Paysage Audiovisuel

Comment les médias traditionnels s’adaptent-ils aux mutations technologiques ?

Date: 18/09/2012

L’observation de la dynamique de croissance de l’industrie des médias et en particulier de celle de l’audiovisuel permet de dégager des tendances assez précises concernant l’avenir des supports mobiles et numériques.



>> La location de DVD et Blu-ray

Les magasins de location de DVD et de Blu-ray tendent à disparaître au profit des services de location sur abonnement par courrier (tels que Netflix) et des distributeurs automatiques de films (type Redbox). Cependant, les services sur abonnement par courrier ont vu leur chiffre d’affaires diminuer récemment et, à terme, la disparition pure et simple du support physique (DVD, Blu Ray) est fort probable.

Redbox a vu ses revenus augmenter nettement au cours des dernières années, mais pas suffisamment pour endiguer la baisse générale des revenus générés par la location de DVD, qui sont passés de 8,45 à 4,98 milliards de dollars entre 2001 et 2011.

Les deux services de VOD sur abonnement, Netflix et Amazon Prime Instant Video, permettent déjà de voir des films sur support mobile. Même si les utilisateurs se servent rarement de leur smartphone ou de leur tablette pour regarder un film de 90 minutes, ces supports sont de plus en plus utilisés pour naviguer sur le catalogue de la plateforme en ligne, puis pour rediriger le contenu choisi sur la télévision. Ce passage du support mobile à la télévision de salon est aujourd’hui largement facilité par l’« Apple TV » qui, à l’aide d’un iPhone ou d’un iPad, permet de transférer sur la télévision un contenu acheté sur iTunes.

Le standard Wi-Fi 802.11ac, aussi appelé 5G, qui sera bientôt mis en service, permettra des débits beaucoup plus élevés et les essais réalisés sur le transfert de contenu entre les différents supports numériques d’un foyer sont assez convaincants. Les prochains smartphones et tablettes seront probablement équipés de ports 5G et/ou HDMI ce qui simplifiera le passage du support mobile à la télévision, mais qui, en même temps, compliquera certainement la question des droits d’exploitation numérique et sur mobile du contenu.



>> La vente de DVD et Blu-Ray

Avec le Blu-ray, la société Sony a sans aucun doute gagné une importante bataille en matière de support. Toutefois, la vraie compétition en termes de vente de films n’est pas physique, mais numérique. En effet, jusqu’à présent, le Blu-Ray n’a pas réussi à contrer la baisse tendancielle des revenus liés aux ventes de films sur support physique.

Les plus grands studios américains, tels que Sony Pictures Entertainement, Warner Bros., NBCUniversal, le groupe Fox Entertainement Group et d’autres acteurs majeurs d’Hollywood, ont formé le Digital Entertainement Content Ecosystem en 2008 et ont lancé, en 2011, le service UltraViolet (Lire « Bilan d’UltraViolet : 6 mois après le lancement de la plateforme, des succès et des défis à relever », Médiamérica, 07/06/12). Dorénavant, un consommateur qui achète un DVD ou un Blu-Ray compatible avec le service UltraViolet, a, en plus du support physique, la possibilité de visionner gratuitement son film sur la plateforme de téléchargement en ligne accessible sur certains appareils.

Les versions mobiles de certains films UltraViolet sont disponibles sur l’application Flixster, et, pour des raisons de droits d’exploitation, le catalogue de films disponibles sur mobile reste réduit par rapport à celui des films accessibles sur un ordinateur de bureau.

Pour l’industrie musicale, la transition fut lente et il lui a fallu près de 10 ans pour passer des échecs des premières offres légales aux succès récents de startups telles que Pandora ou Spotify. Le passage au numérique pour le marché de la vidéo va créer de nouvelles opportunités en matière de location et de vente. Il est également possible qu’une forme de ditribution hybride, un mélange des deux, à la manière de Spotify, apparaisse.



>> Les chaînes premium du câble

Les trois plus grands groupes de télévision premium américains, HBO/Cinemax, Showtime/TMC/Flix et Starz/Encore, sont parvenus à maintenir une croissance annuelle lente, mais constante, de 4,4%, au cours de la dernière décennie. Leur chiffre d’affaires global est passé de 4,33 à 6,67 milliards de dollars entre 2001 et 2011.

