Cinéma

Les tenants du Box-Office sur le banc des Oscars

Date: 19/11/2008


Wall-E

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22 février 2009, 80ème cérémonie des Oscars. Récompenser les films indépendants semble passé de mode. Après plusieurs années de privilèges accordés aux productions indépendantes, les grands studios imposent à nouveau les têtes de liste du Box Office dans la course aux Oscars.

Les campagnes de promotion des grands studios ont déjà commencé. Walt Disney supporte Wall-E pour une nomination dans la prestigieuse catégorie du Meilleur Film, catégorie qui n’a encore jamais récompensé un film d’animation. Warner Brothers a récemment lancé l’offensive en questionnant les votants sur leur préférence de format pour le DVD du Dark Knight. Paramount, quant à lui, joue sur différents tableaux en promouvant Robert Downey Jr à la fois pour l’Oscar du Meilleur Acteur dans le film Iron Man et pour son rôle dans la comédie à succès Tonnerre sous les tropiques.

Le retour du film à gros budget s’intègre totalement à la ligne directrice choisie cette année par l’Académie des Arts et des Sciences du Cinéma. En effet, l’association chargée de désigner les récompensés, a opté pour un virage commercial, non sans polémique. Cela signifie concrètement donner une toute autre saveur à la cérémonie. L’un des moyens utilisés est la diffusion de bandes annonces de blockbusters, nominés ou non, durant la cérémonie des Oscars. Cet aspect plus commercial rappellera les choix du passé. En 2003, l’énorme succès du Seigneur des Anneaux, le Retour du Roi (1,2 milliards de dollars de bénéfice brut) n’a pas empêché le film de récolter onze Oscars.

Cette nouvelle orientation, adoptée par les studios et l’Académie des Arts et des Sciences du Cinéma, est légitime au regard de l’expérience récente. Le New York Times souligne d’abord la principale faiblesse du cinéma indépendant, illustrée par les résultats au Box Office des primés de l’année dernière (No Country for Old Men et There will be Blood) : une audience limitée et spécialisée malgré une critique très positive.

Certaines sociétés de production ont récemment fermé ou réduit leur département consacré au cinéma indépendant (Warner Independent Films et Paramount Vantage). Cette diminution du marché cinématographique laisse donc une place plus conséquente aux superproductions.

Parmi les Oscars attendus cette année, on trouve le film de Ron Howard, Frost/Nixon, le dernier David Fincher, L’étrange histoire de Benjamin Button, et Australia, le dernier film de Baz Luhrmann.

Autre fait marquant tendant à justifier le changement, les superproductions hollywoodiennes sont aujourd’hui dignes de la récompense suprême. L’extrême complexité de leurs thèmes, ainsi que la richesse des effets visuels, contrastent avec les précédents hollywoodiens.

Wall-E a ainsi attiré la sympathie des critiques par le choix du sujet, l’écologie, l’animation extrêmement détaillée, et l’intégration d’une séquence muette de 45 minutes, risque important qui s’avère finalement payant. La critique du Wall Street Journal est en faveur d’une consécration du film d’animation. Pourtant le journal ne peut que souligner l’extrême difficulté des films d’animation à s’imposer comme des concurrents potentiels.

Enfin, l’inclinaison vers le cinéma indépendant a manifestement provoqué le désintéressement des téléspectateurs pour la cérémonie des Oscars, à tel point que les chiffres d’audience ont dramatiquement chuté. La dernière émission n’a rassemblé devant le petit écran que 32 millions de téléspectateurs, ce qui est insuffisant comparé au taux d’audience de 1998 (55 millions de téléspectateurs), année de consécration du Titanic. Cette année, l’accent sera mis sur la publicité de l’évènement. Ainsi, les organisateurs veulent recréer « un événement télévisuel » en insistant sur le fait que les Oscars 2009 célèbreront les films de l’année mais aussi le cinéma en général.

Marion Carnel


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