Téléphonie

L’embouteillage dans les applications pour smartphones crée des problèmes de visibilité

Date: 01/03/2010

Cela fait à peine 1 an et demi que la première application sur iPhone a été lancée et avec plus de 140 000 applications actuellement, les responsables marketing commencent à trouver de plus en plus cher et de plus en plus compliqué de les promouvoir.

Cette compétition accrue impose un nombre de téléchargements bien plus important qu’il y a à peine un an pour faire partie du top 100 des applications les plus populaires. Or, faire partie de cette liste fait souvent la différence entre un échec et un succès. D’un autre côté, cela signifie que les applications qui se distinguent ont une base d’utilisateurs bien plus importante qu’auparavant : 30 millions contre 15 millions l’année passée.

Selon Jason Spero, VP et Directeur exécutif d’AdMob, agence spécialisée dans la publicité sur téléphone portable que Google est en train d’acquérir, un annonceur qui dépensait 15 000$ début 2009 pour promouvoir une application devra aujourd’hui dépenser 50 000 voire 55 000$ pour atteindre le même nombre de téléchargements.

Recourir à AdMob n’est pas l’unique solution pour se faire remarquer. Certains ont recours aux médias sociaux, au bouche à oreille, aux sites Internet des entreprises ou se font référencer dans des médias hors Internet. Une autre approche est le lobbying auprès d’Apple afin que l’application soit mise en avant sur iTunes ou fasse partir du choix de l’équipe commercial et éditorial d’Apple. La société n’a pas répondu aux questions concernant le choix des applications mises en avant sur son site.

Une autre tactique consiste à bien choisir la catégorie, parmi les 20 proposées par Apple, dans laquelle l’application sera proposée : les moins courues sont celles où elle aura le plus de visibilité et le plus de chance d’apparaître en tête de liste du classement.

Malgré la quantité déjà élevée d’applications, leur nombre continue de croître de manière exponentielle. Au cours du 2nd semestre 2009, le rythme de création d’applications pour l’Android de Google avait commencé à rattraper celui de l’iPhone. Toutefois, avec les spéculations qui ont précédé le lancement de l’iPad, le nombre de nouvelles applications lancées pour iPhone en janvier dernier est monté à 1 600, soit trois fois plus qu’au mois de décembre 2009.

De nouvelles opportunités apparaissent cependant pour les nouvelles applications. Flurry, une société de statistiques spécialisées dans les téléphones portables, lancera au mois de mars un nouvel outil, AppCircle, destiné à conseiller les utilisateurs en matière de choix d’applications à partir de l’usage qu’ils font de celles qu’ils ont déjà téléchargées.

Android, le smartphone de Google, a lui aussi son système de classement pour ses 20 000 applications, gratuites ou payantes. D’après Google, ses utilisateurs en téléchargent en moyenne 80. Mais comme pour le moteur de recherche de Google, la méthode de classement des applications n’est pas claire et serait un mélange de fonctionnalité de l’application et de retour des utilisateurs.

Toutefois, certains se demandent si le jeu en vaut la chandelle et s’il est nécessaire de se donner tant de mal pour communiquer sur les applications. D’après une étude de Flurry, si 40% des utilisateurs utilisent régulièrement leurs applications le 1er mois de leur téléchargement, ce chiffre tombe à 5% 6 mois plus tard. La brièveté de la durée de vie des applications et l’augmentation du coût pour les promouvoir poussent certains annonceurs à remettre ce type de communication en question.

Selon Greg Sterling, analyste chez Internet2Go, Opus Research, « l’espace du téléphone portable est comme celui d’Internet aux premiers jours : les gens utilisent certaines possibilités juste parce que c’est cool. Cela est peut-être un très bon outil marketing, mais cet outil n’est pas pour tout le monde».

The iPhone Squeeze, de Noreen O’Leary, Adweek, 22 février 2010

Géraldine Durand


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