Les chaînes de télévision sur abonnement ont lancé leurs propres applications TV Everywhere, comme l’ont fait les opérateurs de la télévision payante. Situation rare dans le paysage audiovisuel américain, ces réseaux de télévision premium ont la chance de disposer des droits de diffusion numérique et mobile de la plupart de leurs programmes dont ils sont les principaux producteurs. Il s’agit là d’un avantage considérable par rapport à leurs concurrents pour la distribution du contenu sur mobile.

Le succès du service à la demande sur le net, disponible aussi en application, HBO GO, a relancé le débat au sujet d’une offre câblée à la carte. Pour HBO, cela n’est pas d’actualité et son offre n’est accessible qu’aux téléspectateurs abonnés à HBO par le biais d’un opérateur de la télévision payante.

Trois exemples d’offres « à la carte » méritent cependant une attention particulière. Le polémiste conservateur Glenn Bleck a lancé, en septembre 2011, sa propre chaîne de télévision, The Blaze TV, disponible exclusivement sur le web et sur abonnement (10$ par mois). Celle-ci vient tout juste de franchir la barre des 300 000 abonnés.

En mai, l’entreprise DISH Network a annoncé le lancement de son service DISHWorld OTT qui sera diffusé à partir du boîtier du fournisseur de télé connectée Roku. Le service coûtera 20$ par mois pour plus de 50 chaînes en langues étrangères et sera accessible hors abonnement à l’offre satellite de DISH.

Enfin, les fans de sports ont déjà la possibilité d’accéder directement aux matchs des plus grandes ligues de sport américaines (baseball, hockey, basket ball), aussi bien sur supports mobiles que sur un ordinateur de bureau et sans abonnement à un service de télévision payant. Les prix des abonnements varient de 60$ à 169$ par saison. Le football américain fait figure d’exception avec un contrat d’exclusivité signé sur 4 ans pour une valeur de 720 millions de dollars avec l’entreprise de télécommunications Verizon. Il sera intéressant de voir si, en 2014, la ligue de football américaine NFL souhaitera reconduire le contrat ou suivre l’exemple des autres ligues en proposant une offre directement au consommateur.



>> Les opérateurs de la télévision payante

La presse spécialisée pointe souvent du doigt la baisse tendancielle du nombre d’abonnés à la télévision payante. En effet, les opérateurs du câble, tels que Comcast, perdent régulièrement des abonnés, mais ce n’est pas le cas du satellite et de l’ADSL (IPTV). En additionnant les 3 moyens de réception, on atteint un résultat net de 300 000 abonnés supplémentaires en 2011. En termes de revenus, le taux de croissance annuel moyen s’élève à 8,1% depuis 2001.

Les opérateurs de la télévision payante veulent être sur tous les écrans, et en particulier sur les smartphones et les tablettes. Pour eux, l’enjeu est avant tout d’éviter que les consommateurs ne prennent plus qu’un abonnement Internet pour y consommer du contenu. C’est la raison pour laquelle la plupart des opérateurs ont leurs propres offres de TV everywhere, telle que l’application XFINITY TV de Comcast, qui offre plus de 200 000 vidéos et clips aux abonnés de l’opérateur du câble. En raison  des contraintes liées aux droits de diffusion, ces applications proposent plus de contenu à la demande que de programmes en direct, surtout en dehors du domicile.



>> The Big Four : ABC, CBS, NBC et FOX

La multiplication des offres de télévision par câble, au cours des dix dernières années, a remis en question la suprématie des 4 grandes chaînes de télévision hertziennes américaines. Certains réseaux de télévision par câble tels que TBS et TNT de l’entreprise Turner ont peu à peu acquis les droits de retransmission du sport qui étaient autrefois le pré carré de ces chaînes.

L’unique source de revenus de ces diffuseurs provient de la publicité, qui est elle-même sujette aux fluctuations économiques. Alors que les réseaux câblés ont réussi à maintenir des revenus croissants dans un contexte de ralentissement économique, les Big Four ont vu leur chiffre d’affaires global chuter de 14,6 à 12,57 milliards de dollars entre 2006 et 2009. Pour faire face à l’érosion de l’audience, les diffuseurs cherchent à trouver de nouvelles ressources, ce qui explique notamment la hausse des frais de retransmission payés par les opérateurs de la télévision payante et à la télévision mobile. Cependant, certains de ces frais de retransmission commencent juste à être perçus, d’autres sont encore en discussion, et, leur service de télévision mobile n’est toujours pas lancé.

