Cinéma

Rétrospective Jacques Rivette en Amérique du Nord

Date: 06/03/2007


Jacques Rivette

Jacques Rivette

Si les noms de Truffaut, Godard et Rohmer sont familiers du public américain, Jacques Rivette souffre d’une visibilité moins importante. En effet, seuls deux de ses longs métrages sont actuellement distribués aux Etats-Unis. Dans ce contexte, la rétrospective complète des longs métrages organisée par le Museum of the Moving Image (Momi) avec le soutien du service audiovisuel de l’Ambassade de France, a constitué l’un des événements cinématographiques de l’hiver à New York, récompensé par le prix « Film Heritage Award » décerné par la National Society of Film Critics. Première du genre sur le territoire nord-américain, cette série a nécessité les efforts conjugués des programmateurs et du service audiovisuel de New York pour localiser les copies aux Etats-Unis mais aussi en France et en Grande- Bretagne, pour identifier les ayants droits et négocier avec eux les droits de diffusion, acheminer les copies en provenance de France et établir un sous-titrage électronique pour les copies ne disposant pas d’un sous-titrage en anglais. Par ailleurs, trois nouvelles copies ont été retirées : Out One-Spectre par le producteur et distributeur Sunshine, Céline et Julie vont en bateau et Paris nous appartient par le British Film Institute, qui a organisé la rétrospective à Londres au printemps 2006.

A New York, les 31 projections ont réuni 2044 spectateurs, dont 246 pour Céline et Julie, 204 pour Paris nous appartient, 187 pour L’amour fou et 150 pour Out One, le film de 13 heures réalisé par Jacques Rivette pour la télévision en 1971 mais finalement jamais diffusé à l’antenne. Ce film, inédit aux Etats-Unis et très rarement projeté en Europe, a d’ailleurs constitué l’événement de cette manifestation (une deuxième projection vient d’ailleurs d’être organisée par le Momi les 2 et 3 mars à la demande des spectateurs). Le film a été salué par la critique new yorkaise : J. Hoberman du Village Voice, par exemple, qui dans son bilan de l’année 2006 a cité la projection d’Out One « comme l’événement cinématographique l’ayant le plus profondément ému ». La manifestation a bénéficié d’une couverture presse particulièrement élogieuse par les médias les plus prescripteurs : New York Times, Time Out, Variety, Village Voice, The New Yorker, la revue en ligne « River Shot ».Après New York, la rétrospective complète ou partielle des longs métrages de Jacques Rivette a entamé une tournée dans les plus importantes institutions culturelles des Etats-Unis et du Canada : Pacific Film Archive, Harvard Film Archive, l’International House à Philadelphie, la National Gallery à Washington, l’université du Wisconsin, le Los Angeles County Museum of Arts, la Cinémathèque Ontario à Toronto, le Northwest Film Forum à Seattle, le Northwest Film Center à Portland, la Pacific Cinematheque à Vancouver, l’Institut of Arts Cinematheque à Cleveland, le Wexner Center of Arts à Columbus (Ohio), le Gene Siskel Film Center à Chicago. D’autres villes ont par ailleurs fait part de leur intérêt.

Malgré l’absence de Jacques Rivette qui, en raison de la finition de son dernier long métrage, n’a pu venir à New York, la première rétrospective de son œuvre en Amérique du Nord a été un des succès critiques et publics de l’hiver. Cet accueil est d’autant plus notable que la manifestation n’a pas été organisée à Manhattan mais dans le Queens, une des 5 circonscriptions de la ville de New York moins bien desservies en matière de transports en commun. Elle a essentiellement rassemblé un public jeune parfois absent des institutions culturelles de Manhattan, que le service audiovisuel cherche plus particulièrement à sensibiliser à notre cinématographie.

Sandrine Butteau


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