Cinéma

Le renouveau des salles de cinéma Art et Essai privées aux États-Unis

Date: 04/04/2016


metrograph Le Metrograph à New York

Quelle est la situation des salles de cinéma Art et Essai aux États-Unis aujourd’hui ? Le service Cinéma, télévision et nouveaux médias de l’Ambassade de France aux États-Unis a mené l’enquête afin de dresser le portrait d’un réseau de salles en mutation face aux défis imposés par l’ère du numérique et les pratiques contemporaines de consommation des œuvres.
À partir des années 1970, plusieurs phénomènes ont fragilisé la fréquentation des salles de quartier  sur le territoire : avènement de la télévision, puis des supports de reproduction (essor des cassettes vidéo, puis du DVD). Dans les années 1970, nombre de cinémas historiques deviennent des salles de films X, tandis que d’autres ferment, ou découpent leur salle principale pour pouvoir proposer plus d’écrans aux spectateurs, donc une offre plus variée. Depuis quelques années, face à l’arrivée du numérique (95,6 % des écrans du pays sont numérisés en 2014), à la concurrence du home cinéma, des plateformes de vidéo à la demande (VoD et VoD par abonnement) comme Netflix ou Hulu, mais aussi des multiplexes qui fleurissent partout sur le territoire (ils représentent 33 824 écrans sur les 40 158 écrans recensés en 2014 aux États-Unis, selon la Motion Picture Association of America), les salles indépendantes ont parfois du mal à subsister. Malgré la fermeture de nombreux établissements ces quinze dernières années, on observe aujourd’hui un renouveau dans le réseau des salles Art et Essai.

Ce renouveau se traduit par des ouvertures de salles, des réouvertures, des projets de rénovation, de sauvegarde, de remise aux normes (amélioration des équipements, notamment pour le passage au numérique), des nouveaux modes de financement et de fonctionnement de ces salles. Elles proposent le plus souvent une programmation éclectique (alliant nouveautés, cinématographies indépendantes et étrangères, classiques, films de répertoire…), avec une dimension événementielle (notamment en s’associant aux festivals locaux, en s’adaptant à l’actualité, en proposant des formules particulières) et s’agrémentent d’espaces de vie (restaurant, espace café-lounge, librairie…), avec pour double objectif de fidéliser leurs publics et d’attirer de nouveaux spectateurs.

L’un des points communs de ces salles indépendantes est leur fort attachement à la diffusion des films en argentique. Le 35mm demeure en effet un format privilégié par les programmateurs des cinémas – mais aussi des institutions (cinémathèques, musées…), également remarqué et apprécié par les publics. En témoigne l’exigence des établissements cinématographiques américains qui, dans leur recherche de copies, font appel aux Services Culturels de l’Ambassade de France en demandant systématiquement la disponibilité de copies argentiques. La promotion du cinéma de patrimoine français et européen est donc accompagnée par un respect et un attachement aux formats de projection originaux. Certaines salles ne diffusent d’ailleurs que des films en pellicule (c’est le cas, par exemple, du New Beverley à Los Angeles).

D’autre part, le mode de financement de ces établissements indépendants a aussi tendance à évoluer, en mettant largement à contribution les spectateurs : de nombreux cinémas de quartier ont lancé ces dernières années des campagnes de levée de fonds en recourant aux plateformes de financement participatif. Pour beaucoup, le passage au numérique a été financé par les spectateurs – les salles bénéficient de l’implication très forte des communautés locales. On remarque ainsi que nombre de ces cinémas fonctionnent en partie grâce au soutien financier (spectateurs adhérents ou donateurs) de la population, mais aussi parfois grâce à l’engagement de bénévoles.

On constate par ailleurs que ce renouveau s’inscrit dans une démarche de reconstruction architecturale en adéquation avec les emblèmes de la salle de cinéma, notamment avec la conservation de la marquise en devanture des établissements (extension architecturale empiétant sur le trottoir, sur laquelle sont indiqués les films à l’affiche), symbole patrimonial des salles américaines. L’idée du palace cinématographique, avec son marbre et ses nombreux ornements, est souvent conservée malgré les rénovations.

