Cinéma

Toronto, une métropole cinématographique en pleine expansion

Date: 15/01/2006

Deux projets illustrent bien la vitalité de l’industrie cinématographique à Toronto : le « Film Centre » du Toronto International Film Festival Group qui devrait voir le jour en 2007 et les nouveaux studios de tournage « FilmPort » qui devraient, une fois achevés, compter parmi les plus grands et innovants en Amérique du Nord. Ces nombreux nouveaux emplois viendront s’ajouter aux 30 000 emplois directement liés aux industries du cinéma et de la télévision recensés à Toronto et aux 150 000 emplois liés aux industries créatives en général.

Le nouveau palais du festival, en plein centre ville, renforcera l’influence et l’identité d’un festival déjà reconnu comme l’une des étapes majeures du calendrier annuel. Il offrira également une possibilité de déclinaisons pour ses activités périphériques annuelles (Cinémathèque, Festival pour enfants, Conférences, Filmothèque, Expositions). Il offrira à la ville trois nouvelles salles de cinéma qui fonctionneront à l’année, deux espaces de projection supplémentaires, des galeries pour des collections permanentes ou temporaires, des salles de conférences ainsi qu’une large vidéothèque.

La logique économique de ce projet répond à un modèle équilibré. Le festival s’appuie sur un budget annuel de 12 millions de dollars canadiens (MC$) et génère un impact économique annuel de 67 MC$, dont 33 sont liés au tourisme. Le palais coûtera un peu moins de 200 MC$ et sera financé avec l’aide du gouvernement et de plusieurs partenaires privés. Une fois achevé, il devrait largement accroître le poids économique et touristique du Festival.

En 2004, David Miller, maire de Toronto, a décidé de remédier à la baisse de la production cinématographique et télévisuelle dans sa ville en lançant le « Toronto Film Board ». Cette commission possède de nombreux outils pour attirer les projets et elle intervient par exemple tant au niveau de l’obtention des permis que sur des conseils pratiques pour faciliter les conditions de tournages (gestion de la circulation, sécurité et protection policière, etc…). Le message de Toronto est clair : la ville est une capitale internationale du cinéma et pas seulement au travers de ses festivals ; elle reste un partenaire de première importance pour les tournages ambitieux et elle investit à long terme pour construire des relations fortes avec cette industrie.

Il reste maintenant à souhaiter que le marché local des exploitants indépendants et des industries annexes prenne le relais de ces initiatives en offrant aux habitants la possibilité de profiter toute l’année de cette diversité culturelle entrevue pendant les festivals. Toronto reste en effet, pour le moment, une des rares métropoles de cette taille et de cette activité à ne pas offrir un réseau, même minimal, de salles indépendantes aux programmations décalées.

Laurent Allary et Anaelle Bourguignon


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