Cinéma

Collaborations France-Canada dans le secteur de l’animation

Date: 28/11/2012


Cartoon Connection au Canada

L’animation française fait partie des principaux acteurs du marché mondial (3ème rang mondial derrière les Etats-Unis et le Japon, 1er rang européen). Ce succès, conjugué à la qualité et la diversité (artistique et technique aussi bien en longs-métrages et courts-métrages qu’en publicité ou en programmes TV) des productions françaises suscite beaucoup d’intérêt chez les professionnels du secteur au Canada. Le savoir faire, la créativité, la réactivité à s’adapter aux nouvelles formes de création multiplateformes et le dynamisme de tous les acteurs du marché français de l’animation (écoles, talents, pôles de compétitivité, festivals, marchés, producteurs, studios, diffuseurs, distributeurs, institutions…) en font des partenaires recherchés par leurs homologues canadiens.

Au Canada comme en France, le développement du secteur de l’animation a été accompagné par des politiques publiques incitatives (aux niveaux fédéral et provincial) et s’est nourri du dynamisme des marchés de la fiction, du long-métrage et du jeu vidéo. Depuis les années 80, le Canada s’est également imposé comme un acteur majeur du marché mondial de l’animation très fortement spécialisé sur le segment des programmes jeunesse (90% de la production en 2006).

Dans les deux pays, on constate toutefois sur les dix dernières années une baisse des volumes de production d’animation en partie due à des facteurs conjoncturels (dont la diminution des coûts de production liée aux nouvelles technologies, la modification des formats, la baisse des budgets). Néanmoins cette baisse est beaucoup plus significative au Canada qu’en France et illustre un changement majeur du marché canadien. En effet, le Québec, partenaire traditionnel des producteurs français et acteur majeur du secteur de l’animation au Canada, a vu son volume de production divisé par 10 depuis 2000. Cette évolution s’explique en partie par une diminution importante de la contribution financière des distributeurs et des diffuseurs francophones mais aussi par une contraction très sensible des coproductions internationales lesquelles représentent près de 80% des productions en animation au Québec. La France étant très largement le 1er partenaire des coproductions avec le Québec (48 coproductions de 2004 à 2009 dont 36 françaises), la très forte diminution des coproductions avec la France explique en grande partie la forte baisse du volume de production en animation au Québec. Si les professionnels et les principales études récemment publiées invoquent un lien direct entre cette tendance et la baisse des financements marchés (distributeurs, diffuseurs) accessibles au Québec, la hausse des coproductions intra européennes, ou encore la lourdeur administrative des coproductions, elle illustre également l’évolution des collaborations mises en place entre la France et le Canada en animation.

Sources :  SODEC, CFTPA, profile 2011, TELEFILM, Profil de l’Industrie : secteur de l’animation au Québec – nov 2010 Deloitte, Le marché de l’animation – CNC SNFA – 2011, A stratégy for the Ontario Digital (Animation and Visual effects Industry – TWC – Caso – 2010


Quelques facteurs clés de cette évolution :

>> Côté canadien

– une très forte concurrence entre provinces : Si Montréal reste un pôle majeur pour les industries créatives au Canada, les villes de Vancouver et surtout de Toronto occupent une place de plus en plus importante dans les secteurs de l’audiovisuel, des médias numériques, du jeu vidéo. Villes, provinces et opérateurs provinciaux (SODEC au Québec, SODIMO en Ontario) s’allient pour créer l’environnement stratégique le plus favorable au développement de ces industries.

– pas ou très peu de dépenses des diffuseurs francophones en animation (en dehors de Télétoon) et une place de plus en plus marquée des diffuseurs anglophones dans le marché de l’animation canadienne

– une forte tendance en faveur de l’acquisition d’œuvres d’animation étrangères dont les productions françaises

– un intérêt croissant des acteurs des marchés anglophones (talents, studios, producteurs, diffuseurs) pour la coproduction internationale

– un intérêt grandissant pour le savoir faire technique et créatif développé en France

– une diminution du financement accessible

 

>> Côté français

– un intérêt des diffuseurs français pour le savoir faire développé au Canada sur les nouvelles plateformes de diffusion et les projets cross media (produits et conçus en termes créatifs et technologiques pour une distribution multiplateformes : antenne, web, téléphone, tablette, médias sociaux, consoles, applications… adaptés aux nouveaux modèles de consommation)

– un intérêt toujours aussi réel à mettre en place des collaborations (résidences, coproductions, etc.) avec l’Office National du Film – ONF

– des débouchés commerciaux intéressants pour les œuvres françaises

– un très fort intérêt européen avec, pour la troisième année consécutive, la venue au Canada des “Cartoon connection” (organisés par le programme Cartoon qui a plus de 20 ans d’expérience dans la promotion et le développement de l’industrie de l’animation en Europe et qui est soutenu par le programme Média International de l’Union Européenne), du 10 au 13 décembre prochain à Québec. Cette année à nouveau, la France sera très présente dans la délégation (Canal +, M6, France Télévision, Lagardère Active et de nombreux studios et producteurs majeurs). Une nouveauté également pour l’édition 2012 avec la participation de développeurs de jeux vidéo et d’éditeurs.

 

Erika Denis


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