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LE PUBLIC BROADCASTING SERVICE (PBS) Définition, budget et audience La télévision publique américaine a vu le jour en 1967, date de l’adoption du Public Broadcasting Act par le Congrès. Cette loi a aussi créé la Corporation Public Broadcasting (CPB) qui subventionne sur fonds fédéraux une partie du financement des télévisions et radios non commerciales qualifiées et veille à l’équilibre bipartisan des programmes. Le réseau PBS s’est constitué à partir de 1969/1970 pour l’achat, la distribution et la promotion de programmes de télévision à ses membres actifs (organisations communautaires, universités, collèges, etc.) qui représentent maintenant 356 chaînes. Les revenus du PBS sont constitués pour plus de 50% de parrainages (underwriting funds), de donations d’entreprises, associations et particuliers et, pour 11%, de ressources fédérales via la CPB (53 millions en 2008 pour les PBS). Un nouveau président de la CPB, M. Ernest Wilson III, a été nommé en septembre 2009 en remplacement de Mrs Chris Boskin. Premier africain-américain à occuper ce poste, il connaît bien l’institution puisqu’il est membre de son conseil d’administration depuis 2000, année où il avait été nommé par le Président Bill Clinton. 61 millions de personnes regarderaient une chaîne PBS chaque semaine à la télévision et ce dans 39 millions de ménages et 124 millions de personnes regarderaient chaque mois un programme de PBS à la télévision ou sur Internet. Ce public est composé essentiellement de personnes au niveau d’éducation et aux revenus élevés : 30.5% a au moins un niveau bac+4 et 41.5% gagne plus de 60 000 USD / an. La programmation et les services de PBS Par définition, chaque chaîne PBS a une grande autonomie de diffusion, dans le cadre d’une programmation de qualité : proximité du téléspectateur et des différents publics (adultes, femmes, enfants, étudiants, minorité), éducation, culture, divertissement et information. Le National Program Service établit un certain nombres de programmes distribués aux stations membres, relayés par le satellite de leur tête de réseau à Washington et par le satellite NETA (National Educational Telecomunication Association), organisme affilié à Columbia (Caroline du Sud). Le principal fournisseur de programmes de PBS est ITVS (Independent Television Service), basé à San Francisco. ITVS soutient environ 70 programmes par an et produit notamment l’emblématique Independent Lens, qui est, selon la chaîne, la plus importante vitrine pour les films indépendants à la télévision. Enfin, l’International Media Development Fund (IMDF), créé par PBS et ITVS et basé à Washington, permet chaque année de soutenir une dizaine de projets de production non-américains parmi lesquels des films comme Valse avec Bachir de l’Israélien Ari Folman en 2008. Parmi toutes les chaînes PBS, seules quatre ont la capacité d’acquérir des émissions à l’étranger, d’en produire et d’en coproduire internationalement : WETA à Washington, WGBH à Boston, KCET à Los Angeles et Channel 13 à New York. Ces émissions sont intégrées au National Program Service de PBS, comme Wide Angle et Frontline (émissions de reportages de fond sur l’actualité internationale). Deux problèmes récurrents pour PBS : son financement et la chute de l’audimat Malgré une hausse constante du sponsoring de programmes par les entreprises depuis 2005 (253 millions de dollars en 2008 contre 191 en 2005), les ressources fédérales sont très aléatoires : après une augmentation de près de 70% entre 2005 et 2007, elles ont baissé de plus de 50% entre 2007 et 2008. Toutefois, la présidente et CEO de PBS, Paula Kreger, pense que les fonds alloués par les pouvoirs publics devraient croître sous la présidence Obama. Elle souligne notamment l’intérêt du Président pour le réseau PBS, qui s’est traduit par son intervention pour le 40ème anniversaire de « Sesame Street », émission qui a également reçu la « first lady » au mois de juillet 2009. Cependant, le budget de PBS ne cesse de diminuer et cela rend l’achat et la production d’émissions télévisées de plus en plus difficiles. Certains responsables de chaînes, notamment ceux des chaînes KCET à Los Angeles et WTTW à Chicago, ont exprimé leur préoccupation face à l’absence de renouvellement des programmes. Ainsi, les principaux programmes de PBS en prime time, NOVA (sciences), Nature (programme animalier), Masterpiece (rediffusion de classiques de séries ou fictions télévisées) et The NewsHour (actualité) existent depuis plus de 25 ans et ce dernier est présenté par le même présentateur, Jim Lehrer, depuis plus de 30 ans. Pour certains, cette absence de renouvellement des programmes explique en partie la chute des indices d’écoute. PBS représentait en moyenne 1.9 en prime time en 1998-99 contre 1.2 en 2007-2008, soit une chute de 37%. Toutefois, cette baisse de l’audimat est visible dans des proportions équivalentes chez les networks qui souffrent, comme PBS, de la fragmentation et de la multiplication des plate-formes médiatiques. C’est pourquoi PBS a décidé, très en amont de ses concurrents, d’innover d’un point de vue technologique, notamment en se se lançant très tôt dans la télévision HD et dans la diffusion sur Internet. L’innovation technologique comme solution PBS a été le 1er opérateur à diffuser des programmes en haute définition 24h/24h et 7 jours sur 7 sur PBS HD, lancé en mars 2004. Par ailleurs, PBS offre de plus en plus de programmes en ligne sur des sites de visionnage comme Hulu et Joost, mais surtout sur PBS.org qui rencontre un vif succès avec près de 25 millions de visites pour le seul mois d’octobre 2008. De la même manière, le site de jeux vidéo en ligne PBS Kids Go!, lancé en septembre 2008, avait déjà dépassé les 10 millions de connections fin 2008. Certes, 10 millions de visiteurs en ligne sur plusieurs mois représentent peu par rapport à une soirée qui atteind 1.0, c’est-à-dire un peu plus d’un million de ménages, en terme de taux d’audience national. Mais, même si des questions se posent quant à la pertinence et à la viabilité de PBS dans un environnement médiatique en perpétuel changement, le poids de PBS aux Etats Unis reste plus important que son audience réelle, sur les plans de la circulation des idées, des débats, de la culture et de l’éducation.