Paysage Audiovisuel

La diversité culturelle dans l’ère numérique : Comité consultatif au Canada

Date: 20/02/2019

Dans la continuité des démarches de protection et de promotion de la diversité culturelle, le Canada a organisé les 7 et 8 février 2019 un comité consultatif sur la diversité culturelle à l’ère numérique en présence de 70 experts internationaux. La découvrabilité des contenus, la rémunération et la viabilité économique des créateurs de contenu, les approches conjointes visant à favoriser la diversité des contenus face aux algorithmes en étaient les thèmes principaux. La France, initiatrice des mouvements de protection de la diversité culturelle, était présente et active lors du comité.

 

Faisant suite à la déclaration conjointe signée le 16 avril à Paris par les gouvernements français et canadien, le ministère de la culture et du multiculturalisme fédéral, Patrimoine canadien, avec le soutien de la Commission canadienne pour l’UNESCO a organisé un comité consultatif international à Ottawa les 7 et 8 février 2019.

Les objectifs de cette rencontre internationale d’experts étaient :
– Approfondir la compréhension des conditions liées à une offre de contenus diversifiée et fiable dans l’espace numérique;
– Identifier les responsabilités qui incombent aux gouvernements, aux plateformes et à la société civile;
– Proposer une liste indicative de mesures qui pourraient être mises en œuvre par les gouvernements, les plateformes numériques et la société civile en appui à une diversité de contenus;
– Apprendre des meilleures pratiques, des échecs et des succès;
– Jeter les bases d’une approche concertée pour relever les défis de la diversité des contenus.

 

1. Organisation du Comité consultatif

A ces fins, 70 experts internationaux ont été conviés à interagir autour de documents de travail préparés et présentés par des spécialistes des différentes thématiques couvrant la diversité culturelle à l’ère numérique (chercheurs, analystes et professeurs).

Trois thématiques principales constituaient l’ossature des deux jours de comité consultatif et portaient sur la découvrabilité des contenus, la rémunération des créateurs de contenu et l’impact des algorithmes.

Trois types d’interlocuteurs composaient les tables-rondes :
– Les plates-formes numériques du privé (Google, Amazon, Netflix, Twitter, LinkedIn parmi les plus connues),
– la société civile, représentée par de nombreuses associations, dont celle des producteurs francophones de l’Ontario et les coalitions pour la diversité culturelle canadienne et française,
– les gouvernements et leurs institutions culturelles : du côté français, deux représentants du ministère de la culture se sont rendus à Ottawa, Mme Elizabeth Le Hot, sous-directrice du développement de l’économie culturelle, ainsi que M. Alban de Nervaux, directeur des affaires juridiques, qui a également présenté les conclusions du panel sur la découvrabilité.

L’Ambassadrice de France au Canada, Kareen Rispal, a pu échanger avec eux suite à son allocution inspirante à l’occasion de la réception organisée par la Commission canadienne pour l’UNESCO (avec le soutien de l’ambassade de France).

 

2. Faits saillants

Une fois qu’il a été établi que les problématiques de diversité culturelle ne peuvent rester cantonnées dans l’analogique, il est essentiel, comme l’a rappelé le directeur de la coalition pour la diversité culturelle française Guillaume Prieur, de réaliser que “le numérique est à la culture ce que la mondialisation a été à l’industrie lourde”, i.e. un facteur disruptif majeur.  Face aux interrogations concernant les trois thématiques-phare de la défense et de la promotion de la diversité culturelle à l’ère numérique, les conclusions principales issues des tables-rondes sont les suivantes :
– Une attention particulière doit être portée à l’éducation numérique et ce, à l’initiative des gouvernements ;
– Les mêmes gouvernements pourraient jouer un rôle majeur, à l’instar de l’Union européenne avec le règlement général sur la protection des données (RGPD), dans la transparence des relations entre acteurs du privé et citoyens.
– Le secteur privé devrait travailler à la transparence de l’utilisation des données personnelles, ainsi qu’à la simplification de la communication qu’il en fait.
– Tous les acteurs doivent communiquer clairement leurs objectifs (financier, éducatif ou autre) afin de proposer des mécanismes de gestion de l’espace numérique viables.
– L’intelligence de la situation locale –contextuelle- est un élément clé pour déterminer les actions ou chemins à suivre dans une démarche de protection des diversités culturelles.
– Réintroduire la dimension ‘hasard’ fait partie d’un processus souhaitable pour maintenir une diversité culturelle non guidée par les algorithmes.

 

Ces thématiques viennent compléter l’approche commerciale du Prime Time la semaine précédente, donnant ainsi un relief particulier à ce comité.

Les résultats dans leur ensemble seront publiés et communiqués par Patrimoine canadien afin de formuler des constats d’experts, de lister des priorités pour les différentes parties impliquées, ainsi que de déployer une feuille de route.

Nicolas Piccato, attaché audiovisuel, Ambassade de France au Canada


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