Certes, la société MetroPCS devrait proposer, en collaboration avec l’entreprise Google, un système de télévision embarqué sur smartphone exploité sous Androïd avant la fin de l’année. Mais jusqu’à présent, aucun standard de télévision mobile n’a vraiment fait ses preuves. Les différentes tentatives dans ce domaine, qu’il s’agisse de FLO TV du groupe Qualcomm ou de la DVB-H européenne, ont échoué. Les modèles japonais et coréen, par exemple, qui comptent pourtant un grand nombre d’utilisateurs, n’ont jamais réussi à générer  de revenus significatifs après plusieurs années d’exploitation.

Pour MetroPCS, la grande difficulté sera de promouvoir au niveau national une offre qui ne sera pas uniforme (les offres de télévision varient beaucoup selon les Etats). De plus, il faudra rajouter une antenne au téléphone portable ce qui risque de déplaire aux aficionados de gadgets branchés.

Toutefois, le récent succès du service Muve Music de l’entreprise concurrente de MetroPCS Leap Wireless International est un signe encourageant pour le lancement de la télévision embarquée sur smartphone de MetroPCS.

Il est à noter par ailleurs qu’ABC player de la chaîne ABC est l’application iPad la plus populaire parmi les applications des 4 grandes chaînes américaines, suivie de près par les applications de FOX News et de NBC.



>> Les chaînes de télévision par câble

Les chaînes de télévision par câble bénéficient d’une source de revenu double, avec d’une part les bénéfices liés aux abonnements et, d’autre part, ceux liés à la publicité. Cette configuration a permis aux chaînes de maintenir un taux de croissance annuel moyen de 10,9% au cours de la dernière décennie. Leur chiffre d’affaires global a ainsi bondi de 17,45 milliards de dollars en 2001 à 49,21 milliards de dollars en 2011.

L’un des accords récents les plus intéressant en matière de TV Everywhere a été annoncé le 13 juin 2012 par les entreprises Walt Disney et Comcast. L’accord de diffusion sur 10 ans entre les deux entreprises a déjà facilité le lancement d’une série d’applications Disney qui permettent le visionnage de la chaîne en continu ou à la demande.

A l’image des chaînes câblées premiums et des opérateurs de la télévision payante, les chaînes de télévision par câble proposent à leurs abonnés du contenu sur smartphone ou sur tablette. Par exemple, les entreprises Disney et Viacom, bénéficiant toutes deux de catalogues de programmes pour enfants très riches, rencontrent aussi un certain succès avec leurs applications de jeux et leurs plateformes éducatives. En général, les contenus qui rencontrent le plus de succès sur iPhone et iPad sont le sport, les programmes pour enfants et les informations. Les applications de CNN, ESPN et the Weather Channel sont parmi les plus populaires.

 

Emmanuel Libet


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5 Réactions

1 - Comment les médias traditionnels s’adaptent-ils aux mutations technologiques ? « Mediamerica | TV | marché nord-américain | Scoop.it | 18.09.12

[…] L’observation de la dynamique de croissance de l’industrie des médias et en particulier de celle de l’audiovisuel permet de dégager des tendances assez précises concernant l’avenir des supports mobiles et numériques.  […]


2 - Comment les médias traditionnels s’adaptent-ils aux mutations technologiques ? « Mediamerica | Video_Box | Scoop.it | 18.09.12

[…] L’observation de la dynamique de croissance de l’industrie des médias et en particulier de celle de l’audiovisuel permet de dégager des tendances assez précises concernant l’avenir des supports mobiles et numériques  […]


3 - Denis Garcia | 18.09.12

Article utile et passionnant. Merci.


4 - Comment les médias traditionnels s’adaptent-ils aux mutations technologiques ? | (Media & Trend) | Scoop.it | 18.09.12

