pourrait représenter un hub pour la TV Everywhere, grâce à la mise en place d’un système d’identification qui vérifierait si l’utilisateur dispose ou non d’un abonnement au câble ou au satellite avant d’autoriser l’accès aux programmes. Cette initiative viendrait désavantager ceux qui utilisent spécifiquement Hulu pour éviter d’avoir à payer un abonnement à un service de télévision payante. En revanche, ceux qui payent déjà un abonnement auraient la possibilité d’avoir un accès plus large au contenu. L’objectif serait ainsi de développer un service pouvant concurrencer sérieusement  Amazon et Netflix. Certains participants à la conférence Allen & Company, évènement annuel ayant regroupé les principaux dirigeants des médias américains la semaine dernière, mettent en doute l’intention première de Disney et Fox et se demandent si cet appel d’offres n’était pas un moyen de faire gagner de la valeur à Hulu. Cependant, Time Warner Cable serait toujours en pourparler avec les propriétaires d’Hulu dans l’intention de devenir actionnaire minoritaire du site. Une réponse devrait être donnée d’ici fin juillet. Hulu Bidding Deadline Extended by a week, The Hollywood Reporter, Paula Bond, 28 juin 2013 Hulu Attracts at Least Three Bids, The Wall Street Journal, Amol Sharma and Christophe S. Stewart, 8 juillet 2013 Hulu owners call off sale, instead pledging to invest to take on rivals, The New York Times, Brian Stelter, 12 juillet 2013  

Joachim Gautier

ContinuerContinuer


TV5 Monde lance un service de VOD dédié aux films francophones aux Etats-Unis

Date: 17/07/2013

[caption id="attachment_4751" align="alignright" width="230"] TV5Monde[/caption] TV5Monde, chaîne de télévision francophone internationale, a lancé, le 11 juillet dernier, un service de vidéo à la demande, TV5MONDE Cinema On Demand, dédié aux films francophones, sur le réseau Comcast, premier opérateur du câble aux Etats-Unis. Le service de VOD sera d’abord disponible dans 12 localités à travers le pays : San Francisco et dans le nord de la Californie, Denver, Miami et le sud de la Floride, Boston, Portland, Seattle, Chicago, Houston, Washington, Baltimore, Philadelphie et le New Jersey. Les films proposés proviendront des catalogues des principaux producteurs et distributeurs francophones : TF1 International, Films Distribution, Pathé, Le Pacte, Bac Films, Pyramide, Le Petit Bureau, Celluloid Dreams et les Films du Losange. Les films, une quinzaine chaque mois, comprendront autant de sorties récentes que de classiques et seront programmés autour d’un thème spécifique : Jean Dujardin  avec Contre Enquête (2007), Lucky Luke (2009) et le documentaire The Adventures of The Artist in America (2012) ; Paris, avec La Folle Histoire d’Amour de Simon Eskenazy (2009), Tout ce qui Brille (2010) ; Gérard Depardieu avec Affaire Dominici (1973), L’Autre Dumas (2010) et Turf (2012). Le service est accessible aux abonnés de TV5Monde USA. L’abonnement commence à 9.99$ et comprend la chaîne TV5Monde USA et un accès illimité à TV5Monde Cinema on Demand. Les utilisateurs du service de TV Everywhere Xfinity de Comcast auront également accès à l’offre VOD sur Xfinity.net ainsi que sur l’application pour tablettes et smartphones Xfinity app.

ContinuerContinuer


Le patron de Netflix explique que sa société n’a pas fini de bouleverser le paysage audiovisuel américain

