Cinéma

DVD Haute Définition : une guerre imminente entre formats

Date: 16/07/2005

L’arrivée du DVD haute définition est très proche. A la clé, une meilleure qualité d’image et de son, ainsi qu’une protection accentuée contre le piratage.

HD-DVD et Blu-ray :

Deux options vont s’offrir aux consommateurs : le HD-DVD (Toshiba, Sanyo, et NEC) et le Blu-ray, soutenu par Sony, Matsushita, Pioneer, Dell, HP, Hitachi, LG, Samsung, Philips, TDK et Thomson.

Comparativement, les deux formats offrent une qualité d’image identique, avec une résolution près de 7 fois plus grande qu’un DVD actuel.

Un avantage technologique partagé :

Le HD-DVD bénéficie de faibles coûts de production compte tenu de l’adaptabilité des machines servant déjà à la production de DVD. Résultat : lancement sur le marché prévu pour la fin de l’année.

La production du Blu-ray nécessite en revanche le remplacement des machines, d’où une perspective d’entrée sur le marché en 2006 et un coût de production plus élevé. Mais le Blu-ray a une capacité de stockage supérieure à celle de son concurrent (50 Go contre 30), et présente la possibilité de visionner et d’enregistrer un programme simultanément sur le même disque. Technologiquement, ces deux formats sont donc très différents, et il semble difficile d’arriver à un standard commun, comme ce fut le cas pour le DVD en décembre 1995, où Sony et Philips étaient parvenus à un accord avec Warner et Toshiba, largement basé sur la technologie de ces derniers. A ce jour, les négociations d’unification sont toujours en cours, même si les échéances sont déjà connues.

L’importance des alliances avec les propriétaires de droits et de contenus :

Si guerre entre formats il devait y avoir, le critère décisif pourrait bien être le contenu, d’où l’importance des alliances avec les studios. Columbia Pictures, MGM, Sony Pictures, Disney et Buena Vista Entertainment supportent le Blu-ray. Warner, New Line Cinema, Paramount et Universal, eux soutiennent le HD-DVD. 20th Century Fox a choisi la sécurité en optant pour les deux formats.

A noter, un certain avantage pour le Blu-ray, notamment grâce au marché des jeux vidéo, et au groupe Sony qui souhaite intégrer cette technologie dans sa nouvelle console PlayStation 3 qui sortira au printemps prochain.

La nécessité de trouver un accord

Tout le monde se souvient du conflit entre les deux formats VHS et Betamax dans les années 70-80, qui a abouti au monopole de VHS sur le grand public (malgré une qualité d’image inférieure à Betamax). Personne ne souhaite donc une nouvelle guerre entre formats : ni les fabricants de composants électroniques, ni les studios, ni les consommateurs qui pourraient adopter une attitude d’attente, ce qui entraînerait une chute des ventes. Les fabricants de composants électroniques ne peuvent eux aussi risquer cette bataille. En effet, depuis son lancement en 1997, le lecteur DVD est devenu le produit électronique qui a connu la croissance des ventes la plus forte de tous les temps.

Enfin, il est intéressant de signaler que les studios sont dépendants de ce marché : les ventes et les locations de DVD constituent maintenant la majorité du revenu global des films aux Etats-Unis.

En résumé, le HD-DVD aurait donc une longueur d’avance sur le Blu-ray, dans la mesure où il serait le premier sur le marché, à un meilleur prix, avec un nom très bien marketé et facilement identifiable pour le consommateur. Mais le Blu-ray devance le HD-DVD sur le plan de la capacité de stockage et surtout sur le potentiel de titres disponibles (films et jeux vidéo).

Bien que les futurs lecteurs HD-DVD et Blu-ray permetteront tous deux de visionner les DVD actuels, miser sur l’une des deux technologies s’avère risqué. Une guerre entre formats n’est pas souhaitable mais semble de plus en plus inévitable et pourrait bien avoir de lourdes conséquences sur la bonne santé de l’industrie.

Finalement, le seul terrain qui semble rapprocher les deux parties reste la lutte contre le piratage. Le système de protection n’a toujours pas été déterminé, et sans accord commun, les studios n’éditeront pas leurs films sur la nouvelle génération de disques : cela laisse donc une porte ouverte pour négocier et peut-être même déboucher sur un consensus.

Laurent MORLET et Quentin MOLINA


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