[…] L’observation de la dynamique de croissance de l’industrie des médias et en particulier de celle de l’audiovisuel permet de dégager des tendances assez précises concernant l’avenir des supports mobiles et numériques.>> La location de DVD et Blu-ray Les magasins de location de DVD et de Blu-ray tendent à disparaître au profit des services de location sur abonnement par courrier (tels que Netflix) et des distributeurs automatiques de films (type Redbox). Cependant, les services sur abonnement par courrier ont vu leur chiffre d’affaires diminuer récemment et, selon SNL Kagan, à terme, la disparition pure et simple du support physique (DVD, Blu Ray) est fort probable. Redbox a vu ses revenus augmenter nettement au cours des dernières années, mais pas suffisamment pour endiguer la baisse générale des revenus générés par la location de DVD, qui sont passés de 8,45 à 4,98 milliards de dollars entre 2001 et 2011. Les deux services de VOD sur abonnement, Netflix et Amazon Prime Instant Video, permettent déjà de voir des films sur support mobile. Même si les utilisateurs se servent rarement de leur smartphone ou de leur tablette pour regarder un film de 90 minutes, ces supports sont de plus en plus utilisés pour naviguer sur le catalogue de la plateforme en ligne, puis pour rediriger le contenu choisi sur la télévision. Ce passage du support mobile à la télévision de salon est aujourd’hui largement facilité par l’« Apple TV » qui, à l’aide d’un iPhone ou d’un iPad, permet de transférer sur la télévision un contenu acheté sur iTunes. Le standard Wi-Fi 802.11ac, aussi appelé 5G, qui sera bientôt mis en service, permettra des débits beaucoup plus élevés et les essais réalisés sur le transfert de contenu entre les différents supports numériques d’un foyer sont assez convaincants. Les prochains smartphones et tablettes seront probablement équipés de ports 5G et/ou HDMI ce qui simplifiera le passage du support mobile à la télévision, mais qui, en même temps, compliquera certainement la question des droits d’exploitation numérique et sur mobile du contenu.>> La vente de DVD et Blu-Ray Avec le Blu-ray, la société Sony a sans aucun doute gagné une importante bataille en matière de support. Toutefois, la vraie compétition en termes de vente de films n’est pas physique, mais numérique. En effet, jusqu’à présent, le Blu-Ray n’a pas réussi à contrer la baisse tendancielle des revenus liés aux ventes de films sur support physique. Les plus grands studios américains, tels que Sony Pictures Entertainement, Warner Bros., NBCUniversal, le groupe Fox Entertainement Group et d’autres acteurs majeurs d’Hollywood, ont formé le Digital Entertainement Content Ecosystem en 2008 et ont lancé, en 2011, le service UltraViolet (Lire « Bilan d’UltraViolet : 6 mois après le lancement de la plateforme, des succès et des défis à relever », Médiamérica, 07/06/12). Dorénavant, un consommateur qui achète un DVD ou un Blu-Ray compatible avec le service UltraViolet, a, en plus du support physique, la possibilité de visionner gratuitement son film sur la plateforme de téléchargement en ligne accessible sur certains appareils. Les versions mobiles de certains films UltraViolet sont disponibles sur l’application Flixster, et, pour des raisons de droits d’exploitation, le catalogue de films disponibles sur mobile reste réduit par rapport à celui des films accessibles sur un ordinateur de bureau. Pour l’industrie musicale, la transition fut lente et il lui a fallu près de 10 ans pour passer des échecs des premières offres légales aux succès récents de startups telles que Pandora ou Spotify. Le passage au numérique pour le marché de la vidéo va créer de nouvelles opportunités en matière de location et de vente. Il est également possible qu’une forme de ditribution hybride, un mélange des deux, à la manière de Spotify, apparaisse.>> Les chaînes premium du câble Les trois plus grands groupes de télévision premium américains, HBO/Cinemax, Showtime/TMC/Flix et Starz/Encore, sont parvenus à maintenir une croissance annuelle lente, mais constante, de 4,4%, au cours de la dernière décennie. Leur chiffre d’affaires global est passé de 4,33 à 6,67 milliards de dollars entre 2001 et 2011. Les chaînes de télévision sur abonnement ont lancé leurs propres applications TV Everywhere, comme l’ont fait les opérateurs de la télévision payante. Situation rare dans le paysage audiovisuel américain, ces réseaux de télévision premium ont la chance de disposer des droits de diffusion numérique et mobile de la plupart de leurs programmes dont ils sont les principaux producteurs. Il s’agit là d’un avantage considérable par rapport à leurs concurrents pour la distribution du contenu sur mobile. Le succès du service à la demande sur le net, disponible aussi en application, HBO GO, a relancé le débat au sujet d’une offre câblée à la carte. Pour HBO, cela n’est pas d’actualité et son offre n’est accessible qu’aux téléspectateurs abonnés à HBO par le biais d’un opérateur de la télévision payante. Trois exemples d’offres « à la carte » méritent cependant une attention particulière. Le polémiste conservateur Glenn Bleck a lancé, en septembre 2011, sa propre chaîne de télévision, The Blaze TV, disponible exclusivement sur le web et sur abonnement (10$ par mois). Celle-ci vient tout juste de franchir la barre des 300 000 abonnés. En mai, l’entreprise DISH Network a annoncé le lancement de son service DISHWorld OTT qui sera diffusé à partir du boîtier du fournisseur de télé connectée Roku. Le service coûtera 20$ par mois pour plus de 50 chaînes en langues étrangères et sera accessible hors abonnement à l’offre satellite de DISH. Enfin, les fans de sports ont déjà la possibilité d’accéder directement aux matchs des plus grandes ligues de sport américaines (baseball, hockey, basket ball), aussi bien sur supports mobiles que sur un ordinateur de bureau et sans abonnement à un service de télévision payant. Les prix des abonnements varient de 60$ à 169$ par saison. Le football américain fait figure d’exception avec un contrat d’exclusivité signé sur 4 ans pour une valeur de 720 millions de dollars avec l’entreprise de télécommunications Verizon. Il sera intéressant de voir si, en 2014, la ligue de football américaine NFL souhaitera reconduire le contrat ou suivre l’exemple des autres ligues en proposant une offre directement au consommateur.