Cinéma

Production/distribution : chiffres et tour d’horizon

Date: 06/03/2007

563 films américains sont sortis aux Etats-Unis en 2006, contre 370 films en 1995, et 180 en 1985. Sur ces 563 films, 224 ont été produits par les sept grands studios et les trois gros producteurs indépendants. Ce qui veut dire que 311 films ont été produits par des petits producteurs indépendants – un chiffre très important quand on pense que guère plus de 80 films étaient indépendants il y a seulement 10 ans. Cet afflux de films met en valeur la diversité et la vitalité de l’industrie cinématographique américaine, mais elle soulève plusieurs questions concernant la distribution des films français aux Etats-Unis. Car si le nombre de films indépendants a explosé ces dernières années, le nombre de salles commerciales étant à même de les accueillir n’a pas augmenté. Les multiplexes prolifèrent, contrairement aux salles d’art et d’essai, où justement sortent les films indépendants américains et les films étrangers. D’après le distributeur New Yorker Films, les gros producteurs indépendants, tels que Sony Classic Pictures et Focus Features, s’attaquent davantage à la production et à la distribution de films indépendants américains, délaissant les films étrangers. Ces films sont alors pris en main par de plus petits distributeurs qui, malgré leurs efforts, n’ont pas des budgets comparables aux gros studios pour donner à ces films toute la visibilité qu’ils méritent. Preuve à l’appui, les entrées en salle: les majors et grands producteurs indépendants se sont partagés $8.2 milliards de dollars de recettes en 2006, laissant les 311 films indépendants se partager les $800 millions de dollars en vente de billets.

Même si les salles n’ont plus autant la côte auprès du public (il s’oriente vers de nouveaux modes de consommation des films tels que le DVD, la VOD et le téléchargement sur Internet), la sortie en salle reste un passage obligé, et pas seulement parce que la sortie directe en DVD reste stigmatisée.

La sortie commerciale permet au film de bénéficier d’une couverture de presse, plus difficile à acquérir après. La critique est essentielle pour faire connaître un film et le démarquer des centaines autres sorties. Aujourd’hui, si le cinéphile américain risque encore davantage de rater un film lors de sa sortie sur grand écran (un film étranger ou indépendant peut ne rester que 5 à 10 jours en salle), il pourra toujours le trouver sur Netflix, source d’approvisionnement incontournable pour ce type de cinéma, ou le débusquer sur internet. Mais encore faut-il qu’il soit au courant de l’existence de ce film.

Face à la difficulté pour beaucoup de films indépendants et étrangers à être correctement distribués de façon traditionnelle (sortie salle et campagne promotionnelle), il devient de plus en plus urgent pour les distributeurs américains de ces films de mieux exploiter les nouveaux modes de distribution ainsi que les nouveaux modes de communication qui pourront permettre de se « connecter » davantage avec l’audience de leurs films.

Delphine Selles


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