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Aux États-Unis, public radio est un terme générique pour désigner des radios privées, mais non-commerciales. Ces radios perçoivent des fonds de différentes origines : entreprises, subventions publiques, subventions de fondations, et enfin dons de personnes privées. Les public radio n’ont rien à voir avec les radios publiques européennes.

L’Etat fédéral finance cependant en partie ces stations à travers la Corporation for Public Broadcasting (CPB), créée en 1967 par le Congrès. La CPB couvre 15% des frais de fonctionnement de ces radios et soutient aussi la production de programmes. Pour le reste, elles fonctionnent grâce au sponsoring (underwriting) et aux donations de particuliers.

La plupart de ces radios sont fédérées au sein d’organisations qui produisent et/ou distribuent des programmes : NPR (National Public Radio), APM (American Public Media) et PRI (Public Radio International).

La radio publique américaine se porte bien : sur les dix dernières années, son audience a continué de croître, contrairement à celles des radios commerciales. En 2011, la NPR, la PRI et l’APM revendiquaient ensemble près de 67 millions d’auditeurs par semaine, alors qu’ils étaient à peine 5 millions au début des années 1980.


ACTEURS

 

¤ National Public Radio (NPR)

Institution à but non lucratif créée en 1970, la NPR est basée à Washington et a pour mission de produire et distribuer des programmes à des radios non-commerciales. Elle opère aussi le satellite PRSS.

La NPR n’exerce aucune autorité administrative ou financière sur les quelques 789 stations que ses membres gèrent et sur les 155 autres stations qui diffusent ses programmes. Celles-ci sont libres de sélectionner les programmes qui les intéressent, de produire leurs propres émissions et de s’approvisionner auprès d’autres radios et sociétés telles que PRI ou des producteurs indépendants.

Les programmes d’information représentent plus de la moitié des programmes produits par la NPR : Morning edition et All things considered sont parmi les programmes radios les plus écoutés dans le pays. Au total, six des émissions les plus suivies aux Etats Unis sont diffusées sur des radios NPR.

En matière d’audience, le public de la NPR tend à être plus âgé et aisé que la moyenne de la population américaine. Ses auditeurs ont en moyenne 50 ans contre une moyenne d’âge du pays établi à 45 ans. Le revenu moyen des ménages est à 86 000 $/ an contre 55 500$ pour les Etats-Unis et 40% des auditeurs a un revenu annuel supérieur à 100 000$. En matière d’éducation, 69% du public a un diplôme universitaire contre seulement 26% des Américains.

Si la NPR avait affiché des chiffres satisfaisants en 2010, 2011, en revanche, fut une année difficile. Tout d’abord, les programmes de la NPR ont perdu des auditeurs, soit 1% en un an, passant de 27,2 millions d’auditeurs par semaine en 2010 à 26,8 millions en 2011. C’est la première baisse depuis au moins 5 ans.

L’année 2011 fut également marquée par une controverse suite à des départs dans l’équipe dirigeante et un débat politique sur le financement public (les Républicains du Congrès menaçant le financement) : la CEO de NPR, Vivian Schiller,  a démissionné en mars 2011 et a été remplacée par Gary Knell au mois d’octobre.



Le nombre d’organisations membres de la NPR, 268, est resté stable en 2011. En revanche, le nombre de stations a augmenté, passant de 764 en 2010 à 789 en 2011. Au total, 944 stations ont diffusé la programmation de NPR en 2011.

D’un point de vue financier, on observe de bons résultats pour le groupe. Son budget total, pour l’exercice 2011, augmente de 5% par rapport à l’année précédente, soit un total de 161,8 millions de dollars, et celui pour 2012 (Octobre 2011-Septembre 2012) de 7% à 173,7 millions de dollars. Une partie de cette hausse provient des efforts de la NPR en matière de collecte de fonds et de parrainages. La NPR en a ainsi profité pour accroître le montant de ses nouvelles opérations (65,1 millions de dollars en 2011 contre 61,9 millions en 2010).