Si nous nous concentrons dans cet article sur les salles indépendantes, il faut rappeler le rôle majeur entretenu par les institutions (musées, films societies, cinémathèques, etc.) en matière de programmation cinématographique, qui mènent également ce travail de rénovation, de passage au numérique et d’amélioration des équipements.

Nous avons sélectionné quelques exemples marquants de cinémas qui illustrent cette tendance à travers le territoire américain. Voici un panorama non-exhaustif de ces nouveaux modèles de salles Art et Essai.

*   *   *

 

LE METROGRAPH (NEW YORK)

En mars 2016, la ville de New York a inauguré son premier cinéma indépendant depuis 10 ans : le Metrograph. Ce nouveau lieu de la cinéphilie présente des films du cinéma indépendant et international, des films de répertoire et des avant-premières – la programmation, alliant exigence et éclectisme, est dirigée par Jacob Perlin et Aliza Ma. Situé dans le quartier de Lower East Side, au Sud de Manhattan, l’établissement de deux écrans est équipé avec des projecteurs numériques et 35mm, et comporte un espace restaurant ainsi qu’une librairie dédiée au cinéma. Le Metrograph a fait son ouverture début mars avec une rétrospective consacrée au cinéaste Jean Eustache, en présence de la comédienne Françoise Lebrun. Ce cycle a été organisé en collaboration avec le département cinéma des Services Culturels de l’Ambassade de France aux États-Unis et avec le soutien de l’Institut français.

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…ET D’AUTRES SALLES À VENIR À NEW YORK

Signalons aussi l’ouverture prochaine à New York d’autres salles Art et Essai : le réseau Alamo Drafthouse (basé à Austin) inaugurera un nouveau complexe à Downtown Brooklyn cette année. D’autre part, le Quad, premier complexe new-yorkais de quatre salles fondé en 1972 à Greenwich Village, a été racheté en 2014 par Charles S. Cohen, président et PDG de Cohen Brothers Realty Corporation (dont fait partie la société de distribution et d’édition vidéo Cohen Media Group). Le nouveau propriétaire procède à une rénovation complète et une modernisation technique depuis 2015, avec un équipement de pointe, en numérique et en argentique. Conservant sa configuration historique de quatre salles, Cohen a annoncé qu’il dédierait un écran au cinéma classique et aux films de répertoire issus de la Cohen Film Collection et d’autres distributeurs. Deux écrans seront consacrés aux cinématographies étrangères et indépendantes, et le quatrième écran sera utilisé pour le programme Quadflix, qui diffuse des films sans distributeur. Le cinéma rouvrira courant 2016.

 

ALAMO DRAFTHOUSE CINEMA (DALLAS, TEXAS)

À la mi-février 2016, Dallas a inauguré son premier cinéma depuis 16 ans, à l’occasion de l’ouverture du second établissement du réseau Alamo Drafthouse au Nord du Texas, après Richardson en 2013. Le complexe de sept écrans (700 fauteuils), agrémenté d’un rooftop et d’une terrasse, est équipé de projecteurs numérique, 3D et 35mm. Doté d’une programmation mélangeant cinéma grand public, alternatif et plus spécialisé, le nouveau lieu promet une offre plus dense pour les cinéphiles de la région. Débutant avec une programmation similaire à Richardson, le directeur de la salle Bill DiGaetano a annoncé un travail de différenciation au fil des mois, avec de nouveaux cycles propres à Dallas. Il évoque également la création d’un mini-South by Southwest, puisque le cinéma est situé près de nombreux établissements musicaux tels que Southside Music Hall, Gilley’s et Poor David’s Pub. La proximité avec le Kay Bailey Hutchinson Convention Center et le Arts District pourront aussi conduire à des échanges de visibilité et au partage d’événements. La direction prévoit déjà l’ouverture d’une huitième salle, en fonction des performances à venir. Notons qu’Alamo Drafthouse ne sera pas le seul cinéma de Downtown Dallas pour longtemps : le réseau Cinépolis, basé à Mexico City, ouvrira une salle dans le quartier de Victory Park en 2017.

