Paysage Audiovisuel

Le projet de marché numérique unique européen soulève quelques inquiétudes

Date: 08/06/2015

La présentation de la stratégie pour un marché unique numérique pour l’Union européenne le 6 mai a suscité de nombreuses réactions dans les médias et l’industrie aux Etats-Unis. L’annonce a en effet été largement reprise dans la presse généraliste et économique (New York Times, Wall Street Journal, Financial Times), qui, tout en saluant une réforme favorable à la croissance européenne, évoque une nouvelle stratégie visant à contrer la domination des grandes entreprises technologiques américaines.

Les commentateurs insistent sur l’apparente l’hétérogénéité actuelle des cadres réglementaires nationaux, qui contraignent à la fois entreprises et utilisateurs européens. Ils s’étonnent par exemple qu’un utilisateur de Netflix ne puisse pas accéder à son compte indifféremment d’un pays de l’UE à l’autre, à la différence des Etats-Unis. Parmi les 16 actions annoncées par la Commission européenne, les commentateurs américains retiennent en particulier l’ouverture d’une enquête sur les pratiques des plateformes en ligne. Cette action est en effet largement interprétée comme visant spécifiquement les « géants » du web Américains qui dominent le marché, rappelant la condamnation récente de Google par la Commission pour pratiques anti-concurrentielles.

Cet accueil partagé est également repris dans l’industrie, où de nombreuses associations professionnelles se sont exprimées. L’EU American Chamber (la Chambre de commerce américaine dans l’UE) et la Software & Information Industry Association (SIIA) se sont félicitées de l’annonce d’un marché numérique unique, en soulignant les bénéfices futurs pour la croissance européenne. Selon la SIIA, la progression de l’intégration européenne est également un atout pour les entreprises américaines.

La Computer and Communications Industry Association (CCIA, qui représente la plupart des géants de l’Internet américains tels que Google, Facebook, Microsoft, Amazon, Netflix et eBay) et l’Information Technology Industry Council, qui compte parmi ses membres les grands groupes technologiques (dont Hewlett Packard, IBM, Twitter et Yahoo) ont en revanche exprimé leurs inquiétudes vis-à-vis d’un éventuel durcissement de la régulation européenne pour les acteurs américains. Tandis que la CCIA a salué les actions visant à libéraliser les flux numériques au sein de l’UE, elle s’inquiète de la possibilité d’une plus forte régulation des plateformes en ligne, qui risquerait de pénaliser en premier lieu les acteurs européens. Dean Garfield, président de l’Information Technology Industry Council met en garde : « la mise en place de nouvelles barrières commerciales serait une grave erreur pour l’Europe, et aurait des effets négatifs sur le commerce et les investissements transatlantiques ». Certains critiques ont également soulevé le fait qu’une nouvelle réglementation sur les plateformes en ligne pénaliserait davantage les petits acteurs que les géants américains dotés d’un puissant arsenal juridique.

Ella Filippi
Service Economique Régional de l’Ambassade de France à Washington


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Une Réaction

1 - Georges Leclere | 08.06.15

Chère Ella,
Merci pour votre article bien complet.
Je viens de créer une compétition sur les nouveaux média en Chine, la première en ce pays.
Auriez-vous des listes d’Associations Nouveaux Medias en Europe avec contacts?
Merci d’avance!
Je me tiens à votre disposition pour vous envoyer plus d’informations sur ces Gold Panda for New Media


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