Parallèlement à son activité première, la National Public Radio insiste davantage sur son identité numérique, proposant des applications pour iPhone, iPad et Android. Celles-ci ont été téléchargées par près de 6 millions d’utilisateurs depuis leur lancement en 2010. En outre, la NPR a mis en place un plus grand nombre de moyens pour permettre aux auditeurs d’obtenir les contenus audio en ligne (streaming audio, podcasts) et a enregistré près de 28 millions de téléchargements de ses podcasts chaque mois contre 23,3 millions en 2010. De la même manière, le trafic sur son site Internet a augmenté en 2011 de 30% (13,7 millions à 17,7 millions de visiteurs uniques par mois).



NPR arrive à atteindre son public et rencontre un franc succès sur des plateformes comme Facebook et les applications pour iPhone, iPad, etc. Le groupe est troisième dans le classement des pages d’actualités sur Facebook en termes de croissance, derrière CNN et Fox News.

La NPR s’est même développée sur Twitter, se rangeant quatrième en nombre d’abonnés par Tweet (derrière ABC News, MSNBC et CNN). Enfin, NPR a lancé en Novembre 2011 une application Internet appelée Infinite Player, surnommée la « Pandora de la radio publique », car, comme sur Pandora, il est possible de dire si on a aimé ou pas un programme.

Fin 2011, NPR avait certes moins d’auditeurs mais plus de stations membres, plus de financement et une stratégie solide pour envahir les marchés Internet et mobile.

Télécharger le rapport annuel de la NPR – 2011


¤ Public Radio International (PRI)

Créé en 1983 et basé à Minneapolis, PRI est également un organisme à but non lucratif et indépendant.  Plus ouvert à l’international que la NPR, le groupe retransmet des programmes de radios étrangères, notamment de la BBC World Service, et il produit, achète et distribue près de 400 heures de programmes chaque semaine diffusés sur les ondes et sur Internet par 837 radios affiliées, ainsi que sur la radio satellite Sirius XM.

En 2010, la PRI et la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) ont annoncé un partenariat élargi grâce auquel la Public Radio International est devenue le distributeur principal des programmes de la CBC aux Etats-Unis.

En 2011, grâce aux efforts conjoints de PRI et de BBC World Service, le nombre total d’auditeurs des programmes distribués par PRI a atteint plus de 14 millions, par semaine, aux Etats-Unis.

Télécharger le rapport de la PRI pour 2011.



¤ American Public Media

Organisation à but non lucratif créée en 1967, American Public Media a débuté comme station de radio dédiée à la musique classique. Ce n’est que depuis 2004 qu’elle s’est lancée dans une carrière nationale. Elle se présente aujourd’hui comme le premier opérateur de radios publiques aux Etats-Unis et le deuxième producteur et distributeur de programmes à destination de ces radios, derrière la NPR. L’APM est aussi le producteur et distributeur n°1 du pays en matière d’émissions de musique classique.

Près de 800 stations américaines reprennent les programmes de l’APM et touchent une audience hebdomadaire revendiquée à 16 millions d’auditeurs. Au contraire de PRI, l’American Public Media propose avant tout des programmes produits par le groupe.

L’organisation est aussi co-fondatrice d’un site de réseau social, Gather.com, qui invite les auditeurs des radios publiques à partager leurs observations, remarques et propositions.

Le réseau public de l’American Public Media a annoncé, le 5 mai 2011, le lancement de LibrariUS, un projet qui explore les besoins en information, sociaux et civiques des communautés, à travers le prisme des bibliothèques locales. Le projet est accessible à toutes les bibliothèques publiques, par l’intermédiaire du site Internet de LibrariUS. Le projet LibrariUS est issu d’un partenariat entre l’APM, l’American Library Association (ALA) et son Association des Bibliothèques Publiques (APL).

Télécharger le rapport annuel de l’APM – 2011.