Alamo drafthouse (dallas)

 

MICHIGAN THEATER (ANN ARBOR, MICHIGAN)

L’emblématique Michigan Theater est un exemple d’établissement qui prospère grâce à l’engagement et au soutien de la communauté locale. Fondé en 1928, le cinéma a connu une période faste jusqu’au milieu des années 1970. Face à l’avènement de la télévision, de nombreux mono-écrans dans le pays ont dû fermer ou diviser leur salle pour proposer plusieurs écrans et rester viable économiquement. Le Michigan, ayant décidé de ne pas découper sa salle historique, a fini par sombrer dans le milieu des années 1970. Au fil des années pourtant, l’exploitant rénove la salle et la façade, dans l’idée de conserver l’esthétique d’un grand palace cinématographique, repeint, marbré. Après la fin d’un premier bail de 50 ans, le bâtiment est promis à la destruction. En 1979 est fondé la Michigan Theater Foundation (MTF), organisme à but non-lucratif qui s’engage à sauvegarder la salle tombant en désuétude. Plusieurs campagnes de levée de fonds sont menées entre 1985 et 2002 par la MTF pour procéder à une restauration spectaculaire de la salle et de l’accueil, avec l’ajout de 200 sièges – restauration qui sera distinguée par de nombreux prix et une couverture médiatique considérable. La MTF devient alors un acteur économique et culturel majeur d’Ann Arbor. En 2008, la Ville lui attribue la propriété du bâtiment, en reconnaissance du travail remarquable de rénovation et de management effectué par l’organisation. En 2010, la MTF reçoit une subvention d’un million de dollars de la part de la Kresge Foundation, récompensée parmi 141 candidatures à travers le pays. Aujourd’hui, le Michigan Theater accueille plus de 230 000 spectateurs par an et dispose d’un bassin de plus de 5 500 abonnés. Le cinéma est devenu un espace de rassemblement pour la communauté locale et un lieu d’accueil pour de multiples spectacles et performances (films muets avec accompagnement musical en live, événements théâtraux, musicaux, dansants…). La programmation inclut des films classiques et contemporains, indépendants, étrangers, des documentaires, films d’étudiants, films muets… La MTF est l’un des rares exploitants du territoire à pouvoir présenter des films dans une vaste gamme de supports argentiques et numériques : 16mm, 35mm, 70mm, celluloid 3D et formats digitaux en haute définition.

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NEW MISSION – RÉSEAU ALAMO DRAFTHOUSE (SAN FRANCISCO, CALIFORNIE)

Fondé en 1907, le Mission Theatre connaît une vive histoire avant de fermer ses portes dans les années 1980 et de passer 25 années dans l’oubli. Le cinéma a été désigné bâtiment historique de San Francisco en 2004. En 2012, le réseau de salles Alamo Drafthouse annonce sa première implantation en Californie, pour convertir l’établissement en un nouveau complexe de cinq salles, avec un total de 550 fauteuils. La réhabilitation de cet espace, qui a pris cinq années de travaux, a produit un résultat exceptionnel : le hall d’accueil, la marquise, la balustrade, le décor de la grande salle ont été restaurés pour retrouver leur éclat d’origine. La salle principale (320 places), au niveau de l’orchestre de la salle originale, voit son décor des années 1920 conservé, avec une avant-scène décorée de multiples frises. L’établissement assurera une programmation à la fois Art et Essai et grand public, et sera associé aux principaux festivals de San Francisco. Le cinéma Alamo Drafthouse New Mission a ouvert en décembre 2015, au cœur d’un quartier – Mission District – en pleine mutation.

