Cinéma

AFMA (American Film Marketing Association) : des indicateurs au rouge

Date: 13/03/2002

Une conjoncture morose et l’internationalisation croissante du cinéma conduisent les organisateurs de l’American Film Market à remettre en cause la structure et l’appellation du principal marché américain du cinéma indépendant.

La 22ème édition de l’American Film Market, principal marché du cinéma indépendant, s’est tenue du 18 au 27 février à Santa Monica (Californie) dans un climat morose. Les mauvais résultats des marchés précédents : NATPE et MIFED, laissaient présager une édition 2002 très moyenne de l’AFM. De fait, les incertitudes faisant suite notamment aux attentats de septembre et à la situation économique difficile de l’Amérique latine, n’ont pas épargné le rendez-vous annuel du cinéma indépendant.
Tous les indicateurs sont passés au rouge :
– 6% de visiteurs en moins (moins de 7 000 personnes) ; moins 9% d’acheteurs étrangers,
– 15% d’entreprises nord-américaines (Canada, USA) en moins,
– 4% d’entreprise européennes en moins,
– moins 2% d’entreprises asiatiques, et un nombre total de vendeurs en baisse de 5%.

Surfant sur la vague récente de succès de films dits “indépendants” (“Le Seigneur des Anneaux” est, par exemple, l’œuvre de New-Line, filiale de films indépendants du groupe AOLTime Warner), l’AFMA, organisatrice du festival, a tout de même réussi à attirer 25 nouveaux exposants sur le marché et a proposé plus de films (419) même si la part des “market premiere” (environ 50%) était moins importante que les années précédentes.

Il est important de rappeler qu’en 2001 plus de 40% des 101 films produits par les majors à Hollywood ont été co-financés par les studios “indépendants”. Le financement des productions indépendantes a été, justement, au cœur des débats et séminaires organisés par l’AFM. Outre les studios, ce sont les partenaires étrangers qui sont de plus en plus souvent sollicités par les productions indépendantes. Le Canada, le Royaume-Uni, et l’Allemagne sont de loin leurs partenaires principaux dans ce domaine. Conséquence de cet AFM au ralenti, le Cannes Market, était au cœur de discussions et l’une des vedettes un peu involontaire du marché. Un grand nombre de visiteurs du marché (acheteurs et vendeurs) ont déclaré attendre le marché du Festival de Cannes pour dévoiler les nouveaux films de leur catalogue ou conclure les négociations de vente engagées à l’AFM. De ce fait, le marché du Festival de Cannes apparaît de plus en plus comme “le” rendez-vous des professionnels du cinéma dans le monde.

Vers la fin d’une conception trop “domestique” du marché ?
L’AFMA (American Film Marketing Association) est à l’origine une association regroupant des sociétés de production de cinéma indépendantes américaines. L’internationalisation du marché cinématographique et de ses financements aidant, 40% des membres sont aujourd’hui des sociétés ou filiales de sociétés étrangères.
35% des films présentés en 2002 étaient en langues étrangères. Jean Prewitt, Directrice Générale de l’AFMA a conclu ce marché en annonçant que le “board of directors” avait décidé de faire appel à une société de conseils pour redéfinir le rôle et les objectifs de l’association afin qu’elle soit mieux en phase avec les préoccupations du marché et de ses membres en particulier.
Parmi les changements possibles, ont été évoqués un changement de nom de l’association et du marché pour en effacer la connotation “domestique” (suppression du mot “american”) et mettre en valeur l’aspect international, ainsi que la création d’un festival du film organisé pendant le marché à l’image de ce qui se fait à Salt Lake City pour “Sundance”.

Mohamed BENDJEBBOUR


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