Paysage Audiovisuel

Tribeca Hacks , Cross Video Days et Sunny Lab, deux semaines d’immersion dans le transmedia Français

Date: 14/07/2014

En juin, les événements transmédia se bousculent en France ! Représentante de l’Institut du Film de Tribeca invitée par les Services Culturels de l’Ambassade de France aux Etats-Unis, Amélie Leenhardt a pu participer à trois d’entre eux:

Tribeca Hacks <Paris>, un atelier nouveaux médias organisé par l’Institut du Film de Tribeca, Storycode Paris et les Cross Video Days, avec le soutien du Numa et des services culturels de l’Ambassade de France aux Etats-Unis (Paris, 16-18 juin). Tribeca Film Institute est l’association consacrée au cinéma et aux nouveaux médias, fondée à New York par Robert de Niro, Jane Rosenthal et Craig Hatkoff à la suite du 11 septembre 2001.

– les Cross Video Days, premier marché européen du crossmedia où sont présentés 58 projets interactifs à une soixantaine d’experts et au public venu assister aux conférences (Paris, 19-20 juin).

Sunny Lab, un laboratoire et un observatoire dédié aux nouvelles écritures documentaires au sein du festival documentaire Sunny Side of the Doc (La Rochelle, 23-26 juin)

Du linéaire à l’interactif

A l’occasion de l’ouverture du 25ème Sunny Side of the Doc, le festival du documentaire de La  Rochelle, Michel Reilhac (producteur transmédia) et Marc Guidoni (Fondivina) ont souhaité mettre en avant la continuité existant entre les productions classiques et les productions nouveaux médias.

C’est dans ce contexte que le laboratoire dédié aux nouvelles écritures documentaires, Sunny Lab, était, pour la première fois, placé au sein de l’espace principal du festival. Les curieux comme les professionnels des nouveaux médias pouvaient s’y aventurer pour découvrir des projets, profiter du Lab Lounge ou encore participer aux ateliers de Paul Tyler sur des méthodes de production par visualisation (à l’aide de Lego !).

Cette continuité a également été soulignée par Arnaud Colinart, producteur de Type:Rider, qui a présenté au Sunny Lab une boîte à outils riche en logiciels collaboratifs tels que Basecamp, Google Drive ou Evernote, utiles aux producteurs classiques et interactifs.

L’Institut du Film de Tribeca s’appuie d’ailleurs sur cette frontière poreuse entre linéaire et interactif pour construire sa série internationale de Hackathons, Tribeca Hacks, des ateliers en équipes amenant des créateurs classiques vers les nouvelles technologies. Le dernier en date, Tribeca Hacks <Paris>, était organisé au Numa à Paris en partenariat avec Storycode Paris et les Cross Video Days. Six projets interactifs autour du thème « Futur souhaitable » sont nés de la collaboration de trente-cinq participants aux profils variés : réalisateurs, journalistes, développeurs, game designers, etc.

Toujours une histoire d’auteurs

La narration reste au cœur de la création interactive. Que ce soit aux Cross Video Days, au Sunny Lab, ou encore à Tribeca Hacks <Paris>, il s’agit toujours pour les porteurs de projets de présenter une histoire avant de la déployer sur des plateformes, et de construire une expérience utilisateur cohérente avec l’usage du public.

Derrière l’histoire, il y a bien sûr l’auteur, question centrale pour la création en France, y compris pour la création interactive, comme l’a rappelé Arnaud Colinart. Ce dernier a  évoqué, dans le cadre du Sunny Lab, son choix de créer des contrats d’auteur aux game designers,  développeurs et graphistes de Type :Rider, accordant ainsi à ce jeu vidéo un statut d’œuvre collaborative.

Qui dit interactif dit…

Une fois ces parallèles établis, il convient de s’interroger sur ce que permet la production interactive que n’offre déjà la production linéaire. Deux réponses principales et intimement liées se sont esquissées durant ces trois évènements : approfondissement de l’histoire et enrichissement de l’expérience.