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MONICA FILM CENTER – RÉSEAU LAEMMLE THEATRES (LOS ANGELES, CALIFORNIE)

Après plus de 20 ans sans nouveau cinéma indépendant (alors que les multiplexes ont émergé comme des champignons à Los Angeles), le réseau Laemmle Theatres a procédé à la refonte complète du complexe Monica Film Center. Le cinéma a fermé courant 2014 après 44 ans d’existence, pour une démolition de l’ancienne structure et un processus de rénovation qui aura duré près de deux ans. Rouvert fin janvier 2016, l’ancien complexe de quatre bâtiments comprend désormais six salles – la plus grande salle pouvant accueillir 120 personnes, la deuxième 75 places et les quatre autres près de 50 places. Le complexe, enrichi d’un espace de restauration au rez-de-chaussée, prévoit une autre installation sur le toit de la structure. Un espace lounge permet aux spectateurs de se mélanger avant et après les séances. Le Monica Film Center continuera de montrer les cinématographies indépendantes, étrangères et documentaires, et d’accueillir des festivals tels que le New Urbanism Film Festival en février 2016.

Signalons également le rachat par le réseau Laemmle du Ahrya Fine Arts Theatre à Beverly Hills, qui était clos depuis cinq ans – au moment de sa fermeture, le lieu était utilisé exclusivement pour des projections privées. Rouvert en 2015, la salle diffuse des nouveautés et est utilisée par Laemmle pour accueillir festivals, événements et projections spéciales. Fondé en 1937 sous le nom de Wilshire Regina, l’établissement est et restera un mono-écran, disposant aujourd’hui de 430 fauteuils.

NEW BEVERLY THEATRE (LOS ANGELES, CALIFORNIE)

Le New Beverly, qui se revendique « The premier revival theater in Los Angeles » par son usage unique du 35mm, a une histoire bien particulière liée au réalisateur Quentin Tarantino, qui le fréquentait assidument dans sa jeunesse. Comme de nombreux cinémas, le New Beverly a coulé au moment de l’explosion du DVD dans les années 2000, période pendant laquelle Tarantino subventionnait le propriétaire au rythme de 5 000 dollars par mois pour sauver la salle. En 2007, le cinéaste rachète le bâtiment des années 1920 pour sauvegarder son exploitation. Il émet le souhait de préserver l’esprit du propriétaire original Torgan, qui a acheté l’affaire en 1978 et a transformé ce théâtre de vaudeville, boîte de nuit et cinéma X en un havre pour les cinéphiles de Los Angeles. En 2014, le cinéaste devient officiellement programmateur du New Beverly, après des travaux de rénovation (réparations du mono-écran de 228 sièges, ajout d’un son stéréo de six pistes et d’un projecteur 16mm). Son premier geste a été d’abandonner le projecteur numérique en place et d’instituer la diffusion de films exclusivement en 35mm. C’est le changement majeur du cinéma depuis sa réouverture : le cinéma ne projette les films que sur pellicule – ce qui permet notamment à Tarantino de montrer sa volumineuse collection personnelle de copies 35mm.

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BRATTLE THEATER (CAMBRIDGE, MASSACHUSETTS)

Fondé en 1953 par Bryant Haliday and Cyrus Harvey Jr. (qui monteront plus tard la société de distribution Janus Films), le cinéma indépendant Brattle Theatre diffuse depuis plus de 60 ans des films Art et Essai et étrangers, ainsi que des nouveautés et des ressorties de films classiques. La programmation s’enrichit d’une offre de répertoire, dédiée aux films d’un réalisateur, d’un genre ou d’un sujet particulier, montré sur une semaine ou sur un jour durant tout le mois. La Brattle Film Foundation, organisme à but non-lucratif, fait fonctionner ce cinéma de quartier depuis 2001. En 2013, l’établissement a lancé sur un mois une campagne de levée de fonds via la plateforme de financement participatif Kickstarter, avec un objectif de 140 000 dollars (atteint avec succès), en vue de financer deux projets : l’équipement de la salle en numérique (permettre la diffusion de films en DCP, sans pour autant abandonner la projection en 35mm) et l’installation d’un nouveau système de climatisation.
 

