Cinéma

Retour des financements dans le secteur du cinéma indépendant

Date: 17/03/2011



"Black Swan" de Darren Aronofsky avec Natalie Portman

Certains l’appellent le syndrome Black Swan ou l’effet Discours d’un roi. Après deux ans de faillite et de morosité dans le secteur du cinéma indépendant, le succès au box office et aux Oscars de ces deux films financés sans l’aide des studios, redonne de l’énergie aux producteurs et investisseurs indépendants.

« Ces deux dernières années, il était presque impossible d’obtenir qu’un film soit financé », déclare la présidente de Mandalay Vision, Céline Rattray, une des productrices de The kids are alright. « Aujourd’hui, pour la première fois, je reçois des coups de fil de nouveaux investisseurs qui me disent : Alors, qu’est-ce qu’il y a pour nous aujourd’hui ? ».

Le succès de ces deux films a eu des répercussions positives immédiates sur d’autres projets de films indépendants. Peter J. Fruchtman de DRO Entertainment raconte que les bénéfices engendrés par son investissement dans la production de Black Swan, ont accru son intérêt et celui de ses investisseurs pour ce type de projets. En effet, Black Swan a rapporté beaucoup à ses investisseurs. Le directeur administratif de Cross Creek Pictures, Brian Oliver, explique qu’un investissement de départ visant à rapporter 40 millions de dollars en avait, en fait, rapporté 300 millions.

« Les films indépendants ont fait peur pendant quelques années, mais maintenant, la confiance revient », affirme Brian Oliver. «  Je pense vraiment que ces deux films, qui ont fait 250 millions de dollars de recettes à travers le monde, encouragent à croire à nouveau que financer des films indépendants, c’est gagner de l’argent », ajoute-t-il.

Ben Browning de Wayfare Entertainment, entreprise qui a investi dans Sanctum, pense que le succès de Black Swan et du Discours d’un roi est plus une exception que la règle, dans la mesure où ces films ont bénéficié de la célébrité de leur casting et d’une distribution solide à l’international. « Ils n’ont pas nécessairement réduit la difficulté, pour les films indépendants, à pénétrer sur le marché, mais ils sont la preuve qu’un succès à la fois critique et commercial est toujours possible sur un marché fluctuant ».

Ben Browning souligne que le succès de ces films à l’étranger a particulièrement redonné confiance aux investisseurs. « L’énorme succès rencontré par les distributeurs à l’international a pour effet d’inciter les financiers du cinéma indépendant à monter des projets similaires ; ils sont maintenant à la recherche du même type de contenu et sont prêts à avancer de l’argent ».

Ce ne sont pas uniquement Black Swan et Le Discours d’un roi, mais un grand nombre de films indépendants à succès qui ont renforcé le moral de ceux qui ne travaillent pas à Hollywood.

Graham Taylor estime que c’est la grande variété de ces films qui est encourageante. « Au-delà des blockbusters, 127 heures, qui a été cofinancé par des investisseurs indépendants, Blue Valentine, Winter’s Bone et The Kids are alright ont été des succès commerciaux », a-t-il ajouté.

Ce qui rend les producteurs optimistes, c’est aussi le fait que la production de films de studio – particulièrement ceux qui visent une audience avertie – a diminué, phénomène qui a accru la disponibilité de très bons réalisateurs et talents pour les films indépendants.

De plus en plus de gens s’accordent à dire que des films de caractère peuvent vendre, à l’instar de films à gros succès allant de Black Swan à Inception.

Graham Taylor affirme que l’atmosphère n’a cessé de s’améliorer ces dix-huit derniers mois, mais que c’est seulement maintenant que le public et l’industrie du cinéma changent d’opinion sur le cinéma indépendant. Pour la première fois depuis longtemps, « l’optimisme est partagé ».

Success raises indie finance hopes, d’Anthony Kaufman, Variety, 11 mars 2011

Laure Dahout


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