Cinéma

Nouvelle opération de promotion du crédit d’impôt international à Los Angeles suite à son renforcement par le Parlement

Date: 24/06/2013


Crédit d’impôt international

Dans le cadre de la promotion de l’attractivité du territoire, le service audiovisuel de l’Ambassade de France, avec la Commission Nationale du Film, Film France, a organisé des rendez-vous de présentation du renforcement du dispositif de crédit d’impôt international aux principales sociétés de production cinématographiques.

1/ Bilan du dispositif et renforcement récent

Depuis 2009, le crédit d’impôt international en matière cinématographique (en anglais TRIP, pour Tax Rebate for International Productions) a bénéficié à 53 productions dont 25, en provenance des Etats-Unis. Ce dispositif a permis des dépenses nettes d’environ 245 millions d’euros et ont bénéficié à plus d’une vingtaine sociétés de production exécutive françaises. A noter également que dans le domaine de l’animation et des effets visuels numériques (VFX) – secteurs à forte valeur ajoutée où la France excelle – le crédit d’impôt a eu un effet décisif pour aider certaines sociétés à acquérir un niveau international. Ces chiffres ne comptabilisent bien entendu pas l’impact pour notre pays en termes d’image.

Le dispositif a été renforcé par la loi de finances 2013. En particulier, le plafond du crédit d’impôt a été rehaussé passant de 4 à 10M€. Des postes de dépenses non éligibles auparavant, comme l’hébergement le sont devenus.


2/ Perception par les sociétés de production américaines

Le service audiovisuel, avec une délégation de Film France menée par Franck Priot, a organisé des entretiens avec les principales sociétés de production : studios Warner Bros, NBCUniversal, Paramount, 20th Century Fox,  Sony Pictures, Walt Disney ainsi que les indépendants Lionsgate, Gaumont International TV et HBO.

Nos interlocuteurs ont été intéressés par le dispositif dont ils ont relevé les atouts :

– stabilité et prévisibilité. Le renforcement du dispositif dans un contexte budgétaire difficile et sans clivage politique a impressionné. C’est d’autant plus important que les productions s’étalent sur plusieurs années et que la stratégie de certains studios, Warner ou Sony, est fondée sur des partenariats à long terme.

– simplicité et rapidité du processus d’évaluation et d’agrément des projets. Franck Priot, délégué général adjoint de Film France, a pu rappeler à nos interlocuteurs que certains projets avaient pu être agrémentés en un temps record de quatre semaines.

– niveau de retour important. Le rehaussement du plafond a été salué. Alors que,  comme nous l’a souligné  le CEO des studios Warner Bros, Barry Meyer, la tendance à Hollywood était à la disparition des films à moyens budgets (entre 20 et 50M$), les films à plus gros budget seraient plus susceptibles de bénéficier du dispositif.

Cependant, nos interlocuteurs, parfois sceptiques, parfois volontiers critiques, ont souligné plusieurs faiblesses françaises, comparés à ses concurrents internationaux :

– charges sociales élevées et coût du travail élevé

– absence de prise en compte des dépenses « above the line » contrairement à la Grande Bretagne (tous les coûts relatifs aux salaires des talents créatifs de l’œuvre, réalisateur, scénaristes, comédiens, chef opérateur, etc.)

– maintien du montant minimal de dépenses en France à 1 million d’euros,  qui ne permet pas aux films à petit budget ou aux productions indépendantes de candidater.

– non-compatibilité de notre système avec les systèmes d’appui des régions,  contrairement à l’Allemagne où le crédit d’impôt peut aller jusqu’à 65% en combinant les systèmes nationaux et régionaux.

– manque de souplesse du dispositif qui ne permet pas d’aménagement particulier pour certains projets à très gros budget, à l’inverse de l’Australie qui a récemment passé le niveau de son crédit d’impôt de 16,5% à 30% pour Disney et le tournage de « The Wolverine ». Cette hausse devrait être confirmée de façon permanente prochainement, et ainsi permettre au même studio d’y tourner le prochain projet de David Fincher, adaptant 20 000 lieues sous les mers.

Les studios sont tous engagés dans une course à la réduction des coûts de production. La délocalisation des tournages est systématiquement envisagée. Dans ce contexte, le dispositif français est un atout majeur qu’il nous revient de faire connaître et de valoriser, dans un contexte où l’ouverture des studios de Paris renforce sensiblement l’offre française.

 Adrien Sarre et Axel Cruau


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