Cinéma

Blockbuster en proie à de lourdes difficultés financières

Date: 06/04/2010



Blockbuster

Dans son rapport d’activité annuel, la chaîne de location de films Blockbuster n’a pas caché les immenses difficultés financières auxquelles elle se trouve confrontée. Pour faire face à ses milliards de dollars de dettes accumulés depuis 2004, l’entreprise n’aurait d’autre choix que de se déclarer en faillite. L’annonce vient exactement un mois après la banqueroute de son concurrent Movie Gallery. La nouvelle de ces mauvais résultats a immédiatement fait plonger le cours de l’entreprise en bourse de 29%.

Blockbuster subit de plein fouet la concurrence qui s’organise autour de la location de DVD, tels que les kiosques Redbox dont les résultats ne cessent de battre des records, et de la vidéo à la demande avec notamment Netflix. Cette compétition exacerbée, en phase avec les nouvelles attentes des consommateurs, a fait décliner les résultats de Blockbuster de 33% depuis 2004. Au cours de l’année 2009 uniquement, les pertes du groupe ont augmenté de 49% pour atteindre 558 millions de dollars, tandis que les revenus baissaient de 20%, à seulement 4,1 milliards de dollars.

Face à cela, Blockbuster prévoit de fermer plus de 500 points de vente, après en avoir fermé 572 en 2009 (voir l’article Mediamerica d’octobre 2009 : Blockbuster fermerait 20% de ses magasins aux Etats-Unis). L’entreprise cesserait également ses activités dans beaucoup de pays, et chercherait à renégocier les contrats qui la lient avec les studios de production.

Une bonne partie des difficultés du groupe remonte à 2004, lorsque Blockbuster avait emprunté un milliard de dollars afin de racheter les 82% de parts détenues à l’époque par Viacom. C’étaient alors 738 millions de dollars que l’entreprise avait dû débourser.

Suivant le brillant exemple de Redbox et son principe de location à un dollar, Blockbuster prévoit d’ouvrir dix mille kiosques sous l’enseigne « Blockbuster Express ». Une guerre des emplacements s’annonce entre NCR, l’entreprise chargée d’installer les kiosques de Blockbuster, et Redbox qui peut se targuer d’avoir déjà installé ses automates dans de nombreux centres commerciaux, supermarchés, et autres lieux à forte densité.

Aussi, sur les pas de Netflix, Blockbuster a lancé son service de location par voie postale ; mais l’entreprise a actuellement du mal à rendre cette activité rentable.

Tandis que Blockbuster éprouve les plus grandes difficultés à maintenir sa tête hors de l’eau, le marché de la location fait paradoxalement preuve d’une forme sans égal. La location représente désormais 75% des revenus des studios de production contre 60% il y a quelques années.

Toutefois, il se peut que Blockbuster n’ait pas dit son dernier mot. L’année dernière déjà, Blockbuster avait émis l’hypothèse d’une mise en faillite, avant de parvenir à retarder le paiement de sa dette. L’annonce faite par le groupe apparait plutôt comme une mise en conformité avec la loi américaine, dans le cas d’un éventuel défaut de paiement. Movie Gallery, après s’être déclarée en faillite en 2007, avait refait surface l’année suivante avec le soutien de fonds privés.

Blockbuster may file for bankruptcy, de Marc Graser, Variety, le 17 mars 2010

Maxime Redon


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