Anti-Piraterie

Peer-to-peer : Grokster et I2hub abandonnent

Date: 12/11/2005

Conséquence directe de la décision de la Cour Suprême l’été dernier, Grokster vient officiellement d’abandonner son service d’échange (illégal) de fichiers. La Cour suprême américaine estimait, dans son arrêt rendu dans l’affaire «MGM vs Grokster», que les propriétaires de Grokster et Morpheus favorisaient le piratage de musique et de films dans la promotion de leurs produits, et qu’ils violaient ainsi les lois sur le droit d’auteur (cf. l’article du 16 juillet 2005, “Peer-to-peer” et piraterie : la Cour Suprême a tranché). En septembre, la RIAA s’appuyait sur ce jugement pour porter un premier grand coup contre les opérateurs de sept réseaux d’échange de fichiers et l’industrie du disque obtenait gain de cause une semaine plus tard avec la fermeture des bureaux new yorkais du site Edonkey.

Grokster vient donc à son tour de jeter l’éponge et indique à présent sur l’unique page de son site : «la Cour suprême des États-Unis a confirmé que l’utilisation de ce service pour échanger du contenu protégé par le droit d’auteur est illégale». L’éditeur continue cependant en annonçant la naissance d’une version légale de sa plate-forme, donc payante cette fois-ci, baptisée Grokster 3G.

Au tour également du service peer-to-peer «I2hub», le réseau d’échange de fichiers basé sur Internet2 (réseau à grande vitesse réservé à quelques universités et industriels américains) de fermer ses portes. En s’appuyant encore une fois sur cette décision, la RIAA et la MPAA ont estimé que l’utilisation de ce réseau pour transmettre des travaux de recherche et des données légales sur une large bande passante était trop souvent contournée pour une transmission de données illégales. En avril dernier, la RIAA annonçait ses premières poursuites contre les utilisateurs s’adonnant au piratage de musique dans le réseau Internet2.

Pour le président de la National Music Publishers’ Association, David Israelite, la fermeture de Grokster va encourager “la croissance et l’innovation” des services légaux de musique en ligne comme par exemple Rhapsody, iTunes (Apple), WalMart.com, Sony Connect ou encore Yahoo! Music, qui ont, explique-t-il, étendu leur audience depuis la décision de la Cour Suprême.

Néanmoins, l’impact de cette décision sur les échanges en ligne ne semble pas être aussi définitif : une étude du cabinet BigChampagne montre que 6,7 millions d’Américains ont utilisé des systèmes P2P illégaux en septembre dernier, contre 4,7 en 2004. Ce chiffre peut notamment s’expliquer par la fuite des utilisateurs vers les sites du type eMule, BitTorrent, ou Shareaza, dont aucun ne dispose d’un siège social auquel envoyer une assignation en justice…

Juliette CHARVET
Sources : NYTimes, Reuters


Il n'y a pas encore de réaction sur cet article, réagissez!

Votre Réaction





*

Copiez le code de sécurité dans le champ de droite


* Champ obligatoire