>> Les opérateurs de la télévision payante La presse spécialisée pointe souvent du doigt la baisse tendancielle du nombre d’abonnés à la télévision payante. En effet, les opérateurs du câble, tels que Comcast, perdent régulièrement des abonnés, mais ce n’est pas le cas du satellite et de l’ADSL (IPTV). En additionnant les 3 moyens de réception, on atteint un résultat net de 300 000 abonnés supplémentaires en 2011. En termes de revenus, le taux de croissance annuel moyen s’élève à 8,1% depuis 2001. Les opérateurs de la télévision payante veulent être sur tous les écrans, et en particulier sur les smartphones et les tablettes. Pour eux, l’enjeu est avant tout d’éviter que les consommateurs ne prennent plus qu’un abonnement Internet pour y consommer du contenu. C’est la raison pour laquelle la plupart des opérateurs ont leurs propres offres de TV everywhere, telle que l’application XFINITY TV de Comcast, qui offre plus de 200 000 vidéos et clips aux abonnés de l’opérateur du câble. En raison  des contraintes liées aux droits de diffusion, ces applications proposent plus de contenu à la demande que de programmes en direct, surtout en dehors du domicile.>> The Big Four : ABC, CBS, NBC et FOX La multiplication des offres de télévision par câble, au cours des dix dernières années, a remis en question la suprématie des 4 grandes chaînes de télévision hertziennes américaines. Certains réseaux de télévision par câble tels que TBS et TNT de l’entreprise Turner ont peu à peu acquis les droits de retransmission du sport qui étaient autrefois le pré carré de ces chaînes. L’unique source de revenus de ces diffuseurs provient de la publicité, qui est elle-même sujette aux fluctuations économiques. Alors que les réseaux câblés ont réussi à maintenir des revenus croissants dans un contexte de ralentissement économique, les Big Four ont vu leur chiffre d’affaires global chuter de 14,6 à 12,57 milliards de dollars entre 2006 et 2009. Pour faire face à l’érosion de l’audience, les diffuseurs cherchent à trouver de nouvelles ressources, ce qui explique notamment la hausse des frais de retransmission payés par les opérateurs de la télévision payante et à la télévision mobile. Cependant, certains de ces frais de retransmission commencent juste à être perçus, d’autres sont encore en discussion, et, leur service de télévision mobile n’est toujours pas lancé. Certes, la société MetroPCS devrait proposer, en collaboration avec l’entreprise Google, un système de télévision embarqué sur smartphone exploité sous Androïd avant la fin de l’année. Mais jusqu’à présent, aucun standard de télévision mobile n’a vraiment fait ses preuves. Les différentes tentatives dans ce domaine, qu’il s’agisse de FLO TV du groupe Qualcomm ou de la DVB-H européenne, ont échoué. Les modèles japonais et coréen, par exemple, qui comptent pourtant un grand nombre d’utilisateurs, n’ont jamais réussi à générer  de revenus significatifs après plusieurs années d’exploitation. Pour MetroPCS, la grande difficulté sera de promouvoir au niveau national une offre qui ne sera pas uniforme (les offres de télévision varient beaucoup selon les Etats). De plus, il faudra rajouter une antenne au téléphone portable ce qui risque de déplaire aux aficionados de gadgets branchés. Toutefois, le récent succès du service Muve Music de l’entreprise concurrente de MetroPCS Leap Wireless International est un signe encourageant pour le lancement de la télévision embarquée sur smartphone de MetroPCS. Il est à noter par ailleurs qu’ABC player de la chaîne ABC est l’application iPad la plus populaire parmi les applications des 4 grandes chaînes américaines, suivie de près par les applications de FOX News et de NBC.>> Les chaînes de télévision par câble Les chaînes de télévision par câble bénéficient d’une source de revenu double, avec d’une part les bénéfices liés aux abonnements et, d’autre part, ceux liés à la publicité. Cette configuration a permis aux chaînes de maintenir un taux de croissance annuel moyen de 10,9% au cours de la dernière décennie. Leur chiffre d’affaires global a ainsi bondi de 17,45 milliards de dollars en 2001 à 49,21 milliards de dollars en 2011. L’un des accords récents les plus intéressant en matière de TV Everywhere a été annoncé le 13 juin 2012 par les entreprises Walt Disney et Comcast. L’accord de diffusion sur 10 ans entre les deux entreprises a déjà facilité le lancement d’une série d’applications Disney qui permettent le visionnage de la chaîne en continu ou à la demande. A l’image des chaînes câblées premiums et des opérateurs de la télévision payante, les chaînes de télévision par câble proposent à leurs abonnés du contenu sur smartphone ou sur tablette. Par exemple, les entreprises Disney et Viacom, bénéficiant toutes deux de catalogues de programmes pour enfants très riches, rencontrent aussi un certain succès avec leurs applications de jeux et leurs plateformes éducatives. En général, les contenus qui rencontrent le plus de succès sur iPhone et iPad sont le sport, les programmes pour enfants et les informations. Les applications de CNN, ESPN et the Weather Channel sont parmi les plus populaires.  […]


