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The Big Four et les jeunes derniers Les quatre réseaux majeurs de la télévision américaine sont ABC, CBS, FOX et NBC, suivis à bonne distance par The CW et MyNetworkTV. Ce sont essentiellement les séries et les événements sportifs qui rythment les succès de ces opérateurs qui ne diffusent quasiment aucun film ou programme français. CBS Broadcasting Inc. : Créée en 1927, la chaîne est à présent contrôlée par Sumner Redstone. Selon Nielsen, elle se placerait en 1ère position en termes d’audience sur la saison 2008 – 2009. Fox Broadcasting Company : Lancée en 1986, la chaîne est la propriété du Fox Entertainment Group lui-même appartenant à la société News Corporation de Rupert Murdoch. La chaîne a été placée en 2ème position pour la saison 2008-2009. ABC (American Broadcasting Company) : Créée en 1943, la chaîne est à présent la propriété de Walt Disney Company et fait partie du Disney-ABC Television Group. Elle est placée en 3ème position pour la saison qui vient de s’achever. National Broadcasting Company (NBC) : Lancée en 1926, la chaîne dépend à présent du groupe NBC Universal lui-même propriété de General Electric et Vivendi. Elle reste invariablement à la 4ème position depuis plusieurs années. The CW : Avec un nom résultant de l’association des initiales de ses deux propriétaires, CBS et Warner, la chaîne dépend à parité de Time Warner et de CBS Corporation. Résultat de la fusion des deux anciens networks UPN et The WB, elle a été lancée en 2006 et vise les femmes de 18-34 ans. MyNewtworkTV : Lancée en 2006 au même moment que The CW et propriété de Fox Entertainment Group, une division de News Corporation, c’est la lanterne rouge des networks américains. Destinée aux hommes de 16–45 ans (en réponse à la cible de The CW), la chaîne pourrait renoncer à son statut de chaîne de télévision à l’automne 2009 pour se limiter à la production de programmes. Un modèle à repenser Individuellement, chacune de ces chaînes reste un acteur essentiel du paysage américain de la communication, en termes de poids capitalistique, d’influence dans la vie publique et médiatique et de diversification (elles ont su investir dans d’autres secteurs, d’abord en contrôlant des chaînes thématiques du câble / satellite). Cependant, depuis plusieurs années, les networks n’ont plus leur leadership aux Etats-Unis et les 4 plus importants, ABC, CBS, NBC et Fox, ont perdu 6% de parts d’audience en prime time en 2008 et ce malgré la retransmission des Jeux Olympiques de Pékin et le suivi de la campagne présidentielle américaine. A elles seules, les 4 chaînes mentionnées ci-dessus plus The CW et MyNetworkTV ont perdu 1.5 millions de ménages sur les prime time pour la saison 2008. Même si ces networks constituent toujours une force essentielle dans l’industrie des contenus, ils subissent de plein fouet la crise sur le marché publicitaire. Les contrats publicitaires pour l’automne 2009 ont mis beaucoup plus de temps à se mettre en place. Ainsi, le prix moyen d’une page publicitaire en prime time a baissé de 15% durant le dernier trimestre 2008 pour atteindre 122 000$. En revanche, un programme comme American Idol sur Fox pouvait encore faire monter les prix jusqu’à 700 000$ pour un spot publicitaire similaire. Les networks ont dû résister à des demandes des annonceurs qui souhaitaient obtenir des baisses de prix du même ordre pour l’automne 2009. Finalement, ABC, CBS et Fox ont négocié des baisses de 1 à 3% par rapport à l’année passée et ont réussi à maintenir leurs tarifs pour leurs programmes phares. Toutefois, si les networks étaient parvenus à négocier pour 9.2 milliards d’achats d’espace à l’été 2008, il est vraisemblable que ce chiffre sera en baisse de 1 à 1.5 milliard pour l’été 2009. Or, cette situation remet en cause le fonctionnement des networks qui pendant des décennies, pour les plus anciens, ont fonctionné en dépensant des millions de dollars pour développer et produire des séries télévisées destinées à une audience de masse et pouvant être rediffusées pendant des années. Ce modèle fonctionnait grâce à l’argent fourni par le marché publicitaire. L’audience des networks ne cessant de décliner, il devient de plus en plus difficile pour les chaînes de justifier le coût élevé des pages publicitaires. Or, celles-ci sont leur seul revenu à la différence des chaînes du câble qui ont aussi comme ressource les abonnements. Et le coût d’une série télévisée tournant, en moyenne, autour de 3 millions de dollars pour 1h, l’avenir des networks semble résider plus vraisemblablement dans les shows de télé-réalité bon marché, les talks shows et les magazines d’information. L’une des solutions à cette situation serait de créer une seconde source de revenu grâce à la distribution de vidéo sur Internet. En effet, si News Corporation, NBC Universal et Disney permettent aux internautes de visionner gratuitement des programmes de leurs chaînes respectives sur des sites comme Hulu, les dirigeants de CBS se sont toujours montrés récalcitrants. Comme le souligne David Poltrack, Président de CBS Vision, la chaîne veut être payée pour le contenu qu’elle diffuse. CBS est d’ailleurs le seul network à avoir accepté de participer à l’expérience TV Everywhere lancée en 2009 par Comcast (voir VOD/Acteurs) qui vise à tester un système d’authentification permettant aux seuls abonnés d’une chaîne de voir ses vidéos sur Internet. Ces idées visant à rénover le système des networks rejoignent les préoccupations de Jeff Zucker, dirigeant de NBC Universal, pour lequel il est important de transformer le modèle dès à présent afin d’éviter que ce secteur ne tombe dans le même marasme économique que l’industrie automobile et le secteur de la presse écrite.-
Dossier : Bilan 2011 sur la Télévision Connectée aux Etats-Unis
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Selon une étude de la société Strategy Analytics publiée en décembre 2011, 20% des personnes interrogées affirmaient avoir regardé une vidéo en streaming sur leur téléviseur au cours du mois de novembre 2011. Ce pourcentage est deux fois plus important pour le public américain que pour le public européen. Les analystes américains expliquent ce décalage par la différence d’offre, des services comme Netflix et Hulu tirant vers le haut la consommation de vidéo en ligne.
