Paysage Audiovisuel

Un programme dédié au transmedia lors de la 51ème édition du New York Film Festival

Date: 28/10/2013

En septembre dernier, le célèbre New York Film Festival a consacré un volet de sa programmation au transmedia. Cela a été l’occasion pour le public de découvrir des projets interactifs dont l’histoire se déroule sur autant de média et plateformes que le “storyteller” et le “story architect” le jugent nécessaires : cinéma, site Internet, vidéos interactives, jeux vidéo, jeux en réalité alternée (ARG), réseaux sociaux, applications mobiles, installations vidéo, livres, etc.

Ce volet transmedia existe depuis seulement deux ans au sein du NYFF qui vient de fêter son 51ème anniversaire. Les programmateurs du festival veillent en effet à ne pas rester en marge de l’évolution de la création audiovisuelle, car comme l’a déclaré le co-programmateur de Matt Bolish dans Variety, “c’est dans cette direction que le business évolue”. Pour le directeur de la programmation Kent Jones, les projets transmedia qui racontent des histoires sur plusieurs écrans et de façon interactive ont parfaitement leur place dans un festival de cinéma : “C’est dorénavant très largement la façon dont les gens vivent l’audiovisuel”. Le festival présentait le meilleur du Transmedia 2013 aux côtés d’autres “sidebars” dans des genres bien établis comme le documentaire ou les films classiques restaurés. On notera le remarquable programme “Jean-Luc Godard – The Spirit of the Forms, probablement l’une des dernières rétrospectives intégrales du réalisateur en 35 mm, et soutenu par les services culturels de l’Ambassade de France aux Etats-Unis.

Ce volet transmedia, “NYFF51 : Convergence” présentait un programme varié. Quinze événements se sont succédés en trois jours au Lincoln Center (28-30 septembre 2013). Ils étaient répartis en trois catégories : Experiences, Panels et keynotes (les Keystones presentations).

Le programme permettait d’avoir une vision très large du transmedia, un programme à la confluence des technologies et du storytelling, car comme l’affirme Matt Bolish : “c’est un art qui réunit diverses formes de création. Le film est l’élément qui lie l’ensemble”.

Dans la catégorie Experience, un événement marquant a été la première mondiale du documentaire expérimental The Empire Project de Kel O’Neill et Eline Jongsma sur l’héritage colonial des Pays Bas. En plus d’une projection et d’une discussion avec les auteurs,  des  installations vidéo ou sonores placées dans divers espaces du Lincoln Center invitaient à une expérience interactive – et ce jusque dans les toilettes du Elinor Bunin Munroe Film Center ! Moins immersive, la projection interactive du documentaire 48 Hour game de la Danoise Suvi Andrea Helminen a suscité l’enthousiasme du public qui votait en criant pour influencer le cours du webdoc.

Les Keystones Presentation ont été l’occasion pour les créateurs de présenter des projets en développement. Cory McAbee a dévoilé son projet collaboratif Captain Ahab’s Motorcycle Club avec la présentation d’un film (sur le transport du corps d’Abraham Lincoln de Washington D.C. à Springfield), de diverses vidéos, et de musique “live”. L’étude de cas, plus académique, du projet transmedia Cloud Chamber des Danois Christian Fonnesbech et Frederik Øvlisen a été l’occasion pour les professionnels présents de découvrir un projet en développement qui imbrique film, jeu et réseaux sociaux. Ce projet avait déjà été “pitché” à Paris au Marché des Cross Video Days 2013.

Enfin, les panels ont rassemblé un public essentiellement composé de professionnels : des producteurs ou auteurs de projets transmedia, ou des représentants des média traditionnels venus s’informer. Une partie des panels était organisée en coopération avec les influentes Producer et Writter Guilds of America. Rappelons que la Producer Guild of America a reconnu le “credit” de producteur transmedia en 2010, il y a 3 ans seulement.

Lors des panels et des Q&A, les questions de ce public de professionnels ont souvent porté sur la monétisation et le recrutement d’audience – questions centrales pour ces programmes. Les intervenants qu’ils soient producteurs, storytellers, graphic designers, réalisateurs, ou community managers, soulignent la nécessité de penser très en amont l’aspect interactif et le “business model” d’un projet (en fonction de la communauté à laquelle il s’adresse, de l’implication d’une marque, ou encore d’un soutien public…). Mais à New York, pas plus qu’en Europe, les réponses ne sont définitives. C’est pourquoi, les panels faisaient avant tout état de retours d’expériences. La diversité des intervenants et des projets présentés a permis de mesurer à quel point le secteur du transmedia est créatif aujourd’hui.

Pervenche Beurier


Il y a une réaction sur cet article, réagissez!

Une Réaction

1 - Un programme dédié au transmedia … | 28.10.13

[…]   […]


Votre Réaction





*

Copiez le code de sécurité dans le champ de droite


* Champ obligatoire