Cinéma

Tribeca : un déficit d’image lié à un manque de ligne éditoriale ?

Date: 06/05/2010



Tribeca Film Festival

La 9ème édition du Festival de Tribeca qui s’est achevée dimanche a été un succès publique : 94 000 spectateurs ont assisté aux 396 séances du festival (85 longs métrages et 47 courts métrages, représentant 38 pays ont été programmés).

Cependant, l’impact du festival parait moins positif. La couverture presse n’a pas été très importante et peu de films ont pu émerger parmi la sélection. Eric Kohn, rédacteur à Indiewire, a ainsi résumé dans son article de compte rendu du festival, paru lundi sur le site d’Indiewire, le sentiment de beaucoup d’observateurs.

« Se répétant chaque année, les plaintes concernant le programme terne du festival de Tribeca, sonnent de plus en plus comme un disque rayé. Depuis sa création en 2002, l’image du festival dans les médias a alternativement évoqué le 11 septembre (Le festival est né dans les cendres du World Trade Center, comme l’a rappelé Stephen Holden dans le New York Times) ou son emblématique co-fondateur Robert de Niro. Cela fonctionne peut-être à merveille pour la publicité mais cela n’aide en rien à établir une identité convaincante basée sur les films. L’accent porté à la « communauté » sans un contenu créatif soulève des questions sur les motivations curatoriales de Tribeca.

Lors de la conférence de presse d’ouverture, Jane Rosenthal (co-fondatrice de Tribeca) a rappelé le souhait du festival de présenter un ensemble varié de films à un large public diversifié, en d’autres termes : quelque chose pour chacun. Comme ligne conductrice, cette déclaration sonne creux, en particulier dans le contexte du programme en lui-même. Dans un sens, Tribeca a certes tout : des productions indépendantes américaines moyennes à une large sélection internationale. Mais le manque de connectivité ne permet pas de trouver les films de valeur, d’autant plus que même les bons films reçoivent des réactions divisées. »

Pour Eric Kohn, Tribeca devrait restreindre la gamme de sa sélection, remarquant que même le tout nouveau venu des festivals sur la scène new yorkaise, le BAM CinemaFest, créé en 2009, a déjà su se faire une place en imposant une sélection identifiable, majoritairement consacrée aux productions indépendantes américaines à petit budget. Il pense que Tribeca pourrait suivre une voie similaire et pourrait constituer un récapitulatif sans égal des meilleurs films de Sundance, Berlin et South By SouthWest (voire Cannes, si le Festival de Tribeca se déroulait en été).

Tribeca’s Image Problem: Wrapping Up the 2010 Festival, d’Eric Kohn, Indiewire, 3 mai 2010

Sandrine Butteau


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