Ainsi, le visionnage de programmes sur Internet est en forte progression aux Etats-Unis et, selon Blair Westlake, Corporate Vice President of the media and entertainment group chez Microsoft, le paysage télévisé américain devrait subir plus de transformations au cours des prochains 18 mois qu’au cours des 5 dernières années.
Modèles de distribution utilisés :
Selon une étude du Leichtman group publiée au mois d’avril 2012, plus d’un tiers des foyers américains (38%) a, actuellement, au moins un téléviseur relié à Internet, contre 30% en 2011 et 24% en 2010.
La console de jeu vidéo
La console de jeu vidéo est l’appareil permettant de connecter un téléviseur à Internet le plus répandu aux Etats-Unis et, toujours selon cette étude, 28% des foyers possèderaient une console reliée à Internet. La Xbox de Microsoft est le chef de file de cette nouvelle génération. Cette console propose le plus large éventail de contenu multimédia sur le marché. A partir de 5 dollars par mois, le service Xbox Live donne accès aux plateformes de vidéo en streaming comme Netflix et Hulu Plus, mais aussi aux réseaux sociaux Facebook et Twitter. Le contenu à la demande du service XFINITY de Comcast et l’offre IPTV FiOS de Verizon sont aussi disponibles sur la Xbox aux utilisateurs abonnés à ces services. Le Director of branded experience de Microsoft, Russ Axelrod, lors d’un discours au NATPE le 24 janvier 2012, a expliqué que plus de 20 millions de Xbox au Etats-Unis étaient connectées et que les utilisateurs concernés passaient 44% de leurs temps sur leur Xbox à faire autre chose que jouer.
La PlayStation de Sony connaît un succès similaire avec ses offres en ligne et notamment avec Playstation Network, portail interactif gratuit où il est possible de jouer en réseau. PlayStation Network compte plus de 90 millions de comptes activés dans le monde, dont 30 millions aux Etats-Unis. Lors de la conférence Streaming Media West, le 8 novembre 2011, Susan Panico, Directeur senior de PlayStation Network, a expliqué qu’un tiers du temps passé sur la console concernait une autre activité que le jeu. PlayStation Network a aussi développé un contenu propre pour se démarquer. Ainsi, elle a lancé des émissions comme “The Tester” (Le Testeur), émission de téléréalité où les joueurs s’affrontent pour un poste en tant que testeur de jeux vidéo, ou encore “Qore”, un “magazine vidéo” consacré aux jeux, et “Pulse”, une émission bihebdomadaire sur les dernières nouveautés PlayStation. L’avantage majeur de cette console sur la Xbox est que ses services sont gratuits – un facteur indéniable dans sa croissance explosive. Microsoft, de son côté, fait payer au moins 60 dollars par an pour le service Xbox Live.
Les services de vidéo à la demande sont les grands bénéficiaires de la montée en popularité de ces consoles connectées. Selon Susan Panico, 50% de l’usage de Netflix se fait à partir de consoles. De même, la chaîne premium EPIX, lancée sur la Xbox en décembre 2011, a vu son nombre d’abonnés doubler depuis son lancement sur console.
Les lecteurs de Blu-ray et les téléviseurs connectés
Les lecteurs Blu-ray connectables à Internet seraient présents dans 13% des foyers américains et les téléviseurs connectés dans environ 4% de ces foyers, selon Leichtman group. Ainsi, d’après la société d’analyse Magna Global, il y avait 5,4 millions de smart TV pouvant être connectées à Internet dans les foyers américains à la fin de l’année 2011. Selon une autre société d’analyse, DisplaySearch, près de la moitié des téléviseurs vendus aux Etats-Unis en 2013 devraient être des smart TV (47%) contre 35% en 2012 et 17% en 2010. Selon le cabinet Strategy Analytics, le principal marché pour les télévisions connectées sera les Etats-Unis en 2012 et près de 18 millions de téléviseurs devraient y être vendus cette année.
