Radio

La radio publique NPR sous le regard de l’administration Bush

Date: 12/06/2005

Après la télévision (voir l’article Public Broadcasting Service : situation «tendue» pour la TV américaine de service public), des signes avant-coureurs d’une remise en cause des programmes jugés «gauchisants» se précisent, de la part de l’organisme fédéral CPB (Corporation for Public Broadcasting).

Le président de la CPB nouvellement nommé, le républicain Kenneth Tomlinson, multiplie les déclarations stigmatisant la tonalité « left-leaning » des programmes radio. Il est inhabituel, dit-on ici, que, malgré les alternances politiques, la CPB fasse preuve d’un état d’esprit aussi ouvertement idéologique : une enquête serait même en cours sur la participation directe de la Maison Blanche au travail interne de la CPB…

Celle-ci vient en outre de nommer deux médiateurs (« ombudsmen ») pour juger de l’équilibre de certains programmes. Une décision très mal ressentie par NPR -qui parle de véritables « commissaires politiques »- puisqu’elle dispose depuis 5 ans de son propre expert. La façon dont la radio traite l’actualité des relations israélo-palestiniennes serait jugée en particulier un peu trop pro palestinienne : des néo conservateurs qualifient même la radio de « National Palestinian Radio »…

CPB qui alloue des fonds fédéraux à certaines émissions remettrait en question quelques-unes de celles-ci comme la très suivie « Week-end America », programme de « public affairs » proposé en syndication à 430 NPR, et aussi « New and Notes ». Dernière idée, annoncée par la direction de CPB : le transfert du soutien financier attribué aux journaux et magazines d’actualité… vers les programmes musicaux ! Réaction du Boston Globe : «Remplacer les informations par de la musique, cela rappelle les mauvais jours du Kremlin soviétique(…) C’est ce qu’on faisait quand ça allait mal à Moscou.»

Cette question paraît essentiellement politique et ne s’appuie guère sur une éventuelle désaffection des auditeurs de NPR, bien au contraire : leur nombre ne cesse d’augmenter (23 millions d’auditeurs par semaine) et 6 des 10 programmes les plus écoutés aux Etats-Unis sont proposés par la National Public Radio. L’affaire pourrait donc ne pas en rester là d’autant que les attaques « financières » de CPB rencontrent certaines limites : la BBC propose gratuitement ses programmes à NPR, tandis qu’une des dernières donations au profit de la radio publique provient de la veuve du propriétaire de Mac Donald’s et représente 220 millions de dollars, soit plus du double des fonds fédéraux. A suivre au Congrès et dans la presse.

Nathalie LOISEAU et Patrick RENAULT
Sources : NY Times, Washington Post, Boston Globe, etc.


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