Paysage Audiovisuel

AT&T annonce être en discussion pour acheter Time Warner pour un montant de 85,4 milliards de dollars

Date: 07/11/2016

AT&T a annoncé le 22 octobre 2016 être parvenue à un accord pour l’achat du groupe Time Warner pour un montant de 85,4 milliards de dollars. Cette annonce intervient quelques mois seulement après qu’AT&T a finalisé l’achat de DirecTV, un opérateur de télévision par satellite, pour 50 milliards de dollars.

L’accord entre AT&T et Time Warner devra maintenant être avalisé par les autorités américaines. L’enjeu pour AT&T est de savoir si elle devra uniquement obtenir l’aval du Département de la Justice ou si elle devra également obtenir un avis de la Federal Communications Commission (FCC). En effet, malgré l’importance du groupe Time Warner, celui-ci n’est propriétaire que d’un seul média dont les fréquences sont régulées par la FCC et le groupe a déjà annoncé son intention de vendre ce média (une chaîne de télévision). Si aucune licence attribuée par la FCC n’est transférée à AT&T, l’autorité n’aura pas à rendre d’avis sur la fusion. Alors que le Département de la Justice évalue uniquement les conséquences d’une fusion sur la concurrence pour rendre sa décision, la FCC a pour mission d’évaluer les bénéfices de l’opération pour l’intérêt général. L’évaluation par le Département de la Justice a également l’avantage de se dérouler sans audition publique  contrairement aux pratiques de la FCC.

Plusieurs membres du Congrès ont eu l’occasion d’exprimer leurs inquiétudes sur cette fusion. Le sénateur Hatch (R-Utah), ancien président du comité judiciaire du Sénat, a indiqué que cette acquisition nécessitait la plus grande vigilance de la part des régulateurs car elle “va dans le sens d’une plus grande concentration dans le secteur des télécoms”. Pour Ed Markey (D-Mass) une audition par la FCC est nécessaire. Plusieurs autres sénateurs membres du sous-comité sur l’antitrust se sont également exprimés sur l’impact négatif que cette fusion pourrait avoir en termes de concurrence et ont annoncé qu’une audition publique aura lieu le 7 décembre 2016. Public Knowledge, une association de défense d’un internet ouvert, s’est également publiquement inquiétée de cette fusion.

D. Trump ainsi que Tim Kaine, candidat à la vice-présidence d’H. Clinton ont exprimé leur inquiétude face à cette fusion. Pour Randall Stephenson, CEO d’AT&T, ces oppositions ne sont pas une surprise et prouvent que les candidats sont mal informés. Selon lui, “quiconque qualifiant cette fusion comme un moyen d’augmenter les prix ne comprend pas les raisons premières de cette opération”.

Christophe Barre
Service Économique Régional de l’Ambassade de France à Washington


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