Cinéma

Alain Tasma au Boston Jewish film Festival 2011

Date: 13/12/2011

[caption id="attachment_8745" align="alignright" width="230" caption=""Fracture" d'Alain Tasma"][/caption] Le Boston Jewish Film Festival, qui fêtait cette année son 23è anniversaire, est toujours un rendez-vous très attendu. Sa programmation est toujours de grande qualité, et le Boston Globe relevait encore récemment « You don’t have to be Jewish to love the Boston Jewish Film Festival » ("pas besoin d'être juif pour apprécier le festival de films juifs de Boston"). Cette année, 39 films, long et courts-métrages, ont été présentés, émanant de 13 pays, tous en première exclusivité à Boston et parfois aux Etats-Unis. Plus d’une vingtaine d’invités ou musiciens sont venus en soutien aux 49 projections. Cette édition a également été l’occasion d’introduire de nouvelles animations (une soirée de concours de courts-métrages, des tables rondes avec des réalisateurs invités et une projection « surprise »). Le festival réserve toujours une bonne place au cinéma français et cette nouvelle édition a proposé trois films et deux coproductions françaises : Fracture, d’Alain Tasma, présenté en présence du réalisateur ; Et soudain, tout le monde me manque, de Jennifer Devoldère avec Mélanie Laurent et Michel Blanc ; Polanski and My Father, un documentaire de Pauline Horovitz ; et deux coproductions franco-israéliennes, Mabul de Guy Nattiv et Naomi de Eitan Tzur. Le Consulat de France à Boston a soutenu le festival en invitant le réalisateur Alain Tasma, familier des fictions sur petit écran traitant de notre histoire récente ou de thèmes d’actualité. Il est venu présenter le film Fracture. Ce téléfilm, qui avait réuni 4 millions de téléspectateurs sur France Télévisions en novembre 2010, est une adaptation du roman de Thierry Jonquet, Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, sur un scénario d’Emmanuel Carrère. Bâti comme une tragédie, il traite sans détour, mais avec beaucoup de justesse et d’empathie pour les différents personnages, des difficultés des professeurs dans les établissements de ZEP, des problèmes d’intégration des populations immigrées et de l’émergence d’un nouvel antisémitisme dans les banlieues. Les échanges avec le public du Boston Jewish Film Festival, notamment sur ce dernier sujet, ont été intenses et bénéfiques. Alain Tasma a abordé le sujet avec beaucoup d’intelligence, en reconnaissant l’existence du problème, tout en refusant toute dramatisation et toute généralisation. Alain Tasma est également intervenu dans deux classes de cinéma et de civilisation française, à Boston University et Wellesley College. Dans ces deux établissements, les étudiants avaient visionné Fracture, et parfois d’autres téléfilms du réalisateur, toujours consacrés à des épisodes douloureux de notre histoire récente : Nuit noire, réalisé en 2005, consacré aux événements du 17 octobre 1961,  Harkis, diffusé en 2006  ou encore Opération turquoise, sur l’opération du même nom au Rwanda. Ils ont également apprécié de dialoguer avec un réalisateur accessible qui traite de sujets importants avec autant de finesse et de nuance que de clarté et de conviction. Cette édition du festival a cependant été assombrie par la nouvelle, tombée quelques jours après sa clôture, du départ de la directrice artistique, Sarah Rubin, très francophile, et qui avait toujours eu à cœur d’intégrer de nombreux films français à sa programmation.

Anne Miller


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