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Sirius XM dans tous ses états

Date: 28/03/2009


Sirius XM

Sirius XM

Mardi, Liberty Media, le groupe de John Malone, actionnaire de DirectTV, a versé 530 millions de dollars pour sauver de la faillite Sirius XM, le bouquet de radios par satellite qui couvre les États-Unis et le Canada. Son groupe monte ainsi à 40% du capital de l’opérateur radio. En négociant en secret avec Mel Karmazin, le patron de Sirius XM, John Malone a donc évité à ce dernier de tomber entre les griffes d’EchoStar, l’autre opérateur satellitaire (de la télévision cette fois) des États-Unis.

Ce changement de propriétaire met une fin (temporaire ?) à des semaines d’agitation et de tractations. Depuis septembre dernier, Mel Karmazin, ancien de Viacom, se bat en effet pour sauver de la faillite Sirius XM. Née l’été dernier du rachat de XM Satellite Radio par son concurrent Sirius Satellite Radio, Sirius XM est victime, elle-aussi, des déboires de l’industrie automobile américaine. Car beaucoup de clients s’abonnent au service radiophonique lors de l’achat d’une voiture. Par ailleurs, l’embauche à prix d’or d’animateurs vedettes, notamment Howard Stern et son contrat annuel de 100 millions de dollars, plombait leur bilan depuis des années dans le cadre de la lutte entre XM et Sirius.

Avant leur fusion, Sirius et XM étaient chacun largement déficitaires. Le rapprochement des deux devait permettre de les sauver. Sirius XM compte aujourd’hui près de 5 millions d’abonnés mais a cumulé 3 milliards de dettes.

Ce nouveau changement d’actionnariat traduit l’échec d’un modèle économique de radios par satellite payant sans publicité. Un modèle dans lequel Mel Karmazin a déjà investi, en 2004, 21,5 millions de dollars sur sa fortune personnelle.

Depuis début janvier, des rumeurs bruissent sur le devenir de Sirius XM. Elles se sont amplifiées ces jours derniers pour aboutir au rachat par Malone mais l’action de la radio dévissait déjà début février de 51%, à 6 cents seulement à Wall Street, après plusieurs rapports évoquant l’approche d’un placement sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. Avec des actifs évalués à plus de 5 milliards de dollars, son dépôt de bilan aurait été le plus gros aux Etats-Unis depuis le début de l’année après celui du cartonnier Smurfit-Stone.

EchoStar avait pourtant racheté début février 171,6 millions de dettes de Sirius XM, arrivant à échéance aujourd’hui et mettait le groupe en position favorable pour son rachat. Charles Ergen, PDG d’EchoStar a ainsi proposé un investissement de 500 millions de dollars et une restructuration de la dette qu’il possède, en échange du contrôle de l’entreprise, offre que Sirius XM a décliné, sollicitant un investissement du groupe américain Liberty Media afin d’échapper à cette prise de contrôle non désirée, indiquait jeudi 13 février dernier le Wall Street Journal.

La nouvelle semblait rasséréner les investisseurs, le titre de Sirius XM remontant de 61% ce mardi à 16,9 cents sur le Nasdaq.

Ce sauvetage est réellement “de dernière minute” puisque sans ce deal, Sirius aurait été incapable d’honorer 172 M$ d’échéances financières dues ce jour. Sirius doit émettre 12,5 millions de titres préférentiels convertibles au profit de Liberty.

Sirius XM Radio Inc.”, The New York Times

Olivier Daube


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