Lecture Numerique

Hachette révèle la part d’Amazon dans ses ventes de livres numériques

Date: 14/07/2014

Lors d’une présentation aux investisseurs, le groupe Hachette a révélé qu’Amazon détient 78% de ses ventes de livres numériques au Royaume-Uni et 60% aux Etats-Unis.La présentation, rendue publique sur le site internet de la compagnie et diffusée auparavant par Publishers Marketplace a permis d’éclairer sous un jour nouveau les difficultés de la relation entre Hachette et Amazon aux Etats-Unis, difficultés notamment liées à la suppression de la possibilité de pré-commander certains titres du groupe Hachette livre. Une autre question a été soulevée lors de la présentation, concernant la nécessité d’un rééquilibrage entre les opérations de la compagnie aux Etats-Unis et Au Royaume-Uni. Le rapport montre qu’aux Etats-Unis  60% des ventes de livres numériques du groupe  Hachette se font via la plateforme Amazon, suivi de 19% par Barnes & Noble,  13% via l’iBooks d’Apple, tandis que les autres revendeurs se partagent la part du gâteau restante, soit 8%.

Les chiffres suggèrent que si le conflit avec Hachette débordait sur le Royaume -Uni, comme certains spécialistes de l’industrie le craignent, l’éditeur serait plus atteint, puisque Amazon détient d’ores et déjà 78% des parts de vente des livres numériques du groupe  Hachette au Royaume-Uni, suivi par les 12% d’Apple, les 5% de Kobo, et les 5 % restants partagés entre Google, Nook et OverDrive. Le rapport indique que : « Les éditeurs font maintenant face à des adversaires technologiques gigantesques qui jouissent d’un pouvoir de négociation considérable », ils obéissent à « une logique économique différente de celles des détaillants traditionnels ».

Hachette a déclaré que le marché du livre numérique est « sur le point » de se stabiliser aux Etats-Unis autour de 25 à 35% et à 35% au Royaume-Uni d’ici 2017. En France, les livres numériques ne constituent que 10 à 15% des ventes de livre, avec Hachette en tête, selon l’éditeur.

Le rapport indique également que depuis 2007, Hachette avait fait tout son possible pour encourager une plus grande compétitivité avec ses partenaires de vente de livres numériques afin d’éviter une « domination importante de la chaîne » par le développement d’un grand réseau de clients composé de compagnies locales et internationales.

Pour l’éditeur, un regroupement est inévitable, indique le rapport qui rappelle l’exemple sur la fusion de Penguin et Random House l’année dernière, ou encore le cas de l’acquisition d’Harlequin par HarperCollins plus tôt cette année. « Les éditeurs ont besoin de se renforcer afin de conserver de bonnes relations avec leurs auteurs notamment au sujet des tarifications et de la distribution des livres », a déclaré Hachette.

L’une des “priorités stratégiques”  du groupe Hachette est de consolider sa position sur le marché est de rééquilibrer ses opérations entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne. L’éditeur a déclaré qu’il était en recherche active de bestsellers internationaux avec des droits mondiaux et qu’il se concentrerait davantage sur le marché américain de façon à « identifier, acquérir et cultiver les meilleurs auteurs, titres et licences afin de maintenir [sa] position de leader sur tous les marchés » parce que « ces talents se trouvent principalement aux Etats-Unis ». Il d’illustre cette idée en prenant le cas Goldfinch de Donna Tartt, récompensé par le prix Pulitzer.

Hachette a reconnu que le marché du livre aux Etats-Unis était plus important qu’au Royaume-Uni en ce qui concerne le lectorat et le nombre de nouveaux titres publiés, et qu’il était davantage « nécessaire pour eux de devenir un plus gros acteur aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni afin d’obtenir assez de cessions de droits ». L’implantation historique d’Hachette au Royaume-Uni est la conséquence d’un portefeuille de titres biaisé entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et du fait que les éditeurs britanniques du groupe se voyaient « fournis de manière insuffisante en titres américains » par le groupe Hachette Livre. Les auteurs les plus vendus du groupe Hachette au Royaume-Uni n’étaient pas publiés par le reste du groupe mais au contraire par des concurrents aux Etats-Unis, à l’instar de Stephen King ou Harlan Coben. Par conséquent, l’éditeur a souhaité « rééquilibrer le poids de ses filiales américaines et britanniques ». Hachette a déclaré qu’il était certain que les éditeurs dits traditionnels resteraient plus attractifs pour les auteurs que les éditeurs « alternatifs » en raison des « services exclusifs » qu’ils peuvent offrir aux auteurs tels que les à-valoir, une réelle expertise éditoriale, une force de marketing et de vente.

Hachette reveals Amazon digital sales share, The Bookseller, 12/06/2014

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