5 - Comment les médias traditionnels s&rsquo… | 18.09.12

[…] L’observation de la dynamique de croissance de l’industrie des médias et en particulier de celle de l’audiovisuel permet de dégager des tendances assez précises concernant l’avenir des supports mobiles et numériques.>> La location de DVD et Blu-rayLes magasins de location de DVD et de Blu-ray tendent à disparaître au profit des services de location sur abonnement par courrier (tels que Netflix) et des distributeurs automatiques de films (type Redbox). Cependant, les services sur abonnement par courrier ont vu leur chiffre d’affaires diminuer récemment et, selon SNL Kagan, à terme, la disparition pure et simple du support physique (DVD, Blu Ray) est fort probable.Redbox a vu ses revenus augmenter nettement au cours des dernières années, mais pas suffisamment pour endiguer la baisse générale des revenus générés par la location de DVD, qui sont passés de 8,45 à 4,98 milliards de dollars entre 2001 et 2011.Les deux services de VOD sur abonnement, Netflix et Amazon Prime Instant Video, permettent déjà de voir des films sur support mobile. Même si les utilisateurs se servent rarement de leur smartphone ou de leur tablette pour regarder un film de 90 minutes, ces supports sont de plus en plus utilisés pour naviguer sur le catalogue de la plateforme en ligne, puis pour rediriger le contenu choisi sur la télévision. Ce passage du support mobile à la télévision de salon est aujourd’hui largement facilité par l’« Apple TV » qui, à l’aide d’un iPhone ou d’un iPad, permet de transférer sur la télévision un contenu acheté sur iTunes.Le standard Wi-Fi 802.11ac, aussi appelé 5G, qui sera bientôt mis en service, permettra des débits beaucoup plus élevés et les essais réalisés sur le transfert de contenu entre les différents supports numériques d’un foyer sont assez convaincants. Les prochains smartphones et tablettes seront probablement équipés de ports 5G et/ou HDMI ce qui simplifiera le passage du support mobile à la télévision, mais qui, en même temps, compliquera certainement la question des droits d’exploitation numérique et sur mobile du contenu.>> La vente de DVD et Blu-RayAvec le Blu-ray, la société Sony a sans aucun doute gagné une importante bataille en matière de support. Toutefois, la vraie compétition en termes de vente de films n’est pas physique, mais numérique. En effet, jusqu’à présent, le Blu-Ray n’a pas réussi à contrer la baisse tendancielle des revenus liés aux ventes de films sur support physique.Les plus grands studios américains, tels que Sony Pictures Entertainement, Warner Bros., NBCUniversal, le groupe Fox Entertainement Group et d’autres acteurs majeurs d’Hollywood, ont formé le Digital Entertainement Content Ecosystem en 2008 et ont lancé, en 2011, le service UltraViolet (Lire « Bilan d’UltraViolet : 6 mois après le lancement de la plateforme, des succès et des défis à relever », Médiamérica, 07/06/12). Dorénavant, un consommateur qui achète un DVD ou un Blu-Ray compatible avec le service UltraViolet, a, en plus du support physique, la possibilité de visionner gratuitement son film sur la plateforme de téléchargement en ligne accessible sur certains appareils.Les versions mobiles de certains films UltraViolet sont disponibles sur l’application Flixster, et, pour des raisons de droits d’exploitation, le catalogue de films disponibles sur mobile reste réduit par rapport à celui des films accessibles sur un ordinateur de bureau.Pour l’industrie musicale, la transition fut lente et il lui a fallu près de 10 ans pour passer des échecs des premières offres légales aux succès récents de startups telles que Pandora ou Spotify. Le passage au numérique pour le marché de la vidéo va créer de nouvelles opportunités en matière de location et de vente. Il est également possible qu’une forme de ditribution hybride, un mélange des deux, à la manière de Spotify, apparaisse.