Les boîtiers
Selon une étude publiée par le cabinet d’analyse Park Associates au mois de février 2012, près de 14 millions de boîtiers permettant de se connecter à Internet (de type Apple TV et Roku) devraient être vendus aux Etats-Unis en 2012 et 31% des ménages américains possédant une connexion Internet regarderaient des programmes en streaming sur leur téléviseur.
Bien que ces boîtiers ne soient pas encore très répandus, la facilité d’utilisation de ces appareils et un tarif à la baisse pour la dernière génération d’Apple TV et de boîtier Roku en font un produit intéressant. Apple serait en tête de ce marché avec 4,2 millions d’Apple TV deuxième génération vendues en 2011 contre 1,5 millions pour Roku (pour un total de 2,5 millions depuis la création de la société en 2002).
Interrogé lors d’une conférence sur le contenu over-the-top au mois de mars 2012, le CEO et créateur de Roku, Anthony Wood, déclarait que les télévisions connectées souffraient de plusieurs handicaps face aux boîtiers. Tout d’abord, selon les recherches menées par Roku, la qualité de l’interface fait partie des principaux critères de choix des consommateurs pour ce type de produit. Or, l’un des défauts des smart TVs est justement que leurs logiciels deviennent obsolètes au bout de 2 ou 3 ans, alors qu’un téléviseur, connecté ou pas, se change généralement tous les 6 à 8 ans. Anthony Wood pense que les consommateurs obtiennent un meilleur service en achetant une télévision classique et un boîtier connecté à Internet séparé. Il explique que les logiciels de Roku sont mis à jour tous les deux mois et que de nouvelles chaînes sont ajoutées toutes les semaines. Les boîtiers Roku proposent ainsi plus de 500 chaînes.
Rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées :
La question du rôle des régulateurs nationaux indépendants dans la régulation des TV connectées n’a pas encore été abordée aux Etats-Unis. Toutefois, une audition visant à examiner de quelle manière les services de vidéo en ligne altéraient l’avenir de la télévision s’est tenue devant la Commission du Sénat sur le Commerce (Senate Commerce committee), à la demande de son Président, le sénateur Jay Rockefeller (D-W. VA.), à la fin du mois d’avril 2012. Lors de l’annonce de l’organisation de cette audition, le sénateur Rockefeller avait souligné que « les spectateurs regardent toutes sortes de programmes sur une grande variété de plateformes, à différentes heures du jour et de la nuit, sans les protections qui encadrent la télévision traditionnelle ».
Lors de cette audition, les professionnels entendus ont défendu le droit du marché à créer des programmes accessibles aux consommateurs de manière universelle. Ils ont également souligné l’importance de maintenir un Internet ouvert et critiqué la démarche de Comcast qui impose une limite de 250GB à ses utilisateurs, mais, dans ses calculs, ne prend pas en compte ses propres sites comme l’offre de TV Everywhere Xfinity. Pour Barry Diller, Président du site de voyage Expedia et de IAC/InterActiveCorp., conglomérat de sociétés du secteur de l’Internet comme Vimeo, l’application des règles de neutralité du réseau est obligatoire pour maintenir le développement d’Internet.
Conclusion :
Le développement de la télévision connectée pourrait avoir plusieurs conséquences. La 1ère concerne le trafic sur Internet. Selon la société d’analyse Cisco, le trafic lié à la consommation de vidéos sur Internet devrait passer de 3 039 petabytes (1 petabyte = 1000 terabytes) par mois en 2011 à 8 130 petabytes par mois en 2015.
D’autre part, la popularité grandissante des télévisions connectées et des tablettes augmente l’intérêt pour les « synch apps », applications liées à la diffusion d’une émission à la télévision et synchronisées avec celle-ci. Ainsi, plus de 200 chaînes de télévision américaines, parmi lesquelles NBC, Discovery Channel et HBO, se sont associées pour lancer l’application ConnecTV, qui permet aux utilisateurs de bénéficier d’un contenu additionnel ou d’interagir avec leurs amis sur tablette ou smartphone, pendant qu’ils regardent un programme télévisé.
Enfin, bien que le développement de la télévision connectée ne signifie pas forcément que les clients résilient leur abonnement au câble, cela peut signifier l’annulation de l’abonnement à certaines chaînes premium. C’est un risque que les opérateurs de la télévision prennent en compte et une tendance que les fabricants de télévision et les propriétaires de contenu suivent de près.
Ainsi, le développement de la télévision connectée aux Etats-Unis est au centre des préoccupations des professionnels américains du secteur des médias et du contenu.
Pour plus d’informations sur les questions liées au droit d’auteur et à la réglementation de la télévision connectée, lire Dossier : Bilan sur la télévision connectée aux Etats-Unis, Médiamérica, 11 juillet 2011.
Géraldine Durand
