Cinéma

Les exploitants US à la recherche de spectateurs : trop tard ?…

Date: 15/01/2006

L’association américaine des exploitants (National Association of Theater Owners, NATO) est la première corporation à subir la crise du box office et s’interroge sur une stratégie de reconquête des spectateurs. Selon la NATO, parmi les maux incriminés par une partie du public : les nuisances sonores (portables, très jeune public), la mauvaise qualité des publicités et le prix des billets.

Le combat contre les téléphones portables, à peine évoqué, ouvre déjà une polémique. Associations de consommateurs et lobbies de l’industrie du mobile (CTIA-the Wireless Association) font valoir que cette mesure restreindrait la liberté de l’usager et surtout que le portable est un recours indispensable en cas d’urgence. Ce type de restriction pourrait même détourner les spectateurs des salles qui l’annonceraient, menacent-ils.

Une partie des exploitants envisage de préconiser l’interdiction des enfants en bas âge, en particulier des bébés, pour certaines séances. Réactions négatives de jeunes adultes qui objectent que le coût du baby-sitting, additionné aux places… et au pop corn (jamais remis en question !) aboutirait à un total prohibitif.

Plus sérieusement, la NATO réfléchit aux moyens d’améliorer la qualité des espaces publicitaires, de les rendre plus neufs et créatifs (notamment par rapport à la TV) et d’y adjoindre des « behind the scenes » de films vedettes : les deux sociétés spécialisées, Screenvision et National CineMedia, investissent dans des systèmes de projection numérique et des « 20 minutes packages » qui dynamisent ces informations.

Mais toutes les enquêtes montrent que le véritable problème se situe dans le prix des places : 6.36 USD en moyenne dans les régions… jusqu’à plus de 10 dollars dans des métropoles comme New York et Los Angeles. Un coût jugé excessif en raison de la qualité jugée de plus en plus « moyenne » de la plupart des films distribués depuis 2/3 ans, le prix du billet ayant augmenté de plus de 5% pendant cette même période. Et l’on retrouve là tous les arguments qui expliquent la mutation de la consommation des images, des salles vers le DVD, Netflix, la VOD et autres téléchargements licites ou non. Cette campagne des exploitants, si elle voit le jour, arrive peut être un peu tard…

Patrick Renault
Source : New York Times, 17/12/05


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