La Génération Quoi Europe présentée par Christophe Nick (Yami 2) et Alexandre Brachet (Upian) au Sunny Lab est un excellent exemple de création et exploitation de données sous une forme ludique. Il s’agit de la déclinaison européenne de Génération Quoi au sujet d’une génération qui ne se reconnaît pas complètement dans l’appellation de Génération Y. Le projet prend la forme d’un questionnaire pensé par les sociologues Cécile Van de Velde et Camille Peugny et rassemblant environ 230 000 réponses.

Love Hotel, présenté sous la forme d’une installation au Lab Lounge, puis mis en avant lors des conférences par France Télévision et son réalisateur Phil Cox,  offre, quant à lui, un réel enrichissement de l’expérience. Alors que l’expérience des webdocs, même participatifs, est généralement solitaire, Love Hotel se visite à deux uniquement. Venant compléter un documentaire qui nous plonge dans l’univers des love hotels au Japon, le site web offre un jeu de rôle intime et sensuel à vivre virtuellement.

Enfin, Adrift, vainqueur du concours de pitches du Sunny Lab, également présenté à Cross Video Days, exploite les possibilités d’immersion offertes par les nouvelles technologies. Ce projet s’appuie sur l’Oculus Rift (masque de réalité virtuelle) qui permet à l’utilisateur de vivre au plus près le périple d’un homme seul sur un iceberg qui est en train de fondre.

Et le marché dans tout ça?

Les chaînes publiques, comme Arte et France Télévisions Nouvelles Ecritures, étaient très présentes aux Cross Video Days et au Sunny Lab. Toute l’année, elles soutiennent la création originale en tant que producteur et diffuseur.

En outre, les Cross Video Days et le Sunny Lab voient chaque année croître la part de participants internationaux. Tous deux encouragent les porteurs de projet à chercher des coproducteurs et de nouvelles sources de financements à l’international. La tendance est donc à l’ouverture vers de nouveaux marchés et à la recherche de canaux de diffusion complémentaires.

Derrière la question du marché se profile celle de la longévité et de la conservation de ce type de projets dont les supports peuvent rapidement devenir obsolètes et disparaître. Si une initiative telle que Docubase du MIT Open Documentary Lab apporte de premiers éléments de réponse, la volonté de trouver une solution globale et pérenne semble largement partagée en France.

Ces deux semaines au cœur de la production interactive française ont révélé une scène vivante et innovante, très centrée sur l’histoire et l’auteur. S’inscrivant dans la continuité de la production classique, les acteurs principaux du transmédia français revendiquent cette affiliation tout en témoignant d’une volonté de se structurer et de trouver des modèles économiques, une architecture juridique et un système de conservation qui leur soient propres.

Amélie Leenhardt, Coordinatrice du programme Initiatives Digitales de l’Institut du film de Tribeca


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3 Réactions

1 - Tribeca Hacks , Cross Video Days et Sunny Lab, … | 14.07.14

[…] En juin, les événements transmédia se bousculent en France ! Représentante de l’Institut du Film …  […]


2 - Le New Media Fund du Tribeca Film Institute, une opportunité pour les créateurs transmedia Français « Mediamerica | 14.07.14

[…] Les Services Culturels de l’Ambassade de France coopèrent depuis longtemps avec le Tribeca Film Institute. Cet été encore, deux des programmateurs du TFI – Digital Initiatives, Amélie Leenhardt et Opeyemi Olukemi, avaient pu se rendre à Paris à l’occasion d’un hackathon co-organisé avec Storycode et des Cross Video Days, avant de participer à Sunny Side of the Doc (Sunny Lab)  à la Rochelle (Bilan par Amélie Leenhardt). […]


3 - Une belle sélection de Français dans les sections interactives du Tribeca Film Festival « Mediamerica | 14.07.14

[…] Media Fund du Tribeca Film Institute, une opportunité pour les créateurs transmedia Français et Tribeca Hacks , Cross Video Days et Sunny Lab, deux semaines d’immersion dans le transmedia Franç… grâce à la coopération entre les services culturels de l’Ambassade et […]


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