Musique

Les fondateurs de Kazaa et de Skype lancent Rdio

Date: 01/07/2010



Rdio

Il y a environ dix ans, Niklas Zennstrom et Janus Friis les pionniers du partage de fichiers sur Internet, lançaient Kazaa et permettaient à des millions d’utilisateurs de télécharger librement musiques, films et émissions de télévision. Avec le projet Rdio, les entrepreneurs du Web en reviennent à leurs premières amours en proposant cette fois une offre parfaitement légale de diffusion en streaming. Mêlant réseaux sociaux, musique en ligne et mobilité, ce service propose un accès illimité à l’ensemble de son catalogue déjà très complet, puisqu’il compte plus de 5 millions de titres d’artistes appartenant aux plus grandes maisons de disque telles que EMI Music, Sony Music Entertainement, Universal Music Group, sans compter ceux provenant des labels indépendants. Les internautes pourront également archiver et  partager la musique au travers de leur navigateur Web ou encore la diffuser vers leurs périphériques mobiles.

Le coût est de 4,99 dollars par mois pour un accès par Internet et de 9,99 dollars pour un accès complet web et Smartphone (des applications BlackBerry et iPhone sont déjà disponibles et la déclinaison pour Android devrait suivre). Selon Drew Larner, PDG de Rdio, le choix de ce modèle s’explique par le fait qu’aujourd’hui “la notion de propriété est devenue moins importante que l’idée d’une diffusion à la demande”. C’est d’ailleurs celui qui fait aujourd’hui les belles heures de ses principaux concurrents Spotify et Deezer, à une nouveauté près : Rdio intègre directement des outils de réseautage tels que Twitter, permettant aux abonnés de pouvoir écouter la musique de leurs “amis”, d’être tenus informés de leur activité sur Rdio ou encore d’échanger avec eux.

Un certain nombre de sociétés proposant un service semblable d’abonnement ont récemment fait leur apparition. Mog All Access est l’une d’elle mais son abonnement ne semble pas encore avoir séduit de consommateurs réguliers. Rhapsody, introduit en 2001 et rattaché à RealNetworks en avril dernier, perd de l’argent avec pourtant 650000 abonnés.

Au contraire Steven Jobs, le directeur général d’Apple a affirmé à plusieurs reprises ne pas être intéressé par le lancement d’un service d’abonnement, il en est de même pour Napster depuis son rachat par Best Buy en 2008

Les grands labels de musique ont jusqu’ici rejeté une version américaine de Spotify, l’un des plus populaires parmi les services d’abonnement européen. Les dirigeants de ces labels s’opposent en effet à ce que la musique soit diffusée gratuitement même avec un financement lié à la publicité.

Selon les analystes de l’industrie musicale, des compagnies telles que Rdio ou Spotify sont en mesure de profiter des changements technologiques qui ont amélioré la viabilité des abonnements musicaux sur Internet, permettant aux gens d’écouter la musique sur Internet plus aisément et à meilleur prix, grâce notamment à une large gamme de supports. Ces analystes font bien sûr référence à l’apparition des réseaux sans fil, à la prolifération des Smartphones et des applications leur permettant de supporter de nombreux logiciels complexes.

Parallèlement les labels de musique sont maintenant plus flexibles sur les termes contractuels et semblent avoir réagi aux difficultés rencontrées par les clients disposant de plusieurs appareils, en n’attachant plus les droits qu’à un seul support.

Le problème qui surgit est que beaucoup de ces nouveaux services d’abonnement de musique sur Internet sont très semblables. Rdio pour sa part, parie sur son caractère « social », à savoir la capacité qu’il offre à ses abonnés de suivre leurs amis sur le site, de voir ce qu’ils écoutent et d’avoir ainsi accès à une liste des chansons les plus populaires parmi leurs proches. En dépit de cette différenciation, Rdio reste un service extrêmement proche de tous ses concurrents pour des utilisateurs occasionnels.

La survie pourrait bien appartenir à celui qui, en plus d’avoir des fonds importants, saura allier son service à celui de grands groupes comme ceux du câble et des services sans fil qui, dans un avenir proche, pourraient vouloir insérer un service d’abonnement de musique afin de compléter leur offre.

Les dirigeants de Rdio ne sont pas « opposés » « à cette possibilité et envisagent même une collaboration avec Skype, un service d’appel gratuit sur Internet utilisé par 560 millions de personnes dans le monde. M. Friis assure que Rdio va conclure des accords de distribution et ajoute que Skype constitue l’une des compagnies les plus aptes à répondre au projet.

Rdio banks on clouds, de Chris Morris, Variety, 3 juin 2010

File-Sharing Pioneers Now Selling Music, de Brad Stone, New York Times, 2 juin 2010

Raphaëlle Greffier


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