Paysage Audiovisuel

Interview de Mathieu Fournet (Ambassade de France aux Etats-Unis) : “Nous mettons en relation créateurs et programmateurs””

Date: 15/05/2018

Mathieu Fournet, directeur du département films, TV et nouveaux médias à l’Ambassade de France aux Etats-Unis (New York), revient sur le nouveau programme French Immersion (à lire également: Lancement du French Immersion, programme de soutien aux Etats-Unis des projets français d’immersion et de VR).


Mathieu Fournet

Pourquoi avoir créé cette initiative ?
Depuis quatre ans, l’ambassade de France soutient la diffusion des œuvres immersives françaises (VR, RA, jeu vidéo, 360°, etc.). Nous avions accueilli en 2014 dans nos locaux le premier prototype de “The Enemy”, projet de Karim Ben Khelifa. Nous avions organisé des rencontres et visites professionnelles à cette occasion. Depuis, nous avons accompagné des œuvres françaises et commencé à tisser des partenariats avec des lieux prescripteurs et des programmateurs et des festivals importants aux Etats-Unis : Tribeca Virtual Arcade & Storyscapes ou Future of StoryTelling à New York, New Frontier / Sundance Institute, Filmgate à Miami… Petit à petit, nous avons mis en place un accompagnement des producteurs, des créateurs français afin de pousser leurs œuvres sur le marché américain. C’est le but de ce programme French Immersion.

Concrètement, comment cet accompagnement se traduit-il ?
Nous réalisons un travail de force de propositions en attirant l’attention des programmateurs américains sur les projets français, on les met en relation avec les créateurs. Quand un projet français est sélectionné dans un des festivals avec lesquels nous avons noué un partenariat, ce programme permet la venue de deux personnes par projet, soit producteur et réalisateur. Nous avons démarré pour être prêts pour Tribeca et avons pu soutenir trois films : “BattleScar” de Nico Casavecchia et Martín Allais, dont c’était la première new-yorkaise, mais aussi “Vestige” d’Aaron Bradbury et “Firebird : The Unfinished” de Balthazar Auxietre, tous deux projetés en première mondiale. Pour l’instant, nous n’intervenons que sur les contenus de production déléguée française. Nous avons également soutenu la programmation VR du film français, à Colcoa, à Los Angeles pour la 2e année consécutive. L’an passé, nous avions créé et programmé ce VR Corner, en faisant un partenariat technique et en invitant Sophie Ansel à venir présenter “Out of the Blue” à Los Angeles. Cette année, nous avons renouvelé ce partenariat dans le cadre de French Immersion.

Comment définiriez-vous votre action ?
Ce programme nous permet de donner une visibilité et de coordonner l’action des institutions qui s’intéressent à ces créations et à ce secteur en plein essor. En France, nous avons un écosystème très favorable aux développements de ces œuvres immersives grâce à l’implication du CNC, mais aussi de France Télévisions et d’Arte. Nous aidons à ce que ces nouvelles œuvres puissent être diffusées aux États-Unis et que le lien se fasse avec les acteurs américains et les Français. C’est notre rôle d’aider à ce que se mette en place un modèle économique autour de ces contenus.

Comment se situe le développement de la VR par rapport aux créateurs américains ?
Les Américains ont un regard extrêmement intéressé sur ce qui se passe en France et au Canada. Ils trouvent incroyable le système qui existe en France, notamment l’implication des chaînes de télévision publique, les soutiens du CNC, l’implication de l’ambassade de France, le fait que nous connaissions les créateurs et producteurs. Lors du festival NewImages et à Laval Virtual, en partenariat avec l’Institut français, nous avions invité Yelena Rachitsky d’Oculus et Shari Frilot, la fondatrice de New Frontier (Sundance) lors d’un focus afin qu’elles rencontrent les professionnels. Cette connaissance de l’écosystème est un plus qu’ils nous reconnaissent.

Qu’en est-il en termes de créativité ?
Ces dernières années, il y a un très fort intérêt pour ce qui est produit en France. On l’a vu pour “Notes on Blindness”, et cette année avec “BattleScar”. “The Enemy” a été présenté pendant trois mois au MIT à Boston. On espère le présenter prochainement à New York.

Est-ce que des réalisateurs américains se sont emparés de la réalité virtuelle ?
La réalité virtuelle intéresse de plus en plus de grands réalisateurs, à l’instar de Darren Aronofsky. Randal Kleiser, connu pour “Grease”, fait désormais des films de réalité virtuelle !

Quelle est la prochaine étape pour ce programme ?
Nous souhaitons le consolider et trouver des partenariats privés afin de le renforcer. Nous préparons deux événements importants pour nous : Future of StoryTelling en octobre 2018 à New York et FilmGate à Miami, à la fin de l’année.

Propos recueillis par Emma Mahoudeau Deleva à New York. La Lettre de l’Audiovisuel est accessible par abonnements uniquement.
Pour consulter quelques articles :
lettreaudiovisuel.com.


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