Paysage Audiovisuel

Le Festival South by SouthWest 2013

Date: 14/04/2013


Festival SXSW 2013

Le festival South by Southwest est un événement majeur pour l’industrie musicale, cinématographique et numérique, comme en atteste une fréquentation en pleine croissance depuis plusieurs années, en particulier pour le volet dédié aux technologies interactives. Dans le domaine musical, une quinzaine de groupes français ont fait le déplacement à Austin cette année, ainsi qu’une délégation de la région angevine, dans le cadre du récent jumelage avec la ville d’Austin.


1. SOUTH BY SOUTHWEST, LIEU DE CONVERGENCE UNIQUE ET ORIGINAL ENTRE MUSIQUE, CINÉMA INDÉPENDANT ET TECHNOLOGIES ÉMERGENTES

Pour la 26ème année consécutive, le Festival South by Southwest s’est tenu à Austin, capitale du Texas, du 8 au 16 mars 2013. L’évènement regroupe aujourd’hui trois festivals sur 12 jours :

− Le plus grand festival de musique des Etats-Unis, crée en 1987, qui voit se succéder plus de 2.300 artistes sur une centaine de scènes, en présence d’environ 15.000 professionnels du secteur musical venus du monde entier ;

− Un festival de cinéma indépendant, avec plus de 200 séances dans 4 catégories (long métrage, court métrage, documentaire et vidéo clips) ;

− Un 3ème volet dédié au numérique, intitulé « SxSW Interactive » a été créé en 1995 et connaît un succès grandissant. Sa fréquentation est en plein essor, passant de 6.000 participants en 2007 à plus de 30.620 cette année. C’est désormais le rendez-vous incontournable des professionnels des nouvelles technologies interactives et de l’innovation. L’événement reste avant tout américain, avec seulement 10% de participants internationaux en 2011.

L’impact économique du Festival sur la ville d’Austin est estimé à environ 167 millions de dollars en 2011.


2. SxSW INTERACTIVE ET LES NOUVELLES TENDANCES DU MONDE NUMÉRIQUE 

Qualifié par la presse de « messe mondiale des geeks », SxSW Interactive est le rendez-vous annuel des créateurs de tendances pour les industries culturelles, des entrepreneurs et visionnaires de l’internet et du numérique. Un vaste programme de conférences, tables rondes, ateliers et rencontres avec des professionnels et des experts de très haut niveau était proposé cette année durant cinq jours.

Parmi les interventions remarquées, on notera celle d’Al Gore sur le futur de la démocratie, et d’Elon Musk, milliardaire de 41 ans, fondateur de SpaceX, venu présenter la fusée « Grasshopper » qu’il a conçue pour aller sur Mars. On citera également la présentation de Tim O’Reilly (défenseur des mouvements « software libre » et « open source ») imaginant le futur de l’économie du partage, celle de la designer suisse Tina Roth Eisenberg, dont le credo est « Oubliez votre ego et collaborez !», ou encore celle de Nate Silver sur les limites du « Big Data » (données massives). Statisticien affilié au NY Times, il avait réussi à prédire la victoire de Barack Obama et les résultats des élections de 2012 dans les 50 Etats américains ; il compte aujourd‘hui appliquer son modèle statistique à d’autres domaines comme l’éducation, l’urbanisme ou le système carcéral.

Si, par le passé, SxSW a été la rampe de lancement de Twitter et Foursquare, aucun événement majeur n’a dominé le Festival cette année. On observe toutefois quelques tendances.

La technologie au service d’une vie meilleure
L’écran de l’ordinateur, du téléphone ou de la tablette ne sont plus des terrains de jeu suffisants. Pour les nouveaux inventeurs, la technologie doit investir tous les domaines de la vie – la santé, l’éducation, le transport, l’énergie et pourquoi pas la conquête spatiale – et se mettre au service d’une vie meilleure. Par exemple, les données collectées par le thermostat intelligent Nest doivent permettre de réduire notre facture énergétique. La tendance consiste à ne pas multiplier les outils, mais à privilégier ceux qui peuvent faire plus et savent interagir avec l’environnement : les appareils qui rendent les maisons intelligentes, améliorent la santé, servent à mesurer, anticiper et optimiser, ou encore les objets que l’on porte sur soi et qui interagissent avec l’environnement, comme la basket connectée, présentée cette année par Google.

