Cinéma

Le cinéma du futur est en marche

Date: 19/11/2008


David Kirkpatrick, Cynthia Breazeal and Frank Moss, with Nexi, a mobile robot © Sam Ogden

David Kirkpatrick, Cynthia Breazeal and Frank Moss, with Nexi, a mobile robot © Sam Ogden

Le 18 novembre, l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT) a annoncé la création d’un centre de recherches sur la narration cinématographique appelé “the Center for Future Storytelling” (littéralement “l’Art de Raconter du Futur”) dont les travaux ont d’ores et déjà débuté. Grâce à un engagement (sur 7 ans à hauteur de 25 millions de dollars) des studios Plymouth Rock, le MIT pourra se doter d’un colossal studio de cinéma et de télévision d’ici 2010.

Selon le New York Times, ces recherches viennent interroger la pertinence du récit cinématographique classique, sa structure en trois temps et ses évolutions actuelles. Ancien président de Paramount Pictures et fondateur de ce projet, David Kirkpatrick témoigne au quotidien d’une vision plutôt critique envers les films hollywoodiens récents et voit le centre de recherches comme le moyen de restaurer l’essence d’un récit : “son sens”.

En réalité, cette entreprise cherche principalement à adapter la narration aux technologies modernes.

Prévoyant le succès des grands projets 3-D hollywoodiens à venir, le MIT veut aller plus loin dans l’interactivité entre le film et les spectateurs. S’inspirant des jeux vidéo, les chercheurs vont s’employer à concevoir un mode de narration qui placerait le spectateur au cœur du récit, le faisant participer à chacune de ses étapes et créer ainsi une histoire qui lui serait propre.

Pour cela, le centre s’appuie sur trois grands professeurs, exerçant au Laboratoire “Média” de l’Institut de Technologie du Massachusetts, en charge de la direction des recherches : V. Michael Bove Jr., spécialiste de la télévision interactive, Cynthia Breazeal, autorité dans le domaine de la technologie robotique et Ramesh Raskar, pionnier dans le développement des nouvelles technologies de l’image, de l’affichage et de la capture du mouvement (motion-capture).

Leurs recherches porteront sur de nombreux domaines, dont la capture de mouvement sur le plateau de tournage, la fusion des acteurs avec les modèles numériques des personnages mais aussi sur les générations d’animation digitale de demain telles que des personnages robotiques ou animés extrêmement expressifs et interactifs ; des caméras qui engendreront des formes d’art entièrement nouvelles, des studios de cinéma transformables, où un studio peut en devenir plusieurs grâce aux techniques d’imagerie avancées ; la télévision holographique. Le centre se donne également comme défi de développer des systèmes numériques susceptibles de comprendre l’humain à un niveau émotionnel et des caméras capables de capturer les intentions des spectateurs/acteurs qui entreraient ainsi dans « l’extraordinaire » précise Frank Moss, directeur du Laboratoire Média au MIT.

Frank Moss et David Kirkpatrick s’accordent à dire que leur collaboration de sept années à venir a bien pour but de « révolutionner la manière de faire des films ».

Florence Faure


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