Paysage Audiovisuel

Time Warner : Icahn puis Case font pression pour un démantèlement

Date: 20/12/2005

Le géant mondial de la communication continue de subir la pression déstabilisatrice de Carl Icahn, le financier américain connu pour ses raids sur TWA, Nabisco ou Blockbuster. Depuis sa prise de participation en août, Icahn réputé tenace et redoutable, n’a cessé d’exprimer ses critiques et ses convoitises sur Time Warner. Après son souhait de remplacer une partie de la direction, dont le PDG Dick Parsons, le raider, épaulé par la banque d’affaires Lazard et par un pool d’actionnaires dissidents (Franklin Mutual Advisors, JANA Partners et SAC Capital Advisors avec lesquels il détient 2,8 % de Time Warner), fait pression sur le groupe de médias pour son démantèlement en plusieurs entités distinctes à la manière de Viacom : une entité dédiée au câble (Time Warner Cable), une autre consacrée à internet (AOL), une troisième centrée sur l’édition baptisée Time Inc et une dernière regroupant les studios (Warner Bros.) et les chaînes de télévision HBO, CNN, etc.

Ce plan sera soutenu et défendu dans les prochaines semaines par le patron de Lazard, Bruce Wassertein. Ce nouveau Time Warner serait « plus réactif, plus mobile et à même de disposer de plus grandes capacités d’investissement dans les segments d’avenir comme le wifi ou les jeux vidéo », selon ses partisans. Pour Icahn, «la direction a fait ce qu’elle pouvait faire de pire» en gérant les actifs du groupe. Il blâme des choix «calamiteux», dont la stratégie retenue pour AOL, la vente de Warner Music et de 50 % de la chaîne Comedy Central en 2003 (alors que selon lui ces actifs se sont appréciés de 80 % depuis), mais aussi le refus du groupe de racheter les studios MGM et la vente de 700 000 actions.

Du côté Time Warner, Dick Parsons tente de se défendre en soutenant que son groupe connaît une situation « stable et solide » même s’il admet être à la recherche de partenaires pour relancer son portail AOL : «Nos activités se portent bien, et nous voulons apporter de la valeur à nos actionnaires tout en maintenant notre capacité à croître dans nos différents métiers», déclare le groupe, qui rappelle avoir récemment porté son programme de rachat de ses propres actions de 5 à 12,5 milliards de dollars.

Ironie du sort : Steve Case, le fondateur du groupe et artisan de la fusion entre AOL et Time Warner plaiderait maintenant en faveur du partage en plusieurs sociétés et de l’indépendance d’AOL. « Je suis désormais d’avis que le mieux serait de « défaire » la fusion en scindant Time Warner en plusieurs sociétés indépendantes et en laissant AOL suivre sa propre voie », faisant ainsi écho à Icahn. « Si AOL était indépendant, il aurait ses propres actions qu’il pourrait utiliser pour entrer en concurrence » avec que Yahoo! ou Google par exemple.

La « fusion du siècle » serait donc remise en question. Mais d’ici là, la banque Lazard devra convaincre les actionnaires et investisseurs de cette nouvelle stratégie, exposer les orientations tactiques, autres que financières du groupe, prouver la présumée inefficacité de l’actuelle direction, la remplacer et la faire valider lors de la prochaine assemblée générale en mai. A suivre…

Juliette CHARVET
Sources : Reuters, NYTimes, Variety


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