Musique

Quelle place pour les indépendants sur le marché du streaming ?

Date: 29/09/2014

Si le développement de l’industrie du streaming a été une aubaine pour les consommateurs de musique avec la floraison d’entreprises très prospères comme Pandora, Spotify ou Beats Music, les conséquences sur les artistes et notamment ceux aux petites audiences ont été moins positifs.  Nicolas Jaar, artiste emblématique des dernières années au succès incontestable dit d’ailleurs “je ne connais aucun musicien qui gagne sa vie en vendant sa musique. Tout le monde s’en sort grâce aux tournées et concerts”. Cependant, être sans cesse en tournée rend compliqué la production de musique et le processus de créativité.

Le marché du streaming tend donc à s’étendre mais les conditions de répartition des bénéfices sont encore floues et l’équilibre entre celle des majors et des indépendants cherche toujours à s’ajuster. Difficile notamment de passer à côté de la controverse qui agite depuis quelques mois le monde de la musique indépendante, suite à l’annonce par YouTube du lancement d’un nouveau service de streaming sur abonnement.

En réaction, le secteur des maisons de disques indépendantes a lancé une pétition en faveur de meilleurs revenus digitaux. Lancée officiellement le 16 juillet dernier à l’initiative du Worldwide Independant Network, ce sont plus de 700 signatures de labels indies qui ont été récoltées pour une promotion plus juste et transparente des comptes à l’égard des artistes et des maisons de disques, ainsi qu’une meilleure redistribution des bénéfices tirés du digital. Ainsi, Domico, Cooking Vinyl, Epitaph, Because Music, Glassnote, Mushroom Group, Nettwerk, Ninja Tune, Secretly Canadian, Saddle Creek, Sub Pop, Tommy Boy, XL Recordings ou encore Beggars Group soutiennent cette déclaration en cinq points essentiels :

  1. S’assurer que la part des artistes des revenus tirés du téléchargement et du streaming soit clairement explicitée dans le contrat.
  2. Redistribution pour les artistes au pro rata de tout type de bénéfice et autre compensation tirés des services du digital, ainsi que de la monétisation des enregistrements qui ne seraient pas issus d’un concert ou d’un disque.
  3. Fournir de meilleures sources d’information quant à l’utilisation des services du digital et de la monétisation de la musique.
  4. Soutenir les artistes qui choisissent de s’opposer, y compris publiquement, à l’utilisation non autorisée de leur musique.
  5. Soutenir la position collective des maisons de disques du secteur indépendant.

En parallèle, Pandora a signé en août un contrat avec Merlin permettant aux membres de Merlin un accès privilégié aux 77 millions d’utilisateurs mensuels de Pandora, afin d’étendre le champ d’action des artistes et maisons indépendants. Selon Charles Caldas, PDG de Merlin, “cet accord avec Pandora représente la meilleure option des scénarios possibles pour les deux partis : c’est une grande opportunité de croitre les bénéfices des membres et d’offrir en parallèle un accès privilégié et davantage d’exposition, tout en continuant à soutenir l’ensemble de la structure”.

Plus d’informations : Nytimes / Billboard / Merlin / a2im

Information fournie par le Bureau Export de la musique à New York


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Une Réaction

1 - BUSSON Alain | 29.09.14

Il ne semble pas judicieux d’utiliser le qualificatif “très prospères” pour des entreprises comme Pandora et Spotify qui, sauf erreur de ma part, sont toutes deux déficitaires
Voir : http://www.statista.com/chart/577/revenue-and-net-loss-of-pandora-and-spotify/
Cela n’enlève rien par ailleurs à l’intérêt de l’analyse
Cordialement


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