L’interaction sociale pour dépasser l’égoïsme des réseaux sociaux
De nombreuses startups s’intéressent à la façon dont les technologies peuvent faciliter les rencontres « offline », dans la vie, et plus seulement sur le réseau. Joi Ito, directeur du MIT Media Lab, constate que « l’économie de partage dont on nous parle aujourd’hui est surtout un business, dont le partage est l’argument marketing ». La quête de sens semble ainsi être le moteur de toute une nouvelle vague d’innovations.

Le passage du numérique vers le monde physique et les nouvelles interfaces
Les technologies d’impression 3D telles que MakerBot ou Cubify sont annoncées comme la prochaine révolution industrielle, car pour la première fois, elles permettent à un élément numérique de devenir physique. MakerBot a ainsi dévoilé à SxSW un prototype de scanner 3D pouvant réaliser des copies parfaites de n’importe quel objet. Autre exemple, le système Leap Motion, présenté par David Holtz, 24 ans, qui préfigure la disparition progressive des interfaces, déjà initiée avec les smartphones, les tablettes et les systèmes de contrôle des consoles de jeux. Pour Holtz, “Ce n’est pas à nous de savoir comment fonctionne l’ordinateur, c’est à l’ordinateur de s’adapter à ce que nous sommes”. L’expérience laisse imaginer de futures interfaces encore plus sophistiquées, impliquant le regard, la voix, les mouvements du corps, voire même les ondes cérébrales, domaine sur lequel de nombreuses études sont en cours.

Depuis 5 ans, le volet interactif de SxSW comporte un programme accélérateur de startups. Il s’agit de courtes sessions réparties sur 3 jours durant lesquelles 56 créateurs d’entreprises innovantes sélectionnés au préalable par les responsables du festival (sur plus de 500 candidats au total), pitchent leur projet de développement et présentent leur invention devant un panel d’experts de très haut niveau. Parmi ces experts, on trouve par exemple Bob Metcalfe, professeur d’innovation à UT Austin, pionnier de l’internet au MIT et à Harvard dans les années 1970, inventeur de l’Ethernet chez Xerox en 1973, ou encore Richard Garriott, designer légendaire de jeux de rôles. La compétition comporte 7 catégories : les technologies nouvelles, sociales, mobiles, pour l’internet, les jeux, la santé (48 projets) et la musique (8 finalistes). Les vainqueurs obtiennent une subvention, le prestigieux label « SxSW Accelerator », et une aide à la communication permettant de pérenniser ces startups qui évoluent dans un marché très concurrentiel et dont le démarrage résulte souvent d’une opération réussie de « crowd-funding » (collecte de fonds par la foule réalisées sur internet via des sites comme kickstarter). Parmi les 56 projets présélectionnés cette année, la majorité provient d’Amérique du Nord (48 des Etats-Unis et 2 du Canada), 6 d’Europe (4 du Royaume-Uni, 1 de Suède et 1 d’Espagne). Les Etats américains les plus représentés sont la Californie avec 17 projets, le Massachussetts (7), l’Etat de New-York (6), l’Illinois et la Virginie (3 projets chacun). Le prix de l’innovation en santé a été décerné a l’entreprise Neurotrack, qui a mis au point un nouveau test permettant de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer 6 ans avant l’apparition des symptômes. Elaboré en collaboration avec l’université d’Emory à Atlanta, ce test permet de repérer la maladie grâce au mouvement des yeux.

