Cinéma

Le «Festivalgate» de Montréal …

Date: 17/03/2006

Le Québec aime le cinéma français! Nos artistes populaires ne sont cependant pas toujours aussi reconnus que l’on pourrait le penser. Problème de génération, influence de la télévision américaine ou simple transition, notre cinéma doit reconquérir son public québécois…

Montréal est une ville de festivals, des FrancoFolies au festival de Jazz en passant par ses – trop – nombreux festivals de cinéma. Toutes ces rencontres sont autant de rampes de lancement pour nos productions. 2005 a cependant plongé les instances officielles (SODEC et Téléfilm Canada), les médias et le public dans la plus grande confusion. La grande manifestation consensuelle souhaitée a explosé en 3 manifestations concurrentes attisant rancoeurs et règlements de comptes. Cette saga n’en finit pas de rebondir : de rapports en actions en justice, la situation reste encore très trouble.

Voici un état des lieux :

Le Festival des Films du Monde de Serge Losique fête ses 30 ans du 24 août au 4 septembre prochains. Il reste le seul festival montréalais reconnu par la FIAPF. Plusieurs de ses recours en justice seront traités dans les prochains mois.

Le Festival du Nouveau Cinéma de Claude Chamberlan, qui a refusé de devenir une sous-section du nouveau festival Spectra, est devenu le rendez-vous populaire de l’automne 2005. Depuis, on a appris que ce festival avait largement remporté l’appel d’offre technique lancé par la SODEC et Téléfilm en 2004! Mais la seconde évaluation qui a permis de faire naître ce troisième festival semble entachée d’irrégularités qui placent les autorités au centre d’un scandale.

-Le regroupement Spectra a jeté l’éponge après une première édition « désastreuse » selon la presse, et « en demi-teinte » selon les rapporteurs. Se posent maintenant les problèmes de déficits, de régularisation des aides remboursables et de solde des contrats, à commencer par celui de Moritz de Halden. SODEC et Téléfilm sont aussi sommés de rendre des comptes !

Et le cinéma français dans tout cela ?… Reste donc un Festival des Films du Monde, boudé par les professionnels et dont les dates posent problème. Mais Serge Losique et sa superbe salle de l’Impérial sont en position de force après les rudes batailles de 2005. Reste aussi le très bon Festival du Nouveau Cinéma qui pourra, c’est selon, soit grossir pour devenir le rendez-vous incontournable montréalais, soit revenir, après une année tumultueuse, à ses aspirations plus ciblées…

Le fait est qu’il est temps de repenser les ambitions de nos films au-delà du seul “Quartier Latin” de Montréal. En plus de délégations compactes qui accompagneront nos films sélectionnés par les festivals, la priorité du cinéma français est maintenant de séduire le public de l’ensemble de la province!

Laurent ALLARY


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