Musique

Le projet de fusion entre Universal Music et EMI en examen au Sénat

Date: 01/07/2012



EMI-Universal Music Group ?

Mardi 27 juin, le sous-comité judiciaire du Sénat en charge des questions de respect de la concurrence et de la protection des consommateurs tenait une audition visant à faire témoigner les acteurs et les opposants à la fusion prévue entre Universal Music, filiale du groupe français Vivendi, et EMI. L’opération  évaluée à 1,9 milliard de dollars permettrait à Universal Music de mettre la main sur des catalogues d’artistes tels que les Beatles, les Beach Boys, Coldplay ou Katy Perry.

De l’autre côté de l’Atlantique, la Commission Européenne a déclaré mettre en attente sa décision définitive, et a communiqué à Universal une liste d’interrogations soulevées par l’opération.

Lucian Grange, Président Directeur Général d’Universal, avait communiqué un témoignage écrit à la commission du Sénat américain et s’est présenté en personne pour défendre une seconde fois cette opération. Il semblerait néanmoins que ses deux principaux arguments économiques (les investissements prévus par Universal pour développer EMI et la nécessité pour Universal de disposer de nouvelles plateformes digitales de vente) n’aient pas totalement convaincu le jury.

De l’autre côté, les opposants à la transaction n’ont pas manqué de souligner que le nouveau groupe disposerait de 40% des parts de marché du secteur, ce qui pourrait présenter de graves dangers pour le respect de la concurrence sur le marché de la musique.

Universal s’est défendu en assurant que la hausse des prix était inenvisageable et qu’au final seul le consommateur dicterait sa loi, comme il l’a toujours fait.

Irving Azoff, président de Live Nation (moteur de recherche pour concerts) et défenseur du projet, a également pris la parole pour dédramatiser l’impact de cette fusion sur la création musicale en précisant que les labels n’étaient plus aussi centraux que par le passé, et que leur concentration n’était pas une menace : « la nouvelle porte d’accès au marché, ce sont désormais les fans ».

Martin Mills, président de l’un des plus grands groupes internationaux de labels indépendants – Beggars Group – s’est alors emporté, affirmant : « Ne les croyez pas ! Ne les croyez pas quand ils disent que la part de marché ne permet pas la domination du marché. Cette domination est justement la raison de leur opération, pour mettre la main sur les services digitaux, pour évincer la concurrence et pour imposer à tous les consommateurs ce que voudra Universal » ajoutant même : « Ne les croyez-pas quand ils disent que les jeunes artistes peuvent devenir célèbres du jour au lendemain sans passer par un label. C’est tout simplement faux. Demandez-leur des exemples».

 

Service Economique Régional de Washington


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