>> Les chaînes premium du câbleLes trois plus grands groupes de télévision premium américains, HBO/Cinemax, Showtime/TMC/Flix et Starz/Encore, sont parvenus à maintenir une croissance annuelle lente, mais constante, de 4,4%, au cours de la dernière décennie. Leur chiffre d’affaires global est passé de 4,33 à 6,67 milliards de dollars entre 2001 et 2011.Les chaînes de télévision sur abonnement ont lancé leurs propres applications TV Everywhere, comme l’ont fait les opérateurs de la télévision payante. Situation rare dans le paysage audiovisuel américain, ces réseaux de télévision premium ont la chance de disposer des droits de diffusion numérique et mobile de la plupart de leurs programmes dont ils sont les principaux producteurs. Il s’agit là d’un avantage considérable par rapport à leurs concurrents pour la distribution du contenu sur mobile.Le succès du service à la demande sur le net, disponible aussi en application, HBO GO, a relancé le débat au sujet d’une offre câblée à la carte. Pour HBO, cela n’est pas d’actualité et son offre n’est accessible qu’aux téléspectateurs abonnés à HBO par le biais d’un opérateur de la télévision payante.Trois exemples d’offres « à la carte » méritent cependant une attention particulière. Le polémiste conservateur Glenn Bleck a lancé, en septembre 2011, sa propre chaîne de télévision, The Blaze TV, disponible exclusivement sur le web et sur abonnement (10$ par mois). Celle-ci vient tout juste de franchir la barre des 300 000 abonnés.En mai, l’entreprise DISH Network a annoncé le lancement de son service DISHWorld OTT qui sera diffusé à partir du boîtier du fournisseur de télé connectée Roku. Le service coûtera 20$ par mois pour plus de 50 chaînes en langues étrangères et sera accessible hors abonnement à l’offre satellite de DISH.Enfin, les fans de sports ont déjà la possibilité d’accéder directement aux matchs des plus grandes ligues de sport américaines (baseball, hockey, basket ball), aussi bien sur supports mobiles que sur un ordinateur de bureau et sans abonnement à un service de télévision payant. Les prix des abonnements varient de 60$ à 169$ par saison. Le football américain fait figure d’exception avec un contrat d’exclusivité signé sur 4 ans pour une valeur de 720 millions de dollars avec l’entreprise de télécommunications Verizon. Il sera intéressant de voir si, en 2014, la ligue de football américaine NFL souhaitera reconduire le contrat ou suivre l’exemple des autres ligues en proposant une offre directement au consommateur.>> Les opérateurs de la télévision payanteLa presse spécialisée pointe souvent du doigt la baisse tendancielle du nombre d’abonnés à la télévision payante. En effet, les opérateurs du câble, tels que Comcast, perdent régulièrement des abonnés, mais ce n’est pas le cas du satellite et de l’ADSL (IPTV). En additionnant les 3 moyens de réception, on atteint un résultat net de 300 000 abonnés supplémentaires en 2011. En termes de revenus, le taux de croissance annuel moyen s’élève à 8,1% depuis 2001.Les opérateurs de la télévision payante veulent être sur tous les écrans, et en particulier sur les smartphones et les tablettes. Pour eux, l’enjeu est avant tout d’éviter que les consommateurs ne prennent plus qu’un abonnement Internet pour y consommer du contenu. C’est la raison pour laquelle la plupart des opérateurs ont leurs propres offres de TV everywhere, telle que l’application XFINITY TV de Comcast, qui offre plus de 200 000 vidéos et clips aux abonnés de l’opérateur du câble. En raison des contraintes liées aux droits de diffusion, ces applications proposent plus de contenu à la demande que de programmes en direct, surtout en dehors du domicile.