Date: 04/06/2013

[caption id="attachment_9991" align="alignright" width="230"] House of Cards[/caption] En se lançant dans la production de contenu original sans respecter les règles qui gouvernent traditionnellement la production de séries télévisées aux Etats-Unis, Netflix est devenu un élément perturbateur dans le passage audiovisuel américain (Netflix bouleverse la distribution en ligne avec House of Cards, 15 avril 2013, Mediamerica).  Netflix ne commande pas de pilotes, mais des saisons entières dont elle propose tous les épisodes simultanément. Elle ne respecte pas les durées traditionnelles des séries, ni le nombre d’épisodes qui composent généralement une saison, et refuse de divulguer des chiffres concernant le nombre de visionnages. La société établit ainsi ses propres règles quant à la manière dont les séries télévisées peuvent être regardées et produites. Or, dans une interview accordée au magazine Hollywood Reporter au mois de mai, Ted Sarandos, le Chief Content Officer de la société, a expliqué que Netflix n’allait pas s’arrêter en si bon chemin (Netflix's Ted Sarandos Reveals His 'Phase 2' for Hollywood, The Hollywood Reporter, 22 mai 2013). Netflix a lancé sa première série originale, House of Cards, le 1er février dernier en investissant 100 millions de dollars pour deux saisons. Saluée par la critique, la série positionne Netflix en concurrent direct de chaînes câblées premium comme Showtime ou HBO. Dans le trimestre qui a suivi le lancement de la série, le nombre d’abonnés au service en streaming de Netflix a progressé de 2 millions pour atteindre 29,2 millions aux Etats-Unis et 36 millions en comptant les abonnés hors Etats-Unis. La chaîne dépasse désormais HBO qui dénombre 28,7 millions d’abonnés. Les déboires de Netflix qui avaient suivi le projet avorté de diviser Netflix en deux services distincts, l’un de streaming l’autre de location de DVD (Netflix perd 800 000 abonnés et devrait entrer dans le rouge, Médiamérica, 28 novembre 2011) semble surmontés et l’action de Netflix a progressé de 345% en 9 mois pour atteindre 239,55$ le 20 mai, avec un chiffre d’affaires de 1, 02 milliard sur les trois premiers mois de l’année. Netflix est aussi devenu un des principaux objets de fascination à Hollywood : la première plateforme de production de contenu ayant les moyens d’investir largement dans le secteur depuis la résurrection de la télévision câblée au début des années 90. Depuis le lancement de House of Cards, Netflix a également commencé à diffuser sa série d’horreur Hemlock Grove ainsi qu'une nouvelle saison de la série culte Arrested Development dont la production par la chaîne Fox avait été arrêtée après trois saisons en 2006. Netflix a donc produit et diffusé la saison 4, proposée, encore une fois, dans son intégralité. Ted Sarandos explique que le cas de cette série est particulier puisqu’elle est devenue célèbre sur Internet, après la fin de sa diffusion sur Fox. Deux autres séries originales devraient être proposées sur Netflix d’ici la fin de l’année, Orange is the New Black, par le créateur de Weeds, et Derek, de l’humoriste britannique Ricky Gervais. Enfin, la diffusion d’une série de science-fiction, Sense 8, devrait débuter en 2014. Le nombre de séries originales devrait doubler en 2014 pour passer à 8 et Netflix pourrait acquérir tous les droits de certaines d’entre elles (pour le moment, Netflix se contente de payer des droits de diffusion limités). Pour définir ses séries originales, Netflix se sert d’algorithmes lui permettant d’étudier avec précision les goûts et habitudes de ses abonnés et de leur proposer des séries leur correspondant le mieux. Cette capacité d’analyse représente sans aucun doute un avantage incontestable pour Netflix par rapport aux chaînes de télévision. C’est ce qui permet notamment à Ted Sarandos de dire que House of Cards est populaire auprès des femmes en raison du personnage de Robin Wright et que le personnage de Kate Marra attire le public jeune. Les algorithmes ne se basent pas uniquement sur les notes données par les abonnés, mais surtout sur ce qu’ils regardent. Comme l’explique Ted Sarandos, un abonné qui regarde 13h d’une série en 24h n’a pas besoin de dire qu’il aime cette série, tout comme quelqu’un qui arrête de la regarder en plein milieu du 1er épisode. Le plus important pour lui est de trouver les points de convergence dans les goûts de ses abonnés. Netflix a également innové en matière de marketing avec House of Cards en proposant 7 bandes annonces différentes correspondant chacune à une cible précise, que ce soit les femmes, les jeunes, les fans de Kevin Spacey, ceux de David Fincher, ou les amateurs de drames politiques, etc. Ainsi, la bande annonce vue par chaque abonné sur son profil Netflix dépend de ce qu’il a visionné et noté précédemment. Netflix apparaît désormais comme un acteur incontournable de la scène audiovisuelle américaine et le prochain test de crédibilité sera peut-être les Emmy Awards qui récompensent chaque année les meilleures séries télévisées américaines. Si House of Cards, série produite pour le net, est récompensée, cela marquera une première et un tournant pour le paysage audiovisuel américain. La réponse le 22 septembre prochain. Netflix's Ted Sarandos Explains How Your Viewing Habits Impact Netflix Programming And Marketing, de Kelly West, Television Blend, 23 mai 2013

Géraldine Durand

ContinuerContinuer


Page 4 of 32« First...23456...102030...Last »