Cinéma

Une forte présence française aux festivals de cinéma du printemps 2011 à Toronto

Date: 11/07/2011



Toronto

Toronto est une des grandes villes mondiales du cinéma, via notamment de très nombreux festivals. Au-delà du grand marché que constitue le festival international du film du mois de septembre, avec des délégations françaises toujours de très haut niveau (acteurs, réalisateurs, producteurs, distributeurs, acheteurs, vendeurs), près d’une centaine de festivals thématiques sont organisés chaque année. Le printemps constitue un temps fort du cinéma à Toronto, avec pas moins de quatre festivals majeurs en trois mois, tous ayant présenté cette année, de nouveau, une riche programmation française. Le Consulat de France à Toronto avec, dans certains cas, Ubifrance, a contribué à valoriser la présence française.


1. Images Festival (31 mars–avril) : des modalités de coopération originales

Images est le plus grand festival d’Amérique du Nord pour l’image animée expérimentale et indépendante. En plus des projections de films et vidéos, le festival présente également des performances, des installations, des discussions et panels et rassemble plus de 30 000 personnes chaque année. Images cherche avant tout à mettre en avant le travail d’artistes dont les œuvres ne rentrent pas dans le schéma classique de production et distribution  commerciales.

Cette année, le festival a invité le réalisateur et documentariste camerounais Jean-Marie Teno, spécialiste de l’Afrique coloniale et post-coloniale, à venir présenter un  programme  en deux parties, Reframing Africa, qui réunissait la diversité du cinéma africain des années 80 à aujourd’hui, en rassemblant et confrontant les différentes approches de réalisateurs africains contemporains, dans un contexte de très forte fragilisation du cinéma africain. La qualité du programme a été reconnue par les professionnels et le jury qui a décidé de le récompenser, en remettant à J-M. Teno le Curatorial Vision Award, crée spécialement pour l’occasion.

Avec l’aide de la Cinémathèque Afrique de l’Institut français, le Consulat a largement contribué à l’élaboration et la réussite de ce programme, ce qui a permis d’obtenir une forte visibilité pour l’action française en matière de soutien au cinéma africain.


2. Hot Docs (28 avril–8 mai) : renouvellement de la collaboration avec Ubifrance

Hot docs est le plus grand festival de films documentaires d’Amérique du Nord. Il est ouvert au public et dispose d’un marché, de plus en plus connu par les  professionnels. La 19ème édition a été à ce jour la plus réussi en termes de fréquentation avec un nouveau record de 150 000 spectateurs sur 11 jours, contre 136 000 en 2010, qui ont assisté aux 360 projections publiques de 199 films.

Cette année, hormis des reprises de documentaires plus anciens et des coproductions, la France était représentée par 2 titres, en avant-premières nord-américaines : The Advocate for Fagdom de Angélique Bosio et Somewhere to disappear de Laure Flammarion (dont la venue a été soutenue par le Consulat) et Arnaud Uyttenhove.

Au delà de la programmation du festival, un grand nombre de sociétés et de professionnels français de l’audiovisuel étaient présents à Hot Docs pour son marché du film documentaire, considéré comme l’un des plus dynamiques au monde. Sur le même modèle que l’année dernière, une délégation officielle française de 10 sociétés de production indépendantes était présente. Cette délégation, menée par le Pôle Image Alsace Iconoval et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Strasbourg, bénéficiait à nouveau d’une labellisation Ubifrance. Ubifrance Canada a monté des programmes de rendez vous pour chacun des producteurs présents, avec l’aide du Consulat et organisé des évènements de rencontres professionnelles, sous forme de petit déjeuner d’affaires et de réception.


3. Jewish Film Festival (7-15 mai) : une programmation française toujours importante

Parmi la centaine de festivals de films juifs partout dans le monde, le Toronto Jewish Film Festival, dont le but est de célébrer l’identité juive à travers des thèmes universels, s’inscrit comme l’un des plus importants. Cette 19ème édition a programmé plus de 100 films venus de 21 pays et, conformément à la volonté des organisateurs de toucher un public plus large que la seule communauté juive de Toronto (la plus importante du Canada), les projections ont eu lieu dans sept salles à travers toute la ville.

La France était une fois de plus à l’honneur avec un ensemble de 10 titres français au total (long et courts-métrages, documentaires) dont Le Nom des gens de M. Leclerc; Comme Les Cinq Doigts de la main de A. Aracady; Le Concert de R. Mihaileanu; Fracture de A. Tasma ou encore Einsatzgruppen : les brigades de la mort. Venu avec le soutien du Consulat de France à Toronto, le réalisateur Michaël Prazan, auteur de ce documentaire de 3h en deux parties qualifié d’« incontournable » par le magazine américain Variety (9 février 2010) et qui présente des images d’archives et des entretiens inédits, a pu répondre aux nombreuses questions du public, à l’issue de la projection.

Ce festival continue donc de bénéficier d’une belle visibilité. Même si l’on peut regretter la faible représentation d’un public jeune, au total le festival a rassemblé près de 40 000 spectateurs, preuve qu’il a su toucher les autres communautés de la ville.


4. Inside Out LGBT Film Festival (19–29 mai): une montée en présence à la TIFF Bell Lightbox

La 21ème édition du festival gay et lesbien a battu tous les records puisqu’elle a vu son public augmenter de 15% par rapport à 2010 (35 000 spectateurs), avec près de 300 titres venus de 33 pays différents

Inside out se range parmi les cinq plus grands festivals de films gay et lesbien du monde et a su acquérir une réputation internationale, aussi bien auprès des spectateurs que des médias. Ce festival a également la particularité d’être très fortement soutenu par la communauté homosexuelle de Toronto, l’une des plus importantes d’Amérique du Nord. Mais comme les autres festivals au premier abord ‘communautaire’, Inside Out se veut aussi très largement ouvert à l’ensemble du public torontois, ce qui est devenu une réalité si l’on considère la diversité des spectateurs.

Le cinéma français était, cette année encore, bien mis en valeur, avec 8 films français dont Homme au bain de C. Honoré; L’Amour fou de P. Thoretton; Quelques jours de répit de A. Akkar ou encore La Robe du soir de M. Aziza, dont le Consulat de France à Toronto a soutenu la venue à Toronto.

Inside out offre à ses partenaires une excellente visibilité puisqu’il bénéficie d’une renommée désormais certaine, en tant que 3e festival le plus important de la ville (après le TIFF et Hot Docs). Surtout, avec son installation à la TIFF Bell Lightbox, ouverte en septembre dernier, et qui bénéficie des meilleurs équipements techniques ainsi que d’une vraie crédibilité auprès des professionnels et du public, le festival a su consolider et renforcer sa présence dans le paysage audiovisuel de la ville.


Le nombre et la variété des festivals de cinéma du printemps témoignent avec netteté du schéma de consommation des films étrangers et des films d’auteurs à Toronto : plus qu’une ville de cinéphiles, il s’agit avant tout d’une ville de festivaliers qui sont bien plus prêts à se rendre dans un festival pour y voir un film étranger sous-titré qu’en salles. La présence française dans ces festivals demeure donc déterminante pour promouvoir les films français à Toronto, ville dont le circuit de distribution en salles reste très dominé par le monopole des multiplexes et la rareté des salles indépendantes.

Marie Herault-Delanoe


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