Par ailleurs, le Prix SxSW Interactive, créé en 1997, récompense les 20 entreprises les plus innovantes dans le domaine des nouvelles technologies pour les industries culturelles (musique, cinéma), les médias sociaux, l’internet, la téléphonie mobile, le commerce, les ressources éducatives. La liste des lauréats sur trouve sur : www.sxsw.com/interactive/awards/winners

La constellation SxSW s’enrichit cette année d’un nouveau festival intitulé SxSW V2V, qui se tiendra à Las Vegas du 11 au 14 aout 2013 (www.sxswv2v.com). Conçu comme une extension de celui d’Austin, il sera consacré essentiellement au processus créatif à l’ origine des plus grandes innovations.


3. LA PRÉSENCE FRANCAISE À  SxSW

A. Dans la partie musicale du Festival

Pour la 3ème année consécutive, la ville d’Angers était présente au festival South By Southwest dans le cadre de son récent jumelage avec Austin. La délégation angevine d’environ trente personnes, était composée de 4 artistes représentant des styles musicaux différents – Titi Robin Trio (musique du monde), Arno Gonzalez (électro), Daria (rock) et un invité spécial du Nord du Mali, Terakaft, soutenu par Angers dans le cadre de son jumelage avec Bamako – et d’une vingtaine de professionnels de la filière musicale et numérique (tourneurs, directeurs de labels, manageurs de groupes, éditeurs et producteurs de musique, directeurs et programmateurs de salles de concerts et de festivals) ainsi qu’un chef cuisinier.

Coordonné par le Chabada, scène de musiques actuelles d’Angers et le club d’entreprise 9RueClaveau, le projet « Austin/Angers Music – SxSW 2013 » a bénéficié d’un soutien d’Angers Loire Métropole, de la ville d’Angers, de la Région Pays de Loire, de l’Institut français et de la SACEM. L’objectif, à terme, est de créer une dynamique culturelle et économique entre les deux villes durant toute l’année, et d’apporter un appui aux artistes angevins et aux entreprises de la filière musicale dans leur développement aux Etats-Unis.

Une quinzaine de groupes français étaient présents à Austin, dont onze avec le soutien du Bureau export de la musique française – Fredda, Isaac Delusion, Lys, Sammy Decoster, Alba Lua, Citizen, Hooka Hey et les musiciens de la délégation angevine. La plupart d’entre eux ont accompagné leur présence à SxSW soit d’une tournée américaine soit de quelques dates de concert dans d’autres villes. Le groupe Lys a participé à la grande soirée de concerts organisée par le service culturel du Consulat Général de France à Houston le 8 mars, en ouverture du Festival de la francophonie, qui a rassemblé plus de 1000 personnes au cœur de la Downtown.


B. Dans le domaine des technologies interactives

Le salon des industries créatives (« trade show ») rassemblait cette année plus de 300 exposants dans le « Convention Center » d’Austin, en majorité des entreprises et startups nord-américaines.

De nombreux pays comme le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Australie, la Nouvelle Zélande, le Chili ou l’Argentine utilisent le salon pour présenter leurs participants à l’un ou l’autre des 3 volets du festival, en communiquant sur leurs industries créatives, en proposant des temps de rencontres aux professionnels, ainsi qu’un programme de soirées spécifiques à chaque secteur.

L’Allemagne dispose d’un stand unique qui lui permet d’assurer la promotion de son industrie musicale et cinématographique, de ses startups et de l’attractivité de son territoire pour les investisseurs et les créateurs d’entreprises. Des villes ont également leur propre pavillon, comme Montréal, Berlin ou Hambourg.

Pour la plupart des startups et des professionnels du numérique, être à SxSW permet de :
− décoder les nouvelles tendances, anticiper les nouveaux comportements et avoir un temps d’avance pour proposer des innovations aux consommateurs ;
− être au cœur de l’innovation technologique ;
− écouter des intervenants de grande qualité et rencontrer des professionnels américains de très haut niveau ;
− partager l’énergie créatrice des inventeurs les plus en pointe dans le domaine des technologies interactives ;
− tester les technologies, les gadgets et autres inventions qui feront le monde de demain.

Sylvie Christophe
Consulat Général de France à Houston


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