CAPRI THEATRE (MONTGOMERY, ALABAMA)

Construit en 1941, le Capri Theatre, d’abord connu sous le nom de « The Clover », est la première salle de cinéma de quartier de Montgomery. Il est alors géré par la Paramount Pictures, Inc. Remodelé en 1962, il devient « The Capri » et reste, à ce jour, le seul cinéma indépendant de la ville. Il compte également la plus longue période d’activité ininterrompue des cinémas de l’Alabama. Depuis 1983, la gestion du Capri est prise en charge par la Capri Community Film Society, une organisation à but non-lucratif dont les financements proviennent directement des dons et cotisations des clients et adhérents. Après une conversion numérique réussie il y a quelques années (notamment grâce à une campagne de levée de fonds via Kickstarter, lancée en 2013, qui a réuni près de 90 000 dollars), le Capri est à nouveau en cours de rénovation pour une remise à neuf de ses locaux. Cette opération, estimée à plus de 800 000 dollars, a également fait l’objet d’une importante levée de fonds. Actuellement fermé pour travaux, le Capri doit rouvrir ses portes au public en avril 2016.

Capri theater (montgomery)

Dans la même région et sur le même modèle, on peut aussi citer l’exemple du mono-écran Crescent Theater. Situé dans le quartier historique du centre-ville de Mobile, le Crescent Theater a ouvert ses portes en 2008, avec pour mission de projeter des films Art et Essai en première diffusion. Inaugurée en 1885, la salle du Crescent est, à l’origine, un théâtre de vaudeville. En 1912, elle est convertie en salle de cinéma et est, à l’époque, la salle la plus moderne de la ville. Reconstruit entièrement par le businessman John Switzer, le Crescent Theater rouvre en 2008. Il est aujourd’hui financé en partie grâce à des levées de fonds organisées par la Crescent Theater Film Society, une organisation à but non-lucratif en charge de sa gestion. En 2013, un appel à financement a été lancé sur Kickstarter par le Crescent, permettant de lever près de 85 000 dollars pour convertir le matériel de projection en numérique.

 
THE PLAZA THEATRE (ATLANTA, GEORGIE)

Le Plaza Theatre, en activité depuis 76 ans, est la salle de cinéma indépendante la plus ancienne d’Atlanta et l’un des édifices historiques les plus emblématiques de la ville, avec son enseigne lumineuse art déco d’époque. À son ouverture en 1939, le Plaza est utilisé comme salle de cinéma et de spectacle vivant, et devient rapidement un lieu de référence du quartier, situé dans l’une des premières grandes zones commerciales d’Atlanta. Dans les années 1970, le Plaza devient une salle de films X et de théâtre burlesque, jusqu’à la rénovation de la zone commerciale voisine par son propriétaire actuel. En 1983, l’entrepreneur George Lefont achète l’établissement, le rénove et concentre sa programmation sur des films visant à attirer une clientèle urbaine et sophistiquée : des films indépendants, étrangers et classiques. Entre les années 1990 et 2000, le Plaza rencontre des difficultés financières avant d’être mis en vente en 2006. Il est racheté par un couple d’Atlantais qui, en 2009, crée la Plaza Theatre Foundation (organisation à but non-lucratif) pour soutenir le cinéma. En 2012, la salle est à nouveau vendue, cette fois à un particulier, Michael Furlinger, qui entreprend de nombreux travaux de rénovation. En 2014, le Plaza Theatre reçoit une subvention de plus de 5 000 dollars de la part du Fox Theatre Institute, un programme culturel de sensibilisation et d’éducation basé à Atlanta, pour financer un projet de restauration d’envergure de la façade.
 