>> The Big Four : ABC, CBS, NBC et FOXLa multiplication des offres de télévision par câble, au cours des dix dernières années, a remis en question la suprématie des 4 grandes chaînes de télévision hertziennes américaines. Certains réseaux de télévision par câble tels que TBS et TNT de l’entreprise Turner ont peu à peu acquis les droits de retransmission du sport qui étaient autrefois le pré carré de ces chaînes.L’unique source de revenus de ces diffuseurs provient de la publicité, qui est elle-même sujette aux fluctuations économiques. Alors que les réseaux câblés ont réussi à maintenir des revenus croissants dans un contexte de ralentissement économique, les Big Four ont vu leur chiffre d’affaires global chuter de 14,6 à 12,57 milliards de dollars entre 2006 et 2009. Pour faire face à l’érosion de l’audience, les diffuseurs cherchent à trouver de nouvelles ressources, ce qui explique notamment la hausse des frais de retransmission payés par les opérateurs de la télévision payante et à la télévision mobile. Cependant, certains de ces frais de retransmission commencent juste à être perçus, d’autres sont encore en discussion, et, leur service de télévision mobile n’est toujours pas lancé.Certes, la société MetroPCS devrait proposer, en collaboration avec l’entreprise Google, un système de télévision embarqué sur smartphone exploité sous Androïd avant la fin de l’année. Mais jusqu’à présent, aucun standard de télévision mobile n’a vraiment fait ses preuves. Les différentes tentatives dans ce domaine, qu’il s’agisse de FLO TV du groupe Qualcomm ou de la DVB-H européenne, ont échoué. Les modèles japonais et coréen, par exemple, qui comptent pourtant un grand nombre d’utilisateurs, n’ont jamais réussi à générer de revenus significatifs après plusieurs années d’exploitation.Pour MetroPCS, la grande difficulté sera de promouvoir au niveau national une offre qui ne sera pas uniforme (les offres de télévision varient beaucoup selon les Etats). De plus, il faudra rajouter une antenne au téléphone portable ce qui risque de déplaire aux aficionados de gadgets branchés.Toutefois, le récent succès du service Muve Music de l’entreprise concurrente de MetroPCS Leap Wireless International est un signe encourageant pour le lancement de la télévision embarquée sur smartphone de MetroPCS.Il est à noter par ailleurs qu’ABC player de la chaîne ABC est l’application iPad la plus populaire parmi les applications des 4 grandes chaînes américaines, suivie de près par les applications de FOX News et de NBC.>> Les chaînes de télévision par câbleLes chaînes de télévision par câble bénéficient d’une source de revenu double, avec d’une part les bénéfices liés aux abonnements et, d’autre part, ceux liés à la publicité. Cette configuration a permis aux chaînes de maintenir un taux de croissance annuel moyen de 10,9% au cours de la dernière décennie. Leur chiffre d’affaires global a ainsi bondi de 17,45 milliards de dollars en 2001 à 49,21 milliards de dollars en 2011.L’un des accords récents les plus intéressant en matière de TV Everywhere a été annoncé le 13 juin 2012 par les entreprises Walt Disney et Comcast. L’accord de diffusion sur 10 ans entre les deux entreprises a déjà facilité le lancement d’une série d’applications Disney qui permettent le visionnage de la chaîne en continu ou à la demande.A l’image des chaînes câblées premiums et des opérateurs de la télévision payante, les chaînes de télévision par câble proposent à leurs abonnés du contenu sur smartphone ou sur tablette. Par exemple, les entreprises Disney et Viacom, bénéficiant toutes deux de catalogues de programmes pour enfants très riches, rencontrent aussi un certain succès avec leurs applications de jeux et leurs plateformes éducatives. En général, les contenus qui rencontrent le plus de succès sur iPhone et iPad sont le sport, les programmes pour enfants et les informations. Les applications de CNN, ESPN et the Weather Channel sont parmi les plus populaires.  […]


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