BELCOURT THEATER (NASHVILLE, TENNESSEE)

Le Belcourt Theater, alors connu sous le nom de Hillsboro Theater, ouvre ses portes en 1925, puis est rebaptisé en 1966. En 1993, la Belcourt LLC reprend la gestion du bâtiment et finit par fermer la salle en 1999. Le bâtiment est ensuite loué à l’organisation à but non-lucratif Belcourt YES !, qui demeure, à ce jour, le propriétaire de la salle. Le Belcourt a fermé en décembre 2015 dans le cadre d’un projet de rénovation d’envergure soutenu par la Belcourt Campaign (4,5 millions de dollars). Figurant parmi les organisations culturelles les plus dynamiques de Nashville, le Belcourt Theater, deux écrans, s’est forgé une solide réputation tant au niveau régional que national. Il attire chaque année 160 000 visiteurs et près de 11 000 personnes adhèrent au programme participatif annuel.

belcourt theater (nashville)

 

TOWER THEATER (MIAMI, FLORIDE)

Fondé en 1926, le Miami Dade College’s Tower Theater est l’une des plus anciennes institutions culturelles de Miami. Salle de cinéma historique de deux salles, équipées en 35mm et en numérique, le Tower Theater propose des films étrangers et indépendants, des films classiques, des expositions et performances, des événements universitaires mis en place par la faculté de MDC, ainsi qu’une large offre de films hispanophones et de films sous-titrés en espagnol. Après une soixantaine d’années de bon fonctionnement, le MDC’s Tower Theater a dû fermer ses portes au public en 1984, avant d’être repris par le Miami Dade College en 2002, avec l’autorisation de la Ville de Miami à qui l’établissement appartient. En 2011, le quotidien USA Today distingue le MDC’s Tower Theater comme « l’un des dix meilleurs endroits pour voir un film dans toute sa splendeur » dans un papier dédié aux palaces cinématographiques d’époque aux États-Unis. Le cinéma a rouvert ses portes en 2014 après plusieurs mois de rénovation.

MIFF 2009

 

TROPIC CINEMA (KEY WEST, FLORIDE)

Inauguré en 2004 à Downtown Key West, Tropic Cinema est le seul multiplexe indépendant à but non-lucratif de Floride du Sud. Le cinéma est à l’initiative d’un groupe de cinéphiles qui, en 1999, forment la Key West Film Society. À l’origine, cet établissement est entièrement financé par des contributeurs locaux (une salle de 150 fauteuils et une petite cinémathèque lors de son lancement). Aujourd’hui, Tropic Cinema est un multiplexe indépendant de référence, disposant de quatre salles équipées en 35mm et en numérique, une galerie et un espace café-lounge. La programmation se concentre sur « le meilleur du cinéma indépendant », des documentaires, des rencontres avec des cinéastes, des programmes consacrés au travail des réalisateurs locaux et régionaux, en plus de diffuser des cycles de films classiques et hollywoodiens. La salle accueille par ailleurs concerts, débats politiques, lectures, expositions culturelles et programmes scolaires. Le Tropic Cinema a été construit et prospère aujourd’hui grâce aux donateurs de Key West – ses membres se comptent par milliers – et à une petite équipe de management, constituée d’un comité de réalisateurs bénévoles et de volontaires qui travaillent dans le secteur cinématographique.

tropic cinema (key west) 2

Rédaction: Florent Jarroir


Il y a 3 réactions sur cet article, réagissez!

3 Réactions

1 - Stephane MARTINET | 04.04.16

Très bel article, fort bien documenté et illustré.
Mes encouragements dans cet effort de partager ces informations sur nos pratiques culturelles communes US/France.
Stéphane


2 - Ouverture d’une salle nouvelle salle indépendante à Brooklyn : l’Alamo Drafthouse « Mediamerica | 04.04.16

[…] et cela sans compter l’extension du IFC Center ou du Nitehawk à Brooklyn (sur le sujet : Le renouveau des salles de cinéma Art et Essai privées aux États-Unis). Mais pour le directeur de l’Alamo, il y a de la place pour tout le monde. Il est ravi de la […]


3 - violaine | 04.04.16

le retour du 35mm semble assez incroyable, vue de la petite exploitation française…
merci de cet intéressant tour d’horizon


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